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Le Ciné-Club de M.Bobine, La trilogie du Hobbit de Peter Ja… – Text to read

Le Ciné-Club de M.Bobine, La trilogie du Hobbit de Peter Jackson : l'analyse de M. Bobine (1)

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La trilogie du Hobbit de Peter Jackson : l'analyse de M. Bobine (1)

Adeptes de la Grande Toile, bonjour !

Je vous l'avais annoncé dans un précédent épisode,

et le moment est arrivé.

Aujourd'hui, on s'envole pour la Terre du Milieu !

Mais alors, je préfère vous prévenir d'emblée, il va moins être question dans ce ciné-club

de la trilogie du Seigneur des Anneaux que de celle du Hobbit.

Vous êtes déçus ? Et bah ça tombe bien, j'ai envie dire,

puisque c'est précisément cette différence de réception entre les deux séries de films

qui va nous intéresser ici.

Comment a-t-on pu passer en dix ans d'une réaction générale comme ça…

…à quelque chose qui oscille entre ça...

...et ça ?

Le Hobbit est-il l'antithèse du Seigneur des Anneaux

ou tout simplement une pâle copie ?

Peter Jackson a-t-il été trop ambitieux ou pas assez ?

Et est-ce qu'une partie du malentendu ne viendrait pas en fait … de nous ?

Bref, pour résumer l'affaire en quelques mots :

C'est quoi le problème avec le Hobbit ?

Quand on décide de se lancer dans un Ciné-club

sur l'adaptation au cinéma de l'œuvre de Tolkien,

et bien c'est un peu comme s'aventurer dans les mines de la Moria.

Une fois qu'on est dedans, il n'y a plus moyen de revenir en arrière.

On parle là de 6 films, qui ont été vus par à peu près tout le monde

et diversement appréciés

Le tout a été extrêmement bien documenté

puisque je vous rappelle que les bonus disponibles sur les éditions collectors

que je me suis tapés jusqu'au plus petit module

durent quelque chose comme … 50 heures.

Bref, le terrain à explorer est absolument gigantesque.

Et si on ne fait pas gaffe, on peut très vite se retrouver complètement perdu.

Dans ces cas-là,

le mieux est encore de se raccrocher à des paroles pleines de sagesse

Et, surtout, d'essayer de faire preuve de bon sens.

Donc, avant de laisser place à l'interprétation pure et dure,

on va démarrer avec des éléments de réflexion peu près vérifiables.

Le glorieux graphique que voilà vous montre les recettes au box-office du Hobbit,

sorti en salles entre 2012 et 2014,

et ceux du Seigneur des Anneaux sortis entre 2001 et 2003.

Bien évidemment, les résultats sont en dollar ajusté, sinon ce serait pas drôle.

On voit bien que l'une des deux trilogies domine largement l'autre,

que ce soit à l'échelle de la France, de l'Amérique du Nord ou du monde entier.

Et encore, je ne suis pas amusé à déduire le surcoût lié à la projection en 3D…

Autre point intéressant :

chaque film de la trilogie du Seigneur des Anneaux

a rapporté nettement plus que son prédécesseur.

Le retour du roi fait ainsi un bond en avant de quasiment 30%

par rapport à La communauté de l'anneau,

preuve d'un engouement grandissant du public pour la saga.

En revanche, une partie non négligeable des spectateurs d'Un voyage inattendu

a préféré ne pas rempiler pour les deux épisodes suivants.

Bon, Le Hobbit reste globalement une opération très rentable,

mais j'imagine qu'à l'heure du bilan,

la déception était le sentiment dominant du côté de la Warner.

L'étude de la durée des films est également source d'enseignement.

En 2003, Peter Jackson avait pu obtenir de la part de New Line

un Final Cut de 3h20 pour la sortie salles du Retour du Roi,

ce qui en fait le blockbuster le plus long depuis…

ben, depuis que le mot « blockbuster » existe.

Onze ans plus tard, La bataille des cinq armées accuse une bonne heure de moins

et s'autorise à laisser en plan certaines sous-intrigues.

Faut-il y voir une stratégie du studio pour tenter de limiter l'érosion des recettes ?

Ou le signe que Peter Jackson était cette fois pressé d'en finir ?

Niveau récompenses,

la trilogie du Seigneur des Anneaux a récolté pas moins de 17 oscars sur 30 nominations.

