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La boîte aux curiosités (histoire.), 29. Petite histoire des Geishas.

중급 2 프랑스어의 lesson to practice reading

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29. Petite histoire des Geishas.

Japon, XVIIe siècle.

Après des centaines d'années de guerre civile, la période Edo marque le retour d'une paix durable dans l'archipel. Le commerce est au beau fixe et tous les secteurs d'activité en profitent. Tous, même celui de la prostitution. À mesure que la demande augmente, les maisons closes se multiplient à travers tout le pays.

Dans leurs sillages se développe une criminalité que les autorités perçoivent comme une menace à l'ordre fraichement rétabli. Pour régler le problème, le shogunat Tokugawa décide d'encadrer scrupuleusement le commerce du sexe.

Dorénavant, les prostituées devront toutes être enregistrées et ne seront autorisées à exercer qu'au sein de trois zones bien définies appelées les quartiers des plaisirs. Ces quartiers se situent à Kyoto, à Edo et à Osaka.

Ils accueillent toutes les classes de prostituées, des filles de joie sans envergure aux plus grandes courtisanes du moment. On y trouve aussi des salons de thé où les hommes viennent se divertir au contact de talentueux artistes qu'on appelle les otoko-geishas. Ces hommes sont des amuseurs capables de chanter, de danser, de jouer de la musique ou encore de conter des histoires pour divertir leur audience. À partir de 1750, la profession se féminise et se transforme complètement.

Les otoko-geishas disparaissent et sont remplacées par les onna-geishas. Ces femmes sont à la fois de séduisantes dames de compagnie et de remarquables artistes versées dans les arts traditionnels japonais. Pour les notables qui les fréquentent, les plus prestigieuses d'entre elles incarnent le summum du raffinement. Au XIXe siècle, les puissants ont recours aux geishas pour impressionner leur entourage.

Lors de banquets ou de rendez-vous d'affaires, leur présence est très appréciée et contribue à renforcer la réputation et le statut social de celui qui fait appel à leurs services. Certains vont même jusqu'à endosser le rôle de danna. Être danna, c'est devenir le mécène d'une geisha.

Il s'agit d'un statut très prestigieux mais extrêmement coûteux. Le danna doit en effet couvrir les frais de formation de sa protégée, répondre à tous ses besoins et lui offrir de surcroit de luxueux cadeaux. Durant la période Edo, c'est le prix à payer pour briller en société et le seul moyen de s'assurer les faveurs sexuelles d'une geisha. En effet, les geishas n'ont pas vocation à vendre leur corps contrairement aux courtisanes.

Elles ne sont d'ailleurs pas enregistrées comme prostituées et la loi leur interdit formellement de s'offrir à leurs clients. Alors bien sûr, certaines le font quand même ; mais si elles sont prises, c'est le déshonneur assuré et la perte du titre de geisha. Les geishas sont généralement des femmes issues de familles pauvres.

Elles intègrent leur okyia – c'est-à-dire leur maison de geishas – vers l'âge de 6 ans et y servent dans un premier temps en tant que domestiques. Quelques années plus tard, elles deviennent des maikos, c'est-à-dire des apprenties. Sous la houlette d'une ainée, elles apprennent alors comment animer une conversation avec élégance et intègrent progressivement les différentes facettes des arts traditionnels qu'elles se doivent de maîtriser : un apprentissage long et difficile au terme duquel elles pourront enfin commencer à exercer leur prestigieux métier.

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, le monde des geishas s'est complètement effondré au Japon.

À Kyoto, on trouve encore quelques centaines de ces dames de compagnie. Elles tentent tant bien que mal d'y faire survivre une tradition ancestrale qui ne semble plus intéresser grand monde, si ce n'est quelques hommes d'affaires conservateurs et une poignée de touristes fortunés…

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