Bonjour à tous et bienvenue ! C'est le troisième épisode du Cottongue podcast.
J'espère que tout va bien chez vous et que vous profitez du printemps !
Si vous n'avez pas écouté les épisodes précédents, je vais vous expliquer pourquoi je fais ce podcast.
Je m'appelle Hugo et je suis professeur de français en Pologne, à Varsovie. Comme j'habite en Pologne depuis 3 ans, j'apprends le polonais. Et pour apprendre une langue étrangère, je trouve que les podcasts sont un très bon outil, une très bonne méthode. Mais le problème avec ces podcasts, c'est qu'ils sont souvent ennuyeux. Ils ne parlent pas de sujets intéressants. On pense que, parce que les personnes qui écoutent ne comprennent pas tout, on ne peut pas leur parler de sujets originaux. Eh bien moi, je vais vous parler de choses que je trouve intéressantes et j'espère que ça vous plaira.
Dans ce podcast, nous n'allons pas faire de grammaire. Si vous voulez faire de la grammaire, il y a plein de sites internet et de livres pour ça. Ici, il faut juste écouter et essayer de comprendre ce que je vous raconte. Je vous conseille d'écouter le podcast plusieurs fois pour pouvoir comprendre de plus en plus de choses… Au départ, c'est normal de ne pas tout comprendre. Il faut plusieurs écoutes pour comprendre tout ce que je dis ou pour essayer de comprendre une grande partie de ce que je vous raconte.
Ici, à Varsovie, aujourd'hui c'est un jour férié. Un jour férié, c'est un jour où on ne travaille pas pour célébrer un événement national. Par exemple aujourd'hui en Pologne, on célèbre la Constitution du 3 mai 1791. La Constitution polonaise, c'est la plus vieille Constitution d'Europe, et la deuxième plus vieille constitution du monde (après la Constitution des États-Unis). Donc aujourd'hui c'est une fête nationale en Pologne, un jour férié pendant lequel personne ne travaille.
Mais moi je travaille, car j'ai décidé d'enregistrer un nouveau podcast pour vous.
Et dans ce podcast, je ne vais pas vous parler de la Constitution polonaise, rassurez-vous ! Aujourd'hui, je veux vous parler du bonheur.
Mais, d'abord, il faut essayer de définir le bonheur, d'expliquer ce que c'est.
Le bonheur, c'est un sentiment que l'on ressent quand on est complètement satisfait. On dit aussi qu'on est heureux, qu'on se sent bien. Par exemple, imaginez que c'est l'été, au mois de juillet ou au mois d'août si vous préférez le mois d'août. [bruitage cigales] Vous êtes en vacances dans le sud de la France, il fait très chaud. Vous êtes dans une magnifique piscine avec vos amis, vous n'avez aucun problème. Vous passez de supers vacances, les meilleures vacances de votre vie. Tout se passe bien, vous êtes heureux d'être là, à ce moment précis. La vie est belle, comme on dit en français. Eh bien, à ce moment-là, on peut dire que vous ressentez du bonheur.
Quand on pense au bonheur de cette façon-là, ça a l'air très simple. Mais en fait, c'est un peu plus compliqué que ça. Par exemple, il y a des centaines d'articles dans des magazines, sur internet, dans les journaux, pour trouver le bonheur. On propose aux lecteurs des recettes pour être heureux. On leur propose les ingrédients du bonheur. Il existe même des spécialistes du bonheur, et également une étude mondiale qui s'appelle le World Happiness Report, pour comparer les niveaux de bonheur dans différents pays. Pour classer les pays et voir dans quels pays les gens sont les plus heureux.
Aujourd'hui, nous allons parler de cette étude. Vous avez envie de savoir quels sont les pays où les gens sont les plus heureux ? Alors restez avec moi et vous le saurez d'ici la fin de ce podcast, promis !
Vous êtes prêts ? Alors, c'est parti !
D'abord, nous allons parler un petit peu de philosophie.
Les philosophes grecs se sont beaucoup intéressés à l'idée de bonheur. Les philosophes, vous savez, ce sont les personnes qui se posent des questions et qui écrivent sur des idées un peu abstraites : la morale, la vertu, le bien, le mal, le désir, etc. Vous connaissez sûrement Socrate, Platon et Aristote par exemple. Ce sont trois des plus célèbres philosophes de l'antiquité grecque. Malheureusement, dès l'antiquité grecque, les philosophes n'étaient pas d'accord sur la définition de bonheur.
