×

Usamos cookies para ayudar a mejorar LingQ. Al visitar este sitio, aceptas nuestras politicas de cookie.

Acmaq.1 La secret de la vieille Madouesse-Diane Carmel Lege… – Texto para leer

Acmaq.1 La secret de la vieille Madouesse-Diane Carmel Leger, Chapitre 21 - Luc et Zozo

lección de francés para practicar la lectura

Comienza a aprender esta lección ya

Chapitre 21 - Luc et Zozo

Chapitre 21

Luc et Zozo

— Dépêche-toi, Benoît ! Tes gaufres vont être froides ! crie Monique. Benoît ?

Couché dans son lit, Benoît se remémore le jour à Cap des Demoiselles.

Son père frappe à la porte avant d'ouvrir.

— Encore au lit ? C'est dimanche ! On déjeune ensemble. D'habitude, tu es le premier à table. Ton voyage avec ma tante Madeleine a dû être toute une aventure pour t'épuiser de la sorte, taquine son père.

Oh, que oui ! Papa n'a aucune idée à quel point c'était réellement une aventure !

À table, Benoît mange très lentement.

— Veux-tu une autre gaufre ? demande sa mère.

— Benoît, tu rêves, lui reproche son père. Ta mère te demande si tu veux une gaufre.

— Euh, non merci.

— Ça va bien à l'école, mon grand ?

— Ça va mieux.

— Et ça va bien chez ma tante Madeleine ? poursuit son père.

— Oui. T'avais raison. Ma grand-tante est parfois brusque, mais elle est juste. J'aime ça chez elle. J'apprends des choses tout en travaillant. Elle rend l'histoire des Acadiens vivante, ajoute Benoît.

Faut promouvoir les avantages de passer plus de temps chez Madouesse, dans l'espoir que mes parents autoriseront nos prochains voyages.

— Benoît, tu es plus en forme dernièrement, déclare Monique.

— C'est vrai, Maman, avoue-t-il, surpris et content de ce commentaire positif.

— C'est parce que tu ne t'assois pas devant un écran pendant des heures, comme un zombie, taquine son père. Travailler pour ma tante Madeleine te fait du bien.

Le déjeuner terminé, Benoît meurt d'envie de téléphoner à Madouesse pour savoir s'il y a des nouvelles de la créature.

— Benoît, ta mère et ta soeur s'en vont chez Nicole. Que dirais-tu d'un tour en VTT avec moi cet après-midi ?

— D'accord, répond-il sans enthousiasme, mais je dois terminer ma rédaction. Le travail avant le plaisir, comme dit ma tante.

Son père hausse les sourcils.

— Tu veux faire tes devoirs avant d'aller en VTT ! Ma tante Madeleine est une vraie magicienne.

Pas tout à fait, mais elle fréquente des êtres magiques.

Benoît croise sa soeur avec sa nouvelle Barbie dans la main.

— Maman va m'acheter une Barbie Princesse, comme Claire !

Ma mère la gâte, mais Emma me dérange moins dernièrement.

Benoît ébouriffe affectueusement les cheveux de sa petite soeur.

— Benoooît ! Ma coiffure ! se plaint Emma d'une voix nasillarde.

Benoît se réfugie dans sa chambre où il écrit sa rédaction. Il doit consulter le web pour ajouter de l'information au sujet des Rochers Hopewell. En passant devant la chambre de sa soeur, il arrête.

La porte de la garde-robe d'Emma est ouverte et il voit une boîte pleine de Barbies. Sa soeur gâtée ne les a pas touchées depuis qu'elle a reçu de nouvelles Barbies pour son anniversaire. Une des poupées rejetées attire son attention.

Il entre dans la chambre et ramasse une Barbie aux cheveux coupés. Il ne lui reste que quelques mèches. Emma a dû jouer à la coiffeuse, se dit-il. La créature de Cap des Demoiselles ressemble à cette Barbie, mais sans le cou étrangement allongé de Barbie, ni les yeux maquillés, ni les petits pieds bizarrement haussés sur le bout des orteils.

Benoît s'agenouille devant la boîte de vêtements de Barbies à couleurs criardes et se met à la recherche d'un beau vêtement qui irait bien à la pauvre créature ailée. Enfin, il trouve une belle cape dorée pour recouvrir ses ailes déplumées. Il bouchonne la petite cape dans sa poche de jeans.

