×

Używamy ciasteczek, aby ulepszyć LingQ. Odwiedzając stronę wyrażasz zgodę na nasze polityka Cookie.


image

La petite fille et le Dragon Pauline Pucciano

La petite fille et le Dragon Pauline Pucciano

Il était une fois une petite fille très joyeuse et très curieuse, qui s'appelait Minouche, et qui vivait seule au bord d'une forêt. Elle allait souvent se promener parmi les grands arbres séculaires, dont les feuillages touchaient le ciel, et les racines, le cœur de la terre. Un jour, dans la forêt, elle rencontra une créature charmante, rouge, bruyante et voletante: c'était un bébé dragon qui, comme elle, faisait ses premiers pas dans la vie et dans la forêt. Minouche et le dragon devinrent bientôt de grands amis. Il volait toujours juste au-dessus d'elle, s'amusait à souffler du feu sur les branches qui la gênaient, et, l'hiver, il la réchauffait de son haleine brûlante. Tous les jours, ils se promenaient ensemble, et Minouche se sentait la plus heureuse des petites filles, d'avoir un ami dragon. Elle décida de le baptiser Moutchouff.

Moutchouff grandit cependant, beaucoup plus vite que Minouche.Alors qu'elle n'était encore qu'une toute petite fille, il atteignait bientôt la taille d'un arbuste, puis d'un arbre. Les promenades dansla forêt devenaient difficiles pour Moutchouff, qui devait se baisseret se contorsionner pour demeurer sous le couvert des branches.Mais Minouche ne se rendait pas compte des efforts immenses qu'ilfaisait pour rester avec elle dans leur forêt. L'appel des grands espaces, du ciel immense, des vents d'ailleurs, résonnait pourtant àses oreilles de dragon...Un matin, alors qu'elle s'était endormie avec lui et s'éveillait au milieu de ses écailles pourpres, il se décida à lui parler. –Je voudrais m'envoler, dit-il. Je suis trop grand pour resterdans cette forêt étroite, sous ces branches qui me retiennent.J'ai besoin de grand air. –Alors, j'ai une idée, proposa Minouche. Tu vas me faire voler surton dos!

–D'accord, dit Moutchouff, tout heureux.Et dès le matin, ils prirent leur envol . Moutchouff était attiré parle soleil, il voulait voir jusqu'où il pouvait monter, et grimpa toutesles marches du ciel, jusqu'à se retrouver si haut que la petite fille semit à avoir peur. –C'est trop haut, Moutchouff! Je ne sais pas voler! Cela me fait peur!

Redescends, je t'en prie! Alors Moutchouff redescendit immédiatement, bien qu'à regret, car il avait, quant à lui, aimé follement ce vol vertigineux, qui lui donnait l'impression d'être plus haut que les montagnes, tout près des étoiles... Et le matin suivant, il lui promit de ne plus aller aussi haut.

–Je me contenterai de voler juste au-dessus des arbres, dit-il. Ainsi, tu n'auras pas peur. –D'accord, dit Minouche, et dès le matin, ils s'envolèrent pour la seconde fois hors de leur forêt. Mais cette fois-ci, le Dragon se mit à voler vite, de plus en plus vite, et bientôt il vola si vite que Minouche ne reconnaissait plus rien du paysage en-dessous d'elle, et ne parvenait plus à respirer dans le vent. Elle se mit bientôt à pleurer:

–Moutchouff! Tu vas trop vite! J'ai peur! Arrête-toi, je t'en prie!Moutchouff poussa un gros soupir incandescent, et redescenditaussitôt. Il avait, quant à lui, aimé follement la vitesse, qui luidonnait l'impression d'être aussi rapide que les rayons du soleil et lesouffle des vents. –Minouche, dit-il, je ne peux pas renoncer à me sentir plus libreque le vent, plus rapide que la lumière, et plus haut que les montagnes . Je ne peux pas rester dans cette forêt.Alors Minouche et Moutchouff pleurèrent beaucoup tous les deux,car ils avaient compris qu'ils ne pouvaient pas vivre ensemble, etqu'ils ne feraient que se rendre malheureux l'un l'autre. _ Je ne veux pas que tu sois enfermé dans cette forêt, renifla-t-elle.

–Je ne veux pas que tu aies peur, souffla-t-il.

Alors, très doucement, avec beaucoup d'amour et beaucoup d'émotion, ils se séparèrent. Moutchouff prit son envol et Minouche parvint à sourire pour lui dire au-revoir.

–Je reviendrai te voir! promit-il.

–Quand je serai grande, je serai courageuse! cria-t-elle.

–A bientôt!

–A bientôt!

Et Minouche, qui se retrouvait seule dans sa forêt désertée, décidade s'en aller. Elle savait que sa Mère-Grand habitait une jolie petite maison, de l'autre côté de la forêt. «Après tout, les petites filles ne doivent pas vivre avec les dragons, se dit-elle. Je serai mieux avec ma Mère-Grand. Elle me fera des chocolats chauds et des galettes au beurre, et je pourrai grandir, et mûrir, et devenir courageuse, et capable de chevaucher mon dragon...» Moutchouff n'oublia jamais la petite Minouche, et vint lui rendre visite, tous les mercredis, pendant toute son enfance, qui fut longue et tranquille, auprès de sa Mère-Grand. C'est lui qui, dit-on,faisait chauffer le chocolat en soufflant dessus...


