Pour des prunes
Pour rien.
Il y a déjà longtemps que la prune ne désigne pas que le fruit.
En moyen français, depuis le XIIIe siècle, une 'prune' pouvait aussi être : Un coup; De la chance (une bonne aubaine) ou de la malchance (un coup du sort), selon le cas ; Quelque chose sans aucune valeur ("ne pas valoir prune" voulait dire "ne rien valoir". C'est bien évidemment de cette dernière signification que notre expression est née au début du XVIe siècle. Mais pourquoi une prune ne valait-elle déjà rien ? Eh bien nous allons devoir remonter jusqu'aux premières croisades, au XIIe siècle.
En effet, une histoire raconte que, de la seconde qui fut un échec, les Croisés, vers 1150, ramenèrent des pieds de pruniers de Damas dont ils avaient pu se régaler des fruits sur place. On peut alors parfaitement imaginer que, alors qu'ils faisaient au roi le compte-rendu de leur expédition, celui-ci très en colère se serait écrié : "Ne me dites pas que vous êtes allés là-bas uniquement pour des prunes ! ", sous-entendant "pour rien". L'entourage du roi puis le peuple aurait alors diffusé dans le pays ce sens très particulier de la 'prune'.