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Nota Bene (Youtube), Comment on dormait au Moyen Âge ? (1)

Comment on dormait au Moyen Âge ? (1)

Cet épisode est sponsorisé par Withings. Vous êtes déjà nombreux à savoir que je

suis atteint d'une maladie qui touche beaucoup de français qui en souffrent sans le savoir

: l'apnée du sommeil. A un stade avancé et sur le long terme, cette maladie peut provoquer

beaucoup de dégâts et vous handicaper dans votre vie quotidienne. C'est pourquoi avec

Withings, on vous propose de découvrir en fin de vidéo un test de sensibilisation pour

éventuellement détecter les premiers symptômes et je vous présenterai aussi le dernier produit

Withings, qui est certifié médicalement, le Sleep Analyzer, qui vient se loger sous

votre matelas et vous permet 1/d'analyser votre sommeil 2/de détecter l'apnée du

sommeil. Je vous mets tout ça dans la description et on se retrouve à la fin pour en parler,

bon visionnage ! Mes chers camarades bien le bonjour ! Qu'il

est bon ce moment où l'on se glisse dans des draps bien frais en plein été ou bien

chaud en plein hiver. Cet instant où l'on enfouit sa tête dans son oreiller et où

l'on se laisse aller à la rêverie pour partir vers le royaume des songes….jusqu'à

ce qu'une paire de jambes glacées se collent à vous ou qu'un ronflement vienne déchirer

la nuit. Et puis parfois trouver le sommeil c'est dur ! Entre le stress, les bruits

parasites, les lumières de la ville... On aurait tendance à imaginer qu'au Moyen

ge, ça devait être tout l'inverse. Ben oui. Pas de feu la nuit, sinon la maison peut partir

en fumée. Et puis la nuit, c'est le diable, c'est les ténèbres, donc pas de travail,

pas d'activités, on se planque ! Et on dort...à la cool, sans bruit, sans stress, sans interruption....

Le sommeil, c'était merveilleux. Mouais...on va se pencher un peu plus là-dessus

avant de dire n'importe quoi ! Commençons par la base : la chambre à coucher, et son

célèbre lit médiéval garni de fourrure, où la moitié des problèmes d'État sont

résolus si on en croit la série Kaamelott. Au Moyen ge, il n'y a pas vraiment de « chambre

à coucher ». Une pièce est neutre. Selon les besoins de

la journée, on peut lui donner une nouvelle fonction. On change alors la « chambre », qui

désigne plutôt l'ensemble des meubles garnissant une pièce que la pièce elle même.

Les tables sont sur tréteaux, les rangements sont dans des coffres que l'on peut déplacer.

Etc. La base d'une habitation, c'est sa pièce

principale, celle où se trouve le feu. Elle sert de cuisine, de séjour, de pièce à

vivre, pour recevoir les amis, tisser la laine, ou travailler. A la campagne, elle est centrale,

avec des chambres, des pièces de stockages et l'espace pour l'activité agricole

sur le côté. En ville, elle est à l'avant de la maison. Elle donne sur la rue, et est

donc bien éclairée. Les pièces qui peuvent servir de chambres sont reléguées à l'arrière-cuisine,

ou à l'étage. Mais comme le feu est là, on est souvent tenté de dormir aussi dans

le séjour ! Donc vraiment, les chambres, pas grand-chose

à dire : ce ne sont pas encore des lieux très intimes, et on invite volontiers des

amis, de la famille et des voyageurs de passage à partager sa chambre, voire à dormir dans

le même lit ! Vous avez sans doute entendu parler des immenses

lits où toute une famille pouvait dormir. Et en effet, on mesure la largueur d'un lit

en « lé » : au nombre de couchages qu'on peut y caser. Il existe des lits exceptionnels

de 2, 3, 4 lés, où on peut se serrer entre parents et enfants. Mais c'est surtout une

contrainte, et pas une tradition. L'Eglise recommande de ne pas dormir tous ensemble

dans le même lit, et dès qu'on peut, on évite.

