×

우리는 LingQ를 개선하기 위해서 쿠키를 사용합니다. 사이트를 방문함으로써 당신은 동의합니다 쿠키 정책.

La statistique expliquée à mon chat, Des chats meurent po... – Text to read

La statistique expliquée à mon chat, Des chats meurent pour la science : STOP ou encore ?

중급 1 프랑스어의 lesson to practice reading

지금 본 레슨 학습 시작

Des chats meurent pour la science : STOP ou encore ?

La vidéo que vous allez visualiser est le résultat du travail de trois personnes.

En tant que narrateur et rédacteur, en charge de la véracité scientifique du contenu, j'ai travaillé plus de 70 heures pour ce nouvel épisode.

De son côté Laura Maugeri, en charge de l'illustration et de l'animation, y a travaillé plus de 100 heures.

Quant à Gwenael Grisi, en charge de la musique, il y a passé presque 40 heures.

Nous ne monétisons pas toutes nos vidéos.

Lorsque nous le faisons, le revenu publicitaire ne dépasse que rarement 200 € par vidéo.

Il y a de cela un an, je parlais à mon chat Albert d'une étude inquiétante, publiée dans la revue anglophone Stroke.

Dans cette étude, les chercheurs annoncent avoir découvert une corrélation entre consommation de boissons light et risque d'accident vasculaire cérébral.

Cela a fait très peur à mon chat, il était d'ailleurs prêt à ne plus boire de soda light.

Pourtant en dépit de certains titres de presse alarmistes, il est beaucoup trop tôt pour s'inquiéter.

Lorsque un truc est corrélée à un problème de santé,

la seule chose que ça veut dire c'est que ce truc est présent sur la scène du crime.

Ce qui n'est pas suffisant pour établir sa culpabilité.

Si les chercheurs à l'origine du papier publié dans Stroke souhaitent vraiment en savoir plus sur le lien entre boissons light et AVC,

voici ce que j'ai, à l'époque, suggéré de faire :

On rassemble un large échantillon d'individus qu'on sépare, au hasard, en deux groupes de même taille.

Dans le groupe du dessus, on interdit la consommation de boissons light à partir de maintenant.

Dans le groupe du dessous, on force tout le monde à s'hydrater à coups de boissons light uniquement.

Si après quelques années, on constate qu'il ya eu plus d'AVC dans le groupe du bas, ce sera clair :

une relation de cause à effet entre consommation de boissons light et risque d'AVC aura été établie.

Le suspect ira en prison.

Ce plan d'expérience a beaucoup fait réagir ceux qui nous regardent.

"Mais du coup, si on observe un déséquilibre

entre les deux groupes qui tend à dire que le light augmente le risque d'AVC,

on aura plus ou moins tué des gens dans l'un des groupes."

"La méthode que tu proposes est quand même limite d'un point de vue éthique.

Tu te vois vraiment demander aux gens « est-ce que vous voulez bien passer les prochaines années à boire un truc

pour qu'on confirme que c'est dangereux ?»"

"Éthiquement, on ne peut pas demander à un groupe de personnes de boire du soda afin de voir si ça provoque des AVC."

"Est-ce que c'est comme ça qu'on a prouvé que le plutonium était nocif ?"

"Espèce de nazi. Cette vidéo c'est de la merde, je mets un pouce rouge et je me désabonne."

Je crois que vous êtes nombreux à avoir mis le doigt sur un défaut de la méthode scientifique.

Son seul objectif c'est de distinguer le vrai du faux.

Si pour y arriver les sentiments de certains se retrouvent blessés ou que des gens sont mis en danger, et bien c'est tant pis.

Doit-on l'accepter ? Bien sûr que non, presque tout le monde est d'accord là-dessus, scientifiques compris.

La méthode scientifique ne s'inquiétant ni du mal ni du bien qu'elle fait, il faut l'encadrer pour que ça ne déraille pas.

Je ne suis aujourd'hui pas fier de l'admettre mais le plan d'expérience que j'ai proposé l'an dernier était une erreur.

Vos nombreux commentaires ont constitué pour moi un rappel à l'ordre bien mérité.

Mais, du coup, nous sommes de retour à la case de départ.

Si on suspecte les boissons light d'être dangereuses pour le cerveau, que faire pour en savoir plus ?

Comment prouver qu'il y a un lien de cause à effet entre un truc et un problème de santé, sans passer par l'expérimentation humaine ?

