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Tour du monde en 80 jours (Graded Readers), Chapitre VIII La traversée de l’Amérique

Chapitre VIII La traversée de l'Amérique

Après déjeuner, Phileas Fogg, accompagné de Mrs. Aouda, quitta l'hôtel pour se rendre au consulat et faire viser son passeport. Sur le trottoir, il trouva son domestique qui l'invitait à acheter des armes à feu avant de prendre le chemin de fer du Pacifique : Passepartout avait entendu parler des Sioux et des Pawnies qui attaquaient les trains. Fogg répondit que c'était inutile mais de faire ce qu'il voulait.

Puis Fogg rencontra Fix qui fit semblant d'être surpris. Il voulait visiter la ville en compagnie de Fogg et de Mrs. Aouda. Ils se promenaient donc tous les trois dans la ville quand ils se retrouvèrent au coeur d'une scène tumultueuse. Tout servait de projectiles. Bottes et chaussures volaient dans le bruit de la foule.

– Il est plus prudent de nous retirer, dit Fix qui voulait protéger son « homme ».

Mais derrière eux on entendait « Hurrah ! Hip ! Hip ! pour Mandiboy ». Cette troupe d'électeurs s'approchait des partisans de Kamerfield. Il s'agissait bien d'un meeting politique et Mr. Fogg, Mrs. Aouda et Fix se retrouvaient au beau milieu. Il était trop tard pour s'échapper. On les bousculait beaucoup et Fogg se défendait comme il pouvait. Un énorme garçon à la barbe rouge, au teint coloré et aux larges épaules lui donna un coup de poing mais Fix se mit entre les deux et prit le coup à sa place.

– Yankee ! dit Fogg à son adversaire.

– Englishman ! répondit l'autre.

– Nous nous retrouverons !

– Quand vous voudrez ! Votre nom ?

– Phileas Fogg. Le vôtre ?

– Le colonel Stamp W. Proctor.

La foule disparut. Les vêtements de Fix étaient déchirés et ils en achetèrent tout de suite d'autres avant de rentrer à l'hôtel. Passepartout attendait son maître avec ses armes à feu. Après le dîner, ils chargèrent leurs bagages et au moment de monter en voiture Fogg demanda à Fix s'il avait revu le colonel Proctor. Il avait bien l'intention de revenir en Amérique pour le retrouver : on ne traite pas un gentleman anglais de cette façon !

Le train était prêt à partir : “Ocean to Ocean” comme disent les Américains. C'est le nom du train qui traverse les États-Unis dans leur plus grande largeur. New York et San Francisco sont reliés par cette voie ferrée et il faut sept jours pour la parcourir. Fogg espérait prendre le paquebot pour Liverpool le 11 décembre.

Les voyageurs étaient partis à 18h et il faisait très froid. Le ciel était couvert de nuages. On parlait peu dans le wagon. Une heure après le départ la neige tombait et on apercevait une nappe blanche à travers les fenêtres. Les banquettes du wagon se transformèrent en couchettes. Il ne restait plus qu'à dormir pendant que le train filait à toute vitesse à travers la Californie et le massif du Sierra Nevada.

Phileas Fogg, la jeune femme, Fix et Passepartout regardaient le paysage : les vastes prairies, les montagnes, les eaux des torrents.

Parfois des bisons bloquaient la voie et la locomotive devait attendre avant de repartir. Les voyageurs regardaient ce curieux spectacle… sauf Fogg restait à sa place. Passepartout était en colère à cause du retard causé par ces animaux.

Ils longèrent le Lac Salé où les mormons cultivaient la terre et élevaient leurs animaux domestiques. Puis ils arrivèrent à la gare d'Ogden. Comme le train ne devait repartir que le soir, les compagnons de voyage décidèrent de visiter la Cité des Saints, une ville mormone.

Le 7 décembre, il y eut un quart d'heure d'arrêt à la gare de Green River. Quelques voyageurs étaient descendus du train et se promenaient sur le quai. Mrs. Aouda regardait par la fenêtre quand elle vit passer le colonel Stamp W. Proctor qui s'était si mal comporté avec Fogg à San Francisco. Il fallait absolument qu'elle évite une rencontre entre les deux hommes ! Elle mit au courant Fix et Passepartout et pour distraire Fogg ils lui proposèrent de jouer au whist.

