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InnerFrench - Vol. 1, #61 - L'antisémitisme en France (2) – Text to read

InnerFrench - Vol. 1, #61 - L'antisémitisme en France (2)

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#61 - L'antisémitisme en France (2)

Et à la fin de l'année 1894, il y a des révélations qui sont faites qui indiquent qu'Alfred Dreyfus, capitaine de l'armée française, est un traître parce qu'il a donné des documents secrets à l'ennemi.

Logiquement, à la suite de son procès, Alfred Dreyfus est condamné au bagne à perpétuité. Le bagne, c'était une forme de prison dans laquelle il y avait des travaux forcés. Les prisonniers étaient obligés de travailler. Donc comme vous pouvez l'imaginer, les conditions étaient très dures. Et quand on dit “à perpétuité”, ça signifie “pour toujours”. Par exemple “une peine de prison à perpétuité”, ça veut dire que le condamné va devoir passer le reste de sa vie en prison. Donc Alfred Dreyfus est condamné au bagne à perpétuité et il est déporté sur une île qui s'appelle l'île du Diable.

Cependant, sa famille refuse d'accepter cette sentence, elle refuse d'accepter ce jugement. Avec ses recherches, la famille d'Alfred Dreyfus découvre qu'il est innocent et qu'il n'a pas commis cette trahison. En réalité, c'est un autre commandant de l'armée française qui a donné ces documents secrets à l'Allemagne. Mais malgré ces preuves, le tribunal refuse de revenir sur sa décision. Et c'est toujours Alfred Dreyfus qui est accusé de cette trahison.

À ce moment-là, on découvre que ce qui est reproché, en réalité, à Dreyfus, ce n'est pas son acte (qu'il n'a pas commis, cette trahison qu'il n'a pas commise), c'est plutôt ses origines juives. Les accusateurs d'Alfred Dreyfus disent que, parce qu'il est juif, c'est forcément un traître.

Malgré ça, sa famille réussit à convaincre certains politiciens et intellectuels de son innocence. Et un des intellectuels les plus célèbres qui a décidé de défendre la cause d'Alfred Dreyfus, c'est l'écrivain et journaliste Émile Zola. Il a publié une lettre très célèbre qui s'appelle “J'accuse”, une lettre qui était destinée au président de la République, Félix Faure. Dans cette lettre, il dénonce tous les responsables de l'armée française qui ont fait condamner Alfred Dreyfus et en même temps qui ont caché le vrai traître.

J'accuse le lieutenant-colonel du Paty de Clam d'avoir été l'ouvrier diabolique de l'erreur judiciaire. J'accuse le général de Boisdeffre d'avoir eu entre les mains les preuves certaines de l'innocence de Dreyfus et de les avoir étouffées.

Source : L'Affaire Dreyfus (téléfilm), Yves Boisset, 1995

Cette lettre, J'accuse, c'est devenu un des textes les plus importants de l'histoire française. Vous pouvez très facilement le trouver sur Internet. Il est très beau, très bien écrit. Ça peut être un peu compliqué pour vous à comprendre selon votre niveau. Mais à mon avis, ça vaut le coup d'y jeter un oeil pour voir un peu le contexte de l'époque.

À ce moment-là, la société se divise en deux camps. D'un côté, il y a les dreyfusards, ceux qui veulent défendre Alfred Dreyfus et prouver son innocence. Et de l'autre, les antidreyfusards qui continuent de l'accuser et qui sont en général des nationalistes de droite et d'extrême droite. C'est ça, qui a véritablement donné sa dimension à l'affaire Dreyfus. C'est cette division qu'elle a créée en France entre dreyfusards d'un côté et antidreyfusards de l'autre.

Face à ce scandale qui commence à apparaître, l'armée et une partie du gouvernement font tout pour étouffer l'affaire. “Étouffer l'affaire”, peut-être que vous connaissez pas le verbe “étouffer”. Ça veut dire “asphyxier” ou “faire suffoquer” quelque chose ou quelqu'un. Donc on utilise souvent l'expression “étouffer l'affaire” quand la police, par exemple, essaye de cacher ou de dissimuler quelque chose pour que les journalistes et le public arrêtent d'en parler. À ce moment-là, c'est donc l'armée et une partie du gouvernement qui essayent d'étouffer l'affaire Dreyfus pour que les gens l'oublient, pour qu'ils arrêtent d'en parler.

Mais grâce à la défense des dreyfusards, l'innocence d'Alfred Dreyfus est officiellement établie en 1906. Il est libéré de prison et réintégré dans l'armée française. D'ailleurs, on peut dire qu'Alfred Dreyfus n'est pas rancunier parce qu'il a participé à la Première Guerre mondiale. “Rancunier”, c'est un adjectif qu'on utilise pour désigner une personne qui ne pardonne pas ou qui n'oublie pas facilement. Donc Alfred Dreyfus n'est pas rancunier parce que, malgré le fait qu'il ait passé des années en prison et qu'il ait été accusé, il a quand même décidé d'aider l'armée française en participant à la Première Guerre mondiale.

