Journal en français facile 17 décembre 2016
Juliette Jacquemin : Merci d'écouter RFI, 21h ici à Paris, 20h en temps universel. C'est l'heure de votre journal en français facile avec vous Sylvie Berruet. Bonsoir !
Sylvie Berruet : Bonsoir Juliette, bonsoir à tous.
JJ : A la une de l'actualité, ce soir, cet attentat à Kandahar en Afghanistan : cinq femmes et leur chauffeur tués par balles par des hommes à moto... Elles avaient déjà reçu des menaces parce qu'elles travaillaient. SB : Le froid et la faim menacent les dizaines de milliers de civils toujours bloqués à Alep en Syrie. Les évacuations sont arrêtées depuis hier matin.
JJ : A la une également Les négociations à l'arrêt entre le pouvoir et l'opposition en République démocratique du Congo. SB : Et puis nous retrouverons Yvan Amar à la fin de ce journal, autour du mot qui a fait l'actualité cette semaine : le mot "négligence". JJ : C'est un crime qui est comme le symbole des violences faites aux femmes en Afghanistan... Cinq femmes et leur chauffeur ont été tués, par balle, ce matin alors qu'ils se rendaient à leur travail, à l'aéroport de Kandahar, dans l'est du pays. SB : Elles avaient déjà subi des menaces de mort justement parce qu'elles travaillaient. Les Nations unies réclament ce soir une enquête rapide, impartiale et transparente. Christophe Paget.
Les cinq femmes et leur chauffeur se rendaient à l'aéroport international de Kandahar lorsque plusieurs inconnus à moto ont mitraillé leur minibus. Il n'y a aucun survivant. Ces femmes étaient chargées de la fouille des passagères et de leurs bagages pour une société privée. Le directeur de l'aéroport a indiqué qu'elles craignaient pour leur vie depuis qu'elles avaient reçu des menaces de mort. De fait les femmes qui travaillent sont régulièrement menacées par les talibans, qui leur reprochent de sortir de leurs foyers. Les talibans qui ont démenti toute implication dans cette attaque.
Si la situation des femmes s'est considérablement améliorée en Afghanistan depuis la chute du régime des talibans, elle reste difficile : mariages précoces et forcés, accès à la justice et au monde politique compliqués, violences… Selon le Sigar, l'organisme américain chargé du contrôle des dépenses de Washington dans le pays, « l'Afghanistan demeure un des pires endroits sur terre pour naître femme ». Le mois dernier, lors du lancement d'une campagne contre les violences faites aux femmes, le procureur général afghan indiquait que 5 000 cas de violences contre les femmes avaient été enregistrés en 2015, 3 700 pour les seuls huit premiers mois de 2016. Des chiffres beaucoup plus importants dans la réalité : nombre de femmes subissant des violences ne portent pas plainte.
SB : Christophe Paget. Et le président afghan Ashraf Ghani a réagi à ce meutre : il assure qu'un tel crime montre la "faiblesse des ennemis de l'Afghanistan". JJ : Le président turc Recep Tayip Erdogan assure que l'attentat à la voiture piégée ce matin, dans le centre de la Turquie, a été commis par le Parti des travailleurs du Kurdistan, le PKK. L'attaque a fait au moins 13 morts, 13 militaires... 56 autres personnes ont été blessées. L'attaque n'a pas été revendiquée. SB : En France cette fois, c'était trois femmes kurdes, trois militantes, qui avaient été assassinées, en plein coeur de Paris, en janvier 2013. JJ : Eh bien on apprend que leur assassin présumé, Omer Güney, est mort, à l'hôpital, avant la tenue de son procès. Il était très malade. C'est le seul suspect qui devait être jugé dans cette affaire. SB : En Syrie, quelques 40.000 civils toujours bloqués dans les quartiers est d'Alep, en attendant la reprise des évacuations. JJ : La Croix-rouge de son côté appelle les acteurs de la bataille à trouver un accord, pour sauver "ces milliers de vies" d'après les mots de l'organisation. Cela fait plus de 36 heures maintenant que rien ne se passe en effet même si un responsable rebelle affirme qu'un accord a été trouvé, pour la reprise des opérations. Le régime de son côté n'a pas confirmé. Les précisions de Toufik Benaïchouche.
Il resterait environ 40.000 civils dans le réduit que tiennent encore les insurgés à Alep-est et entre 1.500 et 5.000 combattants avec leurs familles, selon l'émissaire des Nations unies pour la Syrie Staffan de Mistura. Selon plusieurs témoignages, dans le quartier d'Al-Amiriyah, des milliers de personnes, dont des enfants, passent la nuit dans les ruines des immeubles par des températures avoisinant les -6 degrés. L'armée syrienne a suspendu vendredi le processus en accusant les rebelles de "ne pas respecter les conditions de l'accord". Une source militaire a affirmé que les insurgés avaient "ouvert le feu et voulu sortir des armes moyennes et partir avec des otages", entendez des membres des forces pro-régime qu'ils détiennent. Selon le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme généralement bien informé, la suspension est liée au blocage par des rebelles de l'évacuation des blessés des villages chiites prorégime de Foua et Kefraya dans la province voisine d'Idleb, assiégés par les insurgés. Ce samedi matin on annoncait que finalement les difficultés avaient été aplanies et que les évacuations devraient débuter incessement, mais en fait aucune véritable certitude.
