×

Nós usamos os cookies para ajudar a melhorar o LingQ. Ao visitar o site, você concorda com a nossa política de cookies.

InnerFrench - Vol. 1, #78 - Haïti : le prix de l'indépendan… – Text to read

InnerFrench - Vol. 1, #78 - Haïti : le prix de l'indépendance (2)

Intermediário 1 Francês lesson to practice reading

Comece a aprender esta lição agora

#78 - Haïti : le prix de l'indépendance (2)

À ce moment-là, il y a un personnage très important qui est apparu. Ce personnage, c'est François-Dominique Toussaint Louverture. Toussaint Louverture, c'est un créole qui est né à Saint-Domingue de parents esclaves. Lui aussi était esclave, mais à l'âge de 33 ans, il a été affranchi par son maître. «Affranchi», ça veut dire qu'un esclave obtient sa liberté. Toussaint Louverture est devenu libre à l'âge de 33 ans. Et c'était quelqu'un de très intelligent parce qu'il a appris à lire et à écrire tout seul. C'était aussi un médecin, il s'intéressait beaucoup aux plantes.

Et quand la révolte des esclaves a commencé, il a décidé de se joindre à eux (même si lui, il était libre) parce qu'il étaient très sensible à cette question. Et grâce à ses qualités de stratège et à son intelligence, il est devenu chef de cette révolte des esclaves.

Alors, il faut savoir que la situation sur l'île était assez complexe. Ce n'était pas simplement les propriétaires blancs contre les esclaves noirs. En fait, il y avait aussi des propriétaires blancs, mais qui étaient pauvres, qui étaient seulement des petits propriétaires avec quelques esclaves. Au contraire, d'autres propriétaires qui étaient très riches et qui avaient des immenses exploitations avec des milliers d'esclaves. Il y avait aussi les mulâtres. Donc les mulâtres, c'étaient les personnes qui avaient un parent blanc et l'autre noir (donc qu'on a appelé plus tard «les métisses», mais à l'époque, on utilisait plutôt le terme «mulâtres»). Il y avait les esclaves affranchis, donc les esclaves qui avaient retrouvé leur liberté, comme Toussaint Louverture. Et toutes ces personnes avaient des droits différents. Ou alors elles n'avaient aucun droit, comme c'était le cas par exemple pour les esclaves.

Comme la Révolution française était un mouvement de bouleversements politiques, de grands changements politiques, chacun de ces groupes a essayé de faire pression pour obtenir des avantages avec les nouvelles lois qui étaient décidées dans la métropole, qui étaient décidées en France, à Paris. Ce qui fait qu'il y avait énormément de tensions sur l'île, comme vous pouvez l'imaginer, avec cette révolte d'esclaves qui continuait.

Et deux ans plus tard, en 1793, la pression a encore augmenté d'un cran parce que les royaume d'Espagne et d'Angleterre ont déclaré la guerre à la France. Parce que oui, à ce moment-là, les Français venaient de décapiter leur roi Louis XVI, de l'exécuter. Donc les royautés en Espagne et en Angleterre ont eu peur que cette révolution se propage. Ce qui fait qu'elles ont décidé de déclarer la guerre à la France. Et elles en ont profité pour attaquer Haïti parce que, comme vous le savez, à cette époque, c'était une des colonies les plus riches du monde.

Comme vous pouvez l'imaginer, en 1793, la situation sur l'île est vraiment compliquée pour la France. D'un côté, il y a les esclaves qui sont en pleine révolte. De l'autre, l'Espagne et l'Angleterre, qui sont en train d'attaquer, d'essayer de conquérir ce territoire. Alors, pour s'en sortir, la France a trouvé une nouvelle stratégie. Elle a offert aux esclaves de les affranchir s'ils acceptaient de se battre pour la France. Elle a dit aux esclaves : rejoignez notre armée et si vous nous aidez à combattre l'Espagne et l'Angleterre, alors on vous donnera votre liberté. Vous voyez que la France était un royaume très généreux !

Donc beaucoup d'esclaves ont accepté cette offre et également Toussaint Louverture. Bon, Toussaint lui, il n'était plus esclave, mais il a décidé de se battre avec l'armée française contre l'Angleterre et l'Espagne. Et là, il a montré encore une fois qu'il était un très bon stratège. Car grâce à lui, la France a pu vaincre l'Angleterre et l'Espagne, et les esclaves ont, comme promis, été affranchis. Ils ont reçu leur liberté.