Pour conclure sur cette affaire Dreyfus, on peut dire que ça a été un des plus grands scandales de la fin du XIXème siècle. Elle a vraiment marqué l'histoire de la France moderne et elle a illustré cet antisémitisme qui commençait à gangrener la société française, à être de plus en plus présent dans les différentes institutions, même, de l'Etat français. D'ailleurs, c'était pas seulement le cas en France mais dans beaucoup d'autres pays européens. Ce qui a fini par conduire un peu plus tard, comme vous le savez, aux horreurs de la Seconde Guerre mondiale.

Maintenant, on va avancer un peu dans l'histoire, jusque dans les années 30. Là aussi, les années 30 c'est un contexte assez difficile. On est après la Première Guerre mondiale mais le contexte économique est assez compliqué parce que la Grande Dépression est passée par là. Il y a beaucoup de personnes qui vivent dans la pauvreté et ça, évidemment, ça alimente les tensions au sein de la société française. Des tensions qui ont tendance à se diriger de plus en plus souvent vers les juifs. Encore une fois, l'antisémitisme regagne de la vigueur et se matérialise par exemple par les écrits de Louis-Ferdinand Céline. Vous savez, c'est l'auteur dont j'ai parlé dans le dernier épisode : un très grand écrivain français mais qui avait le défaut majeur d'être aussi antisémite.

A ce moment-là, à la fin des années trente, il publie plusieurs pamphlets qui désignent les juifs comme les responsables de tous les maux de la société française. Ça, c'est ce qu'on appelle un “bouc émissaire”. C'est une expression très utile. Un “bouc émissaire”, c'est quand on désigne un groupe comme responsable de tous les problèmes. On dit “c'est la faute des juifs” s'il y a cette crise économique en France et si tellement de personnes vivent dans la pauvreté. Un bouc émissaire.

Face à ça, il y a aussi beaucoup de ligues d'extrême droite qui apparaissent à cette époque, notamment une qui s'appelle “l'Action française”. Et dans ces ligues d'extrême droite, on retrouve des anciens combattants, des nationalistes, des antisémites, des racistes, etc. Bref, un public pas vraiment recommandable.

Et parmi une partie de ces ligues d'extrême droite, il y en a beaucoup qui admirent Adolf Hitler qui a déjà pris le pouvoir en Allemagne. Et justement, ces membres de ces ligues d'extrême droite, ils aimeraient que la France imite les mesures anti juifs qui ont été adoptées par Hitler.

Pour résumer, on peut dire qu'encore une fois, les années 30, c'est un contexte qui était assez hostile aux juifs en France.

La deuxième guerre mondiale éclate en 1939. Très rapidement, la France capitule. En 1940, elle signe l'armistice et elle laisse le pouvoir au régime de Vichy. Le régime de Vichy (donc Vichy, c'est une ville qui à cette époque est devenue la capitale française) et le dirigeant de ce régime, c'était le maréchal Pétain. Ce régime, pour obtenir la paix avec l'Allemagne nazie, a décidé de collaborer. Donc il faut savoir que, à ce moment-là, la France était coupée en deux zones : au nord avec Paris et le sud-ouest, c'était ce qu'on appelait “la zone occupée”, donc la zone dans laquelle l'armée nazie était présente, et au sud, il y avait la zone libre avec la capitale, Vichy.

Comme ce nouveau régime de Vichy collabore avec le régime nazi, il adopte des lois sur le statut des juifs. Les juifs sont exclus de certaines professions, notamment de la fonction publique, de l'armée et de l'enseignement. Et puis, on les oblige à être recensés, c'est-à-dire qu'on fait des fichiers avec tous les juifs qui habitent en France et leurs adresses. D'ailleurs, en 1942, on les oblige à porter cette célèbre étoile jaune. Vous savez, pendant la Seconde Guerre mondiale, les juifs en France et dans les autres pays occupés, étaient obligés de porter une étoile jaune sur leurs vêtements pour montrer qu'ils étaient juifs. Donc ça, c'est les premières mesures qui ont été adoptées contre les juifs.

Et on peut dire que la situation se dégrade encore à partir de janvier 1942. Car c'est à ce moment-là que les officiels nazis décide de définir la solution finale, autrement dit l'extermination complète des juifs d'Europe (les enfants y compris).

