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Histoire d'Europe et du monde: "Nota Bene", 3 guerres sans mourir - L’étonnante histoire du musée de Picardie

3 guerres sans mourir - L'étonnante histoire du musée de Picardie

Mes chers camarades, bien le bonjour ! Sur cette chaîne, je vous parle souvent de

guerre et de musées. Eh bien, cette fois-ci, je vous propose de mêler les deux thématiques

pour vous parler non pas d'un musée de la guerre, mais bien d'un musée en guerre !

On a déjà abordé l'an passé l'Histoire du musée du Picardie et justement

c'est un très bon exemple d'un musée qui a su traverser les conflits en restant toujours debout

comme dirait un chanteur français un peu connu...

Il faut bien comprendre une chose : la mission d'un musée est de protéger les œuvres qu'il renferme

Et même en temps de paix, les menaces ne manquent pas : vols, dégradations,

accidents, humidité, sécheresse et même… insectes ! Il y a beaucoup à faire et croyez moi,

ce n'est pas évident.

Alors si c'est déjà tout un travail en temps de paix,imaginez quand la guerre s'en mêle ! Et pour le coup, le musée de Picardie,

il a traversé la guerre franco-prussienne de 1870/1871, la première et la Seconde Guerre mondiale.

Si le musée était un homme, il aurait serré les fesses ! Allez, direction

1870 pour faire le point sur la situation. La guerre arrive à Amiens en 1870, lorsque

la France prend les armes contre le royaume de Prusse. Et comme la guerre ne tourne pas

vraiment à l'avantage des Français… c'est toute une armée prussienne qui se

dirige sur Amiens et occupe la ville à partir du 29 novembre 1870.

Le président de la commission du Musée, Charles Dufour, craint les pillages des soldats

ennemis, qui pourraient être tentés de se servir. La décision est prise de cacher les

œuvres ayant le plus de valeur. La question étant : où ? Parce que des œuvres

y'en a de toutes les natures et certaines sont plus grosses que d'autres, alors il

faut pouvoir adapter la cachette et le transport pour l'amener jusqu'à cette dernière

! À Paris, certaines œuvres ont déjà été

évacuées des musées impériaux pour être mises en sécurité, parfois jusqu'à Brest!

Mais le musée de Picardie, qui est à cette époque encore le musée Napoléon d'Amiens

est lui encore rempli d'œuvres qui doivent être protégées coûte que coûte, et c'est

donc au sein même du bâtiment que Charles Dufour va dissimuler autant de pièces majeures

qu'il le peut... en espérant que les soldats prussiens ne fouillent pas les lieux trop

en profondeur. Mais à sa grande surprise, les Prussiens

ne pillent pas le musée et font quelque chose de plus étonnant... ils s'y arrêtent,

y rentrent et le transforment… en hôpital militaire ! Des lits sont dressés dans les

salles du musée, où des toiles sont pourtant accrochées au mur ! Les soldats prussiens

se retrouvent donc en convalescence dans les vastes salles du Musée Napoléon avec pour

décoration de chambre, par exemple, une réplique à échelle 1:1 du Radeau de la Méduse de

Géricault. Si vous avez déjà fait un séjour à l'hôpital,

je doute que vous ayez eu le droit au même luxe !

L'occupation va durer 237 jours, durant lesquels le musée fonctionne comme un véritable

petit hôpital prussien, avec son personnel qui va et vient, ses cuisines qui tournent

à plein régime, et ses blessés qui peuvent flâner dans ce musée portant le nom de Napoléon…

Vu qu'ils viennent de tous contribuer à défaire le dit Napoléon III, je pense qu'ils

ont dû en savourer l'ironie pendant un moment !

Finalement, le 22 juillet 1871 les Prussiens s'en vont. Mais vous vous doutez bien que

cela a laissé des traces : les planchers ont été dégradés par les lits qu'on

y a traînés, les décors ont sérieusement souffert, et il faut des mois de travaux pour

qu'enfin, le musée rouvre en 1872. Et dès 1875, puisque la France est “dénapoléonisée”,

le Musée Napoléon devient le Musée de Picardie. Si vous pensez que le conservateur du musée

va pouvoir souffler un peu, vous faites erreur, car en 1914, non seulement la Première Guerre

mondiale éclate… mais une fois de plus, Amiens est sur le chemin des armées allemandes.

L'État, mieux préparé, fait déjà rapatrier une partie des œuvres du musée à Paris

pour les mettre en sécurité. La ville connaît alors une première et très

brève occupation du 31 août au 11 septembre 1914. Mais la bataille de la Marne oblige

les troupes allemandes à quitter rapidement Amiens sans avoir causé de dégâts.

En tout cas, pas dans le musée ! Car non loin, les Allemands ont bombardé la cathédrale

de Reims, et s'en prendre à un monument, c'est s'en prendre à la culture !

L'événement a d'ailleurs un retentissement international, et servira la propagande alliée durant toute

la guerre. Alors, qu'en face les Allemands accuseront justement les Français… de se

cacher derrière leurs œuvres d'art ! L'art est donc à la fois acteur de la guerre

- par la propagande - et victime - par les destructions.

