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Histoire d'Europe et du monde: "Nota Bene", Comment combattaient les guerriers Gaulois ?

Comment combattaient les guerriers Gaulois ?

Mes chers camarades bien le bonjour !

Vous aimez le combat ? Vous aimez les gaulois ? Et bien,

ça tombe bien, aujourd'hui on va parler de combat gaulois !

Loin des clichés auquels nous ont habitué le cinéma et les livres qui sentent bon le

XIXe siècle, les gaulois, et les celtes en général, ne sont pas qu'une bande de brute

qui foncent dans le tas en hurlant et en misant plus sur l'effet d'annonce que sur

la stratégie et la maîtrise de leurs armes. Si vous ne l'avez pas déjà vu,

je vous encourage vivement à aller voir notre précédente vidéo sur l'équipement gaulois, qui

vous permettra de comprendre tous les tenants et les aboutissants des armes et des protections du

guerrier typique du second âge de fer, soit entre le Vème avant notre ère et la guerre des gaules.

Lors de cet épisode, nous avons observé que le combattant gaulois

“typique” utilisait deux types d'armes offensives. D'une part,les armes d'hast,

c'est-à-dire les lances et les piques ; d'autre part, les armes de poing,

principalement les épées logées dans un fourreau métallique. Ils utilisent aussi

essentiellement une arme défensive : le bouclier ovale et plat, à poignée centrale horizontale.

Mais comment ces guerriers combattent ? Parce qu' après tout, il y a des dizaines de manière

d'embrocher son prochain sur un champ de bataille. Alors pourquoi privilégier une

technique plutôt qu'une autre ? Est-ce que ces armes, on les utilise de façon simultané,

ou l'une après l'autre ? Dans les grandes lignes, Comment se déroule un combat d'infanterie celtes

équipés de cette panoplie que nous avons vu ? Et bien pour y voir un peu plus clair et

avant de rentrer dans le vif du sujet, on va débroussailler quelques généralités …

Comme dans tout combat à l'arme blanche, y compris les plus modernes, le combat gaulois

est avant tout un combat psychologique opposant deux adversaires. Le combattant

alterne les phases d'attaque et de défense, s'assurant d'être toujours protégé au maximum

lors de ces manoeuvres et tentant de garder une certaine distance avec l'ennemi, car la moindre

erreur peut être fatale. Les guerriers en sont particulièrement conscient et qu'il s'agisse

d'un duel codifié entre deux combattants, d'une escarmouche avec quelques centaines de

guerriers ou d'une bataille rangée opposant deux corps d'armées composés de milliers d'hommes,

l'affrontement peut se résumer à deux adversaires luttant pour leur vie et l'issu d'un combat est

souvent dramatique pour l'un ou pour l'autre. Cet aspect psychologique du combat, il faut le

prendre dans sa globalité. D'abord parce que le combat finalement, c'est qu'une petite partie de

l'affrontement. Il faut imaginer qu'il y a déjà la prise de décision, le vœu dans un sanctuaire,

la marche etc… etc.. Il faut juste imaginer que le combat finalement, c'est juste l'apogée

de l'expression de la violence physique et que ça ne représente qu'une seule partie.

Une fois sur le champ de bataille, les textes grecs et latins nous disent que les différents

belligérants s'insultent, se donnant des noms d'oiseaux, vantant les mérites de leurs

ancêtres et louant leurs propres exploits. Des grognements qui prennent place dans une atmosphère

sonore particulièrement garnie. Les combattants hurlent, la musique retentit à travers notamment

les carnyx, les trompes de guerre gauloises qui permettent probablement de transmettre des ordres,

certaines danses martiales sont pratiquées et les armes se fracassent entre elles.

Difficile dans ces conditions de savoir qui a insulté votre maman...Bon en tout cas,

cette cacophonie renforce l'extrême tension qui précède le combat.

Mais replaçons les choses dans leur contexte, si ce type de combat paraît insurmontable à

la plupart des hommes modernes, ces guerriers devaient être dans un état

d'esprit beaucoup plus terre à terre, tout cela était assez codifié, et renforcé par

leur vécu personnel et les récits de leurs compagnons et de leurs ancêtres : la gloire

passait inévitablement par le champ de tripes et d'excréments, la douleur et la mutilation.

Après ces échanges fleuris qui ne meurtrissent que leurs égos,

la bataille peut commencer. Pour les périodes durant lesquelles on utilise des armes à distance,

c'est le moment de faire pleuvoir la première salve. Ensuite, le corps à corps peut commencer !