Comme la France doit participer à cette solution finale, la police française va organiser ce qu'on a appelé “la rafle du Vel d'Hiv”. “Une rafle”, c'est une arrestation massive opérée par la police, quand la police décide d'arrêter un grand nombre d'individus. Et le Vel d'Hiv, c'est une abréviation pour dire “le Vélodrome d'hiver”. Un vélodrome, c'était une sorte de stade pour les courses de vélo en intérieur. Parce qu'à cette époque, les courses de vélo étaient très populaires. Et “d'hiv” donc “d'hiver”, parce qu'on pouvait organiser ces courses en hiver comme c'était à l'intérieur d'un stade, que c'était couvert, donc c'était possible d'y faire du vélo. La rafle du Vel d'Hiv.

Ça, c'est le deuxième événement marquant dont je voulais vous parler. Tous les Français l'ont étudié à l'école. Si vous leur en parlez, je suis sûr qu'ils vont pouvoir vous dire de quoi il s'agit. Et moi, je vais vous expliquer maintenant ce qui s'est passé.

Pour collaborer avec le régime nazi, la France, et notamment la police française, conclut un accord. Elle donne son accord pour arrêter 13 000 juifs étrangers ou réfugiés dont un tiers d'enfants (ça veut dire environ 30% d'enfants) qui habitaient à Paris et en région parisienne. Parce que, comme je vous l'ai dit un peu plus tôt, beaucoup de juifs s'étaient réfugiés d'autres pays pour venir s'installer en France parce qu'ils fuyaient justement cette oppression nazie. Et ils se cachent dans certains quartiers parisiens ou en région parisienne. Et la police française donne son accord pour les arrêter et les déporter dans les camps de concentration.

Cette arrestation massive, cette rafle, a lieu les 16 et 17 juillet 1942. Plus de 13 000 juifs sont arrêtés et enfermés dans le Vélodrome d'Hiver. Ceux qui essayent de s'enfuir à ce moment-là sont exécutés immédiatement, et les autres sont envoyés cinq jours plus tard vers le camp d'Auschwitz. Sur ces milliers de personnes envoyées dans le camp de concentration, moins d'une centaine en reviendront vivantes. Par la suite, d'autres rafles similaires sont organisées jusqu'en 1944, mais la plus importante et la plus symbolique, ça a été cette première, celle qui a eu lieu au Vélodrome d'Hiver, la fameuse rafle du Vel d'Hiv.

Pendant longtemps, l'attitude des présidents français après la Seconde Guerre mondiale, ça a été de ne pas reconnaître la responsabilité de la France. Les présidents français, notamment Charles de Gaulle et même plus tard, François Mitterrand, disaient que ce n'était pas la France qui avait procédé à ces arrestations, à ces exactions, mais le régime de Vichy. Pas la République française mais le régime de Vichy qui collaborait avec l'Allemagne nazie. Le général de Gaulle disait que la majorité des Français avaient résisté à l'oppresseur et que seules quelques personnes avaient décidé de collaborer avec les autorités allemandes.

Evidemment ça, c'était complètement faux. C'est une histoire qu'on a essayé de raconter pour unir les Français après les horreurs de la Seconde Guerre mondiale. Mais ce qui s'est passé, c'est qu'il y avait en France une petite partie de résistants, une petite partie de collaborateurs, et une majorité de Français qui essayaient simplement de survivre. Il a fallu attendre le 16 juillet 1995, journée de commémoration des victimes des violences antisémites, pour qu'un président français, Jacques Chirac, reconnaisse pour la première fois la responsabilité de l'Etat français.

Ces heures noires souillent à jamais notre histoire et sont une injure à notre passé, et à nos traditions.

Oui, la folie criminelle de l'occupant a été, chacun le sait, secondée par des Français, secondée par l'État français.

Source : Public Sénat

Donc vous avez entendu, dans cet extrait, que le président Jacques Chirac reconnaît que les horreurs qui ont été commises par l'occupant, par les autorités nazies, ont été secondés, autrement dit “accompagnées”, par l'État français. Il reconnaît officiellement, pour la première fois, le rôle que l'Etat français a joué dans ces crimes antisémites.

Après la Seconde Guerre mondiale, l'antisémitisme est devenu une sorte de tabou et on peut dire que, pendant quelques années, il a complètement ou presque complètement disparu en France.

Mais depuis une trentaine d'années, la situation change. Et comme je vous l'ai dit en introduction, on voit une certaine forme d'antisémitisme réapparaître.

Aujourd'hui, l'antisémitisme en France a, on peut dire, trois visages.

Le premier visage, c'est un antisémitisme qu'on pourrait qualifier d'historique. En partie à cause des événements dont je vous ai parlé précédemment. Et puis aussi du christianisme parce que, si aujourd'hui la France est un pays laïc, elle a pendant longtemps été chrétienne. Et comme vous le savez, il y avait beaucoup de tensions entre la religion catholique et la religion juive. Aujourd'hui, c'est peut-être pas l'antisémitisme le plus visible, mais on peut dire qu'il existe toujours.