Grâce à ses impressionnantes victoires militaires, Toussaint Louverture a reçu le grade de général et un peu plus tard, le titre de gouverneur de l'île. Là, il a vraiment pris le pouvoir et le contrôle total sur cette île. Et ça, ça a commencé à lui attirer quelques ennuis, quelques problèmes, notamment parce qu'à la même époque, il y a un autre militaire très célèbre qui a fait son apparition en France, c'est Napoléon Bonaparte. Et Napoléon Bonaparte, il voyait d'un mauvais œil Toussaint Louverture. Ça, c'est une bonne expression «voir quelqu'un d'un mauvais œil.» Ça veut dire que vous avez une image négative de quelqu'un, que vous n'aimez pas quelqu'un, pour simplifier.

Napoléon Bonaparte voyait Toussaint Louverture d'un mauvais œil parce que ce dernier avait un pouvoir total sur l'île et qu'il ne respectait pas forcément les ordres qu'il pouvait recevoir de la métropole. Donc, Napoléon s'est dit qu'il était temps de reprendre le pouvoir et pour ça, il a employé les grands moyens. Il a envoyé une puissante armée de 30 000 hommes qui était dirigée par son beau frère, le général Leclerc. Le beau frère de Napoléon, ça veut dire le mari de la sœur de Napoléon, le mari de sa sœur Pauline Bonaparte, le beau frère. Napoléon a envoyé son beau frère, le général Leclerc, et une armée de 30 000 hommes pour reprendre le contrôle de l'île d'Haïti.

Mais son véritable objectif, l'objectif de cette expédition militaire, c'était de rétablir l'esclavage pour relancer le commerce. Parce qu'évidemment, quand les esclaves ont été affranchis, ça n'a pas plu aux propriétaires, ça n'a pas plu aux colons parce que, à ce moment-là, ils ont perdu leur main d'œuvre. Donc ces propriétaires, ils se sont plaints à Napoléon et au pouvoir en France et ils ont demandé un rétablissement de l'esclavage pour pouvoir reprendre le contrôle sur leurs plantations, leur exploitation dans les colonies. Pour rétablir l'esclavage et reprendre le pouvoir des mains de Toussaint Louverture, Napoléon envoie une armée gigantesque de 30 000 hommes.

Face à cette armée, Toussaint Louverture n'a pas vraiment les moyens de se battre. Il n'a pas assez de soldats, il n'a pas assez d'hommes de son côté. Donc il décide de se rendre et il est ensuite arrêté par surprise et déporté en France dans une prison. Et il va mourir dans cette prison l'année suivante à cause des mauvaises conditions de détention et du climat qui était très rude à cette époque.

Evidemment, c'est un coup dur pour les Haïtiens de perdre leur meilleur général. Mais d'autres chefs comprennent que l'objectif véritable de cette expédition militaire est de rétablir l'esclavage. Donc, pour eux, c'est vraiment une question de vie ou de mort et ils refusent d'abandonner la guerre. Donc ils continuent de se battre contre l'armée du général Leclerc et la situation commence à jouer en leur faveur.

Parce qu'avec les semaines et les mois qui passent, l'armée française se retrouve en difficulté, car les soldats n'arrivent pas à s'adapter aux conditions sur l'île. Une grande partie d'entre eux meurent de la fièvre jaune. La fièvre jaune, vous savez, c'était cette maladie transmise par les moustiques qui a fait beaucoup de morts, notamment parmi les conquistadors espagnols. Donc, évidemment, à Haïti, il y avait également cette maladie de la fièvre jaune. Et de plus en plus de soldats qui venaient de la métropole, les soldats de l'armée du général Leclerc, meurent à cause de la fièvre jaune. D'ailleurs, le général Leclerc lui même en meurt en 1802.

Et là où l'histoire est intéressante, c'est que dans cette armée envoyée par Napoléon, il y avait environ 5 000 soldats polonais. Pourquoi il y avait des soldats polonais? Eh bien, tout simplement parce qu'en 1795, la Pologne a été partagée entre la Russie, l'Autriche et la Prusse. Et donc une partie des Polonais ont émigré en France parce que la France était ennemie de ces trois empires. Donc, les Polonais pensaient que les Français, et en particulier Napoléon, allaient les aider à reprendre le contrôle de leur pays, à retrouver leur indépendance, ce qui, malheureusement, n'a pas eu lieu. Mais bon, ça, ça explique pourquoi, dans l'armée napoléonienne, il y avait beaucoup de soldats polonais.

