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InnerFrench - Vol. 1, #82 - Faut-il arrêter de prendre l'avion? (1)

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#82 - Faut-il arrêter de prendre l'avion? (1)

Épisode 82 : Faut-il arrêter de prendre l'avion ?

Salut à toutes et à tous, bienvenue ! C'est Hugo et je suis très content de vous retrouver pour faire un peu de français ensemble. Peut-être que certains d'entre vous sont en vacances et que vous m'écoutez à la plage ou à la montagne. Vous avez de la chance, profitez-en. Pour moi, c'est pas encore les vacances. Je voulais enregistrer ce dernier épisode avant de faire une petite pause.

Il y a quelques semaines, vous avez peut-être reçu un email de ma part dans lequel il y avait une invitation pour répondre à un sondage, autrement dit, un questionnaire qui vous demandait votre opinion à propos du podcast. Pour moi, l'objectif, c'était de savoir si le podcast est toujours utile pour vous et comment je pourrais l'améliorer pour qu'il soit encore plus efficace. Plus de 7 000 d'entre vous ont répondu, donc j'avais plein d'informations intéressantes !

Vous m'avez dit notamment que vous n'aimez pas trop les témoignages des autres auditeurs du podcast parce que ces personnes n'ont pas une prononciation parfaite, qu'elles font des erreurs et que vous vous écoutez le podcast pour apprendre un français parfait (alors, je ne dis pas que mon français est parfait, mais voilà, c'est celui d'un natif). Et ça, je peux le comprendre. Donc, j'ai pris la décision d'arrêter de diffuser les témoignages dans le podcast. En plus, c'était quelque chose qui prenait pas mal de temps et j'avais beaucoup de retard. Donc là, je diffusais des témoignages que j'avais reçus il y a un an. C'était un peu bizarre et je ne sais même pas si les personnes qui qui m'avaient envoyé ces témoignages écoutaient toujours le podcast. Donc voilà, j'ai pris la décision de ne plus diffuser de témoignages dans le podcast.

Vous m'avez aussi dit que vous préférez quand les épisodes sont un peu plus courts, quand ils durent environ 30 minutes. C'est vrai que sur les derniers épisodes, j'avais tendance à parler un peu plus longtemps. Les épisodes duraient entre 40 et 50 minutes. Et je peux comprendre que c'est difficile à suivre. C'est difficile de rester concentré pendant aussi longtemps. Maintenant, je vais essayer d'être plus succinct, d'être plus concis pour ne pas dépasser les 30 minutes. Et c'est aussi pour ça que j'ai décidé d'arrêter les témoignages. Comme ça, ca va me permettre de gagner un peu de temps.

Justement, pour ne pas perdre plus de temps, on va s'attaquer directement à notre sujet du jour.

Avant, pour moi, acheter des billets d'avion, c'était un plaisir. Ça voulait dire que j'allais partir en vacances, que j'allais découvrir un nouveau pays, vivre des aventures, etc. Et la seule inquiétude que j'avais, c'était le prix. J'essayais de payer le moins cher possible en comparant le prix des billets sur différents sites, en utilisant le mode incognito de mon navigateur internet.

Mais récemment, ça a un peu changé. Il y a quelques semaines, j'ai acheté des billets pour les vacances d'été. Je vais rentrer en France pour une semaine et en août, je vais aller en Italie pour la première fois, pour dix jours, en Toscane. Mais au moment d'acheter les billets, je me sentais un peu mal. D'abord, j'avais quelques doutes concernant la situation avec le Covid-19. Bon, c'est vrai que quand j'ai acheté les billets, c'était… il y avait eu beaucoup d'améliorations. On disait que la pandémie était en train de se calmer. Donc voilà, le contexte était un peu différent. Parce que récemment, on parle de plus en plus d'une deuxième vague de Covid-19. Mais bon, ça, c'est pas le problème dont j'aimerais parler dans cet épisode.

