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Première & Dernière fois, Première & Dernière fois 12

Première & Dernière fois 12

Nous avons tous et toutes des premières et des dernières fois.

Et pour beaucoup, le cheminement entre les deux est une véritable aventure.

J'ai décidé de rencontrer des inconnus, ou presque inconnus, de partager avec elles

et eux ses confidences intimes, et de mesurer l'évolution de leurs désirs entre la première

et la dernière fois.

Isaac est un homme de 33 ans, hétérosexuel, papa d'une petite fille de 2 ans et célibataire.

Nous nous sommes rencontrés au lycée, en seconde, et sans avoir réellement été en

contact depuis, nous avons gardé de loin un oeil l'un sur l'autre, comme on peut

le faire aujourd'hui grâce aux réseaux sociaux.

Je peux dire sans mentir qu'il est de loin l'une de mes plus belles rencontres du lycée,

car il a été, le temps où nous avons été proches, un véritable ami, quelqu'un avec

qui il a toujours été facile de partager et d'être soi-même.

18 ans plus tard, nous nous retrouvons pour discuter de sa vie sexuelle, et de masculinité,

évidemment.

Je vais commencer par la question rituelle, on se vouvoie ou on se tutoie ?

On se tutoie.

On se connait depuis suffisamment longtemps.

Oui, c'est vrai, mais on n'est plus habitué du coup.

Alors on va entrer dans le vif du sujet.

Est-ce que tu te rappelles de ta première fois ?

Oui, et en fait, j'ai toujours eu du mal à mettre précisément l'étiquette première

fois sur l'événement.

C'est-à-dire que j'ai eu deux premières fois, et il m'a fallu longtemps avant de

me dire que la première, c'était vraiment une première fois.

Je m'explique un peu.

La toute première se passait avec ma première petite amie.

Alors tu avais quel âge ?

J'avais 19 ans, presque 20.

C'était très doux, très tendre, mais elle avait un espèce de blocage sur la pénétration.

Donc je lui dois vraiment beaucoup, puisque c'est un peu elle qui a forgé ma manière

d'envisager la sexualité.

Il y en a eu d'autres derrière, mais elle a vraiment posé de très bonnes bases.

Et en fait, comme il n'y avait pas eu d'acte de pénétration, longtemps, on m'a fait

comprendre que ce n'était pas vraiment une première.

Et donc la deuxième est arrivée deux ans après.

C'était bien, ce n'était pas inoubliable, mais c'était bien.

Mais j'ai toujours eu ce doute, savoir lequel était l'élément fondateur.

Et au final, la réflexion a fait son chemin.

Et notamment maintenant, on commence à séparer les choses et à considérer les actes de

caresses, de cunnilingus comme autre chose que des simples préliminaires et des actes

sexuels à part entière.

Et oui, c'était celle-là, ma première.

Alors on va parler de cette première première fois.

Est-ce que ça a été planifié ?

Vous étiez ensemble depuis combien de temps ?

C'était une relation à distance.

C'était planifié, oui, puisqu'elle est venue habiter chez moi une semaine.

Pendant les vacances ?

Pendant ses vacances, elle a endormi dans le même lit tous les soirs pendant une semaine.

Qu'est-ce que tu as ressenti quand tu t'es retrouvé nu ? Est-ce que tu t'es retrouvé

nu ? Oui, rien de particulier.

Tu t'étais préparé psychologiquement ? Il y avait des choses qui t'angoissaient ?

C'était très nouveau.

Et puis, il y avait une parole moins libre, je trouve, à l'époque qu'on peut la voir

maintenant sur la sexualité en général, c'est-à-dire que oui, forcément, la technique,

l'acte mécanique, ça faisait aucun aucun doute.

Par contre, c'était le flou autour de...

Est-ce qu'on va trop vite, pas assez vite ?

Bêtement, comment on s'y prend quand on n'a jamais fait ?

On ne peut pas tellement le deviner.

Alors, elle avait plus d'expérience que moi, même si elle était plus jeune.

Et en fait, elle m'a guidé.

Et c'est la meilleure chose à faire.

Ce n'était pas sa première fois ?

Clairement, non.