Et certains de ces soldats polonais ont été envoyés à Haïti pour se battre avec le général Leclerc. Sauf que, quand ils sont arrivés là-bas, eux aussi, ils ont compris que l'objectif était de rétablir l'esclavage. Et certains d'entre eux n'étaient pas du tout d'accord avec ça. Donc, ils ont décidé, au lieu de se battre contre les Haïtiens, eh bien de les rejoindre et de se battre à leurs côtés. C'est pour ça que certains soldats polonais sont restés ensuite à Haïti et qu'ils se sont installés là-bas. Donc voilà, ça, c'est une petite parenthèse qui explique pourquoi, dans cette galerie polonaise, il y avait cette performance artistique avec des chanteurs d'opéra polonais dans un village haïtien.

Donc voilà, avec tout ça, avec cette épidémie de fièvre jaune, avec ces soldats polonais qui ont décidé de déserter l'armée et de se battre aux côtés des Haïtiens, le rapport de force commence à changer. Et l'armée des anciens esclaves affranchis commence à prendre le dessus.

«– À mon commandement : feu !

– En position de tir !»

En novembre 1803, il y a une dernière bataille très importante, c'est la bataille de Vertière. Vertière, c'était une petite ville qui se situait dans le nord de l'île. Avec cette dernière bataille, l'armée française perd définitivement la guerre à Haïti et elle est obligée de capituler. Autrement dit, de se rendre, d'abandonner. Et ça, c'est vraiment une victoire historique. La victoire d'anciens esclaves noirs qui ont réussi à battre la plus grande armée de l'époque, l'armée de Napoléon. Mais paradoxalement, c'est un événement dont on ne parle pas dans les livres d'histoire en France. On ne parle jamais de cette défaite.

Et c'est aussi un événement historique, pas seulement pour les Haïtiens, mais en général pour le monde entier, parce que c'est la seule fois qu'une révolte d'esclaves a réussi. Parce qu'on peut considérer que cette guerre entre les soldats haïtiens et l'armée napoléonienne, c'était la suite de cette révolte d'esclaves qui a commencé en 1791. D'abord, les esclaves ont obtenu leur affranchissement, et ensuite, les Haïtiens ont obtenu leur indépendance. Le 1er janvier 1804, Haïti proclame officiellement son indépendance vis-à-vis du royaume de France. Et c'est à ce moment-là qu'elle reprend, justement, son nom d'«Haïti» (et pas de «Saint-Domingue comme elle s'appelait avant). «Haïti», c'est le nom qui était utilisé au temps des Indiens qui vivaient sur l'île.

Mais comme je vous l'ai dit, en France, cette défaite n'apparaît pas dans les manuels d'histoire, comme l'explique d'ailleurs l'historien canadien Jean-Pierre Le Glaunec dans cet extrait :

«– Vertière est un moment scandaleux. Si le 18 novembre 1803 n'existe pas dans le calendrier français, alors que c'est un moment de l'histoire de France, c'est qu'il se passe là quelque chose d'impensable. Et qu'est ce qui est impensable? C'est le renversement de la relation esclavagiste.

– Première République noire.

– Première République noire, mais ça va bien au-delà. Le 18 novembre 1803, les maîtres deviennent les esclaves et les esclaves deviennent les maîtres. C'est impensable. C'est bien pire qu'une défaite à Waterloo ou en Russie. Alors voilà en grande partie pourquoi cette bataille continue à être occultée.»

de la défaite de Napoléon en Haïti» 16.10.2014. TV5 Monde

Après cette belle victoire, un nouveau problème apparaît pour les Haïtiens : comment protéger leur indépendance et leur liberté face aux autres grandes puissances coloniales comme l'Espagne, l'Angleterre et les puissances esclavagistes (Etats-Unis) qui sont présentes tout autour d'eux ? Parce qu'évidemment, ces grandes puissances, elles n'ont pas envie qu'Haïti serve d'exemple à d'autres de leurs colonies. Elles n'ont pas envie de devoir affranchir leurs esclaves parce que sans esclaves, impossible pour elles de continuer d'exploiter toutes ces ressources et de s'enrichir.