Le retour du roi est, aux côtés de Ben Hur et de Titanic,

le film le plus récompensé de l'Histoire, avec 11 statuettes à lui tout seul.

Le Hobbit, de son côté,

n'a réussi à transformer l'essai sur aucune de ses 7 nominations,

toutes purement techniques.

Continuons notre bataille des chiffres avec le site Rotten Tomatoes,

qui centralise les avis des critiques et du public.

Au Tomatomètre, Le Seigneur des Anneaux affiche

une excellente moyenne de 93% d'opinions positives

tandis que Le Hobbit se contente d'un plus mitigé 73%,

ce qui le prive du coup du label « fraîcheur certifiée ».

Bref, on dirait bien que la formule magique

qui avait ouvert la voie du succès critique et public au Seigneur des Anneaux

a nettement moins bien marché sur Le Hobbit.

Mais là où la comparaison entre les deux trilogies fait le plus mal,

c'est quand on se penche sur l'avis, toujours plein de nuances, des geeks.

Si Le Seigneur des Anneaux figure dans bon nombre de panthéons personnels,

les trois films suivants ont plutôt tendance à être copieusement méprisés.

Il n'y a qu'à voir sur Youtube le paquet de vidéos

où le pauvre Hobbit s'en prend plein la tronche.

Le mec de la chaîne Just Write s'est ainsi fendu d'un essai en CINQ parties

pour lister point par point pendant une bonne heure

tout ce qui cloche dans la trilogie.

Lindsay Ellis, elle, a été tellement dégoûtée ar son expérience au cinéma

qu'elle se montre incapable de profiter de sa visite du décor d'Hobbitebourg,

devenu depuis quelques années un haut lieu du tourisme en Nouvelle-Zélande.

Même notre ami le Nerdwriter,

enclin d'habitude à parler e choses qui le stimulent,

n'a pas pu s'empêcher de dire tout le mal qu'il pense de La désolation de Smaug.

Tous ces gens ne sont pas des haters qui se contentent juste de déverser leur fiel.

Leurs vidéos se veulent pédagogiques et multiplient les arguments tout à fait recevables.

Mais on sent également derrière elles une vocation cathartique.

Les trois Youtubeurs que je viens de citer sont clairement

des amoureux du Seigneur des Anneaux, les films comme les livres,

qui ont été terriblement déçus par le retour de Peter Jackson en Terre du Milieu.

Franchement, ça ne vous rappelle rien ?

Une première trilogie adorée de tous, parfois au-delà du raisonnable…

Une seconde vouée aux gémonies,

et dont l'action a la particularité de se passer avant…

Eh bé oui, encore une fois, on en revient à ce bon vieux Star Wars !

Je fais pas exprès hein.

Promis, j'ai signé aucun deal avec Disney et Lucasfilm.

Mais je commence sérieusement à me demander

si cette saga ne contient pas la réponse à toutes les questions de l'univers…

Personnellement, je suis assez fasciné

par les ressemblances qu'on peut trouver entre Peter Jackson et George Lucas.

Du moins au niveau de leurs trajectoires professionnelles.

Après la sortie triomphale de Star Wars et du Seigneur des anneaux,

tous deux sont devenus immensément riches

et ont obtenu ce dont rêve tout artiste travaillant dans l'industrie du cinéma.

Obsédé par le contrôle,

Lucas a pu créer son empire le plus loin possible d'Hollywood.

Peter Jackson, lui, s'est vu remettre par Universal

le plus gros chèque jamais accordé à un réalisateur

pour mettre en scène LE projet qu'il fantasme depuis l'enfance.

King Kong a été tourné entièrement en Nouvelle-Zélande,

soit à plus de 10 000 kilomètres de la Californie,

au sein des studios Miramar de Welligton que Jackson possède.

Un lieu décrit par Guillermo Del Toro comme « Hollywood tel que Dieu l'a rêvé »

Le réalisateur est également à la tête de Weta Digital,

la compagnie d'effets spéciaux la plus cotée au monde avec ILM.

Dois-je vraiment vous rappeler qui est le fondateur d'ILM ?

Au zénith de leur carrière,

Jackson et Lucas ont tous deux usé de leur influence

pour aider des cinéastes amis qui peinaient à financer leurs projets.

Ou pour porter à l'écran d'obscurs personnages de BD découverts dans les années 70.

Ni l'un ni l'autre n'avaient fondamentalement besoin

de revenir à l'univers qui a fait leur gloire.