SB : Les familles des victimes du crash aérien du vol Paris-Le Caire, le 19 mai dernier, vont pouvoir récupérer les corps de leurs proches.
JJ : Jusqu'ici, le procureur général égyptien s'y était toujours opposé. Le ministère des affaires étrangères français, salue une décision importante. Les familles l'attendaient avec impatience, ajoute-t-il. On ne sait toujours pas exactement ce qui a provoqué la chute de l'avion. Mais jeudi, la commission d'enquête égyptienne a affirmé que des traces d'explosifs avaient été retrouvées sur plusieurs corps. SB : En République démocratique du Congo, pas d'avancée après les négociations entre le pouvoir et l'opposition, négociations qui ont donc été suspendues. JJ : Des discussions organisées par la conférence des évêques. Mais ceux-ci ont finalement suspendu les négociations, jusqu'à leur retour de Rome... La visite était prévue depuis longtemps. On ne sait toujours pas comment le pays va être géré après le 19 décembre, la date théorique de la fin du mandat du président, Joseph Kabila. Et d'autres questions restent sans réponse, notamment la date des prochaines élections présidentielles. Les précisions de Pierre Pinto.
A la sortie des discussions, le ministre Alexis Thambwe Mwamba pour la majorité affirmait que "les participants s'étaient mis d'accord sur les choses essentielles pour sauvegarder le pays". Comprenez que la reprise des discussions mercredi devrait donc permettre de concrétiser ces consensus. Mais ce n'est pas ce que dit l'opposition. Dans sa déclaration, Félix Tchisékédi affirme lui "qu'aucun accord n'a été trouvé" avec la partie adverse. Il évoque aussi je cite "le déploiement excessif et sans précédent du dispositif militaire sur toute l'étendue du territoire mettant de fait le pays sur le pied de guerre" fin de citation. Enfin il appelle le peuple à "demeurer vigilant et mobilisé pour la défense de la Constitution". Alors faut-il parler d'échec? En tout cas si chacun soutient l'initiative des évêques, l'objectif visant à désamorcer une situation politique explosive avant lundi 19, date théorique de la fin du mandat présidentiel de Joseph Kabila, l'objectif n'est pas atteint. Et malgré l'accord sur l'abandon des poursuites judiciaires contre certaines personnalités de l'opposition ou leur libération, le problème immédiat reste entier. Tout le monde a en tête les violences en marge des manifestations anti-Kabila de Septembre qui avaient fait une cinquantaine de morts selon l'ONU. Les ambassades occidentales déconseillent aux voyageurs de se rendre en RDC. La Belgique demande même a ses ressortissants de quitter le pays. Et des check-point ont été érigé un peu partout dans Kinshasa.
JJ : Et puis comme tous les samedis Yvan Amar nous explique le mot de la semaine. Aujourd'hui il se penche sur le mot "négligence". Christine Lagarde a-t-elle été négligente, ou en tout cas a-t-elle fait preuve de négligence lorsque, ministre de l'économie, elle devait trancher et arbitrer les affaires mises en vente par Bernard Tapie ? Elle n'est donc pas soupçonnée de malhonnêteté, de malversation, mais simplement de négligence. Une négligence chère, certes, et qui pourrait lui coûter cher, mais c'est quand même autre chose que le détournement ou la corruption. La négligence ? Elle s'apparente à l'insouciance : on a manqué de soin, d'attention, on s'est un peu laissé aller. C'est bien ça la négligence : se laisser aller. Et cela ressemble souvent à une certaine paresse : on ne s'est pas donné assez de mal. Non seulement ça, mais cela correspond souvent à un manque de précaution, ou de prudence. Par ailleurs la négligence à une signification plus précise, et plus juridique parfois : C'est ce qui qualifie une faute non-intentionnelle, c'est-à-dire qu'on n'a pas voulu faire, qu'on n'a pas faite exprès, pas délibérément. Et la plupart du temps, il s'agit de quelque chose qu'on aurait dû faire, et qu'on n'a pas fait. Parce qu'on a oublié, qu'on n'y a pas accordé suffisamment d'importance. La négligence est donc un défaut. Et négligemment est l'adverbe qui correspond à ce mot. Mais dont le sens est souvent plus léger, moins moral. On met négligemment ses mains dans ses poches, on tapote négligemment sur son bureau : cela veut dire tout simplement, sans y penser, sans y accorder d'importance, et de façon un peu mécanique. JJ : RFI, 21h10 ici à Paris. Merci Sylvie Berruet ! Merci aussi à Fabrice Violas à la réalisation de cette émission. Une émission à retrouver sur notre site internet RFI savoirs. Très belles soirée à tous sur la radio du monde.