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La boîte aux curiosités (science), 22. La disparition de l'Homme de Néandertal.

22. La disparition de l'Homme de Néandertal.

Depuis sa découverte dans une vallée allemande en 1856, l'Homme de Néandertal a suscité bien des interrogations sur sa disparition il y a 40 000 ans.

Espèce à part entière, il serait apparu en Europe il y a 200 000 ans pour se répandre en Asie et jusqu'au cercle polaire arctique.

Sa résistance phénoménale lui permet alors d'endurer climats et environnements les plus extrêmes. Taille du silex et de l'os, rites funéraires et soucis esthétiques, prouvent combien le maître du paléolithique moyen avait évolué pour durer. Et pourtant.

160 000 ans d'adaptation et de développement vont s'achever en seulement 5 000 ans.

Que lui est-il donc arrivé ? Au gré des découvertes archéologiques, les théories s'échafaudent et se réfutent.

Comme celle à l'origine de l'imagerie populaire d'un être trop primitif face au génie de Sapiens. Mais les récentes investigations sont formelles : Néandertal n'est pas une brute sous-développée et démontre même une remarquable inventivité. L'inadaptation chronique comme cause de sa fin n'est donc pas valide. D'ailleurs, peut-on imaginer survivre 160 000 ans sans savoir s'adapter ?

Une deuxième hypothèse tombe également : celle d'un changement des températures déjouant ses facultés d'adaptation au climat. Si l'étude des variations climatiques préhistoriques nous confirment des bouleversements, les fouilles archéologiques affirment que Néandertal a su s'en protéger. La nourriture, dans ce cas ? Trop carnée, elle lui aurait causé de graves carences. Maladies et surmortalité auraient donc entraîné une sévère décroissance démographique. Les dernières analyses de sites et de fossiles concluent que non. Néandertal agrémentait parfois son repas de mollusques, de racines bouillies et autres sources de vitamines. Un menu d'ailleurs assez proche de celui de l'homme moderne. Si déséquilibre alimentaire il y a eu, il est insuffisant à expliquer seul la fin de toute une espèce.

Alors celle-ci aurait-elle succombé à une épidémie éclair ? Vérification impossible, les scientifiques sachant que ce genre de catastrophes abandonne rarement des traces sur le squelette. Mais est-il pensable qu'un microbe foudroyant anéantisse toute une espèce en 5 000 ans ?

Autre hypothèse : Homo sapiens serait coupable.

Arrivé en Europe il y a 45 000 ans, celui-ci rogne peu à peu l'espace vital des Néandertaliens. Ici, deux théories s'opposent :

Sur des milliers d'années, Sapiens et Néandertal se seraient affrontés si violemment que le second aurait été éradiqué.

Pourtant les ossements déterrés ne comportent généralement aucun traumatisme typique de combat…

À l'inverse, on peut supposer qu'un Néandertal farouche a abandonné progressivement son territoire au profit de son concurrent plus offensif ; sa fécondité moindre et des ressources alimentaires insuffisantes le menant à un déclin irrémédiable.

Mais là encore, aucune preuve ne confirme cette retraite fatale.

Côté génétique, l'Institut Max-Planck d'anthropologie évolutionniste en Allemagne a identifié des séquences identiques dans l'ADN des deux espèces, permettant ainsi de formuler une nouvelle hypothèse.

Grâce à sa fécondité supérieure et à son nombre, Sapiens aurait finalement supplanté son voisin par métissage. Nous aurions ainsi acquis des gènes néandertaliens liés à la croissance du cerveau et à l'immunité.

Toujours côté cerveau, une piste d'études envisage une incapacité pour notre Homo à créer des liens sociaux complexes, notamment avec Sapiens.

En effet, analyses génétiques et examen de son endocrâne suggèrent une organisation des neurones et des synapses empêchant Néandertal de socialiser de manière avancée. Or, la création et la cohésion de rapports étendus entre individus sont essentielles à la pérennité de toute communauté.

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