Par contre, ils étaient d'accord sur un point : le bonheur est le but ultime de l'Homme. Ça veut dire que l'Homme fait tout pour le trouver. La cause de toutes ses actions, c'est cette recherche du bonheur. Par exemple, on travaille pour gagner de l'argent, et cet argent doit nous rendre heureux. Avec cet argent, on peut acheter des choses qui vont nous rendre heureux : une maison, une voiture, partir en vacances. Un autre exemple : quand vous cherchez quelqu'un pour partager votre vie, un mari ou une femme, c'est parce que vous pensez que vous serez plus heureux ou plus heureuse avec cette personne. Alors voilà, quand on réfléchit, on comprend que toutes nos actions sont motivées par la recherche du bonheur. Le bonheur, c'est le but ultime de l'Homme. Sur ce point, les philosophes grecs étaient d'accord.
Mais derrière le bonheur, il y a aussi l'idée de plaisir. Car le plaisir vient de la satisfaction d'une envie ou d'un besoin. Par exemple, le plaisir de manger un plat délicieux, votre plat préféré, le plaisir de voir un ami qu'on n'avait pas vu depuis longtemps. Mais attention, parfois le plaisir peut nuire au bonheur. « Nuire », c'est un verbe qui veut dire « être mauvais », « faire du mal à quelqu'un ou quelque chose ». On dit que la cigarette nuit à la santé, que fumer est mauvais pour la santé.
Pourquoi le plaisir peut-il nuire au bonheur ? Parce qu'il est souvent éphémère, temporaire. Vous savez bien, quand on fait la fête et qu'on boit de l'alcool par exemple. On passe un bon moment, on est un peu euphorique. Mais le jour d'après, le lendemain, on se sent mal. On a mal à la tête, on a rien envie de faire. En français ça s'appelle « avoir la gueule de bois ». « Avoir la gueule de bois » c'est quand vous avez bu trop d'alcool le jour précédent, et que vous vous sentez mal, que vous avez mal à la tête, que vous n'avez pas d'énergie. En français ça s'appelle « avoir la gueule de bois ». Ça, c'est donc un bon exemple. Le soir vous êtes heureux, vous éprouvez du plaisir parce que vous buvez, parce que vous êtes content d'être avec vos amis et de faire la fête, mais le lendemain vous regrettez un peu vos actions, vos décisions. Donc oui, le plaisir parfois nuit au bonheur.
Ça nous amène à une troisième idée qui est liée au bonheur, l'idée de stabilité. Le bonheur, ça n'est pas être heureux pour 5 minutes ou même pour 5 heures. Le bonheur, c'est un état stable, durable. C'est ça qui différencie le bonheur et le plaisir. On peut dire que le bonheur, c'est un plaisir stable, constant, un état dans lequel on se sent complètement satisfait. On dit en français « être comblé ». « Être comblé », c'est quand tous vos désirs, vos souhaits, sont réalisés. Vous ne voulez rien d'autre, vous n'attendez rien de plus. Le philosophe Aristote pensait que c'est seulement à la fin de sa vie qu'un homme sait s'il a vraiment trouvé le bonheur. Quand il regarde en arrière, quand il regarde sa vie, pour voir s'il a été heureux.
Ok, alors ça, c'était la partie philosophique du bonheur.
Maintenant, je vais vous parler du World Happiness Report. C'est un rapport annuel qui est publié par les Nations Unies et qui existe depuis 2012. Cette année, en 2017, ils ont donc publié leur 5ème rapport. Alors, à votre avis, comment les chercheurs peuvent-ils mesurer le niveau de bonheur d'un pays ? C'est un peu bizarre, non, de mesurer le niveau de bonheur des habitants ?
Pour faire ça, les chercheurs ont choisi différents critères, différents paramètres. Des indicateurs objectifs, et des critères subjectifs. Pour les critères subjectifs, ils ont interrogé, ils ont posé des questions, à 1000 personnes dans 150 pays différents. Ils ont interrogé 1000 personnes dans chacun des pays. Avec les réponses de ces habitants, les chercheurs ont pu évaluer leur niveau de bonheur.
À votre avis, quels sont les critères, les indicateurs, qui sont utilisés pour mesurer le niveau de bonheur d'un pays ? Est-ce que vous avez une petite idée ?
Je vais vous aider un peu.
Le premier critère, c'est le Produit Intérieur Brut par habitant. Généralement, on dit le PIB : Produit Intérieur Brut. Le PIB, c'est la richesse d'un pays, la richesse que produit un pays chaque année. Et le PIB par habitant c'est cette richesse divisée par le nombre d'habitants du pays. Logiquement, les petits pays riches, comme le Luxembourg, la Suisse ou la Norvège, ont un très grand avantage ici. Le PIB par habitant, c'est un indicateur très important. Ça veut aussi dire qu'on associe le bonheur à la richesse. Pourtant, en français, on a un proverbe qui dit « l'argent ne fait pas le bonheur ». Mais parfois on ajoute « mais il y contribue ». « L'argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue ». Ça veut dire que l'argent n'est pas suffisant pour être heureux, il faut d'autre chose, mais l'argent peut aider, il peut nous aider, à être heureux.