Satisfait de ce cadeau pour la créature, il lance tous les autres vêtements de poupée dans la boîte, certain que sa soeur ne remarquera pas la cape dorée manquante.

Ce n'est qu'une poupée, mais elle me fait pitié, à force de ressembler à la créature.

Benoît l'habille avec des vêtements moins abîmés, des bottes usées et un chapeau laineux pour recouvrir sa pauvre tête, puis la dépose doucement dans la boîte.

Ensuite, il termine sa rédaction en y ajoutant quelques détails intéressants sur les Rochers Hopewell trouvés sur internet. Puis, il cherche « Acmac ».

Absolument rien au sujet des petites personnes de ce nom. Fantastique ! L'internet ne sait pas qu'ils existent. C'est le grand secret de ma tante et moi.

Avant de rejoindre son père dans le garage, Benoît téléphone à Madouesse pour prendre des nouvelles.

— Benoît, je ne pouvais pas attendre. J'ai marché aux peupliers pour voir si Vital y était par hasard, dit-elle. Je sais bien que Gui nous a dit d'attendre trois jours.

— Encore deux jours à attendre, ma tante.

— La patience n'est pas une de mes vertus.

— Ma tante, je m'inquiète pour nos lutins et la créature.

— Moi aussi Benoît, je ne peux pas penser à autre chose.

— J'ai cherché « A-c-m-a-c » sur internet. Je n'ai rien trouvé sauf que c'est le nom d'une ville aux Philippines. Nous protégeons un peuple secret !

— Tu as épelé ce mot avec un « c » à la fin. Moi non plus je n'ai rien trouvé pour « A-c-m-a-c », mais j'ai aussi vérifié « A-c-m-a-q ». Avec cette terminaison, ce mot veut dire « la faim » en azéri, la langue officielle de l'Azerbaïdjan, un pays au sud de la Russie. En effet, il semble que les Acmaq soient des lutins qui se trouvent uniquement en Amérique du Nord et peut-être seulement dans les marais endigués des provinces maritimes !

— Génial ! Euh, pardon ma tante. Mon père m'appelle. Désolé. À demain !

*

Pendant leur promenade en VTT sur un sentier forestier, Serge fait un arrêt au sommet d'une colline. Accotés au véhicule, père et fils boivent leurs bouteilles d'eau et ils contemplent la vallée de Memramcook, avec sa belle rivière brune et sinueuse.

— C'est curieux… Je vois de la fumée là-bas. Ça vient de la cheminée d'une vieille maison cachée par les arbres. Cette maison fut abandonnée quand j'étais enfant. Luc, un copain de classe y habitait.

Il n'aimait pas l'école, jusqu'à ce que ma tante soit son enseignante. C'est dommage qu'au moment où les choses s'amélioraient pour Luc, sa famille déménageât en Ontario. Je ne l'ai jamais revu. Allons faire un petit tour pour voir la vieille maison, dit-il, en remontant sur le véhicule tout-terrain.

De toute évidence, la maison en bardeaux gris n'a jamais connu de peinture, mais la vieille porte a été réparée récemment avec du bois neuf. Une vieille fourgonnette bien entretenue est stationnée dans la cour. Près de la maison, un homme barbu fend du bois avec une vieille hache. En remarquant le VTT et ses passagers, l'homme arrête son travail et essuie la sueur de son front avec le revers de sa manche de chemise. Il ne semble pas content de les voir arriver.

Serge gare le VTT et marche vers l'homme. Ils échangent quelques mots, puis se serrent dans les bras comme de vieux amis. Le père fait signe à Benoît de les rejoindre.

— Benoît, je te présente Luc.

— Bonjour.

— Bonjour Benoît. Je veux que vous rencontriez ma fille, dit-il lentement, comme si le fait de parler lui demandait un effort.

Il se retourne vers la maison.

— Zozo, vient icitte ! crie Luc, qui trébuche et se reprend. Zo… zooo !

Sa fille ne vient pas.

Le père de Benoît fronce les sourcils et regarde par terre. Le fils suit son regard et aperçoit deux bouteilles de bière vides derrière une bûche. Père et fils s'échangent un regard.

— Rentrez avec moi ! Vous êtes nos premiers visiteurs !

Serge fait signe à Benoît de le suivre.

Learn languages from TV shows, movies, news, articles and more! Try LingQ for FREE