Chacun préfère de loin le luxe d'avoir son propre lit. Surtout qu'on dort tout nu sous

les draps ! Je vous donne un exemple, inspirée d'un procès : un jour, les auberges de la

ville sont pleines à craquer. Un marchand qui reçoit un ami de passage est alors contraint

de l'inviter à dormir chez lui. Mais il n'a qu'un seul lit ! Ils dorment donc nus, à

3 avec sa femme, dans le même lit. L'ami tente d'abuser de la situation en violant

sa voisine, et le marchand alerté, le tue dans la dispute. Ce genre d'histoires arrive.

Mais c'est un cas particulier : pas d'auberge, pas de second lit, trop de vin... En temps

normal, on préfère bien sûr que chacun ait sa couche.

Chez les plus riches, la chambre à coucher connaît d'ailleurs une belle évolution au

cours du Moyen ge : le lit est vaste, confortable, et impressionnant. Le couple marié a sa propre

chambre, qui est un lieu privé, intime. Sauf s'ils décident de dormir avec un serviteur

ou une femme de chambre à leur disposition. Parfois, chaque époux a même sa propre chambre

! Voire, summum du luxe à la fin du Moyen ge, ses propres appartements constitués de

chambre, antichambres et autres pièces ! Mais là, on parle bien entendu de gens qui

ont de l'oseil, beaucoup, beaucoup, beaucoup !

S'il faut retenir une chose, c'est que la plupart du temps, la chambre est un simple

local pour dormir... et elle n'est pas chauffée ! Alors quand ça caille sec, mieux vaut avoir

un bon lit !Je vais pas vous le cacher, c'est assez difficile de parler du lit médiéval,

qui connaît aussi une très grande évolution sur la période.

Situé au ras du sol sous les Carolingien, le lit s'élève, s'élève, jusqu'à ce qu'il

faille parfois une marche pour y monter, à la fin du Moyen ge. D'ailleurs, cette évolution

nous pose une énigme étymologique : à l'époque, on appelle un lit un châlit. Mais est-ce

que cela vient du latin cata-lectus « lit vers le bas », ou bien du mot latin catasta

« estrade », et donc un lit placé en hauteur ? On ne sait pas. Mais en tout cas, au Moyen

ge on dit encore « materas », et pas « matelas » : ce mot arabe désigne un tapis, une couche

basse, jetée à terre. Dans tous les cas, le lit médiéval, c'est

un véritable mille-feuilles. Un peu comme le nôtre, ça se joue par “couche”, sans

mauvais jeu de mot. Première couche : le fameux châlit. C'est

un cadre de bois, garni de planches de bois, ou de cordes tendues. Ce châlit est donc

« bordé » ou « cordé »...exactement comme nos sommiers modernes, qui ont des lattes

ou des sangles. Puis, il y a, dans l'ordre :

- une paillasse : de la paille, tout simplement, pour garnir le châlit.

- un materas de tissu rembourré. - des draps,

- des couvertures, - un couvre-lit,

- des coussins, des traversins, des oreillers, etc.

- encore, par-dessus, un ciel de lit. Des colonnes forment une cage qui, une fois garnie

d'étoffe en haut et sur le côté, isole complètement le lit du froid.

Évidemment, là, je vous mets toutes les options hein. Selon que l'on est pauvre ou

fortuné, on a clairement pas le même lit. Le misérable se contente des premières couches

du mille-feuilles : paillasse et couverture. Son materas est fait d'une toile bourrée

de paille. Rien à voir avec celui du riche, qui est fait de soie garnie de plumes et de

duvet. Et alors pour les très riches, le haut du panier social, là c'est la teuf

: toutes les couches du mille-feuilles, depuis le châlit, jusqu'au ciel de lit ! Le matériau

par excellence, c'est bien sûr la fourrure, qui sert à garnir et doubler les couvertures.

Et là pour le coup on peut dire que Kaameloot est pas si loin de l'idée qu'on peut

s'en faire. Il y a tout de même une couche supplémentaire

dont on n'a pas encore parlé : le bonnet de nuit ! Bah oui, si on dort facilement nu

sous les fourrures, la tête, elle reste dehors. Pour ne pas attraper froid, le couvre-chef

devient absolument nécessaire. Et on ne lésine pas !

Par exemple, une auberge médiévale peut couramment attribuer à chaque dormeur un

lit garni, un chandelier, deux couvertures et....quatre bonnets de nuits !