Et hélas pour le musée d'Amiens, épargné jusqu'ici, en 1918… le front se rapproche

à nouveau dangereusement de la ville ! Et cette fois-ci, l'artillerie allemande entre

en action contre la cité. Ce qui complique sérieusement la situation du Musée de Picardie.

Le 26 mars 1918, deux bombes tombent sur le musée, détruisant plusieurs peintures et

de nombreux dessins de la collection Duthoit, très importante pour l'histoire locale ! Un

mois plus tard, de nouveaux obus tombent sur le Musée : la mise en sécurité des œuvres

devient plus urgente que jamais. Quant aux pièces des collections du musée

qui étaient pourtant supposées être en sécurité à Paris… la ville ayant elle

aussi subi des bombardements, il a fallu les évacuer de nouveau, et cette fois-ci, jusqu'à

Toulouse ! Au moins, là... on espère ne pas entendre

les obus allemands ! Et si c'est le cas, c'est que c'est mal barré...

Mais la question se pose toujours : que faire pour les œuvres encore proches du front,

au sein des murs du musée bombardé ? C'est là qu'intervient un nouveau service,

fraîchement créé : le Service de protection et d'évacuation des œuvres et objets d'art.

Une unité de l'armée spécialisée dans la sauvegarde du patrimoine en danger.

Ces militaires interviennent dans les musées, mais aussi dans les églises et monuments,

partout où des œuvres culturelles sont menacées par la guerre.

Une sorte de GIGN chargé de venir sauver la Joconde lorsqu'elle est en danger, si vous voulez !

Les hommes de cette unité dédiée au “Front Nord"

se rendent donc à Amiens sur ordre du Ministère des Beaux-Arts pour évacuer

les précieuses œuvres encore présentes au Musée de Picardie, avant de les enfermer

dans des dépôts sûrs, à l'écart du front, et bien gardés.

Par exemple, les peintures de Puvis, absolument monumentales et qui décorent le musée depuis

des décennies, sont démarouflées durant cette période. C'est-à-dire qu'on les

décolle pour les préserver. Une opération aussi impressionnante que délicate qui permettra

de sauver ce véritable trésor ! Les œuvres sont donc sauvegardées, mais

pas le bâtiment, qui bien que vide, est proche de la préfecture et continue donc à subir

les bombardements allemands, qui abîment les décors, les verrières, et toute l'architecture

des bâtiments du musée. Le 11 novembre 1918, l'armistice trouve

donc le musée inutilisable. Ses collections ont été presque intégralement sauvées,

mais elles ne peuvent pas retrouver leur place au musée. Il faudra de longues années de

travaux et de réparations pour qu'il rouvre enfin. Ce qui n'arrivera qu'en 1922.

Comme vous le voyez, le Musée de Picardie n'a pas eu une histoire facile. Mais comme

vous l'avez deviné… ce n'est pas fini. Et que le musée ne soit pas tiré d'affaire,

quelqu'un d'autre l'a deviné : cet homme, c'est Albert Roze, nouveau conservateur

du Musée de Picardie et célèbre sculpteur de son état. En 1938, il sent bien que fort

prochainement, on pourrait avoir besoin de protéger à nouveau le musée et ses œuvres

face à la guerre. Plans d'évacuation des œuvres, mise en

caisse, mesures de protection… Albert Roze prévoit toute une procédure pour sauver

les collections du musée et les bâtiments, et grand bien lui en prend puisqu'en 1939

éclate la Seconde Guerre mondiale. Le plan d'Albert Roze est mis en exécution, et

une partie des collections quitte le musée pour être mises en sécurité dans différents

lieux. Seulement voilà : la France capitule, et

une fois de plus, Amiens est occupée. Et si en 1870, les Prussiens avaient installé

un hôpital dans le musée, cette fois-ci, ils y verraient bien… la Kommandantur,

LE siège des autorités militaires locales allemandes... rien que ça !

Albert Roze, qui sait que le musée avait souffert de sa première occupation,

FAIT tout pour empêcher ce projet. Y compris dormir au sein même du musée pour que personne

ne puisse y rentrer sans son autorisation ! Et à force de négociations et d'utilisation

de son influence, il parvient à éviter que les allemands n'installent leurs quartiers

dans les murs dont il a la garde. Mais la guerre n'est pas finie !

Il faut donc continuer à évacuer les œuvres, par exemple, pour les sauver des bombardements

qui tombent sur la ville. Le musée est ainsi entièrement vidé de son contenu en 1942.

Et parce que rien n'est jamais simple, il faut de nouveau déplacer les œuvres lorsqu'à

partir de 1944, le front s'ouvre à nouveau en France, se déplace, cause des destructions…

et menace des dépôts d'œuvres. Bref, je vous l'ai dit, une musée en guerre,

c'est toute une histoire et ce n'est pas facile à gérer !

