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In My Timeline, Le futur du cinéma

Le futur du cinéma

En 2016 et 2017, on n'a jamais été aussi nombreux à aller au cinéma. Si nombreux

que la France est le pays européen où on va le plus en salles. Chaque Français va

environ 3 fois par an au cinéma, c'est un chiffre énorme et qui augmente de plus

en plus. Mais avec l'arrivée d'internet, il est

clair que le contenu que l'on regarde et la manière dont on le consomme sont en train

de changer.

Alors qu'il y a quelques années le cinéma était LE lieu pour voir un film, aujourd'hui,

il n'est plus seul, et les salles ne sont plus le passage obligé pour profiter du 7e

art. On a maintenant un mini cinéma dans notre poche et le contenu gratuit comme payant

disponible sur internet est de plus en plus riche et qualitatif.

Même le CNC, un des piliers du financement du cinéma, prend ce média au sérieux et

propose des aides à la création vidéo gratuite sur internet, au même titre que pour les

films diffusés au cinéma.

Car les films sont à la frontière entre un ancien et nouveau support, comme quand

nous sommes passés du muet au parlant du N&B; à la couleur de la K7 au DVD, aujourd'hui,

les films se passent de plus en plus de support physique, et même parfois de sortie dans

les salles.

Car aujourd'hui, la rupture est nette, les jeunes ont complètement intégré internet

dans leur vie, mais l'industrie du cinéma est restée sur des vieux schémas.

Depuis 2017 , le Festival de Cannes a même été jusqu'à interdire tous les films en

compétition officielle qui ne sortent pas dans les salles de cinéma. Et la FNCF, qui

participe à l'organisation du festival, a même déclaré que “Les films qui ne

sortent pas en salles remettent en cause leur nature d'oeuvre cinématographique”.

Citation officielle: “Et qu'en sera-t-il demain, si des films du Festival de Cannes

ne sortaient pas en salles, remettant ainsi en cause leur nature d'œuvre cinématographique

?” À ce niveau-là, le clivage entre ces deux

générations est net.

Est-ce que :

Une musique n'est plus aussi belle lorsqu'elle n'est pas écoutée sur un support physique.

Un livre perd toutes ses qualités lorsqu'il est lu sur une liseuse

Un vêtement vendu sur internet et non pas acheté en boutique n'est pas un vrai vêtement

Des connaissances acquises en autodidacte et non pas à travers d'un prof ne valent

rien. Un plat gastronomique livré à chez soi perd toute saveur.

Un film qui ne sort pas en cinéma n'est pas un vrai film.

Tous ces problèmes sont des évolutions de notre société, et ce n'est même pas le

fond qui change, mais la forme. Et naturellement, chaque génération, chaque individu à sa

préférence. Mais au final, est-ce que cette forme importe tant ? N'est-ce pas plutôt

le fond qui compte ?

Comme je le disais au début, 2017 c'est la 3e meilleure année pour les salles depuis

50 ans.

Mais il n'y a pas que le cinéma qui se porte bien. Depuis 2016, Netflix a lui aussi

multiplié son nombre d'abonnés par 2.5, passant de 600k à 1,5 million.

OK, donc d'un côté on nous dit que le cinéma ne s'est jamais aussi bien porté,

et de l'autre que Netflix à une croissance exponentielle. Je ne sais pas vous, mais j'ai

du mal à croire que le cinéma se porte si bien que ça. Alors où est le problème ?

Et bien le problème est dans le public. Extrait

Ca c'est Frédérique Bredin, la présidente actuelle du CNC, le Centre national du cinéma

et de l'image animée. Ce dont elle parle, c'est le programme lancé

par le CNC en 2014 "4 euros pour les moins de 14 ans".

Mais pour comprendre d'ou vient cette baisse de prix, il faut d'abord comprendre où va

notre argent lorsque on achète un tiquet de cinéma.

Sur un ticket à 8€, on enlève d'abord les 5% de TVA, puis 1,5%, la part de la SACEM,

(qui gère les droits d'auteurs pour la musique du film) .

Ensuite, à chaque billet acheté, on participe à l'industrie du cinéma français grâce

à une taxe appelée la TSA. C'est 10% du billet qui va directement dans les poches

du CNC qui va proposer ensuite des aides pour développer l'industrie du cinéma.