Quatre ! Alors, on les empile les uns sur les autres, pour dormir du sommeil du juste.

Pour conclure sur le lit, qu'il soit de paille, toile, futaine, laine, soie, fourrure, plume

et duvet, avec tous ses matériaux et toutes ses formes, il est devenu au cours du Moyen

ge un symbole de réussite sociale : Sans lit, vous êtes un vagabond ou un prisonnier,

comme ceux de la prison du Châtelet, contraints de dormir à même le plâtre. Et encore,

le geôlier leur fournissait une natte. Ca nous rappelle au passage que certains, dans

nos rues, dorment encore aujourd'hui sur de simples cartons.

Si vous avez une méchante couche de paille, alors clairement vous restez un pauvre, comme

le dit le poète Rutebeuf dans son poème « La Pauvreté » : « Et lit de paille n'est

pas lit… / Et en mon lit, n'y a que paille ! » Une belle misère !

Si vous êtes un couple marié, le lit sera VOTRE meuble par excellence, symbole de fécondité,

de pureté de l'amour conjugal, et de la famille. Pour le poète Eustache Deschamps, le lit

est la pierre angulaire du couple, le premier meuble qui compte : « Il vous faut pour votre

ménage, / Matelas, coussins, lit et fourrage. »

Enfin, si comme Charles V vous avez une riche couverture d'environ 40m2, alors vous êtes

sans doute un roi ou un prince ! Je vous rassure, son lit était plus petit

car la couverture était pliée et repliée, mais bon...ça restait sans doute un sacré

morceau et ça devait peser quelques brouettes !

Enfin si vous êtes religieux, rien de tout ça : votre lit est classique, mais simple,

sobre, sans couleurs vives ni draps trop riches. Le moine ou la religieuse du Moyen ge dort,

exceptionnellement, vêtu d'une chemise, voire tout habillé. Il a même une corde à la

taille qui rappelle sa chasteté. Si au départ il avait sa propre cellule de moine, avec

le temps, le religieux perd ce privilège et dort en collectivité, dans des dortoirs.

Il faut signifier à Dieu, qu'il dorme ou qu'il veille, qu'il a renoncé aux biens

du monde. Bien entouré, il rejette les tentations charnelles, et se réveille à l'heure pour

les prières. Bon en même temps il a pas le choix il est

surveillé…et puis dormir tous ensemble, c'est se rassurer, en gardant une lumière

allumée jusqu'au matin pour mieux se protéger des forces du mal qui rôdent, la nuit...

Alors là je lance une petite parenthèse, parce que, ça y est, on l'a enfin dit : LES

FORCES DU MAL ! Au Moyen ge, la nuit, c'est les ténèbres, la peur du noir, l'inconnu,

c'est la mort et les diableries ! Eh bien, cette idée répandue...est plutôt vraie

! La nuit n'est pas le moment propice pour sortir de chez soi. Les châteaux et les villes

s'encerclent de rempart et ferment leurs portes, tandis que le guet veille.

En ville, il y a un couvre-feu, et la milice fait des rondes. Malheur à qui sort : dans

les ruelles sans éclairage, rixes, agressions, viols sont monnaie courante. Quelques malhonnêtes

désobéissent et continuent de travailler illégalement pour échapper à l'impôt : c'est

le fameux « travail au noir ». Même son de cloche dans les campagnes, où les rôdeurs

et les gens de passage la nuit sont suspect. Souvent, les procès le précisent : le crime

a eu lieu à l'heure « suspecte », « prohibée », ou encore « à l'heure propice aux méfaits

». Dans l'imaginaire médiéval, la nuit est

peuplée de démons, de sorcières et de sabbat, c'est à dire des rassemblements des forces

du mal . Dans les vie des saints, c'est la nuit que le diable attaque ou tente les chrétiens.

Dans les récits épiques et autres chansons de geste, même les héroïques chevaliers,

pourtant habitués à affronter des armées de géants, craignent de cheminer la nuit.

Et ne riez pas hein, ça n'a rien d'étonnant dans une société majoritairement privée

de ce qui nous permet d'avoir une sorte de jour artificiel et perpétuel : l'électricité.

D'ailleurs, regardez la peur, la criminalité et la panique qui grimpent en flèche dès

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