Et d'ailleurs, c'est bien beau de parler d'évacuation et de préservation des oeuvres,

mais concrètement, comment ça se passe ? Pour commencer, il y a ce qui ne bouge pas

: les bâtiments. Et pour les protéger, on les fortifie, tout simplement ! Barricades

aux fenêtres pour protéger du souffle des bombes, ou bien montagnes de sac de sable,

on fait avec ce qui est disponible ! Des poutres peuvent venir soutenir les éléments qui

risqueraient de s'écrouler en cas de bombardement, et de manière générale, on renforce

la structure du bâtiment. Les verrières précieuses, elles, sont souvent démontées, mises en caisses

et évacuées lorsque cela est possible. Quant aux sculptures, on n'hésite pas

à bâtir autour d'elles de véritables sarcophages de bois, au sein desquels les œuvres devraient

résister à la plupart des chocs. Et pour les éléments mobiles, on procède

à des mises en caisses, réalisées par des experts, qui décrochent et démontent tout

ce qui peut l'être avant de le placer dans des caisses rembourrées, que l'on charge

à bord de camions ou de trains, avant de les envoyer vers les lieux de stockage.

Cela peut être un château à l'écart des bombardements, Albert Roze y a recours durant la Seconde

Guerre mondiale, ou bien de véritables entrepôts souterrains capables de résister aux bombardements,

gardés par l'armée, et dignes de certaines scènes bien connues d'Indiana Jones.

Et ce genre de dispositif dont je vous parle n'appartient pas au passé : la France dispose

toujours aujourd'hui de plans d'évacuation de ses oeuvres, et ils ont servi encore récemment,

puisqu'en 2016, le Louvre y a eu recours pour la mise en sécurité préventive d'oeuvres

en vue de la crue de la Seine ! Mais revenons au Musée de Picardie. Car il

ne suffit pas de traverser les guerres : il faut aussi s'en remettre.

Et si je viens de vous raconter comment le musée a traversé trois conflits, ce n'est

pas pour autant qu'il pouvait enfin souffler un peu. Loin de là !

Imaginez-vous : le musée et ses collections atteignent la Libération… pour se retrouver

au milieu d'Amiens, ravagée par les bombardements, et qui n'est plus qu'un champ de ruines.

La ville doit se reconstruire pour entrer dans une nouvelle ère, et le musée va l'y accompagner,

sous l'influence du nouveau conservateur, nommé cette année-là : Robert Richard. C'est lui aussi un “conservateur de guerre”,

si l'on peut dire, puisqu'il était jusqu'alors en charge, justement, des dépôts de protection

des œuvres du département de la Somme. Il est donc tout désigné, aussi bien pour rapatrier

les collections qui sont dispersées sur tout le territoire, que pour relever le musée

au milieu des ruines. Sauf que rapatrier les œuvres prend du temps.

Beaucoup de temps. Et que le musée, lui, a besoin de vivre. Comment faire avec des

salles d'exposition incomplètes ? Eh bien, Robert Richard a bien sa petite idée.

D'abord, en combattant ce vieux cliché - que l'on croise parfois encore aujourd'hui

- comme quoi les musées seraient des lieux poussiéreux où il ne se passe jamais rien.

Pour ça, Robert Richard va donc multiplier les expositions, dont les vernissages deviennent

de véritables événements où l'on se presse pour voir, mais aussi pour être vu!

Ce qui n'est sans doute pas pour déplaire aux élus locaux…

Mais Robert Richard va plus loin : il va mettre en place dans les expositions… des œuvres

d'artistes locaux, d'enfants et d'étudiants du département ! Une stratégie payante,

puisque pour qu'une population s'approprie un musée, le mieux reste de l'y exposer

! Le conservateur va ainsi proposer un programme

culturel toujours plus riche, avec jusqu'à plus d'une dizaine d'expositions thématiques

par an, ce qui est beaucoup, mais aussi, un programme novateur et varié.

Là, on fait le grand écart. Un mois on propose au public d'admirer une collection de timbres

et le mois d'après...des avions de collection ! En passant par des photographies, des maquettes,

et quantité de sujets qui amènent les visiteurs à se presser pour découvrir les nouveautés du musée ! Et quand vos visiteurs associent “nouveautés”

et “musée”, on peut le dire : la mission est plutôt réussie.

Notre conservateur pourrait s'arrêter là… mais je vous l'ai dit, c'est un homme

d'action, qui ne se repose pas sur ses lauriers ! Il va ainsi ouvrir le musée aux associations

culturelles locales pour lier le musée au paysage culturel d'Amiens et de la Somme,

avant de lui-même sortir pour prendre la tête de l'Association de la Maison de la

culture dès sa création, puis de créer de nouveaux musées hors des murs du sien,

comme le Musée d'histoire naturelle, celui d'art local, d'histoire régionale…

bref rien ne l'arrête ! Au point que lorsqu'il trouve un théâtre

de marionnettes à vendre, il le rachète pour le faire entrer au musée et y organiser

des représentations ! Pour vous donner quelques chiffres, en 1950,

le musée n'accueillait que 9 000 visiteurs par an. Sept ans plus tard, et grâce aux

idées de Robert Richard, il accueille 42 000 visiteurs annuels ! Presque 5 fois plus

! Et ce, alors que les collections du musée sont incomplètes et que leur rapatriement

est toujours en cours et ne s'achèvera qu'en 1960 ! 15 ans après la guerre...