C'est pour ça qu'après cette victoire et cette déclaration d'indépendance, la situation devient encore plus difficile pour Haïti. Toutes les grandes puissances refusent de reconnaître son indépendance et elles organisent un blocus, un embargo, pour essayer d'asphyxier l'économie de l'île. C'est une stratégie qui fonctionne plutôt bien parce que l'économie de l'île a beaucoup de mal à repartir, ils ont du mal à pouvoir exporter leurs richesses à cause de l'embargo des grands empires coloniaux.

Quelques années plus tard, la France a à nouveau changé de système politique pour redevenir une monarchie. C'est une période qu'on a appelée «la Restauration». Et en 1825, le roi Charles X propose un accord à Haïti. Il propose à Haïti de reconnaître son indépendance en échange de 150 millions de francs-or. Il dit que la France va reconnaître Haïti comme un pays si, en échange, Haïti verse à la France 150 millions de francs-or. Officiellement, c'était une somme qui était destinée à rembourser les anciens propriétaires colons parce que ces propriétaires avaient perdu leurs esclaves, autrement dit, leur source de revenus. Et ils exigeaient, ils demandaient de recevoir une indemnité, une somme d'argent pour les dédommager.

Donc vous voyez, ça, c'est logique, qui était très présente à l'époque. Une fois que les esclaves ont été affranchis, il fallait payer les anciens propriétaires et pas les anciens esclaves. Parce qu'on estimait que ceux qui avaient vraiment subi un tort, eh bien c'étaient les anciens propriétaires. Ce n'étaient pas les anciens esclaves. Donc c'est une logique qui peut sembler assez scandaleuse, mais à l'époque, ça semblait tout à fait normal.

Et cet accord semblait d'autant plus injuste qu'Haïti avait déjà payé pour son indépendance. Haïti avait payé au prix du sang de ses soldats. Elle s'était battue, elle avait fait la guerre pour obtenir son indépendance. Et là, le royaume de France lui demandait une nouvelle fois d'acheter, de payer son indépendance avec cette somme d'argent, ces 150 millions de francs-or.

Ce qu'il faut savoir, c'est que cette somme, ces 150 millions de francs-or destinés à dédommager les anciens propriétaires, elle avait été calculée au moment où l'économie de l'île fonctionnait très bien. Autrement dit, quand il y avait encore les esclaves, avant toutes les guerres qui ont ravagé Haïti. Mais en 1825, quand Charles X propose cet accord, la situation n'est plus du tout la même pour Haïti. Je vous ai dit que son économie fonctionnait très mal. Elle fonctionnait au ralenti à cause de l'embargo des autres pays, etc. Donc, c'était une somme qui était impossible à payer.

Et en plus, une des conditions de l'accord, c'était de payer cette somme, ces 150 millions de francs-or, en cinq ans. Alors une nouvelle fois, la France a été très généreuse. Elle a proposé à Haïti de passer par les banques parisiennes pour emprunter l'argent à des conditions défiant toute concurrence (autrement dit, à de très bonnes conditions). Donc la France a dit à Haïti : voilà, vous avez cinq ans pour payer cette dette, ces 150 millions de francs-or, en échange, on reconnaîtra votre indépendance. Et comme vous n'êtes pas en capacité de payer cette dette, eh bien les banques parisiennes vont vous prêter de l'argent avec un taux d'intérêt de 6%.

Ce qui fait que Haïti a en réalité payé une double dette. Elle a payé les 150 millions de francs-or, la dette, plus les taux d'intérêts pour pouvoir [emprunter l'argent et] payer cette dette à temps. Et pour être sûr que l'ancienne colonie accepte cette offre, le roi Charles X a encore une fois envoyé l'armée avec sa proposition. Et face à cette pression militaire, la jeune république haïtienne n'a eu d'autre choix que d'accepter cette proposition.

A partir de ce moment-là, la dette a été un véritable fardeau pour Haïti. Un fardeau, c'est une chose très lourde qu'on doit porter et qui nous empêche d'avancer, qui nous empêche de marcher. Un fardeau. La dette a été un fardeau pour les Haïtiens parce qu'ils ont dû la payer pendant quasiment 60 ans. Ils ont fini de payer cette dette en 1883. Et pour les taux d'intérêts, ils ont dû continuer de payer jusqu'en 1952. Jusqu'en 1952, Haïti a dû rembourser les taux d'intérêt envers les banques parisiennes qui leur avaient prêté l'argent pour pouvoir payer cette dette imposée par le royaume de France.