Je ne sais pas tellement combien de copains elle a eu avant, je devrais dire, je m'en

manque un peu.

Mais elle était plus dégourdie, clairement, et un peu directive.

Et franchement, ça m'a fait du bien parce que je ne savais pas tellement où me mettre.

Tu penses que tu n'étais pas prêt au niveau de la théorie ?

A 19 ans, tu n'avais pas fait le tour ou entendu des conversations ou lu des magazines.

C'est vrai que c'est un truc de fille, ça.

Avant la première fois, on lit 3000 magazines et on se fait des idées préconçues sur des

choses.

Non, tu n'as pas le sentiment ?

En fait, j'avais surtout peur d'aller trop vite.

C'est un peu l'idée que j'avais dans la tête.

C'est un peu le cliché qu'il y a dans les films où le mec veut absolument du sexe

tout de suite.

Tu veux dire jouir trop vite ?

Non, non, non.

Que d'aller tout de suite au sexe et de négliger les préliminaires.

Comme c'était un sujet de sketch pendant des années de divers humoristes, de divers

films.

Mais je n'avais pas l'idée de la mesure de combien de temps on pouvait prendre.

Tu avais besoin de données ?

Oui.

Je ne savais juste pas dans quel ordre faire les choses et à quel rythme.

Et quand on ne l'a jamais fait, on est un peu décontenancé.

Je ne suis pas quelqu'un qui improvise.

C'est elle qui a pris les choses en main et c'est très bien.

Tu peux m'en dire un peu plus ? Comment ça s'est passé ? Elle est arrivée, elle s'est

installée chez toi.

Vous avez attendu un peu ou quelques jours par exemple ?

C'est un peu loin, comme souvenir.

Je pense que ça s'est fait dès le premier soir.

On s'est couché dans le même lit, on s'est embrassé, on s'est caressé.

Il y a eu du sexe oral du coup ?

Oui, pas tellement de mémoire.

Mais elle t'avait prévenu avant qu'il n'y aurait pas de possibilité de pénétration

ou tu t'en es rendu compte ?

Non, c'était clair.

Elle avait mis les choses au clair dès le début.

Je n'ai pas tellement su pourquoi.

Je ne lui ai pas posé la question.

C'est un peu son affaire à elle.

Donc oui, on est resté à des jeux de main.

Est-ce que tu as eu peur ?

Non.

J'étais avec quelqu'un en qui j'avais confiance et dont j'étais très amoureux.

La seule peur que j'avais, c'était de m'en m'y prendre et éventuellement de lui faire mal.

Donc je n'avais pas peur de le faire parce que je savais que ça se passerait bien avec la bonne personne.

Donc du coup, tu n'avais pas beaucoup donné, tu n'avais pas pu forcément te préparer.

À quoi tu pensais ?

Est-ce que tu pensais justement à ça, à la pression que tu te mettais sur il faut faire ça, il faut faire ça ?

Ou est-ce que tu étais vraiment dans l'instant et dans le sentiment ?

Ah, pendant ?

Oui.

J'en profitais.

J'ai vraiment un rapport très particulier avec l'érotisme en tant qu'esthétique.

Et en fait, avoir des courbes sous les doigts, c'était déjà une fin en soi.

C'était déjà un super câlin et c'était déjà suffisant.

Tu as le souvenir d'avoir appris du plaisir ?

Oui, cérébral.

D'accord.

Pas jusqu'à l'orgasme du coup ?

Non.

On aura l'occasion d'évoquer le sujet plus tard, mais c'est toujours un problème.

C'est un des grands paradoxes de ma vie sexuelle.

On entend souvent le cliché du mec qui pense qu'à sa jouissance et qui laisse un peu

la fille sur le bas côté.

Moi, c'est le contraire.

Ma jouissance, j'ai du mal à la préaviser.

Moi, la première fois que j'ai eu un véritable orgasme, ce n'était pas moi qui l'ai produit.

Et en fait, je trouve ça tellement plus intéressant de s'occuper d'elle qu'au final, ce n'est

pas grave, ce n'est pas important.

Mais tu avais éjaculé ou pas du tout ?