L'autre problème que j'avais et dont j'aimerais parler, c'est celui qui concerne l'environnement. On sait que prendre l'avion, c'est très mauvais pour la planète. Et avant, j'y faisais pas vraiment attention. Je pensais simplement aux vacances, au plaisir de découvrir un autre pays. Mais à cause de la pression sociale et aussi des médias, maintenant, c'est quelque chose qui est à l'esprit de plus en plus de personnes. En tout cas, moi, quand j'achète un billet d'avion, je pense de plus en plus souvent à ça.

Heureusement, après avoir validé mes billets, la compagnie aérienne (l'entreprise qui vend les billets d'avion et qui assure les vols), la compagnie aérienne m'a proposé de compenser mon voyage, autrement dit de payer un supplément, de payer un peu plus d'argent pour compenser les émissions de CO2, de dioxyde de carbone. Je crois que c'était un supplément de 10 euros. Donc moi, je me suis dit : «Ah bah voilà, c'est super ! Je vais payer 10 euros, ça compense mes émissions de CO2. Et comme ça, je ne culpabilise pas, j'ai bonne conscience, et je vais pouvoir voyager l'esprit tranquille.»

Malheureusement, c'était pas si facile que ça. Parce qu'après avoir acheté ces billets avec le supplément pour compenser mes émissions de CO2, j'ai commencé à me poser pas mal de questions. Je me suis demandé comment ce système fonctionne exactement, comment on peut compenser ces émissions. Et si c'est tellement efficace, pourquoi est-ce que c'est pas obligatoire ? Pourquoi est-ce que ce n'est pas automatiquement inclus dans le prix des billets ? Donc voilà, j'ai commencé à douter un peu de ça et le sentiment de culpabilité de prendre l'avion n'a pas disparu.

À cause de ça, j'ai commencé à faire des recherches, à me documenter sur le sujet, et j'ai voulu savoir si ce système de compensation fonctionne, s'il est vraiment efficace, si on peut prendre l'avion en 2020 en ayant l'esprit tranquille. Et pour faire d'une pierre deux coups, j'ai décidé de partager toutes ces informations avec vous. Donc vous allez voir si la culpabilité l'a emporté. Vous allez voir si finalement, j'ai décidé d'annuler mes vacances cet été et mes billets d'avion ou pas.

Pour commencer, il faut remettre les choses dans leur contexte. Prendre l'avion, même aujourd'hui en 2020, ça reste un privilège. J'imagine que certains auditeurs, certains d'entre vous, vous n'avez jamais pris l'avion.

Moi, la première fois que j'ai pris l'avion, c'était quand j'avais 18 ans. Et je voyageais avec un ami pour aller à Glasgow, en Écosse. J'ai déjà raconté cette histoire plusieurs fois. Et pour cet ami, c'était très drôle parce que lui, il avait l'habitude de voyager et de prendre l'avion avec sa famille. Tous les ans, il partait en vacances dans différents pays, en Europe, mais aussi aux Etats-Unis. Son père travaillait dans une entreprise pour laquelle il devait prendre l'avion, aussi, régulièrement. Donc, quand je leur ai dit que moi, je n'avais jamais pris l'avion, ça les a fait rire. Ils ont trouvé ça assez drôle.

Maintenant, vous savez que je suis un professionnel de l'avion (vous avez peut-être vu la vidéo que j'ai faite sur le sujet : Comment prendre l'avion en français ?). Mais bon, jusqu'à mes 18 ans, je n'avais jamais pris l'avion. Et jusque-là, je ne m'étais pas vraiment rendu compte que prendre l'avion, c'était un marqueur social, quelque chose qui montre notre statut.

Il faut savoir que seulement un quart des Français prennent l'avion au moins une fois par an (donc seulement 25% des Français prennent l'avion minimum une fois par an). Et 20% des Français n'ont jamais pris l'avion de leur vie.

