×

Używamy ciasteczek, aby ulepszyć LingQ. Odwiedzając stronę wyrażasz zgodę na nasze polityka Cookie.


image

Le Ciné-Club de M.Bobine, Le cinéma de Sam Raimi - l'analyse de M. Bobine (2)

Le cinéma de Sam Raimi - l'analyse de M. Bobine (2)

Une relecture Western de la tragédie grecque

auquel le réalisateur apporte tout son savoir faire.

Malheureusement, ce qui aurait dû être la concrétisation du cinéaste

va s'avérer être un gros bide au box office

le poussant à aborder une voix plus intimiste,

mettant en exergue une vision désenchantée de la société américaine.

Tout comme sa série méconnue American Gothic,

Un plan simple et Intuitions prennent tous deux place

chez les oubliés de l'American way of life.

L'occasion pour le réalisateur de montrer qu'il sait tirer le meilleur

d'interprètes à contre emploi, notamment Keanu Reeves,

et de dépeindre avec authenticité un contexte social difficile

qui déteint fortement sur les névroses de ses protagonistes.

Une sorte d'humanisme brisé

qui évite soigneusement toute forme de misérabilisme condescendant

très en vogue en festival.

Si on a tendance à considérer à tort Un plan simple comme un avatar de Fargo,

et Intuitions comme un sous Sixième Sens,

ces deux films parviennent pourtant à se distinguer de leurs homologues

par cette approche introspective et profondément mélancolique,

ou encore par une dureté psychologique peu commune

qui tend à les rapprocher du courant Southern Gothic.

Ces deux films joue également sur les ruptures de tons,

qu'on retrouvera dans les oeuvres ultérieures du réalisateur.

Tout comme Christine Brown,

Raimi est originaire d'un patelin de fermiers dans le Michigan.

À tel point qu'on pourrait voir cette dernière comme le pendant fictionnel

d'un réalisateur qui se voit comme un imposteur au sein d'un milieu dont il se sent étranger.

Un constat que partage certains journalistes layant pu l'interviewer.

« Il y a chez cet homme une véritable inquiétude

quant à sa légitimité dans ce métier

et quant à la fidélité qu'il doit témoigner à son public,

le réalisateur de blockbusters s'échinant à ne pas oublier le fan qu'il a été.

Il y a là une volonté de ne pas oublier ses racines et d'y revenir sans cesse,

comme s'il avait l'impression de ne pas être à sa place dans le monde du blockbuster. »

Sans trop vouloir faire de la psychanalyse de bazar,

on peut supposer que cette figure de l'imposteur omniprésente dans son cinéma

est consubstantielle à la psyché d'un homme

qui tente de soigner ce syndrome à travers son travail de metteur en scène.

Très marqué par la notion de juste dans la religion juive,

le réalisateur tente d'appliquer ce précepte derrière et devant l'écran.

« J'ai toujours pensé que le public était plus intelligent que ce que l'on peut imaginer,

qu'il faut se hisser très haut pour être à son niveau,

qu'à la longue on paye cher à lui manquer de respect. »

En effet, même ses oeuvres plus orientés grand public conservent

des éléments propres à ses origines familiales ou artistiques.

par exemple dans Oz,

il rend hommage à son défunt frère Sander, un féru de magie,

et l'on retrouve ses autres frères Ted et Ivan

aux génériques de ses nombreuses productions.

Mais il convoque également son propre passif dans le cinéma d'horreur,

que ce soit dans un film vraiment pas terrible comme Pour l'amour du jeu,

mais aussi dans un blockbuster destiné à une très large audience.

C'est véritablement au travers des aventures de l'homme araignée

que Sam Raimi a pu synthétiser de manière éclatante

toutes les obsessions qui émaillent sa filmographie.

L'approche tragicomique qu'il opère sur Peter Parker

doit beaucoup à son amour du burlesque.

C'est un héros qui vient en aide aux plus faibles comme Charlie Chaplin,

il fait preuve d'un romantisme naïf à la Buster Keaton,

et à l'instar d'Harold Lloyd

c'est un monsieur tout le monde cherchant juste à résoudre les problèmes du quotidien,

parfois de manière spectaculaire.

On y retrouve également des personnages autrefois rempli de bonnes intentions

ayant basculés du côté obscur,

de l'humour qui déjoue les contraintes,

Un sadisme débridé qui rappelle celui d'Evil Dead...

Bref, tous les éléments constitutifs du cinéma de Sam Raimi,

mais avec un budget qui lui permet de lâcher la pleine puissance de sa mise en scène

pour nous livrer des morceaux de bravoure inégalés encore aujourd'hui

comme le team-up du climax de Spider-man 3

ou l'ahurissante scène du train de Spider-man 2.

Ce que la filmographie de Sam Raimi nous apprends,

c'est qu'il arrive toujours à y glisser quelque chose de personnel

à travers une démarche expérimentale tantôt voyante, tantôt subtile

qui lui auront permis de travailler sur de nombreux genres.

En cela son travail le rapproche d'un touche à tout comme Robert Wise

qui sous ses airs de modeste artisan

livrait des oeuvres expérimentales d'une étonnante modernité.