Non, je ne crois pas.

Je n'en ai pas le souvenir en tout cas.

Est-ce que tu t'es senti différent après ?

Est-ce que ça a changé quelque chose entre vous ?

Oui, on avait envie de se revoir et de recommencer.

Après, ça a été une relation assez courte.

Ça n'a pas forcément changé les choses sur le long terme, puisque la relation à

distance n'aidant pas, ça ne s'est pas très bien terminé.

En gros, elle en a trouvé un autre et elle ne me l'avait pas dit tout de suite.

Elle m'a largué un peu sèchement, sans que je le voie venir et sans me dire la raison

qu'il y avait derrière.

Elle ne voulait tout simplement pas avoir deux mecs en même temps et donc elle préférait

couper les ponts avant.

C'est tout à son honneur.

Par contre, elle aurait pu me le dire parce que autant ça a été dur à encaisser, autant

quand j'ai appris que c'était pour un autre, j'étais dévasté.

Un souvenir douloureux, cette histoire ?

Oui.

Et en même temps, j'ai beaucoup de gratitude pour cette fille et toujours beaucoup d'admiration

parce que c'est une fille brillante et cultivée.

Et j'aime beaucoup ce type de personne.

Et puis surtout, elle a posé des bases très intéressantes dans ma sexualité qui ont beaucoup

plu aux suivantes.

On la remercie.

Est-ce que tu as le sentiment que ça a changé quelque chose, même dans ton rapport au corps ?

Est-ce que même toi, après, tu t'es retrouvé célibataire assez vite, a priori.

Est-ce que ça a changé quelque chose dans ton rapport à l'érotisme, à la masturbation,

à vraiment ton avis sexuel propre ?

Pas vraiment.

Plus à mon imaginaire.

Souvent, quand tu as quelqu'un qui rentre dans ta vie, tu partages des choses culturellement,

des références que tu n'avais pas forcément.

Et elle a fait rentrer un certain imaginaire dans mon cadre culturel, on va dire.

Tu peux me raconter ce que c'est ?

Par exemple, depuis, j'adore l'esthétique gothique.

Quand je disais que je suis un peu esthète sur les bords, c'est exactement ça.

Il y a vraiment...

Je prends un plaisir intellectuel, du coup, à...

Alors, ça va au-delà du gothique, mais des beaux costumes, des belles robes, des corsets,

de la lingerie, enfin...

Et donc, elle a enrichi clairement mon univers visuel.

Est-ce que tu peux me parler de cette fameuse autre première fois ?

Alors, c'était deux ans après.

Et c'était aussi une relation très courte, encore plus courte que la première.

Et en fait, il y a eu deux essais.

Et le premier, c'était...

C'est pas terriblement bien passé.

Parce que j'ai eu une panne.

Je sais pas si j'avais la pression ou quoi, je me souviens pas.

Ou est-ce qu'on a fait durer les préliminaires trop longtemps, j'en sais rien.

C'était assez bizarre, puisqu'elle voulait...

Elle aimait pas être caressée, elle voulait pas que je lui fasse de cunnilingus.

J'étais un petit peu...

Surpris.

C'est assez...

Assez rare.

Et en fait, la deuxième fois, c'est vraiment bien passé.

La relation marchait pas très fort.

On arrivait pas à communiquer, en fait.

T'étais pas amoureux ?

C'est difficile à dire.

Elle me plaisait beaucoup, oui.

C'était une amie un peu plus qu'une amie.

J'étais pas...

Fou amoureux, au point de la première.

Tu penses que ça a pu jouer sur cette histoire d'érection, par exemple ?

Pas forcément.

Je pense qu'on a trop pris notre temps et que au final, ça s'est...

Ou... Je sais pas, j'étais fatigué, j'en sais rien.

C'est tout à fait possible.

Il y a des milliers de raisons.

Du coup, tu l'as considéré comme une vraie première fois pendant longtemps ?

Oui.

Basé sur des discussions avec des potes ou ce que t'avais pu lire ?

Oui, et puis des discussions avec d'autres gens, avec d'autres amantes...

Qui avaient peut-être un avis un peu plus tranché sur la question.