Le deuxième critère, c'est l'espérance de vie. L'espérance de vie, c'est la durée de vie moyenne d'une population, d'une génération. En France, l'espérance de vie, c'est 82 ans. Ça veut dire que les bébés qui naissent actuellement en France vont statistiquement vivre jusqu'à 82 ans. Évidemment, ça n'est qu'une statistique. Si un pays a une espérance de vie élevée, il a sûrement un bon système de santé pour soigner les personnes malades, beaucoup d'hôpitaux et de cliniques. Grâce à tout ça, grâce à ces infrastructures, à ce système de santé, les habitants sont en bonne santé. S'ils sont en bonne santé, ils vont vivre plus longtemps. Et logiquement, c'est plus facile d'être heureux quand on est en bonne santé. Vous savez quels pays ont l'espérance de vie la plus élevée ? Eh bien les trois pays qui ont l'espérance de vie la plus élevée dans le monde, ce sont le Japon, la Suisse et Singapour.
Le troisième critère du World Happiness Report, c'est l'assistance sociale. L'assistance sociale, ça veut dire que vous avez quelqu'un sur qui compter quand vous avez un problème : vos parents, votre compagnon, vos amis. Là aussi, c'est logique non ? On se sent plus en sécurité quand on sait qu'il y a des personnes pour nous aider si on a un problème. En français, on dit « se serrer les coudes ». « Se serrer les coudes » ça signifie s'entraider, être solidaires. Si un membre de votre famille ou un ami a des problèmes financiers par exemple, vous allez l'aider. Alors que si on ne se sent pas en sécurité, si on a peur pour son futur, il est difficile d'être heureux. On retrouve ici, l'idée de stabilité, dont nous avons parlée un peu plus tôt, qui est essentielle au bonheur. Les pays qui sont les mieux classés, là où les personnes sont les plus solidaires, ce sont l'Islande, l'Irelande et le Danemark. La France est 46ème dans le classement pour ce critère, ça veut dire que les Français devraient faire des efforts pour s'entraider davantage, pour davantage se serrer les coudes, pour être plus solidaires entre eux.
Ensuite, il y a l'indicateur de confiance, le 4ème critère. En français on dit « avoir confiance en quelqu'un », ou « faire confiance à quelqu'un ». Il y a deux possibilités : « avoir confiance en quelqu'un », par exemple « j'ai confiance en lui » ou « faire confiance à quelqu'un » par exemple « je lui fais confiance ». « Faire confiance à quelqu'un », c'est penser que cette personne est honnête et qu'elle ne va pas vous tromper. Dans le Rapport sur le bonheur, ils demandent aux habitants s'ils font confiance à leur gouvernement et aux entreprises. Les habitants ont confiance en ces institutions quand il n'y a pas de corruption. Quand le gouvernement fait bien son travail et que les entreprises ne sont pas corrompues. Quand tout le monde a les mêmes chances de réussir. Effectivement, c'est difficile de se sentir bien dans un pays quand on ne peut pas faire confiance au système.
La liberté est le 5ème indicateur utilisé dans ce classement. La liberté, ici, ça signifie la possibilité de prendre ses propres décisions, de faire ses propres choix. Quand personne ne vous oblige à prendre des décisions qui sont contre votre volonté. Si vous voulez changer de travail, vous pouvez le faire. Si vous voulez déménager, aller vivre dans une autre ville ou un autre pays, vous pouvez le faire. Si vous voulez vous marier ou divorcer, vous pouvez le faire. Le contraire de cette liberté, c'est quand vous êtes en prison. Quand vous êtes en prison, vous n'avez quasiment aucune liberté. Encore une fois c'est plutôt logique, je ne pense pas qu'il existe des gens qui soient contents d'être en prison.
Le 6ème et dernier critère, c'est le plus intéressant à mon avis, c'est le critère de la générosité. Cette générosité, elle est mesurée par les dons et les donations. Autrement dit, quand on donne de l'argent à une association qui s'occupe d'aider les personnes handicapées, les enfants, les animaux, où de toute autre cause. D'après le classement, les pays dans lesquels les gens sont les plus généreux sont la Birmanie, l'Indonésie et Malte. C'est intéressant parce que je pense qu'être généreux, penser aux autres, essayer de les aider, est une chose qui nous rend heureux parce qu'on se sent utile. C'est très important de se sentir utile. Mais je vous parlerai de ça un peu plus tard.
Avec tous ces critères, quels sont les pays où les gens sont les plus heureux à votre avis ? Une petite idée ?