Ce combat est rarement une charge héroïque telles que l'on peut les voir dans les

films hollywoodiens. Comme nous l'avons dit précédemment, la gestion de la distance est

primordiale. Les échanges débutent donc avec l'arme la plus longue, l'arme d'hast. C'est

seulement une fois que celle-ci est neutralisée, soit parce qu'elle est brisée, soit parce qu'elle

n'a plus d'utilité vu la distance de l'adversaire, qu'est dégainée l'arme de poing. L'épée permet

un affrontement au plus proche. Bien sûr, si cette épée est "perdue" lors du combat,

si le guerrier n'a pas la possibilité de fuir, il va tenter de résister par l'intermédiaire

d'armes de circonstance, dont la plus évidente est le couteau (ou une arme d'hast brisée).

Les gestes, a priori, sont assez basiques et peuvent être maîtrisés de tous : on pousse,

on frappe, on avance, on reflue, on marche, on court même. L'essentiel, c'est vraiment

d'arriver dans une sorte de dynamique martiale et il faut imaginer que dans la plupart des cas,

finalement l'individuel s'efface au détriment du collectif. Il faut imaginer que le combat,

c'est une sorte de gigantesque poussée, une masse humaine qui se met en Branle,

un peu comme on peut le voir sur certains matchs de rugby. Cette poussée collective peut permettre

d'occasionner des dégâts extrêmement importants. En revanche, et c'est ce qui désigne les guerriers

professionnels, on va parfois pouvoir mettre en place un entraînement technique,

psychologique , qui va permettre en fait, de fluidifier les mouvements, d'avoir une

expression martiale beaucoup plus rapide, plus véloce. On va apprendre à maîtriser sa peur.

Toutes ces choses qui vont faire, finalement, qu'on est préparé à la guerre. Finalement,

on va travailler sur la vitesse d'exécution de la gestuelle martiale et sur l'aptitude à contourner

un obstacle, qu'il s'agisse de l'obstacle, que l'on propose soi-même c'est-à-dire,

le bouclier. Ou qu'il s'agisse des obstacles mis en place par l'adversaire. Le but étant,

bien entendu, de toucher l'adversaire sans être touché et en empêchant, évidemment,

que ces camarades soient touchés. Donc chaque groupe ayant les mêmes envies, à la fois de

nuire aux groupes adverses mais de préserver le sien, va finalement déployer une tactique en

fait qui va être beaucoup plus logique, en fait à partir d'un moment où on a un entrainement.

Ces guerriers finalement avec leur entrainement déploie un véritable art martial, c'est-à-dire,

une lance, à la base, tout le monde peut s'en servir. C'est juste on prend,

on plante et ça fonctionne. Mais là, on arrive à en faire quelque chose vraiment de technique.

L'archéologie et l'ethno-archéologie du geste, nous permettent finalement

de comprendre les éléments les plus basiques de ce combat... mais aussi de retrouver certaines

spécificités de cette art martial gaulois. Ces gestes que les combattants exécutent,

on les pensait perdu pour l'éternité. Pourtant, de nombreux indices nous sont révélés aujourd'hui par

l'archéologie et quand ces indices convergent, c'est que l'on commence à approcher d'une piste

sérieuse. C'est tout le principe des arts martiaux historiques européens, les AMHE,

sur lesquels j'avais déjà réalisé une vidéo il y a quelques années et que je vous invite à voir. On

approche le combat par la littérature, à travers des textes et des images. Les traités d'escrime

sont très précieux à ce sujet, notamment ceux du XVème siècle. A ça, on peut déduire des mouvements

en mettant en marche des notions de biomécanique. Cette approche permet déjà de faire beaucoup de

choses mais les AMHE se concentrent surtout sur des périodes plus récentes de notre histoire.

Grâce aux textes, on sait que dans telle posture, on pousse l'adversaire de telle façon, on utilise

l'arme de telle façon, etc. Dans le cas du combat gaulois, c'est un peu plus délicat : il ne reste

pas de témoignages littéraires aussi éloquents. C'est donc une démarche de redécouverte complète

où les éléments à notre disposition sont bien plus minces et doivent être recherchés via différentes

disciplines. Tout d'abord, utiliser la morphologie globale de l'arme : sa forme, son poids, ses

dimensions métriques, sa composition... tout cela est fondamental. Les textes grecs et latins nous

donnent aussi quelques renseignements, parfois fiables, parfois stéréotypés : il nous faut

démêler ce qui est pertinent et ce qui est inutile pour l'appréhension du combat. D'où

l'importance de critiquer les sources. Au final, on va pas se le cacher,

ce qui ressort de ces travaux, c'est surtout des évidences martiales,

c'est-à-dire de la logique… Mais vous allez voir, il y a quand même de quoi être surpris !