Et les 82% restants sont répartis entre le distributeur, et la salle de cinéma. (41%

chaqu'un) (plan stop motion playmobils qui représentent

les salles / gouvernement + CNC avec bulles) Pour passer les places de cinéma à 4€

pour les moins de 14 ans, c'est en fait le gouvernement qui à réduit la TVA des places

de cinéma de 7 à 5% pour tous à condition de proposer ce tarif spécial jeune.

Ainsi, quand on achète une place de cinéma à 4€ grâce à ce programme, c'est pas

le cinéma qui nous fait une fleur, mais le gouvernement et le CNC.

Alors, pourquoi on nous fait ce beau cadeau ?

Et bien c'est pour encourager les jeunes à retourner au cinéma.

Si l'on regarde les statistiques de la fréquentation du public en salles, on voit que depuis l'apparaition

des offres de streaming payant en 2011, le jeune public stagne ou est en diminution.

Cette offre est donc la pour pallier à cette baisse et s'assurer que les jeunes s'habituent

à voir des films en salles plûtot que sur internet.

Le CNC décrit cette opération comme un succès, et c'est vrai ! On peut clairement voir en

2014 que le public des 7-14 ans est retourné dans les salles. Mais cela n'a clairement

pas duré, et aujourd'hui, les jeunes générations sont dans une lente décroissance.

Pour le moment, cette baisse du jeune public est compensée par l'augmentation du public

plus âgé. Mais pour les années futures, si les nouvelles générations, qui vont à

terme remplacer les anciennes, s'habituent au streaming, l'industrie du cinéma et des

salles pourraient être mis à mal.

Logiquement, qui dit changement de public dit aussi changement de contenu, les producteurs

et distributeurs de films s'adaptent à leur public potentiel, et font donc des films

qui plaisent à la tranche d'âge majoritaire.

Et ben oui, forcément, comme avec l'arrivée de la télé dans les foyers, le cinéma souffre

de cette nouvelle vague de contenus en ligne.

Comme le public jeune et plus âgé se sépare de plus en plus en plus en fonction de leur

mode de diffusion, le contenu fait de même. La frontière entre ce qu est proposé au

cinéma et en ligne est de plus en plus nette.

Je suis ici au cinéma de Tuschinski à Amsterdam, considéré comme l'une des salles les plus

spectaculaire au monde. Ce qui est intéressant c'est de voir comment, même pas 30 ans

après l'invention du cinéma (cinématographe) , cet homme d'affaire Hollandais à fait

en sorte de faire créer une expérience cinématographique unique.

Quand Tuschinski ouvre en 1921, le cinéma était une expérience vraiment magique pour

les spectateurs, les gens allaient voir les premiers effets spéciaux avec les films de

Mélies, les premières comédies avec Chaplin.

En construisant son cinéma, Abraham Tuschinski voulait créer l'excellence du cinéma et

faire rentrer le spectateur dans un monde où seul le film existe.

Il a conçu un bâtiment dont l'architecture même participe de la féérie pour emmener

les spectateurs dans un monde d'illusion, loin de leur quotidien.

Aujourd'hui, voir un film n'est plus aussi magique que ça l'était à l'époque

c'est devenu quelque chose de banal, que l'on consomme n'importe où, ou on n'hésite

pas à mettre en pause, à regarder notre téléphone, manger du pop-corn etc…

Comment recréer cette magie qu'avait les spectateurs en 1921 ? Je pense que c'est

de revenir à ce qui est au cœur du cinéma ? L'humain.

Comprendre qu'un film part d'une simple idée que quelqu'un a eu, puis du travail

nécessaire pour lui donner vie. D'abord à un, puis à plusieurs pour la tourner.

Redonner sa magie au cinéma, c'est d'abord comprendre ça. Rencontrer quelqu'un qui

t'explique pourquoi il a fait ce film-là, ça ajoute une autre dimension qui rend ton

expérience de spectateur tellement plus riche.

J'ai regardé par curiosité dans d'autres milieux, si, comme au cinéma le streaming

et internet en général ont un impact négatif sur les modes de diffusion « classique ».