Lorsque Robert Richard quitte ses fonctions en 1978, sa mission est accomplie : le Musée

de Picardie s'est remis de la guerre, et est plus dynamique que jamais. Ses bâtiments

ont été modernisés, ses expositions sont prisées mais…Robert Richard a tellement

innové que ses projets ont fait de l'ombre aux collections permanentes du musée.

C'est quand même ballot et c'est donc à la nouvelle conservatrice, Véronique Alemany,

que va revenir la mission de mettre en valeur les richesses du musée… désormais en temps de paix !

Trois guerres, deux occupations, des bombardements,

des évacuations… le Musée de Picardie est la preuve qu'un musée, ce n'est pas

seulement un lieu pour parler d'histoire : c'est aussi un lieu où elle s'écrit

et elle se déroule. J'espère que cette vidéo vous a plu, merci

au Musée de Picardie pour ce partenariat et à Julien Hervieux pour la préparation

de l'émission. On se retrouve bientôt pour un nouvel épisode de Nota Bene. Salut!

3 guerres sans mourir - L’étonnante histoire du musée de Picardie 3 Kriege ohne zu sterben - Die erstaunliche Geschichte des Musée de Picardie 3 wars without dying - The amazing story of the Musée de Picardie 3 guerras sin morir - La sorprendente historia del Museo de Picardía 3 guerre senza morire - La sorprendente storia del Musée de Picardie 死なずに3つの戦争 - ピカルディ美術館の驚くべき物語 3 oorlogen zonder te sterven - Het verbazingwekkende verhaal van het Musée de Picardie 3 krig utan att dö - den häpnadsväckande historien om Musée de Picardie

Mes chers camarades, bien le bonjour ! Sur cette chaîne, je vous parle souvent de

guerre et de musées. Eh bien, cette fois-ci, je vous propose de mêler les deux thématiques

pour vous parler non pas d'un musée de la guerre, mais bien d'un musée en guerre ! to tell you not about a war museum, but about a museum at war!

On a déjà abordé l'an passé l'Histoire du musée du Picardie et justement Last year, we covered the history of the Musée du Picardie, and in fact

c'est un très bon exemple d'un musée qui a su traverser les conflits en restant toujours debout it's a fine example of a museum that has stood the test of time and remained on its feet.

comme dirait un chanteur français un peu connu... as a well-known French singer would say...

Il faut bien comprendre une chose : la mission d'un musée est de protéger les œuvres qu'il renferme It's important to understand one thing: a museum's mission is to protect the works it houses.

Et même en temps de paix, les menaces ne manquent pas : vols, dégradations, And even in peacetime, there's no shortage of threats: theft and damage,

accidents, humidité, sécheresse et même… insectes ! Il y a beaucoup à faire et croyez moi,

ce n'est pas évident. it's not easy.

Alors si c'est déjà tout un travail en temps de paix,imaginez quand la guerre s'en mêle ! Et pour le coup, le musée de Picardie, So if it's hard work in peacetime, imagine when war gets involved! And for that matter, the Musée de Picardie,

il a traversé la guerre franco-prussienne de 1870/1871, la première et la Seconde Guerre mondiale. he lived through the Franco-Prussian War of 1870/1871, and the First and Second World Wars.

Si le musée était un homme, il aurait serré les fesses ! Allez, direction If the museum were a man, it would have squeezed its buttocks! Come on, let's go

1870 pour faire le point sur la situation. La guerre arrive à Amiens en 1870, lorsque 1870 to take stock of the situation. War came to Amiens in 1870, when the

la France prend les armes contre le royaume de Prusse. Et comme la guerre ne tourne pas France took up arms against the Kingdom of Prussia. And as the war goes nowhere

vraiment à l'avantage des Français… c'est toute une armée prussienne qui se to the advantage of the French... an entire Prussian army was

dirige sur Amiens et occupe la ville à partir du 29 novembre 1870.

Le président de la commission du Musée, Charles Dufour, craint les pillages des soldats

ennemis, qui pourraient être tentés de se servir. La décision est prise de cacher les who might be tempted to help themselves. The decision was made to hide the

œuvres ayant le plus de valeur. La question étant : où ? Parce que des œuvres

y'en a de toutes les natures et certaines sont plus grosses que d'autres, alors il and some are bigger than others, so it's a good idea to

faut pouvoir adapter la cachette et le transport pour l'amener jusqu'à cette dernière need to be able to adapt the cache and transport to get it there

! À Paris, certaines œuvres ont déjà été

évacuées des musées impériaux pour être mises en sécurité, parfois jusqu'à Brest! evacuated from imperial museums for safekeeping, sometimes as far away as Brest!

