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innerFrench Podcast - Episodes #97 Onward, #113 - Le français belge (1)

#113 - Le français belge (1)

Hugo: [00:00:06] Salut à toutes et à tous ! Bienvenue pour ce dernier épisode avant notre traditionnelle pause estivale. Une pause qui sera un peu plus longue que d'habitude puisqu'on reviendra seulement en septembre. On espère que vous aussi, vous allez pouvoir prendre des vacances et vous reposer. Mais pour être honnête, nous, on ne va pas vraiment être en vacances. En tout cas pas tout l'été. On va continuer de publier des vidéos sur la chaîne YouTube et d'aider les élèves qui font nos cours. Et on va surtout préparer le nouveau format du podcast. Oui, parce que, comme on vous l'a dit avec Ingrid dans le dernier épisode, on veut faire évoluer le podcast. D'ailleurs, je vous rappelle qu'on vous a envoyé un petit sondage, un questionnaire pour partager vos suggestions. Si vous ne l'avez pas reçu, vous pouvez aussi le trouver sur le site. On ne vous en dit pas plus pour le moment, mais vous pouvez vous attendre à quelques surprises pour la rentrée. C'est pour ça qu'on a besoin de faire une pause cet été pour s'organiser et être prêt en septembre.

Hugo: [00:01:16] D'ailleurs, si vous voulez profiter de l'été pour faire encore plus de français, les inscriptions pour notre cours avancé sont ouvertes cette semaine. Je vous en ai déjà parlé. C'est un cours qui s'appelle » Raconte ton histoire » et qui est fait pour vous aider à comprendre les conversations à vitesse réelle. Si vous me comprenez bien, mais que vous avez plus de difficulté avec les épisodes où je discute avec Ingrid ou d'autres invités, ce cours est fait pour vous. Donc n'hésitez pas à aller faire un tour sur innerfrench.com/histoire pour trouver toutes les infos.

Hugo: [00:01:56] Voilà, maintenant on peut passer à notre sujet du jour. Je vous propose de continuer notre série sur les accents. Après le français québécois, on va s'intéresser au français belge. Et pour ça, j'ai invité Élisabeth Castadot, qui est professeure de français à la faculté d'interprétation et de traduction de l'Université de Mons en Belgique. Avec Élisabeth, on a discuté de la place du français dans son pays, notamment par rapport aux aux autres langues officielles parce que oui, il y a trois langues officielles en Belgique, mais aussi des différences de prononciation, des belgicismes, les expressions typiquement belges. Elle m'a aussi expliqué pourquoi les Français se trompent complètement quand ils imitent l'accent belge et pourquoi ça peut être intéressant d'apprendre le français en Belgique plutôt qu'en France.

Hugo: [00:02:49] Bref, j'ai appris plein de choses passionnantes grâce à Élisabeth. Vous verrez qu'on s'est concentré sur la partie linguistique et qu'il y a certaines références culturelles qu'on n'a pas expliquées. Donc, j'ai aussi publié une vidéo sur la chaîne YouTube pour vous aider à mieux comprendre ça, à mieux comprendre comment les Belges sont perçus par les Français et d'où viennent ces stéréotypes. Donc je vous encourage vraiment à regarder cette vidéo avant ou après l'épisode. Voilà, maintenant je vous laisse en compagnie d'Élisabeth Castadot. Bonne écoute !

Hugo: [00:03:33] Bonjour Élisabeth.

Élisabeth: [00:03:34] Bonjour, bonjour Hugo.

Hugo: [00:03:36] Merci d'avoir accepté mon invitation.

Élisabeth: [00:03:39] Avec plaisir.

Hugo: [00:03:41] Alors pour commencer, est-ce que vous pourriez vous présenter en quelques mots ?

Élisabeth: [00:03:46] Oui, donc je m'appelle Élisabeth Castadot et je travaille donc à l'Université de Mons, qui est une université en Wallonie, une région de Belgique, une région francophone de Belgique. Et j'enseigne ici le français langue étrangère donc aux étudiants qui viennent en séjour d'échange, en séjour Erasmus, à la faculté de traduction et d'interprétation. J'enseigne aussi avec grand plaisir la maîtrise du français écrit, orthographe, structure syntaxique, voilà. Puisque les les Belges francophones, comme beaucoup de francophones, ont besoin de passer de l'oral à l'écrit soutenu par un certain apprentissage. Il n'y a pas que pour les personnes qui apprennent le français comme langue étrangère que le français représente des… enfin présente des bizarreries ou des aspects particuliers.

