Le Journal en français facile du jeudi 24 novembre 2022
Le Journal en français facile.
Adrien Delgrange. Nous sommes ensemble pour dix minutes d'actualité internationale avec aujourd'hui Juliette Pietraszewski
Bonjour. Bonjour Adrien, Bonjour à tous!
Jeudi 24 novembre, voici les titres. En pleine guerre en Ukraine. Et alors que l'hiver approche à grand pas, les pays de l'Union européenne s'opposent, ne se sont pas mis d'accord sur un prix maximum pour acheter du gaz. Nous sommes à Bruxelles dans un instant pour comprendre la situation.
L'Ukraine, toujours largement privée d'électricité et d'eau. Après les bombardements russes d'hier.
En France, nous venons d'apprendre qu'une enquête est ouverte concernant les comptes de campagne. L'argent dépensé pour les campagnes électorales d'Emmanuel Macron en 2017 et 2022.
Et puis nous parlerons sport. Coupe du monde de football. La déception, la désillusion pour les Camerounais, leur équipe de football a perdu aujourd'hui contre les Suisses. Reportage à suivre dans les rues de Yaoundé.
Il est question d'énergie pour commencer ce journal. Parlons du gaz.
Réunis en Belgique, à Bruxelles. Les ministres européens de l'énergie ne se sont pas mis d'accord aujourd'hui pour plafonner les prix du gaz, c'est à dire de ne pas dépasser un certain prix pour acheter cette énergie. La proposition de la Commission européenne était de 275 € maximum le mégawattheure. Pas d'accord. Trop de dissensions, trop de divergences entre les 27 pays européens. Nous retrouvons Anne Verdaguer envoyée spéciale de RFI à Bruxelles.
Bonjour Anne! Bonjour Adrien. Bonjour à tous.
Anne, expliquez-nous pourquoi les pays européens ne se sont pas mis d'accord aujourd'hui?
Et bien, comme l'a dit le ministre tchèque de l'industrie qui présidait ces discussions, elles ont été très animées. La plupart des pays européens se sont élevés contre cette proposition de la Commission européenne qu'ils jugent « inapplicable et inefficace. » Les prix du gaz sont actuellement à 115 € le mégawattheure en Europe et n'ont jamais dépassé les 275 €, et cela pendant deux semaines consécutives. C'est pourtant la condition pour que ce mécanisme se mette en place. Pour autant, le ministre tchèque, dont le pays préside l'Union européenne, estime qu'il ne s'agit pas d'un échec et que les discussions vont se poursuivre.
En revanche, à Bruxelles, pour être moins dépendant du gaz et à la fois plus solidaire, les ministres se sont mis d'accord sur deux autres points essentiels.
Oui, la bonne nouvelle, c'est l'accord trouvé sur deux autres textes présentés aujourd'hui, l'un sur la solidarité du bloc européen qui prévoit notamment des achats groupés de gaz, mais aussi la garantie que tout pays menacé de pénurie recevra du gaz d'un autre État membre. Le deuxième texte est axé sur le développement des énergies renouvelables. Alors, cet accord reste informel car il faut un accord sur l'ensemble des trois textes pour qu'il soit adopté. Une nouvelle réunion ministérielle est prévue dans la première quinzaine de décembre à Bruxelles.
Merci Anne, Anne Verdaguer envoyée spéciale de RFI à Bruxelles où il est 17 h 03.
En Ukraine, « les ouvriers font tout leur possible pour rétablir l'électricité. »
C'est la déclaration Juliette, aujourd'hui du maire de Kiev, Vitali Klitschko. Petit à petit, le courant est rétabli dans de nombreuses villes d'Ukraine. Hier, les bombardements russes avaient plongé dans le noir une bonne partie du pays. Sachant qu'il fait froid en Ukraine, les températures sont négatives la nuit.
Reportage à présent en Ukraine, dans la ville de Kherson, au sud du pays.
Avec ces questions? La ville a été libérée, les Russes sont partis. Mais alors pourquoi et comment? Les habitants de Kherson, des Ukrainiens, ont-ils quitté la ville juste avant sa libération? Et bien, selon des habitants, ceux qui sont partis n'ont pas été directement forcés de monter dans des bus en direction de la Russie. Ce serait plus subtil. La propagande, façon d'influencer la manière de penser de quelqu'un, la propagande russe aurait convaincu des habitants de Kherson de fuir la ville pour rejoindre la Russie. C'est un reportage en Ukraine de Maurine Mercier.
Génia, 23 ans, universitaire. Elle attend impatiemment le retour de l'électricité pour pouvoir à nouveau étudier. Génia le dit, depuis dix jours, malgré les difficultés, elle s'est remise à respirer. Elle décrit ce soulagement de ne plus subir la propagande « lorsqu'on a perdu la connexion Internet durant l'occupation, nous avons regardé la télé russe. C'était une propagande dingue. » La Russie martelait que l'armée ukrainienne bombarderait la ville, qu'il fallait fuir. Les occupants prétendaient aussi que les Ukrainiens qui resteraient seraient persécutés parce que considérés comme des collaborateurs pour Olesk C'est à cause de cette propagande puissante, omniprésente, que tant de gens ont décidé de quitter leur ville pour la Russie.