Mais le musée de Picardie, qui est à cette époque encore le musée Napoléon d'Amiens

est lui encore rempli d'œuvres qui doivent être protégées coûte que coûte, et c'est is still full of works that need to be protected at all costs, and it's

donc au sein même du bâtiment que Charles Dufour va dissimuler autant de pièces majeures Charles Dufour will conceal as many of his major pieces within the building itself.

qu'il le peut... en espérant que les soldats prussiens ne fouillent pas les lieux trop hope that the Prussian soldiers don't search the premises too thoroughly.

en profondeur. Mais à sa grande surprise, les Prussiens

ne pillent pas le musée et font quelque chose de plus étonnant... ils s'y arrêtent, don't loot the museum and do something even more astonishing... they stop by,

y rentrent et le transforment… en hôpital militaire ! Des lits sont dressés dans les and turn it into... a military hospital! Beds are set up in the

salles du musée, où des toiles sont pourtant accrochées au mur ! Les soldats prussiens

se retrouvent donc en convalescence dans les vastes salles du Musée Napoléon avec pour

décoration de chambre, par exemple, une réplique à échelle 1:1 du Radeau de la Méduse de room decoration, for example, a 1:1 scale replica of Le Radeau de la Méduse by

Géricault. Si vous avez déjà fait un séjour à l'hôpital, Géricault. If you've ever been in hospital,

je doute que vous ayez eu le droit au même luxe ! I doubt you were entitled to the same luxury!

L'occupation va durer 237 jours, durant lesquels le musée fonctionne comme un véritable

petit hôpital prussien, avec son personnel qui va et vient, ses cuisines qui tournent small Prussian hospital, with its staff coming and going, its kitchens in constant motion

à plein régime, et ses blessés qui peuvent flâner dans ce musée portant le nom de Napoléon… and its wounded who can stroll through the museum named after Napoleon...

Vu qu'ils viennent de tous contribuer à défaire le dit Napoléon III, je pense qu'ils Given that they've all just contributed to defeating the so-called Napoleon III, I think they're

ont dû en savourer l'ironie pendant un moment !

Finalement, le 22 juillet 1871 les Prussiens s'en vont. Mais vous vous doutez bien que Finally, on July 22, 1871, the Prussians left. But as you can imagine

cela a laissé des traces : les planchers ont été dégradés par les lits qu'on this has left its mark: the floors have been damaged by the beds we've

y a traînés, les décors ont sérieusement souffert, et il faut des mois de travaux pour the sets have been seriously damaged, and it's taken months of work to get them up to scratch.

qu'enfin, le musée rouvre en 1872. Et dès 1875, puisque la France est “dénapoléonisée”, the museum reopened in 1872. And as early as 1875, since France was "denapoleonized",

le Musée Napoléon devient le Musée de Picardie. Si vous pensez que le conservateur du musée the Musée Napoléon becomes the Musée de Picardie. If you think the museum curator

va pouvoir souffler un peu, vous faites erreur, car en 1914, non seulement la Première Guerre will be able to breathe a sigh of relief, you are mistaken, for in 1914, not only was the First World War over, but so was the Second World War.

mondiale éclate… mais une fois de plus, Amiens est sur le chemin des armées allemandes. But once again, Amiens was in the path of the German armies.

L'État, mieux préparé, fait déjà rapatrier une partie des œuvres du musée à Paris

pour les mettre en sécurité. La ville connaît alors une première et très

brève occupation du 31 août au 11 septembre 1914. Mais la bataille de la Marne oblige brief occupation from August 31 to September 11, 1914. But the Battle of the Marne forced

les troupes allemandes à quitter rapidement Amiens sans avoir causé de dégâts. German troops to quickly leave Amiens without causing any damage.

En tout cas, pas dans le musée ! Car non loin, les Allemands ont bombardé la cathédrale At least, not in the museum! Because not far away, the Germans bombed the cathedral.

de Reims, et s'en prendre à un monument, c'est s'en prendre à la culture ! of Reims, and to attack a monument is to attack culture!

L'événement a d'ailleurs un retentissement international, et servira la propagande alliée durant toute The event had an international impact, and was used as Allied propaganda for the entire year.

la guerre. Alors, qu'en face les Allemands accuseront justement les Français… de se the war. While on the other side the Germans accused the French of...

cacher derrière leurs œuvres d'art ! L'art est donc à la fois acteur de la guerre hide behind their works of art! So art is both an actor in the war

- par la propagande - et victime - par les destructions. - by propaganda - and victim - by destruction.

Et hélas pour le musée d'Amiens, épargné jusqu'ici, en 1918… le front se rapproche And alas for the Amiens museum, spared until now, in 1918... the front was closing in.

à nouveau dangereusement de la ville ! Et cette fois-ci, l'artillerie allemande entre

en action contre la cité. Ce qui complique sérieusement la situation du Musée de Picardie.

Le 26 mars 1918, deux bombes tombent sur le musée, détruisant plusieurs peintures et On March 26, 1918, two bombs fell on the museum, destroying several paintings and

de nombreux dessins de la collection Duthoit, très importante pour l'histoire locale ! Un

mois plus tard, de nouveaux obus tombent sur le Musée : la mise en sécurité des œuvres months later, new shells fell on the Museum: the works had to be made safe.

devient plus urgente que jamais. Quant aux pièces des collections du musée

qui étaient pourtant supposées être en sécurité à Paris… la ville ayant elle who were supposed to be safe in Paris... the city having itself

aussi subi des bombardements, il a fallu les évacuer de nouveau, et cette fois-ci, jusqu'à

Toulouse ! Au moins, là... on espère ne pas entendre

les obus allemands ! Et si c'est le cas, c'est que c'est mal barré... German shells! And if that's the case, it's not looking good...

