La révolution française de 1789 - #47 (1)
Vous écoutez le podcast FLUIDITÉ, épisode 47.
Dans cet épisode, on parlera de la révolution française, qui est une étape importante
de l'histoire du pays, alors, restez à l'écoute !
[GENERIQUE]
Bonjour et bienvenue dans ce quarante-septième épisode.
Si vous voulez aller plus loin, je propose en téléchargement la transcription PDF de
chaque épisode du podcast et dans le PDF, vous avez la transcription en français avec
l'anglais ou l'espagnol ou encore le portugais selon le document.
En plus, je propose la version audio apprenant mp3 de chaque épisode sans le générique
ni les annonces.
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internet ! C'est disponible sur ma page Patreon, je
vous mets le lien dans la description Spotify et Youtube.
Parmi vos réponses à mon sondage, vous êtes nombreux à m'avoir demandé de parler de
l'histoire de France, donc, aujourd'hui, je vais donc vous raconter la révolution
française de 1789, qui est un moment clé du pays.
Comment elle a commencé et pourquoi ? Vous allez tout savoir et comme d'habitude, je
vous expliquerai le vocabulaire utilisé, les mots un peu plus avancés, etc, dans un
français naturel.
Alors c'est parti !
Premièrement, il faut déjà savoir qu'avant d'être une démocratie, la France était
une monarchie.
Je pense que le mot est assez similaire dans d'autres langues, mais la monarchie veut
dire qu'un roi gouverne le pays et que le peuple n'a absolument pas le droit de voter.
On parle d'une monarchie absolue de droit divin et on l'appelle aussi l'Ancien Régime
en France.
Divin veut dire “de dieu” parce que les rois pensaient que leurs pouvoirs venaient
de Dieu.
Donc généralement, le pouvoir était reçu de façon héréditaire.
La société française n'était pas en démocratie et elle était divisée en trois
catégories de personnes, on dit trois ordres.
Et il y avait beaucoup d'inégalités entre ces trois divisions de la société, on va
le voir ensemble.
Le premier ordre est le clergé, ce sont les membres de l'église, comme par exemple
les curés, les moines, les évêques, etc.
Le deuxième ordre, ce sont les nobles, on dit “la noblesse”.
L'adjectif “noble” est utilisé de nos jours pour parler de quelque chose d'une
qualité supérieure.
Un vin noble ou encore de la viande noble.
Les nobles incluent le roi, son entourage, et tous ceux qui s'occupaient de maintenir
la paix et la justice dans le pays, ceux qui faisaient la guerre, etc.
Et le troisième ordre...ben… le reste de la population, environ neuf français sur
dix.
Il s'appelle “le tiers-état”.
Un tiers, ça veut dire une seule partie de quelque chose divisé en 3.
Si deux personnes parlent entre elles, on dit “une tierce personne” de quelqu'un
qui n'est pas dans la conversation.
C'est pour ça que “il(s) ou elle(s)”, c'est la troisième personne du singulier
ou du pluriel.
En résumé, le tiers état, donc le peuple, travaillait majoritairement pour les deux
autres ordres, le clergé et la noblesse.
Et à cette époque c'étaient généralement des paysans, mais il y avait aussi des commerçants,
des artisans ou encore des ouvriers.
Le clergé et la noblesse jouissaient de privilèges que n'avaient pas le tiers état.
Le verbe jouir, c'est un synonyme de profiter de quelque chose.
Je profite d'un avantage, je jouis de cet avantage.
Mais on va plutôt utiliser le verbe profiter, parce que maintenant le verbe jouir veut dire
arriver à l'extase sexuelle, donc n'utilisez pas le verbe jouir dans le langage courant,
mais plutôt le verbe profiter.
Par exemple, la noblesse et le clergé étaient dispensés d'impôts.
Être dispensé de quelque chose, ça veut dire ne pas être obligé de le faire.
Si votre enfant est malade, il sera dispensé d'aller à l'école, par exemple.
C'est le même tiers état qui verse une rente au clergé et à la noblesse.
De nos jours, on ne dit plus une rente, mais un loyer, mais à l'époque on disait une
rente.