C'est ce que nous allons explorer avec Albert aujourd'hui.

* générique *

Nous sommes en 1950 en Angleterre. Deux statisticiens publient au début de l'automne un papier intitulé

"Tabagisme et cancer du poumon"

Qu'ont-ils découvert ? Une explosion des cancers du poumon sein de la population anglaise.

Ils sont très inquiets et constatent que le phénomène est corrélé avec un autre : le nombre de cigarettes vendues

par habitant qui est en augmentation rapide dans le monde occidental.

Aux États-Unis par exemple, elle augmente de 500 % entre 1920 et 1950.

Mais nos deux statisticiens savent qu'une corrélation ce n'est pas une preuve très solide, et en restent dès lors au stade de la suspicion.

Si ça se trouve, ils l'écrivent eux-même,

l'augmentation des cancers du poumon est en fait due à la pollution atmosphérique,

elle même conséquence du boom récent de l'automobile.

Les deux chercheurs n'étaient toutefois pas les premiers à noter un lien entre tabagisme et cancer du poumon. Ils ne seront pas non plus les

derniers.

Avant et pendant la seconde guerre mondiale déjà, le lien avait été indépendamment constaté par plusieurs équipes.

En 1950, quatre autres études l'ont aussi mis en évidence.

Restait à démontrer qu'il s'agissait d'une relation de cause à effet.

Sais-tu Albert c'est quoi le plan B lorsque l'expérimentation humaine est bloquée pour des raisons éthiques ? On expérimente sur des animaux.

L'usage de rats, de souris, de poissons, ou encore de cochons d'Inde est très fréquent.

Les chats y passent aussi. En 2016 ils auraient été 19 000 à être utilisés aux États-Unis, principalement pour des recherches neurologiques.

En 1953, une étude publiée en décembre secoua l'Amérique.

L'expérience menée fut la suivante :

on sépare un groupe de souris en deux et dans le groupe du dessus on applique de l'acétone sur le dos rasé.

Dans le groupe du dessous on fait la même chose mais on utilise de l'acétone dans laquelle de la fumée de cigarette a été dissoute.

Alors qu'il ne se passa rien de particulier dans le groupe contrôle les résultats furent épouvantables dans l'autre groupe.

La large couverture médiatique

de cette étude amena à une chute de la consommation de cigarettes dans le pays, et força les fabricants à s'organiser pour tenter de combattre

l'accumulation de preuves scientifiques contre leurs produits, quitte à adopter une posture anti scientifique.

Leur objectif était clair : garder le grand public dans l'ignorance des dangers du tabagisme le plus longtemps possible.

Pendant ce temps-là, la recherche continua. Les scientifiques firent l'inventaire des composants présents dans la fumée de cigarette, et les testèrent

individuellement sur des animaux. Un exemple parmi tant d'autres : voici un papier datant de

1976 montrant que le benzopyrène, que l'on retrouve aussi dans les viandes grillées et pas juste dans la fumée des cigarettes, est hautement

cancérigène pour les souris, même à faible dose.

L'expérimentation sur des animaux souffre toutefois d'une faiblesse : la difficulté de généralisation.

En gros, ce n'est pas parce que le tabagisme est nocif pour la souris qu'il l'est pour l'Homme.

Un argument que les fabricants de cigarettes ont bien sûr utilisé au maximum pour invalider les conclusions des chercheurs.

Malgré sa petite taille, une cellule est une machine incroyablement complexe. L'être humain en est fait d'environ cent mille milliards.

Au coeur d'une cellule, on retrouve l'ADN, dont de nombreuses parties servent à réguler la multiplication de cette même cellule.

Si ces parties sont altérées, les problèmes commencent :

Non seulement la cellule va se mettre à proliférer, mais ses copies vont hériter de l'ADN ayant muté, proliférant à leur tour.

C'est le cancer, qui était en 2015 la seconde cause de mortalité en Belgique.

Si tout ça te fascine Albert, je te recommande cette vidéo de David Louapre.

Qui, en 23 minutes, m'a appris plus sur le sujet que n'importe qui.

C'est la meilleure vidéo de vulgarisation sur le cancer que je connaisse.

Depuis le début des années 90 au moins, on sait que dans 60 % des cas de cancer du poumon,

la partie de l'ADN appelée P53 a muté.