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, l'arrivée des compagnies aériennes low cost, ces compagnies aériennes qui proposent des billets pas chers, ça n'a pas beaucoup démocratisé l'avion. Ça ne l'a pas rendu beaucoup plus accessible. Certes, voyager aujourd'hui, c'est pas très cher, surtout si vous n'allez pas loin. Mais ça ne signifie pas que les autres coûts ont été réduits. Si vous allez en vacances, il faut toujours payer un hébergement (un hôtel ou alors une maison ou un appartement que vous louez). Il faut payer la nourriture, les billets pour visiter les monuments, les musées, etc. Tous ces coûts n'ont pas vraiment changé, ce qui fait que partir en vacances est presque toujours aussi cher aujourd'hui, surtout si vous avez une famille nombreuse.

Donc, aujourd'hui, tout le monde a un peu plus de chances de prendre l'avion qu'il y a vingt ans. Mais quand on analyse un peu les vols et qui prend l'avion, on voit que les personnes qui gagnent bien leur vie prennent l'avion beaucoup plus souvent, qu'elles font des voyages plus longs et qu'elles sont surreprésentées. Les personnes qui ne gagnent pas bien leur vie, qui ont moins d'argent, elles… peut-être qu'elles prennent l'avion un peu plus souvent qu'il y a 20 ans, mais c'est quelque chose qui reste assez rare pour elles.

Et ces inégalités, on les retrouve au niveau mondial. Par exemple, on estime qu'entre 80 et 90% de la population mondiale n'a jamais pris l'avion. Ça, c'est un chiffre qui m'a vraiment choqué quand je l'ai découvert. Parce que dans les pays occidentaux, dans les pays riches, développés, on a l'impression que prendre l'avion, c'est vraiment quelque chose de banal. Mais quand on regarde au niveau mondial, eh bien on voit que ça reste encore un privilège des pays développés. Par exemple, si on prend l'Amérique du Nord (les États-Unis et le Canada) plus les pays européens, ils représentent 50% des kilomètres parcourus en avion, alors que ces pays représentent seulement 15% de la population mondiale. Donc, vous voyez que les pays occidentaux sont largement surreprésentés en ce qui concerne le trafic aérien.

Depuis l'arrivée des réseaux sociaux, et en particulier Facebook et Instagram, partir en vacances 3 fois par an à l'autre bout du monde, c'est quelque chose qui semble presque normal. Mais non, prendre l'avion, ça reste un privilège et un privilège qui a des conséquences négatives pour les habitants de l'ensemble de la planète.

Alors, une fois qu'on sait ça, on se demande forcément à quel point le transport aérien est polluant. Ça, c'est une expression, «à quel point», ça veut dire «à quel degré», «quelle est la taille du problème», à quel point le transport aérien est-il polluant ? Retenez bien cette construction parce qu'on peut l'utiliser dans beaucoup de questions et c'est quelque chose qui n'est pas très intuitif donc il faut l'apprendre : à quel point. À quel point le transport aérien est-il polluant ?

Alors, c'est assez facile de comprendre comment l'avion pollue. Avec les carburants, il y a des émissions de gaz à effet de serre. Les gaz à effet de serre, ce sont ces gaz qui sont présents dans l'atmosphère et qui contribuent au réchauffement climatique. Le principal, c'est le CO2, le dioxyde de carbone.

Alors, c'est assez difficile de mesurer le poids de chaque secteur quand on essaye de voir quels secteurs contribuent le plus à l'émission de gaz à effet de serre. C'est difficile parce qu'on ne sait pas toujours ce qu'il faut prendre en compte. Est-ce qu'on prend en compte seulement les émissions directes, ou alors aussi les émissions indirectes ?

Alors, je vais prendre un exemple pour illustrer ça, l'exemple de l'agriculture. Dans le secteur de l'agriculture, il y a des émissions directes de CO2 et des émissions indirectes. Les émissions directes, ce sont par exemple celles des animaux d'élevage, en particulier des vaches. Les vaches émettent du CO2 à cause de leur digestion. Et puis, d'un autre côté, il y a les émissions indirectes, par exemple celles liées à la production de la nourriture pour les animaux d'élevage, au transport de ces animaux. Tout ça, ce sont des émissions indirectes. Il y a certaines études qui s'intéressent seulement aux émissions directes, d'autres qui intègrent les émissions indirectes, ce qui fait que c'est parfois difficile de comparer les résultats.