Guillaume a développé sa propre technique sur cette reconstitution du combat gaulois,

en ajoutant aux disciplines classiques des approches par la science dure, comme les

mathématiques appliquées. Nous y reviendrons dans un prochain épisode mais si des notions de

bio-mécaniques sont utilisées, l'expérimentation archéologique, dans la fabrication et dans

l'utilisation de ces équipements, peut s'avérer utile à la compréhension. Tout comme l'étude

des traces laissées par la fabrication ou la destruction de ces équipements,

la comparaison avec d'autres cultures anciennes sur laquelle nous avons plus de renseignements,

l'archéologie de bataille, l'iconographie antique que l'on peut trouver sur les pièces de monnaie,

des statues, des gravures… En faisant converger toutes ces sources, il est possible d'avoir un

aperçu du combat gaulois dans ses grandes lignes ! L'usage de la lance est un cas emblématique pour

l'appréhension du combat gaulois car à priori, il ne requiert pas de technique

particulière : un individu suffisamment véloce, même peu expérimenté, peut parvenir à maintenir à

distance un autre combattant, grâce à l'allonge que lui offre la hampe de l'arme d'hast. Si le

combattant inexpérimenté n'atteindra pas forcément son adversaire, il n'aura pas trop de mal à

l'empêcher de lui faire du mal... En revanche, s'il ne veut pas se contenter de se défendre,

mais aussi attaquer son adversaire, il doit déployer certaines techniques ingénieuses,

qui doivent contourner les défauts des armes. Et un des gros défaut des armes d'hast de type

lance, comme celle que je tiens actuellement dans mes mains, et bien c'est cette partie là en bois,

qu'on appelle la hampe qui permet de tenir l'arme, puisque cette partie là à tendance à

facilement se briser lors des premiers assauts. Et du coup, Et bah tu peux te retrouver un petit peu

comme un abruti avec seulement un morceau de bois dans les mains, ce qui est moins impressionnant

quand tu veux aller titiller l'ennemi hein… Manier la lance ne peut donc pas se résumer

à de la frappe à l'aveuglette en espérant toucher son adversaire. Si le combattant

frappe le bouclier de l'adversaire, sa lance peut s'y ficher : l'opposant la neutralise et

peut donc désormais l'atteindre. Il doit chercher à toucher son adversaire, mais celui-ci ne va pas

se laisser faire pour autant. Il faut donc pouvoir tester les failles de l'adversaire

avant de porter le coup fatal. Et c'est là que le savoir-faire martial entre en jeu !

Une des techniques plausible que j'ai eu l'occasion de mettre en évidence pour

l'usage des armes d'hast, finalement, c'est de pallier les défauts inhérents à la conception

de la lance. La hampe étant extrêmement fragile, elle se brise souvent à l'impact. Simplement en

utilisant le talon tourné vers l'adversaire, on peut se retrouver à maintenir la distance et à

éviter que la hampe se brise au moindre choc. Et oui ! Le talon se fiche moins facilement

dans la planche du bouclier adverse, puisqu'il faut imprimer une force plus conséquente. Par de

petits coups permettant de jauger l'adversaire mais permettant tout de même de lui "faire mal"

sans briser son arme, le lancier va tenter de trouver la faille. Il tient la lance, talon

tourné vers l'adversaire, au tiers le plus proche du fer, bénéficiant ainsi d'une allonge maximale.

Quand il repère une faille, le fenêtre est courte pour lui permettre d'exécuter son mouvement.

Le lancier opère un mouvement de bascule lui permettant de passer au-dessus du bouclier et

de frapper fer de lance en avant. Cela lui permet de briser l'allonge élevée de l'arme d'hast et de

s'approcher subitement de l'adversaire, tout en maintenant la lance de manière telle qu'elle est

mécaniquement moins susceptible de se briser. Cela permet de passer d'une saisie en pronation

basse à une tenue en supination haute, qui sont finalement les deux postures

à la lance qui sont les mieux identifiés par l'iconographie protohistorique. Mais le combat

gaulois finalement ne se résume pas au combat à la lance. Il y a aussi le combat à l'épée.

On sait qu'elles sont pourvues de 2 tranchants parallèles. C'est une arme d'entaille,

c'est-à-dire en fait, la pointe de l'arme se met en branle et ça permet un passage rapide

au cours duquel la pointe vient couper. C'est extrêmement pratique lorsqu'on

développe une gestuelle martiale qui est très dynamique, aérienne voire véloce.