– Mais je n'ai ni cartes ni partenaires ! dit Fogg.

– Nous allons trouver des cartes, répondit Fix. Et nous serons vos partenaires.

– Bien sûr, fit Mrs. Aouda, moi aussi je sais jouer au whist.

Passepartout partit à la recherche des cartes et le jeu commença. Ils avaient trouvé le moyen pour ne plus le faire bouger ! Le train traversait les longues plaines qui s'étendent jusqu'à l'Atlantique. La neige avait cessé de tomber et laissait la place à un froid sec. Aucun fauve, ours ou loup… c'était le désert.

Mais tout à coup on entendit des coups de sifflet et le train s'arrêta. Aucune gare en vue. Passepartout descendit du train tout comme une quarantaine de voyageurs parmi lesquels se trouvait Proctor.

Le train ne pouvait plus continuer sa course. Impossible de traverser le pont de Medicine Bow qui était au-dessus d'un rapide. Passepartout n'osait pas prévenir son maître.

– Nous ne pouvons pas rester ici ! s'écria Proctor.

– Colonel, répondit le conducteur, on a télégraphié à la gare d'Omaha pour demander un train, mais il arrivera dans six heures environ.

– Six heures ! s'écria Passepartout.

– Oui, et ce temps sera nécessaire pour arriver à pied à la prochaine gare qui se trouve à douze milles d'ci, de l'autre côté de la rivière.

– Douze milles à pied et dans la neige ! crièrent les voyageurs.

Le colonel était furieux contre la compagnie de chemins de fer et contre le conducteur. Passepartout était sur le point d'informer son maître de la situation quand un mécanicien du train éleva la voix.

– Nous pourrions traverser le pont en lançant notre train à toute vitesse, dit-il.

Cette proposition plaisait à certains voyageurs et en particulier au Colonel Proctor qui avait vu des ingénieurs lancer des trains à toute vitesse « sans pont ». Passepartout était très agité, cette idée lui semblait un peu trop « américaine » !

La locomotive siffla, accéléra et l'on passa ! À peine le train avait-il traversé le pont que celui-ci s'effondra dans le rapide de Medecine Bow.

Le voyage continua sans obstacles jusqu'au jour où Mr. Fogg et le colonel Proctor se rencontrèrent et décidèrent de se battre en duel dans le dernier wagon du train. Mrs. Aouda était devenue pâle comme une morte. Ils allaient se donner des coups de revolver quand tout à coup ils entendirent des cris sauvages et des coups de fusil : des Sioux attaquaient le train, luttaient corps à corps avec les voyageurs dont ils jetaient les bagages sur la voie.

Les voyageurs se défendaient avec courage mais plusieurs furent blessés, comme le colonel Proctor. Pour se libérer des Sioux, il fallait s'approcher de la prochaine gare à côté de laquelle il y avait un fort. Passepartout, pour faire ralentir le train et lui permettre de s'arrêter près de ce fort, avait détaché la locomotive en passant sous les wagons. Une agilité sans pareils !

Voyant arriver les soldats, les Sioux s'enfuirent… en emportant trois prisonniers dont Passepartout ! Fogg partit avec quelques soldats pour les libérer. Entre temps, les voyageurs attendaient à la gare. Au loin ils virent arriver la locomotive conduite par le mécanicien. Le train pouvait donc repartir.

Quand Fogg, les soldats et les prisonniers arrivèrent, ils ne trouvèrent que Mrs. Aouda et Fix à la gare. Phileas Fogg était maintenant en retard de vingt heures ! Mais Fix eut une idée : un homme venait de lui proposer un autre moyen de transport, un traîneau à voile. L'affaire fut conclue et le départ organisé. Le traîneau filait sur la neige glacée à toute vitesse.

Ils parvinrent dans une gare et trouvèrent un train pour Chicago où ils arrivèrent le 11 décembre, prêts à s'embarquer pour Liverpool… mais le China était parti depuis 45mn en emportant le dernier espoir de Phileas Fogg.

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