Mais bon, l'étude de référence en la matière, c'est un rapport de 2014 de l'IPCC (l'IPCC, c'est Intergovernmental Panel on Climate Change). C'est un organe des Nations unies.

Alors, ce rapport montre que le secteur le plus polluant, celui qui émet le plus de gaz à effet de serre, c'est la production d'électricité et le chauffage. Le chauffage, vous savez, pour que votre appartement soit suffisamment chaud en hiver, ou votre maison, le chauffage. Ce secteur contribue à 25% des émissions de gaz à effet de serre. Le deuxième secteur, le plus polluant, c'est celui de l'agriculture et de l'élevage : 24%. Ensuite, on a l'industrie : 21% (dont en grande partie l'industrie textile, qui représente entre 8 et 10%). L'industrie textile, qui produit des vêtements, c'est vraiment une des industries les plus polluantes, les plus mauvaises pour la planète. En quatrième position, on a le secteur des transports : 14%. Ici, celui qui a la plus grande part, c'est le transport routier (les voitures, les camions, etc.) qui représente 11%. Le transport aérien, 2,5%. Et le reste, c'est le train et le transport maritime : 0,5%. Et puis, pour finir, il y a les autres énergies, en particulier l'extraction et le raffinage du pétrole, qui représentent 10% des gaz à effet de serre. Et le dernier secteur, c'est celui du bâtiment et de la construction, qui représente 6%.

Vous voyez, la contribution du secteur du transport aérien, c'est «seulement» 2,5%. Donc ça peut sembler assez marginal comparé aux autres secteurs. Par exemple, il y a une autre étude qui montre que le secteur internet contribue à 4% des émissions de gaz à effet de serre (à cause des serveurs, par exemple). Alors quand on voit ça, on se dit que c'est peut-être mieux d'arrêter d'acheter des vêtements ou d'arrêter de regarder Netflix pour protéger l'environnement, que de ne pas partir en vacances.

Le problème avec le transport aérien, c'est qu'il a un grand impact compte tenu du petit nombre de personnes à qui il profite. Pour rappel, 80%, entre 80 et 90% de la population mondiale n'a jamais pris l'avion. Donc un petit nombre de personnes est responsable d'une part significative des émissions de CO2. En fait, le poids du secteur du transport aérien est plus faible tout simplement parce qu'il y a beaucoup plus de voitures, de camions, de motos, etc., que d'avions. Il y a beaucoup plus de personnes qui ont une voiture et qui l'utilisent régulièrement que de personnes qui prennent l'avion au moins une fois par an.

Mais quand on compare la pollution moyenne par passager des différents modes de transport, on voit que l'avion est de loin le pire. Par exemple, il y a une étude de 2014 qui a été publiée par l'Agence européenne pour l'environnement, qui a essayé de mesurer les émissions moyennes de CO2 par passager par moyen de transport. Cette étude montre que le passager d'un avion émet en moyenne 7 fois plus de CO2 que celui d'une voiture et 20 fois plus que celui d'un train. Donc là, vous voyez que la différence est vraiment significative.

Alors, bien sûr, il y a de nombreux cas où l'avion reste nécessaire, par exemple pour envoyer rapidement des médecins et des secours après une catastrophe naturelle, pour transporter certains produits stratégiques, des médicaments, etc. Mais ces cas sont assez marginaux quand on les compare au transport de passagers pour des motifs qui sont purement des loisirs, pour les vacances, pour le plaisir, etc.

C'est important de connaître la répartition de la pollution en fonction des secteurs parce qu'on n'en est pas toujours conscient. Mais bon, une fois qu'on a cette information, on se demande ce qu'on peut y faire. Est-ce qu'on peut vraiment y changer quelque chose ? En fait, la question, c'est : qu'est-ce qu'on peut faire, nous, au niveau individuel, pour essayer de réduire ces émissions ?

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