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InnerFrench - Vol. 1, #40 - Le métier de journaliste - interview (1)

#40 - Le métier de journaliste - interview (1)

Salut à tous et bienvenue pour ce 40ème épisode ! Aujourd'hui, on va parler de journalisme avec une invitée spéciale.

Bonjour à tous et bienvenue pour ce 40ème épisode. Un épisode un peu spécial parce que j'étais à Paris, il y a quelques jours, et j'en ai profité pour voir une de mes amies qui s'appelle Laure Cometti et qui est journaliste pour le journal 20 Minutes. Donc j'ai pensé que ça serait une super occasion pour essayer de faire quelque chose d'un peu différent et j'ai enregistré une interview avec Laure. Dans cette interview, elle nous parle de son métier de journaliste, donc je pense que vous allez apprendre plein de choses intéressantes. Bon je vous préviens que c'est un épisode plus difficile que d'habitude parce qu'on parle de façon totalement normale, sans faire d'effort particulier, surtout Laure, donc vous allez voir que c'est plus rapide que quand je fais un épisode en solo et il y a beaucoup d'expressions que peut-être vous ne connaîtrez pas.

Donc comme d'habitude vous allez trouver la transcription de l'épisode sur mon site, et sur la transcription je vous explique les différentes expressions qui sont utilisées et je pense que ça va être l'occasion pour vous d'apprendre plein de nouvelles choses. Donc voilà, sans plus attendre je vais vous faire écouter cette interview et on se retrouve à la fin pour la conclusion.

Hugo : Salut Laure, est-ce que tu peux te présenter.

Laure : Salut Hugo, je m'appelle Laure, j'ai 29 ans, je vis à Paris et je suis journaliste.

H : Ok et tu es journaliste dans quel journal ?

L : Dans un journal qui s'appelle 20 Minutes qui est distribué gratuitement dans le métro et qui est disponible en ligne et sur mobile.

H : Ok. Alors pour commencer j'aimerais parler un peu de ton parcours. A quel moment tu as décidé de devenir journaliste et pourquoi ?

L : Bah je pense que j'ai…en tout cas j'avais envie de devenir journaliste, j'avais peut être pas encore décidé mais j'avais envie d'être journaliste quand j'étais enfant, quand j'étais adolescente. J'avais écrit un journal de mon collège. J'avais même créé un journal pour raconter la vie de ma famille pour un public un peu restreint. Et ensuite j'ai fait des études qui me prédestinaient pas forcément à être journaliste. Mais aux alentours de 22-23 ans je suis revenu à cette première passion et je me suis dit que c'était vraiment le métier que je voulais faire parce que j'ai toujours aimé écrire, j'ai toujours été très curieuse du monde qui m'entoure et je me disais que ça me permettait à la fois d'écrire et d'être curieuse et de partager ce que je pouvais apprendre avec un public. Donc voilà, je me suis un peu réorientée sur le tard.

H : Ouais parce que nous en fait on s'est rencontrés pendant nos études en école de commerce. Donc a priori l'école de commerce ça a pas grand chose à voir avec le journalisme. Et est-ce que tu n'as pas eu envie ensuite de faire une école de journalisme justement ? Est-ce que c'est possible de devenir journaliste sans faire école ?

L : Je pense qu'en théorie c'est un métier où tu n'as pas forcément besoin de faire une école pour devenir journaliste parce que c'est un métier où idéalement il faut pas être trop formaté il faut être un peu… C'est bien qu'il y ait des journalistes qui ont des styles très différents et des méthodes différentes même s'il y a toujours la même discipline la même rigueur et la même éthique. Et je pense que voilà il y a quelques décennies les écoles de journalisme n'existaient pas forcément ou en tout cas n'avaient pas un tel poids dans la profession donc il y avait beaucoup de journalistes. Moi, je connais des journalistes de la génération de mes parents par exemple qui ont pas fait d'école de journalisme, qui ont fait des études qui n'avaient rien à voir d'Histoire, de maths, de psycho et qui sont quand même devenus journalistes parce qu'ils étaient capables de raconter un peu le monde qui les entoure et de l'écrire de manière plaisante et de creuser des sujets, d'enquêter et de vérifier des infos. Et en fait c'est… bien sûr qu'en école on peut apprendre des techniques, on peut apprendre à filmer, à enregistrer, à faire de la radio, à gérer les réseaux sociaux ou un site web, mais je pense qu'après les rudiments du métier de journaliste c'est surtout du bon sens et du travail. Donc pas obligé de faire une école.

Après c'est vrai que moi, je suis allée vers l'école de commerce parce que je savais ce que je voulais faire et c'était la facilité. J'ai passé des concours. C'est le système français donc je ne sais pas si ça parle à tout le monde mais en gros voilà j'étais bonne élève, j'ai passé des concours. J'ai atterri dans une école de commerce c'était intéressant mais c'était pas… je voulais pas faire du marketing plus tard ou de la finance ou travailler dans les ressources humaines. Et en sortant de l'école, je me suis demandé s'il fallait que je fasse encore une école mais je commençais à être un peu lassée de pas travailler. En fait j'avais envie de travailler, j'avais envie de faire des choses et du coup j'ai plutôt opté pour la solution d'enchaîner des stages dans la presse où j'ai pu apprendre un peu sur le tas et faire mes preuves et commencer à construire mon CV et en étant pas obligée de repasser des concours.

H : Et est-ce que quand tu commences t'as besoin de te spécialiser sur un secteur particulier ou est-ce que c'est mieux d'avoir une approche plutôt généraliste et de voir ensuite ce qui te correspond le mieux ?