Au final, les historiens s'accordent pour dire que cette double dette a pesé très lourdement dans le développement d'Haïti et qu'à cause de cette dette imposée par le royaume de France, Haïti n'a jamais réussi à vraiment se développer économiquement.

À part le paiement de cette dette, on peut dire que la France a coupé ses relations avec Haïti au XIXème et au XXème siècles. En fait, il a fallu attendre plus de deux siècles pour qu'un président français fasse une visite officielle à Haïti. C'était Nicolas Sarkozy qui s'y est rendu le 17 février 2010, suite au séisme qui a fait plus de 200 000 victimes. Donc il a fallu attendre ce séisme et ce nombre énorme de victimes pour qu'un président français accepte d'aller se rendre à Haïti.

Pendant cette visite, Nicolas Sarkozy a reconnu que la présence française sur l'île n'avait pas laissé que des bons souvenirs. Vous savez «ne…que», «la présence française n'a pas laissé que des bons souvenirs», ça veut dire «la présence française n'a pas laissé seulement des bons souvenirs.» Alors ça, c'était un euphémisme. Parce que, comme vous le savez maintenant, la présence française sur l'île a été une véritable catastrophe pour Haïti.

«Nous avons une histoire partagée, vous et nous. Cette histoire partagée est douloureuse. Et la France, ici, n'a pas laissé que des bons souvenirs.»

Source : «Visite du Président Sarkozy en Haïti», 18.02.2020, Le Nouvelliste

Et depuis le début des années 2000, l'État haïtien et des groupes d'intellectuels font des demandes pour demander que la France rembourse la dette qui a été payée par Haïti, qui équivaut aujourd'hui à 28 milliards de dollars. Le slogan de l'État haïtien, c'est «Restitution. Réparation.» L'État haïtien dit que cette dette était totalement injuste, qu'Haïti avait déjà obtenu son indépendance grâce à la guerre et qu'elle n'avait pas à payer cette somme d'argent à la France.

Cette question des réparations après les guerres, quand on demande à un pays de payer pour tous les dégâts qu'il a causé, c'est toujours une question assez délicate. Mais ici, c'est vraiment une situation qui est limpide, une situation qui est très claire. On sait exactement le montant de la dette qui a été payée par les Haïtiens. On sait que cette dette était injuste. Donc, ça devrait être un cas très simple à régler. Mais évidemment, l'Etat français fait la sourde oreille. Ça, c'est une expression : faire la sourde oreille. Donc quelqu'un qui est sourd, ça veut dire quelqu'un qui est handicapé et qui ne peut pas entendre. Faire la sourde oreille, ça signifie qu'on refuse d'entendre quelque chose.

L'Etat français fait la sourde oreille face aux revendications de l'Etat haïtien. Et d'ailleurs, en France, on parle très peu d'Haïti. On ne parle ni de la défaite de l'armée napoléonienne, ni de cette double dette qui a été imposée. Ça, ce sont des choses qui n'apparaissent quasiment jamais dans les manuels d'histoire.

Aujourd'hui, comme vous le savez, Haïti reste dans une situation très difficile. C'est un des pays les plus pauvres du monde. Il y a une instabilité politique constante avec des coups d'Etat, des dictateurs qui se succèdent et en plus de ça, des catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes avec des séismes, des ouragans, etc. Même l'aide des Nations unies ne semble pas pouvoir améliorer la situation.

Mais j'aimerais quand même finir sur un message positif en revenant sur cette auditrice dont je vous ai parlé au début de l'épisode, Ildi, qui fait des reportages et des documentaires à Haïti. Sur son site, elle a écrit plusieurs textes très intéressants dans lesquels elle explique le décalage qu'il y a entre les gros titres dans les articles, comment les médias décrivent la situation à Haïti et la réalité pour les habitants. Évidemment, ce sont des conditions de vie qui sont extrêmement difficiles mais, d'après Ildi et d'après ce qu'elle a pu observer sur le terrain, les Haïtiens continuent de vouloir vivre leur vie. Ils s'adaptent, ils essayent de garder espoir et ce sont des gens qui sont très courageux et résilients, des gens qui n'oublient pas leur histoire, qui n'oublient pas leurs héros, comme Toussaint Louverture, et cette armée d'anciens esclaves qui ont réussi à créer la première République noire et libre du monde. Donc, si vous avez envie de voir Haïti sous un angle un peu plus optimiste que celui qu'on trouve dans les médias, je vais mettre le lien vers le site d'Ildi dans la description du podcast. Et je vous invite vraiment à prendre quelques minutes pour aller lire ces textes et regarder ses magnifiques photos d'Haïti.

