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Tour du monde en 80 jours (Graded Readers), Chapitre V Le tribunal de Calcutta

Chapitre V Le tribunal de Calcutta

Mrs. Aouda n'avait pas encore repris conscience, elle dormait dans le cacolet pendant que le Parsi conduisait l'éléphant vers la gare d'Allahabad. Une fois arrivés, Passepartout alla lui acheter ce dont elle avait besoin. Il n'était pas question de la laisser retomber entre les mains de ses bourreaux. Restait à savoir ce qu'on allait faire de l'éléphant ! Fogg décida de l'offrir au guide qui avait été si serviable et dévoué.

– C'est une fortune que vous me donnez ! s'écria le guide.

– Accepte, guide, répondit Fogg. C'est moi qui te serai encore débiteur.

– Prends, ami ! dit Passepartout. Kioumi est un brave et courageux animal !

Le guide s'en alla avec l'éléphant et les voyageurs partirent pour Calcutta. La jeune femme se réveilla. Ses beaux yeux reprirent toute leur douceur indienne. Sir Francis lui raconta ce qui s'était passé. Mrs. Aouda remercia les voyageurs, les larmes aux yeux. Elle accepta d'aller à Hong-Kong où habitait un de ses parents. À Bénarès sir Francis Cromatry salua Fogg et descendit du train étant arrivé à destination. Le train repartit à toute vitesse et arriva à Calcutta le 25 octobre. Le paquebot pour Hong-Kong partait à midi. À la gare de Calcutta un policeman les attendait.

– Monsieur Phileas Fogg ? demanda le policeman.

– C'est moi, répondit Fogg.

– Cet homme est votre domestique ?

– Oui.

– Veuillez me suivre tous les deux. Cette jeune dame peut vous accompagner.

On les conduisit vers une sorte de voiture à quatre roues et à quatre places tirée par deux chevaux. Le trajet dura environ 20 minutes. Puis on les enferma dans une chambre aux fenêtres grillées.

– Vous allez bientôt comparaître devant le juge, dit le policeman en fermant la porte de la chambre.

Était-ce pour avoir sauvé Mrs. Aouda du sutty qu'ils étaient prisonniers ? Non, ils étaient accusés de sacrilège pour avoir violé un lieu sacré à Bombay. L'agent Fix avait réussi à pousser les prêtres de Malebar Hill à porter plainte contre eux. Ils se retrouvèrent donc devant un tribunal anglais qui était très sévère pour ce genre de délit.

– Comme preuve, dit le juge, nous avons cette paire de souliers !

– Mes souliers ! s'écria Passepartout.

– Donc vous avouez ? continua le juge. Je vous condamne à quinze jours de prison et à une amende de 300 livres. Et vous Mr. Fogg, puisqu'il s'agit de votre domestique, je vous condamne à huit jours de prison et 50 livres d'amende.

Fix, caché dans un coin, était très satisfait. Cela aurait donné le temps au mandat d'arrêt d'arriver. Mais Fogg préféra payer la caution et s'embarquer sur le Rangoon suscitant la rage de l'inspecteur.

Le Rangoon aurait employé de onze à douze jours pour arriver à Hong-Kong. Fogg bavardait avec Mrs. Aouda sans laisser apparaître, comme toujours, aucune émotion. Passepartout avait parlé du pari à la femme qui avait souri à l'idée d'un tel projet. Ses yeux étaient aussi limpides que les lacs sacrés de l'Himalaya mais Fogg ne semblait pas du genre à se jeter dans ce lac.

L'inspecteur Fix décida dans un premier moment de voyager en incognito pour mieux surveiller Fogg et ne pas éveiller les soupçons de Passepartout. Mais à la fin, il changea d'avis, il voulait savoir qui était cette femme. Intrigué, il faisait mille suppositions : Fogg l'a-t-il rencontrée par hasard ? Le but de son voyage était-il de la rejoindre ? Ou l'avait-il enlevée ? Oui, c'est cela, il l'avait enlevée !

Pour en savoir plus, il devait absolument faire parler Passepartout. Il monta donc sur le pont du bateau où Passepartout se promenait.

– Vous, sur le Rangoon ! s'exclama Fix en faisant semblant d'être surpris.

