11. Les lois de l'attraction - attentes & séduction.
En 2005, une équipe américaine a conduit une enquête multiculturelle auprès de plusieurs milliers d'hommes et de femmes.
L'objectif était de déterminer autour de quels comportements s'articulait la recherche d'un partenaire sexuel chez l'homo sapiens.
Les résultats de cette étude vont révéler que les hommes recherchent des partenaires jeunes et tendent à multiplier les relations ; alors que les femmes seraient attirées par des hommes plus âgés, disposant de ressources financières intéressantes.
En termes d'objectif, on aura déjà vu plus glorieux.
Cette réalité – qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler le vieux cliché des femmes vénales et des hommes pensant avec « le fond de leur slip », peut s'expliquer en se penchant sur les millions d'années d'évolution dont nous sommes l'aboutissement.
L'un des mécanismes fondamentaux de l'évolution est la sélection naturelle.
En gros, cette dernière fonctionne de la façon suivante : un individu possède de bons gènes, l'expression de ces gènes lui confère un avantage reproductif et du coup, génération après génération, son patrimoine génétique va pouvoir se propager – par le biais de ses nombreux descendants – à travers toute la population.
Chez les êtres humains que nous sommes, les pressions de sélection diffèrent selon le sexe: c'est la raison pour laquelle femmes et hommes n'ont pas développé les mêmes stratégies de reproduction.
L'homme peut se reproduire sans discontinuer.
Dès lors, pour maximiser ses chances de transmettre ses gènes, il a toujours eu intérêt à multiplier les relations sexuelles avec des femmes en bonne santé et fertiles, autrement dit jeunes. C'est donc tout naturellement que les gènes favorisant ce type de comportement se sont progressivement généralisés dans les populations masculines.
Pour la femme, c'est une autre histoire puisque se reproduire est pour elle un processus long et épuisant.
Non seulement elle doit supporter 9 mois de grossesse, mais elle doit par la suite s'impliquer bien plus que son partenaire pour donner à son bébé les meilleures chances de survie – par exemple en assurant l'allaitement au quotidien.
Du coup, la sélection naturelle a retenu chez les femmes des comportements reproductifs favorisant le choix de partenaires vecteurs de sécurité et de ressources, deux éléments nécessaires à la survie d'un nouveau-né.
La plupart des gens vous diront que tout ça, c'est du « pipeau » et que ce sont les sentiments qui priment.
Pourtant, une étude a démontré que lorsqu'il s'agit de « se vendre » via une petite annonce de rencontre, femmes et hommes sont parfaitement conscients que pour séduire, il faut mettre en avant ce qui intéresse l'autre.
Cette expérience, menée en 2002, montre que les femmes ont tendance à miser sur leur féminité pour susciter l'intérêt ; alors que les hommes vont, s'ils le peuvent, jouer sur leur statut social.
C'est d'ailleurs une bonne stratégie puisque le nombre de réponses reçues est toujours supérieur lorsqu'un individu est en mesure de répondre aux attentes fondamentales du sexe opposé.
Alors bien évidemment, il faut savoir relativiser.
Au-delà de l'influence génétique, il existe aussi des influences environnementales – comme la culture ou l'éducation – et ces dernières peuvent largement modifier notre comportement reproductif.
De plus, les stratégies des uns et des autres varient.
Une femme pourra par exemple préférer un homme modeste mais stable à un homme plus fortuné mais très convoité et susceptible d'aller voir ailleurs. Sécurité et stabilité ne vont pas forcément de pair, et privilégier l'un à l'autre est une question de tactique.
Quoiqu'il en soit, il reste intéressant de constater que toute une partie de notre rapport au sexe opposé est aujourd'hui encore influencée par une profonde pulsion primitive, une petite voix qui, depuis des temps immémoriaux, nous murmure que l'existence n'est qu'une compétition pour la survie et la transmission de nos gènes.