On arrive à la fin de cet épisode, mais avant de vous laisser, comme d'habitude, je vous propose d'écouter un deuxième message d'une auditrice du podcast.

Bonjour Hugo,

Je m'appelle Aditi.

Je viens d'écouter votre épisode 26 «8 choses que font les gens heureux». Et ce sujet m'intéresse beaucoup parce que je suis professeur de yoga à Lyon.

J'ai un groupe sur Meetup.com qui s'appelle Classical Hatha Yoga In English. Je donne les cours de yoga en anglais parce que je ne suis pas confiante vis-à-vis de mon français, mais j'espère les faire bientôt en français.

Sur le sujet du bonheur, je suis d'accord avec vous pour dire qu'il faut être résilient et positif. Mais c'est plus facile à dire qu'à faire. Donc la question est « comment? » Comment puis-je être résilient et positif?

Selon Bouddha, la réponse est simple : il faut contrôler nos pensées, autrement dit notre esprit. Parce que nous sommes ce que nous pensons. Tout ce que nous sommes résulte de nos pensées.

Et j'aimerais partager avec vous des techniques de yoga pour contrôler notre esprit.

La première technique s'appelle Pranayama, pour contrôler notre respiration. Parce qu'il y a un lien entre notre respiration et notre esprit. Quand on est fâché, on respire autrement que lorsque on est heureux et excité.

Donc quand quelque chose nous arrive, il ne faut pas réagir tout de suite mais il faut trouver un endroit calme pour s'assoir et respirer lentement. Vous pouvez trouver sur Youtube des vidéos qui s'appellent «La Respiration Yogique Complète et Anuloma Viloma», en français, ça s'appelle «La respiration alternée». Les deux techniques vont vous permettre de calmer votre esprit.

Ensuite, essayez de trouver 3 choses positives sur l'événement qui vient d'arriver. Par exemple, si on a eu un accident et qu'on s'est cassé une jambe, on a de la chance car ce n'était pas un accident mortel, on a toujours l'autre jambe et on peut rester à la maison pour faire ce qu'on veut au lieu d'aller au travail.

Évidemment, au début, ça ne nous permet pas de positiver tout de suite. Mais si on essaye de le faire à chaque fois que quelque chose nous arrive, petit à petit, ça deviendra notre façon de vivre et nous aurons le pouvoir de contrôler nos emotions.

Et je vous encourage de faire du yoga. Le yoga n'est pas simplement un exercice physique pour la santé mais en fait, c'est une technique pour développer notre concentration. Et le yoga va vous aider à préparer votre corps et votre mental pour faire de la méditation.

J'ai tellement de choses à partager avec vous à propos du yoga. Mais c'est assez long. Donc j'espère que vous pouvez trouver un professeur de Sivananda Hatha Yoga pour apprendre toutes les techniques pour contrôler l'esprit. Et si vous habitez à Lyon, et bien sûr si vous parlez anglais, ça me fera plaisir de vous parler davantage. Vous pouvez me trouver sur Facebook «Aditi Yoga Lyon».

Merci beaucoup Aditi pour ton message. Bon, je comprends que c'est difficile de donner des cours de yoga en français. Mais honnêtement, tu me sembles avoir déjà un bon niveau, donc je suis sûr que tu en es capable. Voilà, au début, ça peut être un peu intimidant, mais peut-être que si tu essayes avec un ou deux élèves, ça va être plus facile. Et puis, tu vas voir qu'après quelques tentatives, c'est quelque chose qui va devenir naturel pour toi. Et puis, ça va t'aider à progresser.

Merci beaucoup pour tes explications et les techniques que tu as données. C'était très clair. Et je suis sûr que ça va permettre d'aider pas mal de personnes dans la situation actuelle. Moi aussi, j'ai commencé le yoga pendant ce confinement. Et je suis d'accord avec toi : c'est vraiment une pratique qui est géniale pour le corps, mais aussi pour l'esprit. D'ailleurs, je vais mettre le lien pour ton groupe facebook dans la description de l'épisode.

Voilà, on va finir sur cette note positive et sur tous ces bons conseils d'Aditi. Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout et à bientôt.

Learn languages from TV shows, movies, news, articles and more! Try LingQ for FREE