La petite fille et le Dragon Pauline Pucciano The Little Girl and the Dragon Pauline Pucciano

Il était une fois une petite fille très joyeuse et très curieuse, qui s'appelait Minouche, et qui vivait seule au bord d'une forêt. Elle allait souvent se promener parmi les grands arbres séculaires, dont les feuillages touchaient le ciel, et les racines, le cœur de la terre. Un jour, dans la forêt, elle rencontra une créature charmante, rouge, bruyante et voletante: c'était un bébé dragon qui, comme elle, faisait ses premiers pas dans la vie et dans la forêt. Minouche et le dragon devinrent bientôt de grands amis. Il volait toujours juste au-dessus d'elle, s'amusait à souffler du feu sur les branches qui la gênaient, et, l'hiver, il la réchauffait de son haleine brûlante. Tous les jours, ils se promenaient ensemble, et Minouche se sentait la plus heureuse des petites filles, d'avoir un ami dragon. Elle décida de le baptiser Moutchouff.

Moutchouff grandit cependant, beaucoup plus vite que Minouche.Alors qu'elle n'était encore qu'une toute petite fille, il atteignait bientôt la taille d'un arbuste, puis d'un arbre. Les promenades dansla forêt devenaient difficiles pour Moutchouff, qui devait se baisseret se contorsionner pour demeurer sous le couvert des branches.Mais Minouche ne se rendait pas compte des efforts immenses qu'ilfaisait pour rester avec elle dans leur forêt. L'appel des grands espaces, du ciel immense, des vents d'ailleurs, résonnait pourtant àses oreilles de dragon...Un matin, alors qu'elle s'était endormie avec lui et s'éveillait au milieu de ses écailles pourpres, il se décida à lui parler. –Je voudrais m'envoler, dit-il. Je suis trop grand pour resterdans cette forêt étroite, sous ces branches qui me retiennent.J'ai besoin de grand air. –Alors, j'ai une idée, proposa Minouche. Tu vas me faire voler surton dos!

–D'accord, dit Moutchouff, tout heureux.Et dès le matin, ils prirent leur envol . Moutchouff était attiré parle soleil, il voulait voir jusqu'où il pouvait monter, et grimpa toutesles marches du ciel, jusqu'à se retrouver si haut que la petite fille semit à avoir peur. –C'est trop haut, Moutchouff! Je ne sais pas voler! Cela me fait peur!

Redescends, je t'en prie! Alors Moutchouff redescendit immédiatement, bien qu'à regret, car il avait, quant à lui, aimé follement ce vol vertigineux, qui lui donnait l'impression d'être plus haut que les montagnes, tout près des étoiles... Et le matin suivant, il lui promit de ne plus aller aussi haut.

–Je me contenterai de voler juste au-dessus des arbres, dit-il. Ainsi, tu n'auras pas peur. –D'accord, dit Minouche, et dès le matin, ils s'envolèrent pour la seconde fois hors de leur forêt. Mais cette fois-ci, le Dragon se mit à voler vite, de plus en plus vite, et bientôt il vola si vite que Minouche ne reconnaissait plus rien du paysage en-dessous d'elle, et ne parvenait plus à respirer dans le vent. Elle se mit bientôt à pleurer:

–Moutchouff! Tu vas trop vite! J'ai peur! Arrête-toi, je t'en prie!Moutchouff poussa un gros soupir incandescent, et redescenditaussitôt. Il avait, quant à lui, aimé follement la vitesse, qui luidonnait l'impression d'être aussi rapide que les rayons du soleil et lesouffle des vents. –Minouche, dit-il, je ne peux pas renoncer à me sentir plus libreque le vent, plus rapide que la lumière, et plus haut que les montagnes . Je ne peux pas rester dans cette forêt.Alors Minouche et Moutchouff pleurèrent beaucoup tous les deux,car ils avaient compris qu'ils ne pouvaient pas vivre ensemble, etqu'ils ne feraient que se rendre malheureux l'un l'autre. _ Je ne veux pas que tu sois enfermé dans cette forêt, renifla-t-elle.

–Je ne veux pas que tu aies peur, souffla-t-il.

Alors, très doucement, avec beaucoup d'amour et beaucoup d'émotion, ils se séparèrent. Moutchouff prit son envol et Minouche parvint à sourire pour lui dire au-revoir.

–Je reviendrai te voir! promit-il.

–Quand je serai grande, je serai courageuse! cria-t-elle.

–A bientôt!

–A bientôt!

Et Minouche, qui se retrouvait seule dans sa forêt désertée, décidade s'en aller. Elle savait que sa Mère-Grand habitait une jolie petite maison, de l'autre côté de la forêt. «Après tout, les petites filles ne doivent pas vivre avec les dragons, se dit-elle. Je serai mieux avec ma Mère-Grand. Elle me fera des chocolats chauds et des galettes au beurre, et je pourrai grandir, et mûrir, et devenir courageuse, et capable de chevaucher mon dragon...» Moutchouff n'oublia jamais la petite Minouche, et vint lui rendre visite, tous les mercredis, pendant toute son enfance, qui fut longue et tranquille, auprès de sa Mère-Grand. C'est lui qui, dit-on,faisait chauffer le chocolat en soufflant dessus...