Et il s'avère que non, dans le milieu de la musique, on voit que le nombre d'abonnés

aux services de streaming augmente en même temps que le nombre de places de concerts

vendues.

Alors on en déduit que, pour le cas de la musique, le streaming a soutenu la vente de

billets pour les concerts en démocratisant la musique pour la rendre accessible à tous.

Il nous a permis de découvrir de nouveaux artistes, qu'on n'aurait sans doute pas

connus autrement, et donné envie d'aller voir leurs concerts.

On peut faire un rapprochement avec le cinéma : internet nous permet de découvrir de nouveaux

réalisateurs, comme jamais auparavant. Mais une séance de cinéma n'est pas aussi unique

que peut l'être un concert, il n'y a pas cette expérience, ce contact humain qui

enrichit l'œuvre par rapport à la simple écoute d'un disque.

Au final, c'est peut-être ça qui manque aux salles : offrir un vrai plus par rapport

au visionnage chez soi au-delà d'une « simple » amélioration de la qualité de visionnage.

Source : CNV rapport 2016

II - Creation

(Musique : A Robery - Syd Matters (Copyrighté)) River Sister - Syd Matters

Mais il n'y a pas que le public qui change. Il y a 10 ans, créer une vidéo était beaucoup

plus compliqué qu'aujourd'hui : le matériel plus cher, les producteurs rares, et les modes

de diffusion fermés.

( Extrait : https://youtu.be/eOZJ4As0jE8?t=39m28s )

(Refaire la voix off) Dans 10 ans, il est probable que cela s'inverse

; la technique sera plus intuitive et nous laissera nous concentrer sur l'histoire

que l'on veut raconter. On peut penser que le temps passé à la recherche de diffuseurs

pourra être réduit et permettra aux créateurs de se concentrer sur l'essentiel de la production,

son histoire, la recherche d'acteurs, le repérage, ce qui finalement, définit vraiment

un film.

(Nouveaux texte transition) (Image : pleins de présentateurs tv parlent

de YouTube) (Image : Panneau avec clous qui se relient

avec fil noir, et mots clefs qui sont à coté de chaque pin. Suis avec dumbo ma main qui

relie en même temps que la voix off) Aujourd'hui, c'est YouTube qui a réussi

à avoir le monopole du contenu gratuit sur internet. Cette gratuité, est à la fois

sa force et sa faiblesse. • Le mode de diffusion de YouTube, ou plus

généralement d'internet, permet de créer quelque chose d'instantané qui est disponible

là maintenant tout de suite, ce qui correspond très bien au mode de travail de la plupart

des vidéastes. On crée, on publie, et on est rémunéré en fonction de son audience.

• Mais pour ceux qui veulent faire du contenu qui s'approche de ce qu'on peut voir au

cinéma (de la fiction, du documentaire, etc..) qui demandent plus de financement en amont

de la production, ce n'est pas l'idéal. Pour le moment, les partenariats, crowdfunding

et aides publiques compensent ce manque, mais es ce que ça va durer ?

• Même si c'est la plateforme vidéo la plus utilisée, je ne suis pas sûr que

YouTube soit réellement le bon endroit pour faire émerger de nouveaux créateurs, alors

que pourtant, on en aurait besoin.

Ce contenu gratuit génère un trafic énorme, et permet de développer son audience. Mais

d'un autre côté, le risque est de délaisser des œuvres qui s'éloignent de la norme

pour privilégier des vidéos plus consensuelles. Ce modèle économique encourage le créateur

à lui-même censurer ses ambitions pour faire du contenu facile à regarder. Au final comme

quand un producteur pourrait demander de changer son scénario pour faire plus d'entrées,

quitte à délaisser une œuvre s'éloignant de la norme ?

(Nouveaux texte, YouTube Red et transition autre modèle économique)

(Assis avec PC portable et image de l'écran qui s'affiche sur la gauche/droite)

Et YouTube est conscient que la publicité ne fait pas tout, ce n'est pas un modèle

économique stable, à la fois pour l'utilisateur et les vidéastes. Au final seuls les annonceurs

en bénéficient, et si c'est pour que Dior et McDonald contrôle ce que je regarde à

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