Ce qui est assez étonnant et contre-intuitif pour la plupart des gens qui comme moi on grandit avec

des films bourrés de clichés, c'est que l'épée laténienne n'est pas conçue pour parer. Dans

tous les cas, et peu importe la période, on n'utilise pas, comme on le voit dans les films,

le tranchant pour parer une autre lame. On peut à la rigueur recourir au plat, mais là aussi,

c'est plus "accidentel" qu'intentionnel. Un combattant se retrouvant pris dans une mêlée,

pour sauver sa vie, va potentiellement parer, mais l'épée n'est pas prévu pour cela.

La spécificité de l'épée laténienne que nous voyons ici, c'est sa garde réduite qui vient

d'autant plus confirmer ce qu'on vient de dire: si l'on pare avec la lame, l'épée de l'adversaire

peut facilement glisser… Et bah là je peux vous

dire que...aurevoir les doigts ! La garde, elle est pas du tout prévue

pour parer en fait. C'est une garde qu'on appelle en “chapeau de gendarme” en archéologie celtique.

On place le pouce ou l'index au niveau du creux que forme la garde, au croisière de l'épée. Et

en fait, cela permet d'augmenter l'amplitude du bras. C'est-à-dire que si on tient l'arme

d'une façon normale, on va avoir une amplitude qui va être relativement faible. Mais à partir

du moment où l'on place le pouce au niveau du creux, on voit qu'on augmente l'amplitude. Donc,

ça nous permet vraiment de développer une gestuelle beaucoup plus fluide. On a parfois

pensé que la garde reprenait le contours de l'entrée du fourreau d'épée. En fait,

c'est exactement l'inverse, puisque c'est l'épée qui va définir la forme du fourreau. On avait ce

besoin technique de placer un doigt sur la lame de l'épée : on a donc créé ce type de croisière et on

a naturellement adapté ce fourreau à cette épée. La rapidité serait donc un élément primordial

pour réussir à destabiliser son adversaire. Ne vaudrait-il mieux pas, dans ce cas, laisser son

bouclier au vestiaire ? Et bien pas vraiment ! S'il occasionne une gêne pour le combattant,

il est aussi une barrière difficile à franchir pour son adversaire. La forme

ovale du bouclier est pensée pour permettre l'articulation de l'élément défensif avec les

armes offensives : l'épée gravite autour de la planche et l'arme d'hast peut s'y appuyer. Le

bouclier est donc aussi redoutable que le reste de l'équipement du guerrier,

véritable mur permettant de renverser le cours du combat s'il est bien employé…

L'armement celtique est donc parfaitement adapté au combat antique. Comme pourrait l'être une

rencontre de boxe moderne, le combattant peut alterner entre une phase défensive et une phase

offensive. Un coup offensif, un retrait avec bouclier en avant, un autre coup offensif,

un autre recul avec bouclier brandi, et ainsi de suite jusqu'à l'issu du combat…

Cette étude du mouvement, de la reconstitution, peut paraître anodique,

voir même inutile aux yeux de certains. Après tout, pourquoi tenter de comprendre comment ces

guerriers se battaient ? Il suffit d'observer qui a gagné telle ou telle bataille non ?

Mais mieux connaître ces techniques de combat sur le terrain implique de mieux comprendre

les tactiques déployées, et autorise à appréhender des questions plus globales,

comme la stratégie. En somme, à partir des armes archéologiques, on peut aborder des questions

plus humaines et pragmatiques. On peut partir du terrain et relire les textes pour les observer

sous un nouveau jour alors qu'à l'ordinaire, on se sert des textes pour identifier le terrain ! Une

approche particulièrement intéressante pour l'étude des anciennes cultures !

Merci à tous d'avoir suivi cet épisode, j'espère vraiment que ça vous a plus. merci à Guillaume

Reich, avec qui on a monté ce projet autour du combat gaulois. Merci aux Gaulois d'Esse,

qui nous ont accueilli ici au village de Coriobona et enfin merci à la société ACTA

qui nous a prêté quelques combattants qui ont gesticulé pour nous sous la pluie et ça

c'était courageux alors vraiment, il faut les applaudir. On se retrouve très bientôt sur Nota

Bene pour la suite des aventures puisqu'on vous a préparé une petite interview avec Guillaume

pour revenir sur ces méthodologies un petit novatrices ! Donc on compte sur

vous pour ne pas louper cette vidéo qui va arriver très bientôt sur la chaîne. Et puis,

bah écoutez, je vous souhaite une bonne journée ou une bonne soirée ! Salut !

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