Tout ça pour vous dire que si Sam Raimi n'estime pas qu'il est un grand cinéaste,

ont est nombreux à penser le contraire.


Le cinéma de Sam Raimi - l'analyse de M. Bobine (2) Sam Raimi's cinema - Mr. Reel's analysis (2) Sam Raimi의 영화 - M. Bobine의 분석 (2)

Une relecture Western de la tragédie grecque

auquel le réalisateur apporte tout son savoir faire.

Malheureusement, ce qui aurait dû être la concrétisation du cinéaste

va s'avérer être un gros bide au box office

le poussant à aborder une voix plus intimiste,

mettant en exergue une vision désenchantée de la société américaine.

Tout comme sa série méconnue American Gothic,

Un plan simple et Intuitions prennent tous deux place

chez les oubliés de l'American way of life.

L'occasion pour le réalisateur de montrer qu'il sait tirer le meilleur

d'interprètes à contre emploi, notamment Keanu Reeves,

et de dépeindre avec authenticité un contexte social difficile

qui déteint fortement sur les névroses de ses protagonistes.

Une sorte d'humanisme brisé

qui évite soigneusement toute forme de misérabilisme condescendant

très en vogue en festival.

Si on a tendance à considérer à tort Un plan simple comme un avatar de Fargo,

et Intuitions comme un sous Sixième Sens,

ces deux films parviennent pourtant à se distinguer de leurs homologues

par cette approche introspective et profondément mélancolique,

ou encore par une dureté psychologique peu commune

qui tend à les rapprocher du courant Southern Gothic.

Ces deux films joue également sur les ruptures de tons,

qu'on retrouvera dans les oeuvres ultérieures du réalisateur.

Tout comme Christine Brown,

Raimi est originaire d'un patelin de fermiers dans le Michigan.

À tel point qu'on pourrait voir cette dernière comme le pendant fictionnel

d'un réalisateur qui se voit comme un imposteur au sein d'un milieu dont il se sent étranger.

Un constat que partage certains journalistes layant pu l'interviewer.

« Il y a chez cet homme une véritable inquiétude

quant à sa légitimité dans ce métier

et quant à la fidélité qu'il doit témoigner à son public,

le réalisateur de blockbusters s'échinant à ne pas oublier le fan qu'il a été.

Il y a là une volonté de ne pas oublier ses racines et d'y revenir sans cesse,

comme s'il avait l'impression de ne pas être à sa place dans le monde du blockbuster. »

Sans trop vouloir faire de la psychanalyse de bazar,

on peut supposer que cette figure de l'imposteur omniprésente dans son cinéma

est consubstantielle à la psyché d'un homme

qui tente de soigner ce syndrome à travers son travail de metteur en scène.

Très marqué par la notion de juste dans la religion juive,

le réalisateur tente d'appliquer ce précepte derrière et devant l'écran.

« J'ai toujours pensé que le public était plus intelligent que ce que l'on peut imaginer,

qu'il faut se hisser très haut pour être à son niveau,

qu'à la longue on paye cher à lui manquer de respect. »

En effet, même ses oeuvres plus orientés grand public conservent

des éléments propres à ses origines familiales ou artistiques.

par exemple dans Oz,

il rend hommage à son défunt frère Sander, un féru de magie,

et l'on retrouve ses autres frères Ted et Ivan

aux génériques de ses nombreuses productions.

Mais il convoque également son propre passif dans le cinéma d'horreur,

que ce soit dans un film vraiment pas terrible comme Pour l'amour du jeu,

mais aussi dans un blockbuster destiné à une très large audience.

C'est véritablement au travers des aventures de l'homme araignée

que Sam Raimi a pu synthétiser de manière éclatante

toutes les obsessions qui émaillent sa filmographie.

L'approche tragicomique qu'il opère sur Peter Parker

doit beaucoup à son amour du burlesque.

C'est un héros qui vient en aide aux plus faibles comme Charlie Chaplin,

il fait preuve d'un romantisme naïf à la Buster Keaton,

et à l'instar d'Harold Lloyd

c'est un monsieur tout le monde cherchant juste à résoudre les problèmes du quotidien,

parfois de manière spectaculaire.

On y retrouve également des personnages autrefois rempli de bonnes intentions

ayant basculés du côté obscur,

de l'humour qui déjoue les contraintes,

Un sadisme débridé qui rappelle celui d'Evil Dead...

Bref, tous les éléments constitutifs du cinéma de Sam Raimi,

mais avec un budget qui lui permet de lâcher la pleine puissance de sa mise en scène

pour nous livrer des morceaux de bravoure inégalés encore aujourd'hui

comme le team-up du climax de Spider-man 3

ou l'ahurissante scène du train de Spider-man 2.

Ce que la filmographie de Sam Raimi nous apprends,

c'est qu'il arrive toujours à y glisser quelque chose de personnel

à travers une démarche expérimentale tantôt voyante, tantôt subtile

qui lui auront permis de travailler sur de nombreux genres.

En cela son travail le rapproche d'un touche à tout comme Robert Wise

qui sous ses airs de modeste artisan

livrait des oeuvres expérimentales d'une étonnante modernité.

Tout ça pour vous dire que si Sam Raimi n'estime pas qu'il est un grand cinéaste,

ont est nombreux à penser le contraire.