Ensuite, il y a un deuxième visage de l'antisémitisme qui est un antisémitisme islamiste. Ces dernières années, il y a eu plusieurs agressions et même des crimes qui ont été commis par des personnes se revendiquant de l'islam. Évidemment, c'étaient des crimes commis par des personnes isolées, des extrémistes. Mais on peut dire que, plus généralement, il y a des tensions de plus en plus nombreuses entre une partie de la communauté musulmane et une partie de la communauté juive. Des tensions qui sont alimentées par le conflit israélo-palestinien.

Et puis la dernière forme d'antisémitisme, c'est un antisémitisme d'extrême droite qui est de plus en plus présent sur internet avec une propagation des théories du complot. Si vous avez écouté le 7ème épisode, je crois, du podcast, j'avais parlé des théories du complot, je vous avais expliqué de quoi il s'agissait. Et vous savez qu'aujourd'hui, elles sont de plus en plus populaires sur internet.

Les deux figures principales de cet antisémitisme complotiste d'extrême droite, ce sont l'humoriste Dieudonné et l'auteur Alain Soral. Ce sont deux hommes qui sont très influents et qui alimentent toutes ces théories du complot qui visent les juifs. Ils critiquent Israël de façon vraiment radicale et souvent, ils utilisent ça pour faire passer des arguments antisémites. Autrement dit, ils masquent, ils cachent leur antisémitisme par une forme d'antisionisme. C'est un peu ce qu'on pourrait qualifier de “droite alternative” en France (comme je sais que ça existe aux Etats-Unis) et malheureusement, beaucoup de jeunes sont sensibles à ce genre de rhétorique.

Le problème, c'est que régulièrement, cet antisémitisme est instrumentalisé. Autrement dit, on utilise cet antisémitisme pour critiquer un groupe ou un autre. Par exemple, certains disent que l'antisémitisme est exclusivement le fait des islamistes pour critiquer la communauté musulmane et accuser la communauté musulmane de tous les problèmes.

Plus récemment, certains journalistes ont essayé d'utiliser l'antisémitisme pour discréditer le mouvement des gilets jaunes parce que régulièrement, pendant les manifestations des gilets jaunes, il y a certaines personnes qui appartiennent à cette extrême droite ou à la droite alternative, qui profitent des rassemblements pour essayer de propager leurs idées antisémites. Évidemment, ça représente seulement une minorité du mouvement. Mais certaines personnes utilisent cette minorité pour discréditer tous les gilets jaunes.

Donc au lieu de faire un diagnostic commun et d'essayer de vraiment comprendre pourquoi cet antisémitisme devient aussi fort en France, on préfère l'instrumentaliser et le politiser pour faire la critique d'une communauté ou d'une autre.

Le problème aujourd'hui, c'est qu'il est difficile de faire un diagnostic objectif de l'antisémitisme en France. Comme vous l'avez vu, il a plusieurs visages et c'est un problème relativement complexe. En plus, il suscite toujours beaucoup d'émotion et des réactions, mais finalement pas beaucoup de mesures pour vraiment le combattre.

C'est pour ça qu'à présent, le gouvernement et le président Macron, ont décidé d'adopter des lois pour combattre l'antisémitisme, notamment sur internet, et l'antisionisme. Ça, ça va poser d'autres problèmes parce que ça va peut-être devenir difficile en France de critiquer la politique d'Israël sans être accusé immédiatement d'antisémitisme. Mais bon, ça c'est un autre débat. J'ai pas le temps d'en parler dans cet épisode.

Personnellement je sais pas si ces lois vont permettre de résoudre le problème de l'antisémitisme. Je pense qu'il a des racines plus profondes. À mon avis, ce dont on a véritablement besoin, c'est de plus d'éducation pour éviter que ce genre d'idées ne se propagent.

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Je sais que c'était un épisode peut-être un peu plus difficile que d'habitude. Mais j'espère que ça vous a donné envie de vous intéresser à l'histoire de France, à cette affaire Dreyfus, à la rafle du Vel d'Hiv. D'ailleurs, je vais mettre les liens vers différents articles intéressants que j'ai utilisés pour préparer cet épisode. Je vais mettre les liens dans les notes de l'épisode sur mon site. Comme ça, vous pourrez les consulter.

Si vous voulez me soutenir, si vous voulez m'aider à faire la promotion de ce podcast, vous pouvez, comme d'habitude, laisser une évaluation sur iTunes ou sur Facebook, ou également le partager avec des gens que vous connaissez qui apprennent le français.

On se retrouve dans deux semaines, peut-être, sinon dans un mois. Et en attendant, n'oubliez pas de faire un peu de français tous les jours. A bientôt, ciao !

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