Que s'il n'y a pas de pénétration, il n'y a pas de première fois.

C'est un peu triste.

Ben, pénétration de pénis dans vagin, il y a plein d'autres sortes de faire de la pénétration, en réalité.

En l'occurrence, digital.

Donc, c'est vrai qu'on a une tendance à fermer ça à la pénétration de pénis dans vagin.

Mais beaucoup d'autres choses.

Est-ce qu'avant cette première fois, avec cette première amante,

qui était donc une fois non strictement pénétrative, comme on peut l'imaginer,

est-ce que tu avais une vision du rapport sexuel, de la définition du rapport sexuel

que tu penses que tu définirais comme classique, masculine de base ?

Tu t'étais mis en tête qu'il y avait un petit peu de préliminaire,

et puis après une pénétration, et après une éjaculation masculine, et après on avait fini.

Est-ce que c'était ça ta vision avant d'essayer ?

C'est un peu le schéma qu'on voit partout, en fait.

Donc, c'est difficile de passer à côté.

Il faut vraiment le vivre et puis faire les bonnes rencontres,

les bonnes personnes qui ont une vision de la sexualité, autre, pour ouvrir.

Et puis, il faut avoir surtout la curiosité de vouloir ouvrir des portes.

Tu penses que c'est une force pour toi d'avoir eu cette rencontre

et ce type de rapport pour commencer ?

Oui, clairement.

Ça n'a pas tout changé, parce que ça m'a toujours plu.

Ça m'a toujours excité de voir l'autre prendre du plaisir.

Et en fait, c'est devenu un moyen presque infaillible de parvenir à ça.

Donc, très bien.

C'était la bonne rencontre.

On va faire un petit jeu basé sur le jeu à boire, je n'ai jamais.

Tu sais, cette espèce de jeu où quelqu'un dit je n'ai jamais quelque chose

et les gens qui l'ont vraiment fait se mettent à boire.

Donc, nous, on va le faire sagement.

Mais du coup, je t'invite à réagir à mes affirmations,

soit en me disant que tu ne les as jamais faites ou faites.

Et c'est encore mieux si tu as une anecdote, évidemment.

J'ai déjà sodomisé un ou une de mes partenaires.

Oui.

Ça te rappelle des souvenirs ?

Ça avait l'air d'être un peu le dernier tabou dans la sexualité de couple.

C'est un peu le dernier mur à abattre.

Tu entends ça un peu partout.

Et en fait, ça ne m'a pas plu plus que ça.

Et elles non plus.

Donc, en fait, on n'a pas vraiment recommencé parce que ce n'était pas concluant.

Alors, je vais rebondir sur une question qui n'est pas dans ma liste, mais qui m'intéresse.

Est-ce que tu as déjà été sodomisé ?

Non.

Non ? Tu y as déjà pensé ?

Oui.

Je pense clairement que c'est une piste à explorer.

C'est juste que je n'ai pas eu l'occasion.

J'ai déjà essayé avec des jouets et ça n'a pas donné grand chose.

Donc, je m'y prends peut-être très mal.

Mais c'est à retenter, je pense.

Parce que quand on voit les témoignages,

des gens qui l'ont essayé, ça a l'air vraiment...

Des gens qui sont des hommes, en l'occurrence,

et qui ont une prostate et donc un orgasme prostatique potentiel.

C'est ça.

Et il y a des marques de sexoïdes qui se spécialisent là-dedans.

Clairement, je pense que c'est une bonne chose à explorer.

Ça peut faire bouger aussi les mentalités.

Parce que ce n'est pas parce qu'on est un homme qu'on n'a pas le droit.

J'aime beaucoup cette idée, je suis totalement d'accord, évidemment.

Et ce n'est pas parce qu'on est un homme hétérosexuel qu'on n'a pas le droit.

J'ai déjà eu des soucis avec du matériel.

Soucis, non.

Des trucs qui ne marchent pas, oui.

Quand il y a des problèmes de piles, ce genre de choses.

J'avais commandé, pour ma copine de l'époque,

un vibromasseur un petit peu haut de gamme.

Un Galévibrant, exactement.

