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Tour du monde en 80 jours (Graded Readers), Chapitre III La mésaventure de Passepartout

Chapitre III La mésaventure de Passepartout

Le lendemain du départ de Suez, le 10 octobre. Passepartout rencontra Fix et leurs conversations reprirent.

– Vous connaissez l'Inde monsieur Fix ? demanda Passepartout.

– Mais…oui…, répondit Fix. C'est un pays curieux avec ses mosquées, ses minarets, ses temples, ses fakirs, ses pagodes, ses tigres, ses serpents et ses danseuses sacrées. Aurez-vous le temps de visiter le pays ?

– Je l'espère, répondit Passepartout. Toute cette gymnastique cessera à Bombay, vous verrez.

– Comment va monsieur Fogg ? interrogea Fix. Je ne le vois jamais sur le pont. Peut-être qu'il cache une mission secrète.

– Il va très bien monsieur, dit Passepartout. Écoutez, je l'avoue, cela ne m'intéresse pas.

Le paquebot avançait et le port de Moka apparaissait dans sa ceinture de murailles. Au loin, on voyait les champs de caféiers. La ville ressemblait à une énorme demi-tasse. La nuit suivante, le Mongolia franchit le détroit Bab-el-Mandeb, « la porte des larmes ». Le lendemain ils firent escale quatre heures à Steamer Point pour se réapprovisionner de combustible.

Le 15 octobre, à Aden, Mr. Fogg et son domestique descendirent à terre pour faire viser le passeport. Fogg remonta à bord et Passepartout flâna. À six heures du soir, le Mongolia repartit et le 20 octobre il arriva à Bombay deux jours avant la date prévue. Fogg inscrivit son itinéraire dans son carnet.

Le train de Calcutta partait à 22h précises et Fogg demanda à Passepartout d'aller faire quelques courses pendant que lui-même allait vers le bureau des passeports. Fogg ne visitait rien, ni l'hôtel de ville, ni la magnifique bibliothèque, ni les forts, ni les bazars, ni les mosquées… Non ! Rien. En sortant du bureau des passeports il alla dîner à la gare.

Fix aussi avait débarqué et couru chez le directeur de la police de Bombay. Aucun mandat d'arrêt n'était arrivé et Fix resta fort déconcerté. Il décida de ne pas perdre de vue son succès mais Fogg n'avait aucune intention de séjourner à Bombay !

Par contre Passepartout se promenait dans la ville au milieu d'une grande foule qui célébrait une sorte de carnaval religieux avec processions et divertissements. Malheureusement, sa curiosité allait risquer de compromettre le voyage de son maître. Passant devant l'admirable pagode de Malebar Hill, un édifice religieux bouddhique, il décida d'entrer pour la visiter.

Il ignorait deux choses : d'abord que l'entrée de certaines pagodes indoues est interdite aux chrétiens, et ensuite que les croyants eux-mêmes ne peuvent y entrer sans avoir laissé leurs chaussures à la porte.

Passepartout entra avec ses chaussures et trois prêtres se précipitèrent sur lui pour les lui arracher. Pendant qu'ils le rouaient de coups et hurlaient, le Français réussit à se relever, renversa ses adversaires et s'élança hors de la pagode.

Quelques minutes avant le départ du train, Passepartout arrivait à la gare sans chapeau, pieds nus, ayant perdu ses courses dans la bagarre. Quand il rejoignit son maître, il lui raconta sa mésaventure.

– J'espère que cela ne vous arrivera plus, répondit simplement Phileas Fogg en s'asseyant dans le wagon.

Fix allait monter dans un autre wagon mais, ayant tout entendu, il modifia son projet de départ.

– Non, je reste, se dit-il. Un délit commis sur le territoire indien… Je tiens mon homme !

La locomotive lança un sifflet vigoureux et le train disparut dans la nuit, à l'heure prévue. Passepartout occupait le même compartiment que son maître et un troisième voyageur occupait la place opposée. C'était le brigadier général sir Francis Cromarty, l'un des joueurs de whist pendant la traversée de Suez à Bombay. Phileas Fogg lui avait raconté son projet de voyage autour du monde. Le brigadier avait trouvé ce pari une excentricité sans but utile.

