¿Qu'est-ce que le verlan? - #66
Vous écoutez le podcast FLUIDITÉ, épisode 66.
Le verlan est utilisé depuis des décennies dans la langue française. Mais, au fait,
c'est quoi le verlan ? C'est ce qu'on va voir aujourd'hui. Alors, alors, restez à l'écoute !
[GENERIQUE]
Bonjour et bienvenue dans ce soixante-sixième épisode.
Je voudrais tout d'abord souhaiter la bienvenue aux nouveaux membres du club
VIP de la semaine dernière et les remercier en espérant que je prononce bien leur prénom :
Bienvenue à Maria Teresa, Anne-Marie et SXYNCEREBRAL
Si vous voulez, vous aussi, profiter du podcast privé je vous explique, où je vous explique la
grammaire de chaque épisode, les conjugaisons, les temps, les verbes irréguliers, tout ce qui est
difficile en français. Si vous voulez avoir accès aux transcriptions bilingues, à la version mp3
de chaque épisode et encore beaucoup de matériel pour les apprenants, venez rejoindre le club VIP.
Et dans le podcast “je vous explique”, je continue à parler du sujet de l'épisode,
donc vous aurez accès au bonus sur le verlan. Je vous mets le lien dans la description du
podcast sur Spotify et sur Youtube pour vous inscrire au club VIP.
Le verlan est bien connu de tous les français qui l'utilisent ou au moins le comprennent. C'est une
forme d'argot qui consiste à inverser les syllabes d'un mot pour le rendre difficile à comprendre.
Et, en effet, la fonction de l'argot est de ne pas être décodé par les gens
qui n'en ont pas l'habitude ou ceux qui ne sont pas encore au courant. Être au courant
veut dire être informé de quelque chose, d'une situation, d'un évènement ou quoi que ce soit.
On dit souvent : “je te tiens au courant” pour dire “je te tiens informé”.
Donc l'argot est fait pour que, ceux qui ne sont pas au courant, ne puissent pas le comprendre.
Toutes les langues ont leur argot. Ça peut être de l'argot pour se protéger de la police par exemple
avec un vocabulaire très riche. Ou alors, l'argot peut aussi répondre à une logique identitaire,
une appartenance à un groupe. Ce sentiment d'appartenance permet de renforcer notre identité.
Mais revenons à nos moutons, revenons au verlan : quand on parle, on dit les mots à l'endroit,
donc dans le sens normal de leur écriture, mais le verlan propose de prononcer les syllabes
à l'envers, donc dans le sens contraire. D'où le nom de ce type d'argot : le verlan,
qui est l'inversion des syllabes de “à l'envers”, du mot envers.
L'inversion des lettres ou des syllabes existe déjà depuis plusieurs siècles pour
donner un effet de style dans la littérature. Les premières inversions de mot qui ont été
retrouvées datent du 12e siècle dans une version de Tristan et Iseult où l'auteur
transforme le prénom de Tristan en Tantris pour se faire passer pour quelqu'un d'autre.
Puis, on retrouve le verlan au 16e et 17e siècle dans le dictionnaire universel d'un
poète de l'époque qui utilise le mot “verjus” pour parler de “jus vert”. Apparemment, à cette époque,
on disait “c'est jus vert et verjus” pour dire que deux choses qui paraissent différentes, sont
en fait similaires. De nos jours, on peut entendre l'expression “c'est bonnet blanc ou blanc bonnet”.
Au 19e siècle, un linguiste a étudié l'argot du français et il a retrouvé un mot en verlan dans
une lettre d'un prisonnier. Le détenu a daté sa lettre en écrivant “Lontou,
1842”. Lontou pour la ville de Toulon dans le Var. Ce qui indique que le verlan était utilisé dans
le milieu carcéral, le milieu pénitentiaire. Dans l'adjectif carcéral, les hispanophones
reconnaissent le mot “carcel” et on dit qu'une personne a été incarcérée, mise en prison.
Ensuite, le verlan a été utilisé par les Français durant l'occupation de la seconde
guerre mondiale pour tromper les Allemands. En 1953, dans son roman "Du rififi chez les
hommes”, André Le Breton utilise le mot “brelica” qui est le verlan de
“calibre”, synonyme de “revolver”. Le verlan arrive chez les jeunes
parisiens fan de rock parisiens des années 60 qu'on appelait les “blousons noirs”. Et
l'un des symboles des jeunes parisiens de cette époque est le chanteur Renaud. Oui, c'est la même
prononciation que la marque de voiture Renault. En 1978, il sort une chanson qui s'appelera
“Laisse béton”. Béton est le verlan du verbe “tomber”. Laisser tomber quelque chose ou
quelqu'un veut dire ‘abandonner”. La plupart du temps, on utilise “laisser tomber” au lieu de
“abandonner”. Par exemple, “elle a laissé tomber le piano parce qu'elle n'avait pas le temps”.