Et en fait, parce que j'avais passé un certain seuil de commandes,

et il y avait des trucs en plus avec,

et c'était vraiment du sextoy à 2 euros, et c'était vraiment très nul.

Heureusement, le Galévibrant a marché très bien.

Et ça, au moins, c'était un bon investissement.

J'ai déjà pensé à ma liste de courses pendant le sexe.

Quelque chose qui n'a rien à voir avec le sexe.

Ah oui, je pense.

Il y a des moments où on n'est pas inspiré.

Et l'esprit part tout seul, et la campagne.

Il y a des choses qui te reviennent en tête ou pas du tout ?

Non, mais effectivement, ce n'est pas exceptionnel à chaque fois.

Donc, il y a des moments où l'esprit se met en grève et il va ailleurs.

C'est marrant que tu dis ça, parce que souvent, on dit

que c'est les femmes qui pensent toujours à autre chose,

parce qu'elles pensent à autre chose dans la vie en général.

Et on dit souvent que les hommes, ils ont tellement de plaisir

et qu'ils aiment tellement le moment qu'ils sont focus sur le truc.

Et focus, en l'occurrence, sur leur pénis, principalement.

On dit peu que les hommes peuvent ne pas être dedans.

Oui, ne pas être dedans, c'est...

Merci, d'un mot franc.

Alors souvent, ça m'arrive d'être complètement focalisé,

mais pas sur mon plaisir à moi, parce qu'objectivement, ça ne marche pas fort.

Donc, plutôt de voir comment elle réagit, qu'est-ce que je peux faire de mieux,

est-ce qu'il faut faire varier le rythme, l'angle ?

Mais c'est une concentration, c'est pas une contrainte.

Ah non, je le vis pas comme une contrainte, parce que ça m'éclate.

Vraiment.

Et puis, c'est d'autant plus plaisant quand on voit le résultat au bout.

J'ai déjà pensé à quelqu'un d'autre pendant le sexe.

Oui.

Alors, une célébrité ou quelqu'un que tu connaissais ?

Alors, c'est un peu particulier, c'est quand on s'occupe de moi.

Ça marche pas tout seul.

Donc, pour arriver à l'orgasme, il faut utiliser tous les moyens possibles.

Et donc, la stimulation en pensée, il faut l'utiliser et à fond,

parce que sinon, ça marche pas.

Donc, tu es en train de me dire que pendant la fellation, pour jouir,

tu penses à Scarlett Johansson ?

C'est un peu l'idée. Pas fellation, parce que d'expérience,

ça n'a pas marché beaucoup.

Ça a marché vraiment avec deux partenaires.

Sur six.

Et ouais, un coup sur deux, je ressens rien.

Du coup, c'est quelque chose que tu partages avec tes partenaires,

c'est une discussion que vous avez, où vous vous stimulez intellectuellement

pendant le rapport, parce que c'est tout à fait possible,

ou alors c'est toi, dans ta tête, t'es obligé de te concentrer,

de te faire un film et de dérouler ce film.

Alors, ça dépend avec qui.

Ça dépend surtout de quel est l'état de la relation.

En fait, j'ai une vraie relation longue et que des relations courtes à côté.

Donc, prendre une relation courte,

on a moins l'occasion de parler de choses plus sérieuses,

ce genre de choses qui viennent avec l'habitude, avec le fait de se connaître.

Mais oui, pendant ma relation longue,

oui, on en a parlé et

on avait tous les deux des idées assez ouvertes sur le sujet

et sur la sexualité en général.

Donc, ça ne posait pas de problème.

De penser à quelqu'un d'autre,

ou de se faire un film,

ou tout ce qui pouvait aider.

En fait, au bout du compte, elle avait quand même une certaine frustration

de voir que, pour moi, ça ne marchait jamais.

Enfin, jamais, pas souvent.

Et elle voulait juste me rendre l'appareil

puisque c'est souvent moi qui m'occupais d'elle.

Donc voilà, elle voulait rendre les choses.

Alors, c'était beaucoup de boulot

et c'était au final une grande satisfaction pour elle.

Et puis, ça marchait bien pour moi.

Donc, très bien.