Hugo: [00:04:44] C'est sûr, c'est sûr. Pour les Français aussi, je sais que ça pose pas mal de problèmes.

Élisabeth: [00:04:49] Oui, on a plusieurs étudiants français d'ailleurs, qui viennent s'inscrire à la faculté de traduction et d'interprétation de l'Université de Mons, dont la réputation s'étend apparemment jusqu'à Nantes puisque j'ai eu ce matin une étudiante de là qui présentait son travail de fin d'études.

Hugo: [00:05:08] D'accord, ok. Alors dans notre conversation aujourd'hui, on va se concentrer sur le français belge et ses particularités. Il y a pas mal d'idées préconçues, notamment chez les Français qui concernent le français belge donc on va essayer un peu de… voilà de décerner [correction : discerner] le vrai du faux. Et pour commencer, je pense que ça pourrait être une bonne idée de faire un petit rappel de la situation linguistique en Belgique parce que c'est assez différent de la France. Alors quelles sont les langues qui sont parlées en Belgique ?

Élisabeth: [00:05:49] Alors donc dans la région principalement francophone, la région qui s'appelle la Wallonie, eh bien le français est la langue officielle. Alors il existe le dialecte wallon, mais très peu de personnes aujourd'hui le maîtrisent complètement en tout cas et ce n'est pas la langue de l'enseignement. C'est une langue que parlait la population il y a plutôt quatre cinq générations. Alors ensuite, c'est vrai que je devrais avoir une carte de la Belgique. Donc la Belgique c'est une sorte de losange comme ceci. La région au-dessus, au nord, s'appelle la Flandre et la langue officielle de cette région, c'est le néerlandais, donc la même langue que pour les Pays-Bas. Ceci dit, il y a des variétés, des particularités. Donc on appelle parfois aussi cette langue le flamand. Et puis il y a, à l'intérieur de la Flandre encore, une région-ville qui est Bruxelles. Oui, oui, vous connaissez tous, ce nom, cette ville. Et Bruxelles est la seule région en fait officiellement bilingue donc où tant le néerlandais que le français ont le statut de langue officielle. Donc on a un pays avec… ah oui, et j'oubliais, il ne faut pas le… il ne faut pas passer à côté de ça : il y a quelques petites communes dans l'Est qui sont germanophones, donc où la population parle allemand. Ces communes, en fait, au départ à la création de la Belgique, ne faisaient pas partie du pays, du territoire, mais ont été rattachées après la Première Guerre mondiale. Donc on a trois langues officielles : le néerlandais, le français et l'allemand. Mais voilà, en fonction de la situation, un Belge peut passer de l'un, [du néerlandais au français], pour certains Belges qui sont bilingues. Et puis bah voilà, on connaît encore souvent quelques mots de wallon ou pour les personnes en Flandre, pas mal de mots, de variétés régionales. Voilà, donc c'est un pays avec beaucoup de particularités linguistiques.

Hugo: [00:08:09] Et est-ce qu'avec le français on peut se débrouiller dans le Nord de la Belgique ou est-ce que c'est compliqué ?

Élisabeth: [00:08:16] En Flandre ?

Hugo: [00:08:16] Mhm.

Élisabeth: [00:08:17] C'est ça, en Flandre ? Non. En fait, la Flandre est une région unilingue néerlandophone, où l'on parle le néerlandais. Mais beaucoup de Flamands maîtrisent assez bien le français, puisque l'enseignement du français est encore obligatoire et assez poussé en Flandre. Ça peut susciter, ça peut provoquer des réactions difficiles de certains interlocuteurs qui souhaitent la fin de la Belgique, donc ceux qu'on appelle les nationalistes flamands, qui vont rejeter tout ce qui leur rappelle cette appartenance à un pays bilingue néerlandais-français. Donc, vous pouvez, si vous arrivez en Flandre et que vous commencez à vous adresser directement en français avoir certaines réactions un peu voilà, inconfortables et désagréables de certains interlocuteurs, mais c'est rare et surtout si c'est pour des personnes qui parlent… qui ne sont pas, qui ne sont pas belges. Mais c'est un reproche souvent entendu que les Belges francophones, donc qui habitent la Wallonie, parlent très mal le néerlandais. Et c'est vrai, puisque le néerlandais n'est pas obligatoire à l'école. Il y a une grande discussion pour l'instant au niveau politique sur la nécessité de rendre l'apprentissage du néerlandais obligatoire aussi en Wallonie.