Mais la question se pose toujours : que faire pour les œuvres encore proches du front, But the question remains: what to do about the works still close to the front?

au sein des murs du musée bombardé ? C'est là qu'intervient un nouveau service, within the walls of the bombed museum? That's where a new service comes in,

fraîchement créé : le Service de protection et d'évacuation des œuvres et objets d'art. the newly created Service de protection et d'évacuation des œuvres et objets d'art.

Une unité de l'armée spécialisée dans la sauvegarde du patrimoine en danger.

Ces militaires interviennent dans les musées, mais aussi dans les églises et monuments, These soldiers intervene in museums, but also in churches and monuments,

partout où des œuvres culturelles sont menacées par la guerre.

Une sorte de GIGN chargé de venir sauver la Joconde lorsqu'elle est en danger, si vous voulez ! A sort of GIGN to come and save the Mona Lisa when she's in danger, if you like!

Les hommes de cette unité dédiée au “Front Nord" The men of this unit dedicated to the "Northern Front

se rendent donc à Amiens sur ordre du Ministère des Beaux-Arts pour évacuer to Amiens on the orders of the Ministry of Fine Arts in order to evacuate

les précieuses œuvres encore présentes au Musée de Picardie, avant de les enfermer the precious works still on display at the Musée de Picardie, before locking them away.

dans des dépôts sûrs, à l'écart du front, et bien gardés. in secure, well-guarded depots away from the front line.

Par exemple, les peintures de Puvis, absolument monumentales et qui décorent le musée depuis For example, the absolutely monumental paintings by Puvis, which have decorated the museum since

des décennies, sont démarouflées durant cette période. C'est-à-dire qu'on les decades, are removed during this period.

décolle pour les préserver. Une opération aussi impressionnante que délicate qui permettra to preserve them. An operation as impressive as it is delicate.

de sauver ce véritable trésor ! Les œuvres sont donc sauvegardées, mais

pas le bâtiment, qui bien que vide, est proche de la préfecture et continue donc à subir

les bombardements allemands, qui abîment les décors, les verrières, et toute l'architecture German bombing raids, which damaged the decorations, stained-glass windows and entire architecture

des bâtiments du musée. Le 11 novembre 1918, l'armistice trouve

donc le musée inutilisable. Ses collections ont été presque intégralement sauvées, the museum unusable. Its collections were almost entirely saved,

mais elles ne peuvent pas retrouver leur place au musée. Il faudra de longues années de but they can't be returned to the museum. It will take many years of

travaux et de réparations pour qu'il rouvre enfin. Ce qui n'arrivera qu'en 1922. work and repairs so that it could finally reopen. This would not happen until 1922.

Comme vous le voyez, le Musée de Picardie n'a pas eu une histoire facile. Mais comme

vous l'avez deviné… ce n'est pas fini. Et que le musée ne soit pas tiré d'affaire, you guessed it... it's not over. And the museum's not out of the woods yet,

quelqu'un d'autre l'a deviné : cet homme, c'est Albert Roze, nouveau conservateur someone else has guessed it: that man is Albert Roze, the new curator

du Musée de Picardie et célèbre sculpteur de son état. En 1938, il sent bien que fort of the Musée de Picardie and a famous sculptor in his own right. By 1938, he was well aware that

prochainement, on pourrait avoir besoin de protéger à nouveau le musée et ses œuvres

face à la guerre. Plans d'évacuation des œuvres, mise en in the face of war. Evacuation plans for works of art

caisse, mesures de protection… Albert Roze prévoit toute une procédure pour sauver protective measures... Albert Roze is planning a whole procedure to save

les collections du musée et les bâtiments, et grand bien lui en prend puisqu'en 1939 the museum's collections and buildings, and with good reason, since in 1939

éclate la Seconde Guerre mondiale. Le plan d'Albert Roze est mis en exécution, et

une partie des collections quitte le musée pour être mises en sécurité dans différents

lieux. Seulement voilà : la France capitule, et

une fois de plus, Amiens est occupée. Et si en 1870, les Prussiens avaient installé

un hôpital dans le musée, cette fois-ci, ils y verraient bien… la Kommandantur,

LE siège des autorités militaires locales allemandes... rien que ça !

Albert Roze, qui sait que le musée avait souffert de sa première occupation,

FAIT tout pour empêcher ce projet. Y compris dormir au sein même du musée pour que personne

ne puisse y rentrer sans son autorisation ! Et à force de négociations et d'utilisation

de son influence, il parvient à éviter que les allemands n'installent leurs quartiers

dans les murs dont il a la garde. Mais la guerre n'est pas finie !

Il faut donc continuer à évacuer les œuvres, par exemple, pour les sauver des bombardements

qui tombent sur la ville. Le musée est ainsi entièrement vidé de son contenu en 1942.

