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La boîte aux curiosités (histoire.), 28. Qui étaient vraiment les Ninjas ?

28. Qui étaient vraiment les Ninjas ?

Au milieu du XVe siècle débute l'une des périodes les plus sombres de l'Histoire du Japon : l'époque Sengoku.

Alors que le pouvoir du shogunat Ashikaga s'effiloche, le Pays du Soleil Levant plonge dans un chaos sans précédent. Durant 150 ans, les clans de la noblesse nipponne vont se livrer une guerre impitoyable pour la domination des différentes provinces.

Ces temps troubles sont l'âge d'or de mercenaires d'élite spécialisés dans le renseignement : les ninjas.

À l'époque, ils sont appelés shinobis et les seigneurs de guerre font appel à eux pour leur incroyable maîtrise du Ninjutsu, un ensemble de techniques d'infiltration basées sur la ruse et la tromperie.

Le large panel de missions pouvant leur être confiées exige d'eux une très grande polyvalence.

Ils doivent être capables de se fondre dans la nature, d'endosser une fausse identité, de se glisser dans des bâtiments gardés, de saboter toute sorte d'installation et parfois même d'éliminer un gêneur.

Malgré leur professionnalisme et leur rôle déterminant dans la collecte d'informations sensibles sur l'ennemi, les ninjas ne jouissent pas d'une très bonne réputation aux yeux des autres guerriers.

Dans une société où l'art de guerre est régi par un code d'honneur strict, leur recours systématique à la sournoiserie leur vaut le mépris des authentiques samurais (samouraïs).

Au XVIe siècle, le Japon compte plus de 70 clans de shinobis.

Les plus réputés sont situés dans les provinces indépendantes d'Iga et de Koga, non loin de Kyoto. C'est là que la noblesse nipponne dépêche ses émissaires quand elle cherche à recruter les meilleurs experts en renseignement du pays.

L'apparition du Ninjutsu est aujourd'hui encore auréolée de mystère.

La tradition orale parle d'une origine chinoise. Cet art de l'infiltration aurait émergé vers -200, sous le règne de l'empereur Gao. Il se serait ensuite enrichi au fil des siècles puis exporté vers le Japon à la faveur de flux migratoires et de guerres entre les deux peuples.

Bien qu'aucun document historique ne permette de confirmer cette hypothèse, les nombreuses similitudes entre techniques d'infiltration chinoises et japonaises au Moyen Âge laissent entrevoir un socle de connaissances commun, remontant aux méthodes d'espionnage développées sous la dynastie Han.

Si la question des origines du Ninjutsu est encore sujette à débat, le doute n'est en revanche pas permis concernant l'influence des théoriciens chinois sur les shinobis du Japon.

Pour développer leur philosophie guerrière, ces derniers s'inspirent notamment des idées de Sun Tsu, l'auteur du célèbre traité de stratégie militaire intitulé « l'art de la guerre ».

Le système de pensée qui en découle commande aux ninjas de développer inlassablement leurs capacités analytiques.

Ils doivent à tout moment porter un regard lucide sur leur environnement afin d'en tirer le meilleur parti. Cette logique fait d'eux de fins stratèges et de dangereux manipulateurs : chaque faiblesse détectée est une faille à exploiter.

Au terme de l'ère Sengoku, le Japon est finalement réunifié et les shinobis se mettent alors au service du shogun.

Leur travail consiste maintenant à le protéger et à espionner pour lui différents seigneurs et membres du gouvernement. Leur influence va ainsi perdurer jusqu'au début de l'ère Edo puis ils vont lentement disparaître.

De ces experts en renseignement, on ne sait finalement que peu de choses.

Leurs activités ayant été essentiellement secrètes, les ninjas n'ont laissé presque aucune trace écrite de leurs opérations dans les documents historiques du Japon. Un voile de mystère qui contribue encore aujourd'hui à faire vivre leur légende…

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