Hugo: [00:09:41] D'accord, ok. Donc la langue officielle dans l'administration, ça dépend aussi selon si on est en Flandre ou en Wallonie ?

Élisabeth: [00:09:50] Eh oui, c'est la langue du sol.

Hugo: [00:09:53] Donc, concernant la capacité des Belges à parler plusieurs langues : tous les Belges ne sont pas trilingues, j'imagine.

Élisabeth: [00:10:01] Non, non, non, non. Non, en fait, l'enseignement du néerlandais en Wallonie n'est pas obligatoire et pas nécessairement très poussé. L'anglais est beaucoup plus, beaucoup plus demandé par les élèves et donc… Alors à Bruxelles, l'enseignement du néerlandais est obligatoire, mais de nouveau Bruxelles est une ville cosmopolite donc pour une grande partie des… beaucoup d'élèves, le français n'est déjà que la deuxième langue. À la maison ils vont parler… voilà, ça peut être le turc, le polonais, toutes… voilà comme dans toutes les villes internationales.

Hugo: [00:10:55] Alors maintenant on va se concentrer un peu sur la prononciation. En France, on imagine, on croit qu'il y a un accent belge qui a été notamment popularisé par Coluche avec ses sketches dans les années 80. Alors, est-ce que c'est vrai ? Est-ce qu'il existe un accent belge ?

Élisabeth: [00:11:14] Alors c'est un peu plus spécifique que ça. En fait, ce que Coluche montrait dans ses sketchs ou qu'il caricaturait, hein dont il se, on peut le dire, se moquait, c'est le belge populaire qui en fait assez souvent avait pour première langue un dialecte qu'on appelle le brusselair donc qui est un dialecte de la même famille que le flamand ou le néerlandais, et pour lequel le français était plutôt une deuxième langue, une… presque une langue étrangère, même si, voilà, beaucoup de personnes parlaient français. Mais décrire les langues en Belgique, c'est aussi parler de rapports politiques, de rapports sociaux, puisque le français, en fait, était la langue de la bourgeoisie, de ceux qui avaient l'argent et le pouvoir et donc seules ces personnes-là apprenaient le français très tôt et le maîtrisaient et voilà les domestiques, les ouvriers, avaient plutôt pour langue un dialecte, que ce soit le wallon ou le brussellair à Bruxelles. Donc en fait ce dont Coluche… ce que Coluche montre, c'est quelqu'un dont le français n'est pas la première langue et dont les particularités de prononciation viennent en fait de partie… qui a comme un accent étranger, en fait, comme un Italien qui parlerait français aurait des particularités. Donc maintenant, c'est beaucoup moins le cas. Les élèves wallons qui sont éduqués en français, dont les parents parlent français depuis une, deux, même trois générations, ne vont pas développer, enfin ne vont pas parler avec ces particularités en prononçant de cette manière-là. Mais il reste des traits, des particularités, par exemple, le /o/. On va très souvent entendre des Belges francophones prononcer « mon vélo » /ɔ/. Je ne sais pas si vous l'avez entendu. Avec un « o » qu'on aurait par exemple, dans « port ». Dans « port », vous avez un /o/ qui est plus ouvert que dans « peau ». Donc là où on prononcerait en français de France, en français standard « vélo » /o/, « euro » /o/, on va entendre « vélo » /ɔ/ et « euro » /o/. Donc oui, il y a des particularités qui persistent. Ici, évidemment, je travaille avec des étudiants qui se forment à l'interprétation, à la traduction donc on va leur faire leur faire prendre conscience de ça de ça, comme on fait avec des étudiants qui apprennent le français langue étrangère. Mais dans des situations informelles, il y a pas de problème, on s'exprime évidemment… Alors ce qu'on va dire aussi, et ça, c'est très courant, on va prononcer le /oẽ/ qui s'écrit « U-N » différemment que le /ɛ̃/ qui s'écrit s'écrit « I-N » ou « A-I-N ». Donc on va dire « un brin d'herbe » /ɛ̃/, mais « un ours brun » /oẽ/. Évidemment c'est ténu, c'est difficile à entendre, hein. Quand j'essaye d'expliquer à des étudiants non-francophones les différences, ils ne l'entendent pas vraiment. Mais donc oui, il y a… mais comme pour le français du Québec, des particularités qui étaient prononcées par les Français, en tout cas, voilà en tout cas du Nord, on ne va pas parler du midi de la France où c'est encore différent, mais… Donc ouais, on est presque… On prononce pour certains aspects comme le français d'il y a 100 ou 150 ans.

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