Et parce que rien n'est jamais simple, il faut de nouveau déplacer les œuvres lorsqu'à

partir de 1944, le front s'ouvre à nouveau en France, se déplace, cause des destructions…

et menace des dépôts d'œuvres. Bref, je vous l'ai dit, une musée en guerre,

c'est toute une histoire et ce n'est pas facile à gérer !

Et d'ailleurs, c'est bien beau de parler d'évacuation et de préservation des oeuvres,

mais concrètement, comment ça se passe ? Pour commencer, il y a ce qui ne bouge pas

: les bâtiments. Et pour les protéger, on les fortifie, tout simplement ! Barricades

aux fenêtres pour protéger du souffle des bombes, ou bien montagnes de sac de sable,

on fait avec ce qui est disponible ! Des poutres peuvent venir soutenir les éléments qui

risqueraient de s'écrouler en cas de bombardement, et de manière générale, on renforce would collapse in the event of a bombardment, and in general, we are reinforcing

la structure du bâtiment. Les verrières précieuses, elles, sont souvent démontées, mises en caisses the structure of the building. Precious glass roofs, on the other hand, are often dismantled, crated and then reassembled.

et évacuées lorsque cela est possible. Quant aux sculptures, on n'hésite pas and removed whenever possible. As for the sculptures, we don't hesitate

à bâtir autour d'elles de véritables sarcophages de bois, au sein desquels les œuvres devraient to build veritable wooden sarcophagi around them, within which the works of art should

résister à la plupart des chocs. Et pour les éléments mobiles, on procède withstand most shocks. And for moving parts, we proceed as follows

à des mises en caisses, réalisées par des experts, qui décrochent et démontent tout to expert crating, where everything is taken down and dismantled

ce qui peut l'être avant de le placer dans des caisses rembourrées, que l'on charge before being placed in padded crates, which are then loaded

à bord de camions ou de trains, avant de les envoyer vers les lieux de stockage. on trucks or trains, before being sent to storage.

Cela peut être un château à l'écart des bombardements, Albert Roze y a recours durant la Seconde It could be a château away from the bombardments, as Albert Roze did during the Second World War.

Guerre mondiale, ou bien de véritables entrepôts souterrains capables de résister aux bombardements, World War, or underground warehouses capable of withstanding bombardment,

gardés par l'armée, et dignes de certaines scènes bien connues d'Indiana Jones. guarded by the army, and worthy of some well-known Indiana Jones scenes.

Et ce genre de dispositif dont je vous parle n'appartient pas au passé : la France dispose And this kind of device is not a thing of the past: France has

toujours aujourd'hui de plans d'évacuation de ses oeuvres, et ils ont servi encore récemment, of the evacuation plans for his works, which have been used until recently,

puisqu'en 2016, le Louvre y a eu recours pour la mise en sécurité préventive d'oeuvres in 2016, the Louvre used it to secure works of art for preventive conservation.

en vue de la crue de la Seine ! Mais revenons au Musée de Picardie. Car il in preparation for the flooding of the Seine! But back to the Musée de Picardie. For it

ne suffit pas de traverser les guerres : il faut aussi s'en remettre. it's not enough to get through wars: you also have to recover from them.

Et si je viens de vous raconter comment le musée a traversé trois conflits, ce n'est And if I've just told you how the museum has survived three conflicts, it's not

pas pour autant qu'il pouvait enfin souffler un peu. Loin de là ! But that didn't mean he could finally relax. Far from it!

Imaginez-vous : le musée et ses collections atteignent la Libération… pour se retrouver Imagine: the museum and its collections reach the Liberation... only to be reunited...

au milieu d'Amiens, ravagée par les bombardements, et qui n'est plus qu'un champ de ruines. in the middle of Amiens, which has been ravaged by bombing and is now a field of ruins.

La ville doit se reconstruire pour entrer dans une nouvelle ère, et le musée va l'y accompagner, The city needs to rebuild itself to enter a new era, and the museum will help it do so,

sous l'influence du nouveau conservateur, nommé cette année-là : Robert Richard. C'est lui aussi un “conservateur de guerre”, under the influence of the new Conservative appointed that year, Robert Richard. He, too, was a "wartime conservative",

si l'on peut dire, puisqu'il était jusqu'alors en charge, justement, des dépôts de protection if you will, since he was previously in charge of the protection depots

des œuvres du département de la Somme. Il est donc tout désigné, aussi bien pour rapatrier

les collections qui sont dispersées sur tout le territoire, que pour relever le musée collections, which are scattered all over the country, than to relieve the museum's

au milieu des ruines. Sauf que rapatrier les œuvres prend du temps.

Beaucoup de temps. Et que le musée, lui, a besoin de vivre. Comment faire avec des A lot of time. And the museum needs to live. How to do this with

salles d'exposition incomplètes ? Eh bien, Robert Richard a bien sa petite idée. incomplete showrooms? Well, Robert Richard has his own ideas.

D'abord, en combattant ce vieux cliché - que l'on croise parfois encore aujourd'hui Firstly, by combating the old cliché - which is still sometimes heard today

- comme quoi les musées seraient des lieux poussiéreux où il ne se passe jamais rien. - that museums are dusty places where nothing ever happens.