On valorise la complicité dans le couple et dans le rapport.

Oui.

Quand il y a quelque chose qui bloque,

il ne faut pas rester avec.

Je me suis déjà masturbée dans des endroits pas prévus pour.

Non, je ne crois pas.

Jamais au travail, à la fac.

Non, j'ai besoin d'une ambiance.

J'ai besoin de me sentir seul, déjà.

C'est d'une banalité.

C'est dans ma chambre ou dans la salle de bain.

Ah, mais ce n'est pas grave.

C'est très bien.

Ce n'est pas très original.

Dans la première partie, on a parlé d'une relation longue.

Ça a duré combien de temps ?

Sept ans.

Et comment ça a commencé ?

Alors, c'était une très bonne amie.

On se connaissait depuis quatre ans.

Avec qui, il a failli se passer quelque chose au début,

mais ça a tombé à l'eau.

Mais on était restés en très bons termes

et très complices.

Il y avait une ambiguïté entre nous.

Une certaine forme de séduction ?

Oui, mais jamais concrétisée

parce qu'elle était avec quelqu'un d'autre.

Et à un moment, cette relation s'est terminée.

Et on s'est revus,

puisqu'elle a essayé de recontacter un peu

des gens qui étaient hors de son cercle commun

avec son ex.

Et donc, c'est comme si on ne s'était pas quittés.

Ça s'est très bien passé.

Et un jour, elle m'a invité chez elle

et on a levé l'ambiguïté.

Est-ce que c'est toi qui as levé l'ambiguïté

ou est-ce que c'est elle ?

C'est moi, mais clairement, elle m'avait invité pour ça.

Tu as senti qu'il y avait une ouverture ?

Oui.

Et j'avais un peu pris confiance.

Je suis quand même quelqu'un d'assez timide.

Et je le sentais bien.

On a passé deux, trois jours ensemble.

C'était un week-end long.

Enfermé dans l'appartement ?

Oui, on n'est pas beaucoup sortis.

Comment ça s'est passé ?

Est-ce que vous aviez parlé de sexualité avant

pour vous titiller un peu

et que du coup, elle te connaissait sur ce plan ?

Ou toi, tu la connaissais ?

Ou c'était genre découverte de zéro ?

On s'était raconté nos histoires.

J'en ai appris plus après,

puisqu'il y a des choses qui étaient un peu

douloureuses de son côté

et dont elle ne parlait pas à ses amis.

Mais j'en savais pas mal sur sa sexualité

comme un très bon ami.

J'ai vraiment été son confident pendant quelques années.

Donc oui, on a pas mal parlé.

Tu connaissais un peu ses goûts ?

Tu savais vers où aller du coup ?

Pas vraiment ses goûts.

Je savais qu'elle était bisexuelle.

Je savais qu'elle était son type de femme.

Et en fait, on a toujours eu une relation

très tactile, très caline.

Donc ça s'est fait assez naturellement.

En final, elle avait surtout...

La première fois que je l'ai revue,

après cette rupture, c'était un peu frais.

Elle était vraiment sur la défensive.

Elle voulait pas repartir sur quelque chose tout de suite.

Elle avait juste besoin de tendresse et de câlin.

Et c'est quand on s'est revus plus tard,

le fameux week-end où on a passé quasiment 3 jours enfermés,

elle avait un petit peu...

Elle était un peu passée au-delà.

Elle était pas prête pour repartir pour une relation,

mais prête pour reprendre un an.

Est-ce que la question de la pénétration s'est posée tout de suite ?

Est-ce que t'es resté clair sur tes goûts, tes préférences ?

Je l'ai pas proposée en fait.

Je voyais bien qu'elle était un peu...

Pas craintive, mais un peu sur la réserve.

Et clairement, elle avait un peu peur que ça se passe mal.

Parce qu'avec son précédent, ça s'était pas très bien passé

en termes de sectionnité.

Ça marchait bien pour lui, elle avait pas tellement vos chapitres.

Et il a fallu plusieurs années

avant qu'ils décident de s'occuper d'elle et de sa jouissance à elle.

À travers le cunnilingus ?

Ouais. Et pour elle, il y avait que ça qui marchait.