Et pourtant, après plusieurs années, ils l'ont fait,

en envisageant dans premier temps de se contenter du rôle de producteur.

Au début des années 90

Lucas, toujours pas remis par son expérience sur le premier Star Wars,

souhaitait confier la réalisation des Episodes I, II et III à des copains à lui.

Quant à Peter Jackson,

Et j'imagine que vous savez déjà quele premier cinéaste engagé pour réaliser Le Hobbit

n'est autre que notre ami Guillermo de Toro, que je citais tout à l'heure.

Enfin, Lucas et Jackson se sont tous les deux pris une volée de bois vert

à la sortie des films,

notamment de la part des fans de la première heure

qui se sont retournés contre eux

avec une violence à la hauteur de leur sentiment de trahison.

Du coup, peut-on dire que la trilogie du Hobbit est au Seigneur des Anneaux

ce que la prélogie est à Star Wars ?

Bon alors peut-être pas,

parce que les reproches adressés aux deux réalisateurs n'ont pas grand-chose à voir.

S'il fallait lister tous les problèmes des Episodes I, II et III,

je crois qu'on en aurait pour trois ou quatre épisodes.

Mais un truc qui n'a vraiment pas plu,

c'est le choix de Lucas de rompre avec pas mal de choses

qui faisaient l'identité de la première trilogie.

Adieu le look « futur usé » et les bonnes vieilles maquettes.

Bye-bye la lutte intemporelle du Bien contre le Mal.

Place aux vaisseaux rutilants en full CGI,

aux acteurs filmés sur fond vert et à une intrigue politique

qui n'était pas sans faire écho à une certaine actualité américaine.

A l'inverse, Peter Jackson a surtout été accusé de s‘être emparé

d'un simple livre pour enfants pour en faire un gros gloubiboulga de 8 heures

qui peine à sortir de l'ombre du Seigneur des Anneaux.

Et effectivement, tout dans Le Hobbit rappelle la trilogie-mère :

non seulement l'univers,

mais aussi le tournage des films en back-to-back,

les sorties programmées à un an d'intervalle pour les fêtes de fin d'année

et les versions longues accompagnées d'une tonne de suppléments

rebaptisés « appendices » en hommage à tonton Tolkien.

La pilule serait peut-être un peu mieux passée

si Jackson n'avait pas décidé très tardivement de transformer

ce qui était à l'origine un diptyque en nouvelle trilogie.

Cette annonce inattendue est tombée sur la page Facebook du cinéaste le 30 juillet 2012,

seulement 4 mois et demi avant la sortie en salles du premier film.

« Tell more of the tale »,

« raconter toute l'histoire de Bilbo Baggins »,

voilà comment Jackson justifie son choix.

« BULLSHIT !!! » lui répondent aussitôt les tolkienophiles,

qui soupçonnent le réalisateur/producteur d'être motivé par d'autres raisons.

Faut-il croire la version officielle ou rejoindre le camp de ceux à qui on ne la fait pas ?

Eh bien, c'est ce que nous allons essayer de déterminer dans cet épisode.

Ce qui est sûr, c'est que, en décidant de conclure Un voyage inattendu là

et non là comme c'était initialement prévu,

Jackson ne fait que renforcer l'impression d'avoir affaire à une redite,

voire un bégaiement du Seigneur des Anneaux.

Sous sa forme actuelle, le premier film du Hobbit reprend quasiment telle quelle

la structure de La communauté de l'anneau.

Même prologue épique supporté par une voix-off.

On enchaîne sur le quotidien paisible de la Comté perturbé par l'arrivée de Gandalf.

Un brave petit Hobbit qui n'a rien demandé à personne

se voit confier au coin du feu une mission ultra dangereuse.

Son périple vers l'Est nous fait visiter les mêmes lieux

Hop, petite scène de course-poursuite avant d'arriver à Fondcombe

Conseil des sages chez Elrond pour décider de ce qui va se passer par la suite.

Puis re-départ avec des jolis plans d'hélicoptère

qui semblent avoir été commandés par l'Office du tourisme de Nouvelle-Zélande

Dans les Monts Brumeux,

les éléments naturels se déchaînent contre le groupe de héros,

les forçant à se réfugier sous terre, où ils ne tardent pas

à se retrouver face à une horde de gobelins déchaînés.

En guise de climax, on a droit à une attaque surprise des Orques,

qui laisse un des membres de la compagnie dans un sale état.

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