« Si j'étais un officiel ukrainien, j'appellerais cela déportation, mais je tente de rester le plus objectif possible. Il ne force personne à partir » pour Olesk
C'est bien plus subtil, machiavélique
« On a lavé le cerveau des gens au point qu'ils intègrent que les nazis ukrainiens allaient venir tuer tout le monde »
Olesk décrit ces familles qui se sont divisées, déchirées par la propagande. Lui est directement concerné. Il est resté. Des membres de sa famille sont eux partis en Crimée, Maurine Mercier, Kherson, RFI.
L'actualité en France, c'est cette information. Le PNF, c'est le parquet national financier. Une instance judiciaire dans le pays, a ouvert une enquête, une enquête pour tenue non conforme des comptes lors des campagnes électorales présidentielles de 2012 et de 2022, d'Emmanuel Macron, de 2017 pardon et de 2022 d'Emmanuel Macron. L'Elysée n'a pas souhaité faire de commentaire pour l'instant sur cette information.
Le Journal en francais facile. Du sport à présent. La Coupe du monde de football.
En attendant Brésil- Serbie, c'est à 19 h, temps universel. Vient de commencer Portugal - Ghana, dans la journée, Uruguay - Corée du Sud 0/0. Et puis ce matin, les Lions Indomptables sont tombés. Ils ont trébuché dès leur premier match, battus par les Suisses 1/0 à la suite de cette défaite dans les rues de Yaoundé. Déception et colère des Camerounais.
On est très déçu, c'est un match qu'on aurait dû plier depuis le début de la première mi-temps. On n'a pas pris conscience de l'enjeu. On a pourtant très bien joué. La Suisse était une équipe qui était prenable. Le sélectionneur ne nous aide pas avec les changements, c'est pas possible. Il nous sort notre meilleur joueur, Choupo-Moting c'était le seul à pouvoir garder le ballon. Ça fait mal. Le coach n'aurait pas dû sortir. Choupo-Moting et Toko Ekambi au même moment parce que c'est des joueurs vifs, c'est des joueurs qui vont rapidement. Mais sinon, les gars ont montré une autre face des Lions Indomptables. C'est encourageant en restant optimiste pour la suite.
Nous sommes déçus par rapport à la défaite d'aujourd'hui. Mais on s'est dit avec des matchs à venir. On pourra faire mieux.
Un peu déçu, mais on garde espoir. C'est le premier match. La performance de nos joueurs est quand même plus relevée que d'habitude. On espère qu'avec la Serbie se sera la bonne.
Je suis simplement déçu. Franchement, j'étais très confiante. J'ai le moral à zéro, mais j'espère que le prochain match, ils vont se surpasser et me rendre un peu plus heureuse.
Un témoignage recueilli par Joel Wadem à Yaoundé.
À la page Culture, Adrien, Parlons de BD, de bande dessinée.
Riad Sattouf, c'est son nom. Auteur d'une série à grand succès à travers toute la planète, le dernier tome de son histoire personnelle, « l'Arabe du futur » est sorti aujourd'hui. Sophie Torlotin
En 1994. J'ai seize ans et je suis un semi psycopathe. Ainsi se représente Riad Sattouf au début du tome final de l'Arabe du futur. Sa vie familiale est compliquée. Sa mère cherche toujours à récupérer Fadi, son plus jeune frère, enlevé et emmené en Syrie par leur père. Les grands-parents vieillissent. L'entrée dans l'âge adulte et la vie professionnelle est compliquée.
« Quelle identité on se choisit, on se construit quelle identité on subit. Mon père était quasiment islamiste, mon grand père breton était naturiste. Donc allier les deux, c'est très compliqué. Faut se trouver une autre identité. »
Riad Sattouf s'arrête en 2011, année de déclenchement de la révolution et de la guerre civile en Syrie. Et si ce récit est celui de sa famille, il a voulu en livrer une histoire universelle de résilience.
« J'avais envie de raconter comment, même quand on pense qu'on a des lacunes ou des tares, ou qu'on n'est pas fait pour la vie, on peut quand même s'en sortir. Il y a une phrase de Salman Rushdie que j'adore : « Un homme n'a pas de racines, il a des pieds » et je trouve que c'est vraiment génial.
Grâce à différentes rencontres, Riad Sattouf a pu devenir l'homme qu'il est aujourd'hui. Se libérer d'une histoire familiale compliquée, refuser les assignations et choisir d'être un artiste.
Et un dernier clin d'oeil, clin d'oeil à tous les professeurs de français qui nous écoutent. 24 novembre, synonyme de journée internationale des professeurs de français.