L : Je sais pas trop… j'ai pas trop de réponse. En fait, journaliste, je sais pas si c'est pareil dans tous les pays du monde, mais en France et dans pas mal de pays occidentaux, en tout cas de ce que j'ai pu observer, c'est un métier où il y a beaucoup de candidats, il y a beaucoup de gens qui veulent faire ce métier-là, il y a beaucoup de diplômés d'écoles de journalisme et il y a pas forcément beaucoup de postes.

Et je sais pas si dans le futur il y en aura tellement plus parce que là on va vers une information et il y a vraiment une cure d'austérité dans pas mal de médias, il y a des robots qui commencent à faire des choses très cool et voilà les humains sont un peu menacés.

H : Il y a des robots journalistes ?

L : Ouais y a des robots journalistes. Le Washington Post a des robots journalistes et même… Alors évidemment, il y a le mythe du… bon un robot qui écrit un article ce sera peut-être très informatif et très rigoureux, ça aura peut être moins de charme que la plume d'un humain. Mais au-delà de ça, il y a des robots qui vont désormais pouvoir monter des vidéos pour nous ou poster sur les réseaux sociaux pour nous. Donc c'est pas forcément des postes où on imagine qu'il y a un journaliste derrière mais c'est des postes qui actuellement sont occupés par des personnes. Donc ça peut…ça peut disparaître.

Et pour revenir à ta question, je pense que c'est toujours utile d'avoir une spécialité parce que sinon on sort pas trop de la masse et comme je le disais, il y a beaucoup de journalistes qui cherchent un emploi et y a pas forcément beaucoup d'emplois. Donc c'est bien d'être spécialisé. Déjà je pense que c'est bien pour soi-même, pour avoir le plaisir de pouvoir suivre des sujets sur un temps long. Les meilleures enquêtes ou les meilleurs documentaires, c'est des sujets qui parfois prennent des mois, des années. Et du coup si dès le départ tu dis : “bah moi ce qui me passionne, c'est…je sais pas, la botanique ou la finance, ça veut dire que par goût personnel, tous les jours tu vas suivre un peu ces sujets-là. Et sur le long terme, tu auras des meilleures idées que quelqu'un qui débarquerait complètement sur un sujet. Et en plus, ça peut te donner une valeur ajoutée pour un employeur et pour trouver un emploi.

Maintenant, il y a une autre grosse tendance dans le journalisme qui est que beaucoup de médias, ou en tout cas peut-être les médias qui recrutent le plus, veulent désormais des journalistes qui sont un peu capables de tout faire. C'est à dire qu'avant, il y avait des journalistes presse écrite, des journalistes radio, des journalistes vidéo, des journalistes community managers, et en fait maintenant de plus en plus on demande aux journalistes de pouvoir un peu tout faire. C'est-à-dire quand moi je pars faire un reportage, on me dit : “ah bah, tu vas faire un article, c'est super, mais alors ce serait bien que tu prennes aussi des photos pour l'illustrer, si tu peux faire une vidéo c'est encore mieux, et puis si tu peux faire un Facebook live ou un périscope, génial !”

Sauf que du coup c'est vrai que…Alors c'est un plus, ça veut dire que les gens sont de plus en plus formés, de plus en plus polyvalents, mais après c'est… Ça veut dire que… c'est rare d'avoir quelqu'un qui est excellent caméraman et qui a une excellente plume donc c'est un peu plus contraignant quoi.

H : Et toi justement avec ton expérience, est-ce que tu t'es spécialisée dans un domaine ou alors pas vraiment ?

L : Pas vraiment. Moi après, par mon parcours personnel, j'avais la chance de parler plusieurs langues, de bien parler anglais, de bien parler espagnol, et ça dans une rédaction, c'est un atout parce que ce n'est pas forcément si répandu que ça. Des journalistes vraiment à l'aise dans plein de langues.

H : En France en tout cas.

L : Oui, en France en tout cas ! Donc c'est vrai que c'est un atout et ça a pu me permettre de me positionner sur des sujets monde / international parce que voilà je pouvais faire des interviews en espagnol ou en anglais par exemple, ou lire la presse anglaise et espagnole.

H : Et est-ce que tu peux nous parler de ta première expérience en tant que journaliste, à part le journal au collège, mais ta première vraie expérience de journaliste ?

L : Alors, le premier stage que j'ai fait vraiment dans une rédaction, c'était au journal La Croix qui est un quotidien français de tradition plutôt chrétienne même si ça se ressent pas forcément dans les pages du journal (si ce n'est qu'ils ont une rubrique religion qui est assez fournie mais qui d'ailleurs traite de toutes les religions, pas uniquement de la religion chrétienne). Mais bon, en tout cas donc c'était la première fois que j'arrivais dans une rédaction et que même si j'étais stagiaire, j'étais une journaliste parmi les autres. Et c'était une bonne expérience. Les journalistes de La Croix étaient vraiment des bons pédagogues, des bons formateurs. Ils étaient assez patients, ils prenaient vraiment le temps d'expliquer un peu les bases. Et puis c'était une rédaction où il y avait un rythme… Enfin moi j'ai fait ce stage en 2012, donc à l'époque il y avait encore un rythme d'un journal quotidien. Ça veut dire que mine de rien, il y a une production à assurer tous les jours. Mais on prenait quand même le temps de travailler les sujets. Les gens prenaient le temps de m'expliquer ce qu'il fallait améliorer dans mes articles ou ce qui était bien. Donc c'était une bonne expérience.

H : Et ensuite est-ce que ça a été facile de trouver ton premier job de journaliste ?

L : Non pas vraiment. Mais après je n'avais pas fait d'école de journaliste donc j'avais pas vraiment de réseau.

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