Pendant que le train s'engageait dans les montagnes, les deux hommes échangeaient quelques paroles au sujet de la mésaventure de Passepartout qui dormait entortillé dans une couverture.

– Le gouvernement anglais est très sévère pour ce genre de délit, dit sir Francis Cromatry. Il tient à ce que l'on respecte les coutumes religieuses des Indous, et si votre domestique avait été fait prisonnier…

– Il aurait été condamné et il aurait subi sa peine, continua Fogg, puis il serait revenu en Europe. Je ne vois pas en quoi cela aurait pu me retarder !

La conversation tomba. Le train arriva à Burhampour et Passepartout s'y acheta une paire de babouches. Il est opportun de raconter quelles pensées il avait en tête : jusqu'à son arrivée à Bombay, il croyait que le voyage se terminerait là. Mais maintenant que le train filait à toute vapeur à travers l'Inde, il changeait d'avis, prenait au sérieux les projets de son maître et croyait au pari. Il apparaissait plus inquiet que lui et comptait les jours.

Au hameau de Kolby, le conducteur du train fit descendre les voyageurs. Le chemin de fer n'étant pas terminé il fallait continuer le voyage autrement pour arriver à Allahabad et prendre ainsi le train pour Calcutta. Sir Francis Comatry était furieux et Passepartout aurait volontiers assommé le conducteur.

– Monsieur Fogg, il s'agit d'un retard préjudiciable à vos intérêts, dit sir Francis.

– Non sir Francis, cela était prévu. Je savais que tôt ou tard un obstacle surgirait sur la route. Rien n'est compromis, j'ai deux jours d'avance à sacrifier. Un bateau part de Calcutta pour Hong-Kong le 25 à midi. Nous arriverons à temps.

La plupart des voyageurs connaissaient cette interruption de la voie et en descendant du train ils s'étaient jetés sur des véhicules de toutes sortes : des charrettes traînées par des zébus, des chars de voyage qui ressemblaient à des pagodes, des poneys… Mr. Fogg et sir Francis ne trouvèrent rien mais Passepartout trouva la solution.

– Monsieur, je crois que j'ai trouvé un moyen de transport, dit-il à Fogg.

– Lequel ? répondit son maître.

– Un Indien qui vit près d'ici possède un éléphant qui s'appelle Kiouni, ajouta Passepartout.

– Allons voir l'éléphant, dit Fogg.

Mais les éléphants sont chers en Inde et lorsque Mr. Fogg demanda à l'Indien s'il voulait lui louer le sien, l'Indien refusa net. Fogg insistait en offrant un prix exorbitant mais l'Indien ne se laissait pas tenter. La somme importante faisait bondir Passepartout.

Fogg, sans s'agiter en aucune façon, proposa alors à l'Indien de lui acheter son éléphant en lui offrant d'abord mille livres mais ce dernier ne voulait pas vendre ! Finalement, à deux mille livres, l'Indien accepta. Passepartout était pâle d'émotion.

L'affaire conclue, il ne restait qu'à trouver un guide. Un jeune Parsi, un indien originaire de la Perse, offrit ses services. Mr. Fogg lui promit une belle somme d'argent. On apporta l'éléphant et on l'équipa tout de suite. Le Parsi couvrit le dos de l'éléphant et mit de chaque côté deux cacolets peu confortables, c'est-à-dire deux espèces de sièges.

Phileas Fogg sortit des billets de banque de son sac pour payer l'Indien… on aurait dit qu'il arrachait les entrailles de Passepartout ! Puis il proposa à sir Francis Cromatry de l'accompagner à la gare d'Allahabad. Le brigadier accepta et on alla acheter des vivres à Kolby. Sir Francis et Phileas Fogg s'assirent dans les cacolets et Passepartout se mit à califourchon entre les deux. Le Parsi monta sur le cou de l'éléphant qui s'enfonça dans la forêt épaisse.

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