Quand on calcule la moyenne des différents indicateurs, ce sont surtout les pays scandinaves qui arrivent en tête. « Arriver en tête » ça signifie être le ou les premiers d'un classement. La Norvège est 1ère, le Danemark 2ème, l'Islande 3ème, ensuite il y a la Suisse 4ème et la Finlande 5ème.
Et vous pensez que votre pays est bien classé ? Si vous voulez vérifier, vous pouvez trouver le classement de votre pays sur internet en cherchant le World Happiness Report 2017.
Voilà, maintenant nous avons vu que le bonheur est un état durable dans lequel nous sommes satisfaits, dans lequel tous nos désirs sont comblés. Mais, pour arriver à cet état, il y a des conditions extérieures, des conditions qui ne dépendent pas de nous, qui dépendent du pays dans lequel on vit par exemple.
Cependant, dans les pays occidentaux, le bonheur est devenu une obsession, une obsession égoïste, narcissique. Tout le monde fait tout pour le trouver. Certains journalistes parlent même de la « dictature du bonheur ».
La « dictature du bonheur », qu'est-ce que ça signifie ? Ça veut dire que cette recherche du bonheur est comme une sorte de tyrannie. Elle impose aux gens de vivre d'une certaine façon s'ils veulent être heureux. Dans les médias et les publicités, on nous donne des ordres pour être heureux : faîtes du sport, mangez équilibré, partez en vacances ici ou là, achetez cette voiture ou ce smartphone. Il faut faire un travail qui nous passionne, trouver la femme ou le mari idéal. C'est un peu stressant tout ça non ? Vous ne pensez pas ?
Après tout, chacun a une vision différente du bonheur, non ? Peut-être que les choses qui me rendent heureux ne plaisent pas à mon voisin. J'adore faire du vélo le dimanche quand il fait beau par exemple, ça, ça me rend heureux. Mais il y a aussi des gens qui n'aiment pas faire de vélo et qui préfère d'autres activités comme, je ne sais pas, la méditation, le running ou bien aller au cinéma. Ou bien certaines personnes préfèrent aller au bord de la mer pour les vacances, et d'autres à la montagne, ça dépend des goûts, des préférences !
Alors comment des « experts du bonheur » peuvent-ils nous aider à être heureux ?
Le plus important, à mon avis, c'est d'apprendre à se connaître. « Connais-toi toi-même » disaient les philosophes grecques. Tout le monde est différent, il faut apprendre à apprécier ses différences, sa singularité, pour savoir ce qui nous rend heureux.
Si vous essayez d'imiter les autres, de copier leur recette du bonheur, cela va sûrement créer de la frustration, de la jalousie. Ça risque même de vous rendre malheureux. Si vous vous conformez à la définition générale que la société donne du bonheur, peut-être que ça ne marchera pas non plus. Il n'existe pas d'ingrédients universels qui créent le bonheur, sinon on le saurait et tout le monde serait déjà heureux. Au contraire, il faut trouver sa propre recette. Prenez du temps pour vous, pour vous poser des questions et trouvez ce qui vous rend vraiment heureux. Et surtout, ouvrez-vous aux autres. Ne cherchez pas simplement votre bonheur personnel, mais essayez d'aider d'autres personnes à trouver le leur. Le bonheur ne doit pas être un plaisir égoïste, c'est une chose que l'on doit essayer de partager le plus possible. C'est une richesse qui peut grandir en la partageant, contrairement aux autres richesses.
Nous arrivons donc à la fin de ce podcast. J'espère que ce sujet du bonheur vous a intéressé, j'espère que vous avez appris de nouvelles choses, des choses peut-être intéressantes dont vous aurez envie de parler avec votre famille, avec vos amis. Et j'espère aussi que vous aurez envie d'écouter le prochain podcast.
Comme d'habitude, je vous encourage à écouter ce podcast plusieurs fois. Plus vous l'écouterez, plus vous comprendrez de choses. Et, pour vous aider, vous pouvez aussi trouver la transcription de ce podcast, ça veut dire toutes les choses que j'ai dites, sur mon site internet cottongue.com. Allez sur cottongue.com, dans la rubrique podcast et, si vous vous inscrivez (c'est gratuit) vous aurez accès à toutes les transcriptions de tous les podcasts.
Merci à tous d'avoir écouté ce podcast. J'espère qu'il vous a aidé à apprendre le français d'une façon un petit peu différente, un petit peu plus amusante peut-être. La semaine prochaine, pour notre nouveau podcast, nous parlerons de la théorie du genre. Donc si vous ne savez pas ce que c'est que la théorie du genre, rendez-vous la semaine prochaine avec le nouveau podcast. En attendant, essayez de faire un peu de français tous les jours, de lire, d'écouter ou de regarder des choses intéressantes et on se retrouve la semaine prochaine.
À bientôt, salut