– Monsieur Fix ! Je vous laisse à Bombay et je vous retrouve sur la route de Hong-Kong ! cria Passepartout.

– Comment va votre maître ? demanda Fix.

– Très bien ! Et il est ponctuel sur son itinéraire. Nous avons aussi une dame avec nous, dit Passepartout qui se mit à raconter toute l'histoire. Nous allons la remettre à l'un de ses parents, un riche négociant de Hong-Kong.

Passepartout interpréta en lui-même la présence de Fix sur le bateau : c'était un espion lancé sur les traces de Fogg par ses collègues du Reform Club pour vérifier que le voyage suivait l'itinéraire prévu.

– C'est évident ! C'est évident ! se répétait le jeune garçon. C'est un espion que ces gentlemen ont mis sur nos traces ! Voilà qui n'est pas digne ! Ah ! Messieurs du Reform Club, cela vous coûtera cher !

Passepartout, content de sa découverte, décida de ne rien dire à son maître pour ne pas le blesser. Mais il promit de se moquer de Fix, à mots couverts et sans se compromettre.

Le mercredi 30 octobre, le Rangoon entrait dans le détroit de Malacca et le lendemain, à 4h, il arrivait à Singapour avec une demi-journée d'avance. Fogg écrivit cette avance et descendit à terre avec Mrs Aouda qui voulait se promener pendant quelques heures. Fix, à qui toute action de Fogg semblait suspecte, les suivit sans se faire voir. Quant à Passepartout, il alla faire des courses.

Après avoir parcouru la campagne pendant deux heures, Mrs. Aouda et son compagnon rentrèrent dans la ville et à 10h ils revenaient au paquebot, avec l'inspecteur qui les suivait toujours. Passepartout les attendait sur le pont du Rangoon. Il avait acheté des mangoustes et des pommes qu'il offrit à Mrs. Aouda qui le remercia avec beaucoup de grâce.

À 11h, le Rangoon larguait les amarres. Fogg n'avait que six jours pour arriver à Hong-Kong et prendre le bateau qui devait partir le 6 novembre pour Yokohama, l'un des principaux ports du Japon.

Le Rangoon était fort chargé. De nombreux passagers s'étaient embarqués à Singapour, des Indous, des Chinois, des Malais et des Portugais…

La mer était grosse, le vent soufflait et la plupart des passagers furent malades. À cause du mauvais temps, on perdit du temps mais cela ne semblait pas déranger Fogg tandis que Passepartout était très irrité.

– Mais vous êtes donc bien pressé d'arriver à Hong-Kong ? lui demanda un jour le détective.

– Très pressé ! répondit Passepartout.

– Vous pensez que Mr. Fogg est pressé de prendre le paquebot de Yokohama ? insista Fix.

– Très pressé ! s'exclama Passepartout.

– Donc maintenant vous croyez à ce singulier voyage autour du monde ? demanda Fix.

– Absolument ! Et vous monsieur Fix ? demanda Passepartout.

– Moi ? Je n'y crois pas ! répondit Fix.

Passepartout fit un clin d'oeil à Fix et le détective pensa avoir été découvert. Mais comment Passepartout avait-il fait pour connaître son secret ? Un jour, c'était plus fort que lui, Passepartout demanda à Fix d'un air malicieux si une fois arrivés à Hong-Kong il y resterait ou il leur ferait encore compagnie jusqu'en Amérique. Puis il lui demanda si son métier lui rapportait beaucoup d'argent. Ces conversations inquiétaient Fix. Il était évident que le jeune garçon avait deviné qui il était et pourquoi il suivait Fogg. Mais en avait-il parlé avec son maître ? Était-il son complice dans l'affaire de l'argent volé ?

Quand le calme revint dans son cerveau, il décida d'agir avec Passepartout. S'il ne réussissait pas à arrêter Fogg à Hong-Kong, il lui dirait tout.

Phileas Fogg était complètement indifférent. Il faisait son tour du monde sans s'inquiéter de ce qui se passait autour de lui. Le charme de Mrs. Aouda, à la grande surprise de Passepartout, n'avait aucun effet sur lui. Fogg n'était décidément pas amoureux ! Il ne s'inquiétait même pas des chances de réussite de son voyage contrairement à son domestique !

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