En 1984, le titre d'un film policier comique s'appelle “Les ripoux” qui est le verlan de
“pourri”. L'adjectif pourri se dit d'un aliment qui n'est plus comestible parce
qu'il est déjà en décomposition. “Cette pomme est pourrie, tu ne dois pas la manger”. Pourri
est aussi familièrement synonyme de nul. “Cette chanson est pourrie”. Et pourri est
aussi le nom donné à un policier corrompu : un pourri. Donc un ripoux en verlan.
Ensuite, dans les années 80, le verlan devient de plus en plus populaire dans les banlieues
où habitent des populations d'immigrés. Le verlan leur permet de se démarquer des autres,
de montrer leurs différences sociales et culturelles et d'avoir une identité
un peu plus marginale. Exactement comme pour les rappeurs dont le
mouvement commence vers les années 90. Ce sont des groupes de rap comme NTM
qui vont créer des mots en verlan qui deviendront populaires chez les jeunes.
Et le verlan devient de plus en plus utilisé par différents groupes sociaux,
et pas seulement par les jeunes de banlieues. À tel point que beaucoup de mots en verlan
sont entrés dans le dictionnaire, comme l'adjectif “ripoux”par exemple.
Donc, pour fabriquer un mot en verlan, on inverse les syllabes mais si le mot n'a
qu'une seule syllabe, on peut aussi inverser les lettres. Le nez N-E-Z, devient le “ZEN” Z-E-N.
“Être à Poil” veut dire familièrement être nu, être sans vêtements. En verlan,
ça devient “être à oilp” O-I-L-P. On peut aussi faire un double verlan,
par exemple : le mot “Arabe” était devenu “beur”, mais tous les médias l'ont utilisé,
du coup il est devenu compréhensible de tous. Donc on a inversé le mot “beur” pour devenir “rebeu”.
Et maintenant je vous propose de faire un petit test où vous devez construire
le verlan de certains mots communs. Je vous donne le mot en français normal et vous devez
le trouver en verlan. Alors c'est parti. “Une soirée” devient “une ré-soi”, exact.
“Merci” devient “ci-mer” “moi” devient “ouam”
“ça” ç-a devient “as” donc comme ça devient comme as.
“pas” P-A-S de la négation devient “ap”. On peut entendre “ché ap” pour dire “ché pa” pour
dire “je sais pas”., pour dire je ne sais pas. “fou” F-O-U devient “ouf”.Et celui là vous le
connaissez beaucoup plus. “C'est ouf” pour dire “c'est fou !”.
“femme” devient “meuf”. “chien” devient “iench”.
Celui-là il étair difficile. “énervé devient “véner”
Le verlan a connu son apogée dans les années 90. Il est toujours utilisé de nos jours,
mais un peu moins. Parce que comme toutes les modes, il va et il vient.
Dans les banlieues, il a commencé à décliner à partir des années 2010. En français on dit
beaucoup “vas-y” du verbe aller pour dire aussi “fais-le”. Par exemple, “vas-y saute,
tu ne risques rien”. Et je sais qu'il y a quelques années, quand j'avais 15 ans,
on pouvait entendre “ziva”, le verlan de “vas-y”. Mais aujourd'hui, plus personne ne
dit “ziva” parce que c'est ringard. L'adjectif ringard veut dire démodé, passé de mode.
N'oubliez pas que je parle du verlan parce qu'il fait partie de la culture française et pour que
vous le compreniez si jamais vous l'entendez. Je ne le fais pas pour vous enseigner ces mots pour
que vous les utilisiez. Tout le monde n'est pas capable de comprendre ce langage codé.
Peut-être que certains de ces mots sont utilisés par tel ou tel groupes de personnes dans telle ou
telle partie de la France et d'autres non. Laissez l'argot ou le verlan venir vers vous naturellement
sans vouloir vous sentir obligés de les utiliser. Bien sûr, vous pouvez essayer de répéter ce que
vous avez entendu avec le même type de personnes. C'est super de connaître la culture d'un pays et
c'est essentiel pour parler la langue, mais concentrez-vous en priorité sur un français
neutre, étant déjà gigantesque, que vous allez faire évoluer au fur et à mesure de
votre apprentissage au contact des natifs en rajoutant des mots d'argot par exemple.
Voilà, c'est tout pour aujourd'hui pour cet épisode. On se retrouve dans le podcast “je vous
explique” pour continuer à parler du verlan, on continuera le petit jeu des devinettes,
et on parlera aussi d'anecdotes sympa sur des personnalités connues à propos du Verlan.
Mettez un like si vous êtes sur Youtube et si vous l'avez aimé.
Merci beaucoup de l'avoir écouté et on se dit à très bientôt dans le podcast ou sur
ma chaîne. bye-bye !