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Ted Talk en français, 12a. La questiologie ou l'art de poser les bonnes questions. Part 1/2.

12a. La questiologie ou l'art de poser les bonnes questions. Part 1/2.

Qui, parmi vous, dans sa vie privée pose au moins une question par jour ?

Je vous demande de lever la main. Pose au moins une question par jour. Qui parmi vous dans sa vie professionnelle pose au moins une question par jour ? C'est évident : poser des questions est un acte quotidien.

C'est un acte quotidien, et cependant vous et moi, nous posons systématiquement les mêmes types de questions, qui ne représentent que 15 % des possibilités des questions. Pourquoi ?

Parce que quand on pose des questions, on veut surtout obtenir des informations qui confirment notre vision du monde, qui confirment notre perception de la situation, qui confirment en fait notre carte du monde. D'ailleurs, si quelqu'un fait quelque chose d'un petit peu... on va lui poser :

« Pourquoi ?

Qu'est-ce qui te prend ? On est quand même à la Sorbonne ! Et c'est à lui de se justifier, de s'expliquer, parce que nous voulons le comprendre.

« Comprendre », ça vient du latin : « comprendere », saisir avec intelligence pour ramener dans un tout cohérent. Nous voulons comprendre ce qu'il fait dans notre carte du monde.

C'est parce que nous voulons comprendre que nous limitons nos questions seulement à 10 à 15 % des questions possibles. Et moi, aujourd'hui, je voudrais surtout vous parler des 80 % des autres questions.

De leur richesse. De la nécessité de les utiliser. Je voudrais aussi vous parler de la questiologie. L'art et la science de poser des questions. Il existe une technique pour multiplier vos questions. Le premier qui a compris, il y a bien longtemps, la nécessité de multiplier ou de changer les questions, c'est Socrate.

Socrate, lui, il offrait les questions comme on offre un cadeau. Et si un de ses disciples se plaint d'injustice, c'est injuste. Socrate, plutôt que lui demander : « Pourquoi tu te plains d'injustice ?

», avouez que ça ne fait pas avancer le débat, il va lui demander : « Quelles hypothèses fais-tu pour conclure à une injustice ?

Vous voyez comme l'intérêt de la réponse change de camp.

Cette fois-ci, c'est le disciple qui regarde comment il fonctionne. En offrant cette question, Socrate permet au disciple de penser sur sa façon de penser. Ça, c'est la définition de réfléchir.

Et en plus, il lui propose de découvrir ce qui fabrique sa carte du monde. Faire émerger et faire sortir, c'est la signification étymologique de « éduquer ». Socrate, son objectif en posant des questions, c'était de faire réfléchir pour éduquer les jeunes disciples. Son idée était remarquable, et Aristote, un autre philosophe, construit le premier lycée à Athènes sur ce principe : poser des questions, pour faire réfléchir afin d'éduquer.

Alors où en est-on aujourd'hui dans le lycée du 21e siècle, celui qu'il y a chez nous en France ?

(Ben) les questions sont abondamment utilisées, mais surtout pour évaluer l'élève, qui doit alors restituer ce qu'on lui a enseigné. Dans ce cas-là, on pose une question en attendant une seule réponse. Qu'on connaît par avance d'ailleurs. Ça, c'est la définition de l'interrogation. Instruire, et ensuite interroger, c'est aujourd'hui le lycée du 21ème siècle.

Très, très différent du projet de Socrate. Mais c'est ce que nous avons appris. Et donc quand nous posant des questions, nous posons des questions pour interroger ce qui se passe autour de nous, histoire de vérifier, et de consolider notre carte du monde. Alors vous me direz : « Tout cela fonctionne très bien, pourquoi poser d'autres questions ?

À quoi ça peut servir ? Et c'est Einstein, qui va donner une piste de réponse.

Lui dit : « Si j'ai une heure pour résoudre un problème dont ma vie dépend, je vais passer les 55 premières minutes à chercher la meilleure question à se poser.

Et quand j'ai trouvé cette question, il me suffira de cinq minutes seulement, et de cinq minute seulement, pour trouver la bonne réponse. C'est magnifique, ce message, parce qu'Einstein nous explique ce qui a fait le génie de ses recherches.

C'est la mise en question plus que la mise en réponse. D'ailleurs, on peut se dire que, s'il s'était posé la question traditionnelle du pourquoi : pourquoi les mouvements célestes ne sont pas expliqués par les théories actuelles, il (n')aurait pas fait progresser la physique comme il l'a fait. À la place, on peut imaginer qu'il s'est posé une question socratique :

« Quelle hypothèse fait-on dans nos théories actuelles pour expliquer les mouvements célestes ?

Et là, révolutionnaire, il propose de changer les hypothèses.

Il va proposer que le temps et l'espace ne soient pas constants. Que le temps et l'espace ne soient pas constants. Révolutionnaire comme idée, mais en faisant ça, il change le carte du monde de la physique, et il permet des innovations incroyables en physique.

Alors, vous voyez, poser des questions, c'est capital, et la technique pour poser des questions, la questiologie, pour la comprendre, il suffit de se mettre dans la peau de celui à qui on pose la question. Quel que soit l'objet de la question, vous allez d'abord lui proposer de prendre une certaine posture. Une posture, c'est que, quand vous lui posez une question, vous l'invitez à répondre soit en tant qu'acteur, il fait quelque chose, soit en tant qu'observateur, il voit ce qu'il se passe, soit vous allez l'inviter à réfléchir à ce qu'il (res)sent, ou encore à prendre du recul, par rapport à la situation.

Première façon de varier les questions.

Deuxième façon, c'est le geste mental.

Quand vous posez une question à quelqu'un, vous l'invitez à un geste mental spécifique.

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