En 1996, utilisant les dernières technologies, une équipe de chercheurs a réussi à faire quelque chose de vraiment remarquable :

Elle montre que le benzopyrène est capable d'altérer le gène P53 au sein d'une cellule humaine.

Pour beaucoup de scientifiques, le dernier clou du cercueil de l'affaire avaient été enfoncé.

Depuis les années 80, le nombre de cigarettes vendues par habitant a connu une chute vertigineuse

aux États-Unis, et dans le monde occidental en général.

Mais il aura fallu des décennies de travail de la part des chercheurs, et le sacrifice de nombreux animaux avant d'en arriver là.

Ce qui est important de comprendre Albert, c'est que les trois points présentés forment ensemble un très bon dossier ; mais isolés, ils ne sont guère convaincants.

Je sais, la corrélation entre boissons light et AVC, découverte en 2017 est inquiétante.

Mais déjà, il faut bien réaliser qu'il ne s'agit que d'un seul papier de recherche, et qu'avant ce dernier,

il n'y avait pas grand chose sur le sujet.

Moi, avant d'accepter l'existence de cette corrélation, je réclame au moins qu'une seconde équipe arrive aux mêmes conclusions de façon indépendante.

Au niveau de l'expérimentation animale, j'ai cherché. Je n'ai trouvé aucune étude sur le sujet des boissons light et du risque d'AVC.

Quant aux effets sur les cellules humaines typiquement impliqué dans un accident vasculaire cérébral, il n'y a pas non plus d'études à ma connaissance.

Dire que le light est dangereux pour le cerveau est malhonnête à ce stade.

En attendant, les fabricants de ces boissons sont au taquet. Un mois après la publication de notre vidéo appelant au calme l'an dernier,

le site edulcorants.eu, derrière lequel on retrouve l'industrie belge des boissons rafraîchissantes,

ne s'est pas gêné pour la récupérer.

Ils n'ont rien fait de mal jusqu'ici, mais si l'histoire de la montée et chute de l'industrie du tabac nous a appris quelque chose,

c'est qu'il vaut mieux écouter les scientifiques en priorité.

Pour clore l'épisode du jour, j'aimerais vous parler de quelque chose qui me pèse de plus en plus :

Mon rôle en tant que chercheur, c'est de faire le nécessaire pour distinguer le vrai du faux.

Mais en tant que personne altruiste, qui se soucie du bien-être des autres,

mon seul objectif devient de faire du bien autour de moi.

Entre le Nathan scientifique et le Nathan altruiste, le gouffre grandit. Le premier défend le droit de faire de l'expérimentation animale,

voir humaine. Il défend le droit à envoyer des sondes coûteuses dans l'espace pour photographier de gros cailloux congelés

malgré que des gens meurent de faim sur Terre.

Le second s'oppose fermement à tout ça. Les expérimentations animales en laboratoire, même réalisées sous anesthésie,

l'horrifient. Il a par ailleurs réduit sa consommation de viande de plus de

95% et a même passé son brevet de secourisme dans l'espoir que cela sauvera un jour une vie.

Aujourd'hui, trouver un équilibre entre mes objectifs scientifiques et mes objectifs éthiques ne m'a jamais paru aussi difficile.

J'ai besoin de l'aide de ceux qui nous regardent. Vous feriez quoi à ma place ? Quel est votre avis sur ce problème ?

Laissez moi un message dans la section commentaire de cette vidéo.

Je ne promets pas de répondre à tout le monde, mais je lirais tout ce qui me sera écrit avec grand intérêt.

Cette vidéo vous a plu ? Pour aller de l'avant, nous avons besoin de votre soutien sur tipeee.com/amisdalbert.

Si chacun de nos abonnés ne nous donnait ne serait-ce qu'un euro ce mois-ci, la survie d'Albert serait assurée pour de nombreuses années.

Et pour nos tippeurs les plus généreux, Laura dessinera un petit chat personnalisé qui rejoindra notre armée de chatons grandissante.

Vous êtes fauché mais souhaitez quand même nous soutenir ? Bonne nouvelle, Albert dispose enfin d'un compte uTip.

Le principe ? Vous regardez une ou plusieurs publicités pour lui faire gagner quelques croquettes.

Si vous êtes prêts à aider, rendez-vous haut à droite sur la page principale de sa chaîne Youtube.

Merci à tous pour votre attention, et à très bientôt pour de nouvelles aventures avec Albert.

*musique*

Learn languages from TV shows, movies, news, articles and more! Try LingQ for FREE