Dans son esprit.

Et en fait, j'avais pas tellement...

Au tout début de nos ébats,

je sais pas comment c'est venu,

mais j'ai dû lui dire que c'était pas si important que ça.

Et ça l'a détendue tout de suite.

Et c'était tout de suite plus simple.

Et on a pris beaucoup de plaisir tous les deux.

Et je crois que la première pénétration

a eu lieu le troisième jour.

Donc c'était clairement pas une priorité.

C'était juste que sur le moment,

ça se passait bien, donc elle avait envie d'essayer.

D'accord. Mais sinon, ça l'a étonné, cette approche ?

Oui, ça l'a étonné.

Et c'était pas la première à être étonné par cette approche-là.

Après, moi j'envisage pas le sexe autrement.

Je comprends pas ce qu'il y a de si incroyable.

Alors elle, c'est ta relation longue.

Avant, il y avait eu quelques petites histoires courtes,

voire très courtes, comme tu me l'as dit.

Est-ce que t'as senti une différence dans toi, ton approche ?

Tu savais pas que ça allait être une relation longue, évidemment.

Mais je pense que t'avais quand même quelque chose

qui disait que vous alliez prendre quand même un peu le temps

et que ça allait peut-être potentiellement un peu durer quand même.

Est-ce que ça a changé quelque chose dans ton approche, par exemple ?

Est-ce que c'est plus facile pour toi, justement,

de faire ce que t'aimes vraiment ?

J'avais plus confiance et je savais que, comme je le faisais,

ça marchait quand même assez souvent.

Et donc j'avais juste envie de prendre le temps avec elle.

C'était quelqu'un que j'aimais beaucoup.

Donc je savais pas où ça allait aller.

Mais ça m'allait de lui faire ce cadeau-là.

Qu'elle sortait vraiment d'une période où elle en avait beaucoup bavé,

sentimentalement parlant, et qu'elle avait besoin d'air.

Et quitte à être son amant pendant juste deux mois,

ça m'aurait satisfait.

Parce que c'était ce dont elle avait besoin, là, à ce moment-là.

Alors c'est pas ce qui s'est passé parce que vous êtes restés ensemble des années.

Oui.

Est-ce que votre sexualité commune a évolué ?

Oui, clairement. On a expérimenté un peu.

On a débloqué des choses.

De ton côté, de son côté ?

Des deux.

Par exemple, j'avais un petit peu lâché l'idée

de l'orgasme par pénétration.

J'avais fini par me dire que c'était un peu un mythe

parce qu'au final, c'est tellement plus facile de le faire autrement.

Et ça s'est débloqué un jour.

C'est venu et on n'a pas tellement compris pourquoi.

On a essayé de reproduire l'expérience

et au final, on a réussi à comprendre un petit peu

comment ça fonctionnait.

Que c'était un travail à deux,

qu'il y avait vraiment de la posture à faire

de chaque côté.

Et au final, c'est un exemple de choses

qu'on a un peu débloquées, sur lesquelles on a avancé.

Ça a enrichi.

J'ai une question un peu entre parenthèses.

Quand tu es tout seul, tu as toujours un orgasme ?

Ou pas forcément ?

Non, c'est plutôt jamais.

Ça arrive vraiment très rarement.

Et comme je disais tout à l'heure, c'est beaucoup de boulot.

Vraiment.

Il faut que tu aies du temps devant toi.

Il faut que j'aie du temps.

Ce n'est pas automatique.

L'éjaculation mécanique, oui, elle arrive.

Ça, il n'y a aucun problème.

Mais la montée de plaisir, vraiment, elle est rare.

Et c'est frustrant, mais en même temps,

je m'y suis habité.

Ça veut dire que même en amont,

tu ne vas pas te lancer dans une masturbation

si tu sais que tu n'es pas dans le mood,

tu ne vas pas y arriver,

ou tu n'as pas assez le temps.

Non, des fois, c'est juste que tu te sens bien après.

Même si tu n'as pas eu ce pic de plaisir,

tu sais que derrière, tu vas être un peu plus détendu.

Ça te soulage quand même.

Oui, clairement, ça relâche une tension.

