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Les mots de l'actualité (2009), INTÉGRISME   2009-02-06

INTÉGRISME 2009-02-06

La réintégration par le Pape de quatre évêques excommuniés fait grand bruit, surtout à cause de la personnalité et des déclarations négationnistes de l'un d'entre eux. Elle pose aussi le problème de la position de l'Église catholique par rapport aux intégristes. Sont-ils moins dangereux, plus faciles à contrôler, moins critiques à l'intérieur de l'Église que s'ils sont excommuniés, c'est-à-dire exclus, mis à la porte, rejetés par cette Église ? Et bien sûr, cela pose le problème de savoir à quoi renvoie ce mot « intégriste ». On l'utilise surtout à propos d'une attitude religieuse, mais à propos d'assez nombreuses religions. Un intégriste est, du point de vue religieux, plus royaliste que le roi… ou plus strict que le Pape.

En effet, il s'agit de ceux qui interprètent les textes religieux de la façon la plus rigoureuse en ce qui concerne l'observation des principes, mais surtout l'observation des interdits. Ils se fondent sur des textes choisis pour réglementer la vie des croyants de façon très précise, mais surtout d'une façon qui se permet de juger de tout. Si vous ne faites pas ceci ou cela, si au contraire vous faites cela ou ceci, vous ne serez pas un bon chrétien, ou un bon musulman, ou un bon juif. Les intégristes interdisent facilement, et ils ont la condamnation facile pour ceux qui ne correspondent pas à leur idée de la pratique religieuse. Ils défendent donc une religion très moralisatrice, et mettent en avant des principes très intolérants. Tout ce qui ne va pas dans leur sens est un péché !

Mais l'intéressant est de comprendre pourquoi on les appelle des intégristes. Le mot nous vient d'Espagne. Vers le début du XXe siècle, un parti très conservateur et très religieux voulait non seulement d'une monarchie catholique, mais souhaitait que l'État soit totalement soumis à l'Église. Il ne s'agissait pas exactement d'un État théocratique. Ce mot savant indique que la personne qui est à la tête de l'État est une sorte de prêtre-roi, c'est-à-dire une autorité à la fois politique et religieuse. Mais le parti intégriste voulait surtout que l'Église catholique puisse dicter ses volontés au pouvoir politique, même si les deux appareils – religieux et politique – restaient distincts. Cet adjectif « intégriste », on l'a donc emprunté à l'espagnol, mais cette langue le tenait du latin integer , dans le sens de « stricte observance », qui observe avec le plus grand scrupule, au pied de la lettre, les textes qui ont été choisis comme dictant les principes à suivre. Integer , c'est bien sûr le mot d'où nous vient notre adjectif « intègre », qui a un sens bien différent. « Intègre » veut dire très honnête, et il désigne en particulier ceux qui ne se laissent pas corrompre, qui n'utilisent pas leurs fonctions pour leur profit. « Intégriste » a donc un sens tout différent, et il s'applique aujourd'hui à toutes les religions pour désigner des tendances très conservatrices, à la fois hostiles aux autres religions et à ceux qui, au sein de la même croyance, sont plus souples ou plus tolérants qu'eux. Mais le mot est très employé, et peut, par extension, s'appliquer à des hommes politiques sourcilleux et rigides, qui ne supportent ni changement ni évolution. Coproduction du Centre national de Documentation Pédagogique. http://www.cndp.fr/


INTÉGRISME   2009-02-06

La réintégration par le Pape de quatre évêques excommuniés fait grand bruit, surtout à cause de la personnalité et des déclarations négationnistes de l'un d'entre eux. Elle pose aussi le problème de la position de l'Église catholique par rapport aux intégristes. Sont-ils moins dangereux, plus faciles à contrôler, moins critiques à l'intérieur de l'Église que s'ils sont excommuniés, c'est-à-dire exclus, mis à la porte, rejetés par cette Église ? Et bien sûr, cela pose le problème de savoir à quoi renvoie ce mot « intégriste ». On l'utilise surtout à propos d'une attitude religieuse, mais à propos d'assez nombreuses religions. Un intégriste est, du point de vue religieux, plus royaliste que le roi… ou plus strict que le Pape.

En effet, il s'agit de ceux qui interprètent les textes religieux de la façon la plus rigoureuse en ce qui concerne l'observation des principes, mais surtout l'observation des interdits. Ils se fondent sur des textes choisis pour réglementer la vie des croyants de façon très précise, mais surtout d'une façon qui se permet de juger de tout. Si vous ne faites pas ceci ou cela, si au contraire vous faites cela ou ceci, vous ne serez pas un bon chrétien, ou un bon musulman, ou un bon juif. Les intégristes interdisent facilement, et ils ont la condamnation facile pour ceux qui ne correspondent pas à leur idée de la pratique religieuse. Ils défendent donc une religion très moralisatrice, et mettent en avant des principes très intolérants. Tout ce qui ne va pas dans leur sens est un péché !

Mais l'intéressant est de comprendre pourquoi on les appelle des intégristes. Le mot nous vient d'Espagne. Vers le début du XXe siècle, un parti très conservateur et très religieux voulait non seulement d'une monarchie catholique, mais souhaitait que l'État soit totalement soumis à l'Église. Il ne s'agissait pas exactement d'un État théocratique. Ce mot savant indique que la personne qui est à la tête de l'État est une sorte de prêtre-roi, c'est-à-dire une autorité à la fois politique et religieuse. Mais le parti intégriste voulait surtout que l'Église catholique puisse dicter ses volontés au pouvoir politique, même si les deux appareils – religieux et politique – restaient distincts. Cet adjectif « intégriste », on l'a donc emprunté à l'espagnol, mais cette langue le tenait du latin integer , dans le sens de « stricte observance », qui observe avec le plus grand scrupule, au pied de la lettre, les textes qui ont été choisis comme dictant les principes à suivre. Integer , c'est bien sûr le mot d'où nous vient notre adjectif « intègre », qui a un sens bien différent. « Intègre » veut dire très honnête, et il désigne en particulier ceux qui ne se laissent pas corrompre, qui n'utilisent pas leurs fonctions pour leur profit. « Intégriste » a donc un sens tout différent, et il s'applique aujourd'hui à toutes les religions pour désigner des tendances très conservatrices, à la fois hostiles aux autres religions et à ceux qui, au sein de la même croyance, sont plus souples ou plus tolérants qu'eux. Mais le mot est très employé, et peut, par extension, s'appliquer à des hommes politiques sourcilleux et rigides, qui ne supportent ni changement ni évolution. Coproduction du Centre national de Documentation Pédagogique. http://www.cndp.fr/