En gros, le tiers état travaille pour ceux qui sont au-dessus dans la hiérarchie, donc
pour les deux autres ordres, le clergé et la noblesse.
Bon, est-ce que c'est vraiment différent de nos jours… HMMM pas tellement !
Le clergé s'occupait de plusieurs rôles dans la société.
C'est lui qui tenait l'état civil, où on enregistrait les naissances, les mariages
et les décès.
Mais c'est aussi lui qui se chargeait de l'instruction publique, de la santé et
du social, donc c'est le clergé qui crée et entretient les hôpitaux, par exemple.
Donc voilà comment était le système de l'ancien régime avant la révolution française.
Maintenant, on va parler de lumières ! Les Lumières est un mouvement culturel et
littéraire de philosophes qui commence au 17e siècle.
Des personnalités comme Newton ou Spinoza, par exemple.
Ce sont des philosophes qui s'opposent à des croyances religieuses.
Selon eux, le progrès doit passer par la raison.
Ils disent que cette raison éclaire la société et la fait avancer.
Éclairer ici, ça veut dire mettre en valeur, valoriser.
Et vers la fin du 18e siècle, le mouvement progresse en Europe et surtout en France,
avec des écrivains ou des philosophes comme Montesquieu, Voltaire, ou encore Jean-Jacques
Rousseau.
Vous avez déjà certainement entendu ces noms là, et il y a beaucoup de lycées ou
d'institutions scolaires qui portent ces 3 derniers noms.
Ce groupe de Lumières remet en question les principes de la monarchie absolue qui est
installée en France.
Ils sont en faveur de la liberté et des droits individuels.
Et parmi les idées qu'ils ont, ils veulent que le peuple puisse choisir ses représentants
politiques, que le peuple puisse voter.
Puis, ils pensent aussi à la division des pouvoirs en 3 : le pouvoir législatif, le
pouvoir exécutif et le judiciaire.
J'en ai parlé dans l'épisode sur le système politique en France d'ailleurs.
Ils sont aussi pour la liberté d'expression, d'opinion et de religion.
Ce qui est un peu tout le contraire du système de l'Ancien Régime, de la Monarchie Absolu
à l'époque.
C'est pour ça que le 18e siècle est appelé le siècle des Lumières.
Je précise que si vous cherchez Lumière sur internet, vous pourrez peut-être voir
des articles sur les frères Lumières, ceux qui ont inventé le cinéma, mais ils n'ont
aucun rapport avec le collectif de philosophes !
En tout cas, à la fin de ce dix-huitième siècle et plus précisément en mille sept
cent-quatre-vingt-neuf, c'est le roi Louis seize qui est au pouvoir, qui est roi.
Cette année, la France est en difficulté financière et le roi est endetté à cause
de dépenses de guerre, mais il y a aussi des crises financières et agricoles qui aggravent
la situation économique.
Etre endetté ça veut dire avoir des dettes, avoir des choses à rembourser à quelqu'un.
Par exemple, j'ai une dette envers la banque, je dois rembourser de l'argent à la banque.
Cette année, il y a eu de mauvaises récoltes agricoles, donc les prix de la nourriture
ont augmenté, par conséquent la population ne peut plus acheter de quoi manger et ça
va créer des fermetures de manufactures et des pertes d'emploi.
Et la solution à laquelle pense le roi, c'est d'augmenter les impôts que payent le tiers-état.
Le cinq mai 1789, il convoque une assemblée générale au château de Versailles, qui
rassemble des représentants des trois ordres : la noblesse, le clergé et le tiers-état.
Mais évidemment, le tiers-état, le peuple, n'est pas d'accord avec cette hausse des
impôts, exactement comme les gilets jaunes n'étaient pas d'accord avec la taxe sur
le carburant de M.
Macron, alors qu'ils n'avaient déjà plus beaucoup d'argent.
Et le tiers-état voudrait aussi que les impôts soient appliqués à tous, donc même au clergé
et à la noblesse.
Mais, je vous laisse deviner que la noblesse et le clergé ne sont pas d'accord pour
changer les règles et payer des impôts évidemment.
Donc, le 27 juin 1789, les députés du tiers-état, les représentants du peuple français se
réunissent alors dans une salle de jeu de paume, l'ancêtre du tennis.