Pour ça, Robert Richard va donc multiplier les expositions, dont les vernissages deviennent To this end, Robert Richard will be staging more and more exhibitions, with openings becoming

de véritables événements où l'on se presse pour voir, mais aussi pour être vu! real events where people flock to see, but also to be seen!

Ce qui n'est sans doute pas pour déplaire aux élus locaux… This is no doubt a source of delight for local councillors...

Mais Robert Richard va plus loin : il va mettre en place dans les expositions… des œuvres

d'artistes locaux, d'enfants et d'étudiants du département ! Une stratégie payante, local artists, children and students! A strategy that paid off,

puisque pour qu'une population s'approprie un musée, le mieux reste de l'y exposer since the best way to make a museum one's own is to exhibit it there.

! Le conservateur va ainsi proposer un programme ! The curator will propose a program

culturel toujours plus riche, avec jusqu'à plus d'une dizaine d'expositions thématiques an ever-richer cultural program, with up to a dozen themed exhibitions

par an, ce qui est beaucoup, mais aussi, un programme novateur et varié. per year, which is a lot, but also an innovative and varied program.

Là, on fait le grand écart. Un mois on propose au public d'admirer une collection de timbres This is where we make a big difference. One month we offer the public the chance to admire a collection of stamps

et le mois d'après...des avions de collection ! En passant par des photographies, des maquettes, and the month after that...vintage aircraft! Through photographs and models,

et quantité de sujets qui amènent les visiteurs à se presser pour découvrir les nouveautés du musée ! Et quand vos visiteurs associent “nouveautés” and a host of other topics that keep visitors flocking to the museum to find out what's new! And when your visitors associate "new" with

et “musée”, on peut le dire : la mission est plutôt réussie. and "museum", it's fair to say that the mission was a success.

Notre conservateur pourrait s'arrêter là… mais je vous l'ai dit, c'est un homme Our curator could stop there... but I told you, he's a man!

d'action, qui ne se repose pas sur ses lauriers ! Il va ainsi ouvrir le musée aux associations who never rests on his laurels! He's going to open the museum to associations

culturelles locales pour lier le musée au paysage culturel d'Amiens et de la Somme,

avant de lui-même sortir pour prendre la tête de l'Association de la Maison de la before leaving to head up the Association de la Maison de la

culture dès sa création, puis de créer de nouveaux musées hors des murs du sien, culture as soon as it was created, and then to create new museums outside its own walls,

comme le Musée d'histoire naturelle, celui d'art local, d'histoire régionale…

bref rien ne l'arrête ! Au point que lorsqu'il trouve un théâtre in short, nothing can stop him! So much so, that when he finds a theater

de marionnettes à vendre, il le rachète pour le faire entrer au musée et y organiser of puppets for sale, he bought it to bring it into the museum and organize

des représentations ! Pour vous donner quelques chiffres, en 1950, performances! To give you some figures, in 1950,

le musée n'accueillait que 9 000 visiteurs par an. Sept ans plus tard, et grâce aux

idées de Robert Richard, il accueille 42 000 visiteurs annuels ! Presque 5 fois plus Robert Richard's ideas, it welcomes 42,000 visitors a year! Almost 5 times as many

! Et ce, alors que les collections du musée sont incomplètes et que leur rapatriement ! And all this at a time when the museum's collections are incomplete and their repatriation

est toujours en cours et ne s'achèvera qu'en 1960 ! 15 ans après la guerre... is still underway, and will not be completed until 1960! 15 years after the war...

Lorsque Robert Richard quitte ses fonctions en 1978, sa mission est accomplie : le Musée

de Picardie s'est remis de la guerre, et est plus dynamique que jamais. Ses bâtiments de Picardie has recovered from the war, and is more dynamic than ever. Its buildings

ont été modernisés, ses expositions sont prisées mais…Robert Richard a tellement have been modernized, his exhibits are sought-after, but...Robert Richard has so

innové que ses projets ont fait de l'ombre aux collections permanentes du musée. innovative that his projects overshadowed the museum's permanent collections.

C'est quand même ballot et c'est donc à la nouvelle conservatrice, Véronique Alemany, It's a shame, though, and so it's up to the new curator, Véronique Alemany,

que va revenir la mission de mettre en valeur les richesses du musée… désormais en temps de paix ! that the task of showcasing the museum's treasures will fall to... now in peacetime!

Trois guerres, deux occupations, des bombardements, Three wars, two occupations, bombings,

des évacuations… le Musée de Picardie est la preuve qu'un musée, ce n'est pas

seulement un lieu pour parler d'histoire : c'est aussi un lieu où elle s'écrit only a place to talk about history: it's also a place where it's written.

et elle se déroule. J'espère que cette vidéo vous a plu, merci and it unfolds. I hope you enjoyed this video, thank you.

au Musée de Picardie pour ce partenariat et à Julien Hervieux pour la préparation

de l'émission. On se retrouve bientôt pour un nouvel épisode de Nota Bene. Salut! of the show. See you soon for a new episode of Nota Bene. See you soon!