La paume, c'est la partie interne de la main.
Ils se rassemblent dans cette salle parce que les autres salles leur ont été interdites,
le roi les ayant fermées pour éviter les réunions rebelles comme ça.
Durant cette assemblée, les députés font le serment, la promesse de ne pas se séparer
jusqu'à ce que le royaume de France adopte une constitution, inspirée des idées des
philosophes des Lumières.
On l'appelle “le serment du jeu de paume”.
J'ai déjà parlé de la constitution dans le podcast sur le système politique.
C'est en quelque sorte le mode d'emploi du pays, les règles les plus hautes possibles,
que doivent appliquer tous les citoyens, même les politiciens par exemple.
Donc les représentants du peuple, du tiers-état sont bien décidés à maintenir leur volonté
et à faire appel au peuple français pour se révolter.
Et les Parisiens vont commencer leur petite révolution.
L'accès à Paris était à l'époque contrôlé par des barrières et, le 9 juillet,
ils décident de les détruire pour montrer leur insurrection.
Insurrection ça veut dire révolte.
Pendant ce temps, le roi renvoie quelques-uns de ses ministres qu'il juge trop libéraux,
trop en faveur du peuple.
Le peuple apprend la nouvelle et un député invite la foule à prendre les armes contre
le gouvernement du roi ! Les Parisiens se rassemblent encore plus et les émeutiers
forment une foule de quatre-vingt mille personnes ! Ils arrivent à piller les armes de l'hôtel
des Invalides à Paris.
Piller ça veut dire voler.
Et les armes qu'ils récupèrent sont au minimum trente mille fusils, mais il leur
manque de la poudre à canon et des balles.
Le 14 juillet 1789, ils décident d'aller chercher ces munitions à la Bastille, qui
est un fort et aussi une prison.
Donc les émeutiers, le peuple qui a créé l'émeute, arrivent à la Bastille à 10h30
du matin pour aller chercher les munitions.
Et après une bataille avec plusieurs morts évidemment, le gouverneur du fort renonce
et laisse entrer les révolutionnaires.
Donc les Parisiens sont maintenant armés de fusils et de munitions ! Et à ce moment,
on se rend compte que la révolution a bel et bien commencé !
La prise de la Bastille est donc un événement très symbolique parce que le fort représentait
les pouvoirs du roi, donc cette victoire provoque une vague d'agitation sociale dans tout
le pays ! Les paysans dans les campagnes se révoltent
aussi et brûlent des châteaux de nobles.
Face à toute cette pression et cette émeute générale, dans la nuit du 4 août 1789,
les députés décident d'abolir les privilèges pour tout le monde, ce qui veut dire que tous
les citoyens auront les mêmes droits, qu'ils soient de la noblesse, du clergé ou du tiers-état
! C'est le début de la fin de l'ancien
régime.
Et le 26 août 1789, l'assemblée publie la déclaration des droits de l'homme et
du citoyen qui s'inspire aussi des idées des Lumières.
C'est un texte de 17 petits paragraphes qui dictent les droits naturels des hommes
et des femmes.
Par exemple, l'article 1 dit : “Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en
droits.”
Ici, le verbe “demeurer” signifie “rester”.
Le roi Louis seize, même s'il voudrait toujours une monarchie absolue, accepte la
constitution et la déclaration des droits de l'homme.
La France devient une monarchie constitutionnelle, où les pouvoirs du roi sont limités.
La monarchie absolue est terminée ! Un an après la prise de la Bastille, donc
le 14 juillet 1790, une grande fête est organisée sur le Champ de Mars, le grand terrain qui
est derrière la Tour Eiffel à Paris.
Durant cette célébration, le roi jure qu'il sera fidèle au peuple et aux nouvelles lois
et d'ailleurs, il y aura des milliers de cérémonies ce jour-là partout en France.
Mais, en juin 1791, le roi essaye de s'enfuir de France pour aller chercher de l'aide
d'autres monarchies à l'étranger pour combattre ce nouveau régime politique.
Il veut trahir la France après avoir juré qu'il serait fidèle, en fait il veut revenir