Ça peut aider à mieux dormir.

Je ne me l'interdis pas, clairement pas,

parce que je n'aurai pas la récompense au bout.

Tu sais que tu as une forme de récompense quand même.

Voilà.

Ça fonctionne, mécaniquement, ça fonctionne.

Après, l'intensité n'est pas là.

Est-ce que tu as vu un médecin pour ça ?

Est-ce que tu t'es dit à un moment,

il y a un truc, peut-être que ce n'est pas normal,

et du coup, je vais voir un médecin ?

Ou est-ce qu'au contraire, votre vie sexuelle

était tellement épanouissante pour l'un comme pour l'autre

avec vos propres problématiques

que du coup, non, tu ne t'y es jamais dit ?

Non, on avait évoqué le sujet,

puis au final, ça n'avait rien d'une urgence

et ça n'avait rien de quelque chose de vital.

Donc au final, on n'a pas donné suite.

Je t'avoue, ça n'a pas l'air.

Mais c'est vrai, comme on impose tellement de choses

aux hommes aussi pour la sexualité,

on peut vite se dire, je ne suis pas comme les autres,

alors qu'il n'y a pas en vrai de majorité.

Après, je me sens clairement en minorité.

En fait, je t'avoue que quand on trouve

un peu des hommes hétérosexuels

pour parler de leur sexualité,

on se rend compte qu'en fait,

tous ne kiffent pas la fellation,

qu'il y en a beaucoup qui ne font pas la différence

entre éjaculation et orgasme

et qui peut-être n'ont jamais connu l'orgasme

et qui ne le savent pas.

Donc, je ne suis pas sûre que tu sois une minorité,

en réalité.

C'est possible.

C'est un sujet à part entière,

l'orgasme féminin comme masculin.

C'est que je ne sais plus qui avait dit

que la seule manière de savoir

si on en a eu un,

c'est d'en avoir eu un.

C'est-à-dire que c'est tellement intense,

c'est tellement une déferlante

qu'on porte tout

et pendant deux secondes,

tu ne sais plus où tu es,

que quand ça t'est arrivé,

tu ne peux pas en douter.

Alors qu'avoir du plaisir,

c'est encore autre chose.

C'est une marche vers l'orgasme,

mais ça reste une étape.

Et tu le sens.

Que ce n'est pas le truc au-dessus.

Et clairement, des orgasmes dans ma vie,

j'en ai eu.

Je n'en ai pas eu beaucoup, clairement.

Mais quand je les ai eus,

il n'y avait aucun doute.

Vous êtes devenus parents ensemble,

il y a deux ans.

Qu'est-ce qui a changé sexuellement

pour vous et pour toi aussi ?

Comment ça s'est passé en fait ?

Comment ça s'est passé toute cette phase

de grossesse qui peut changer

beaucoup de choses dans le couple

et puis même l'après ?

Alors la grossesse,

ça n'a pas changé tellement.

Au contraire,

c'était assez stimulant

pour les deux.

Je me souviens qu'on a beaucoup fait l'amour

pendant la grossesse.

Et c'était très bien.

Après,

c'est plus les contingences

d'avoir un enfant en bas âge

et de ne pas beaucoup dormir.

Et là,

la vie quotidienne reprend le dessus

quand l'un puis l'autre reprennent le boulot.

On a beaucoup moins de temps l'un pour l'autre

et forcément,

le désir est moins là.

Surtout qu'on avait des boulots

tous les deux assez prenants.

Le désir s'est étiolé clairement

à partir de ce moment-là

parce qu'on n'a pas su

réorganiser un peu notre vie

autour de nous

et c'était compliqué

de faire tout rentrer dans les cases.

Mais pour toi aussi du coup ?

Oui.

On parle beaucoup des femmes

qui ont moins de désir après l'accouchement

ce qui n'est pas complètement étonnant non plus

en réalité.

Mais on parle peu

du fait qu'en tant qu'homme,

on peut aussi avoir moins de désir

parce qu'on est devenu père

et qu'on est fatigué.

Je ne pense pas avoir moins de désir.

Surtout qu'on le faisait moins souvent.

Mon désir n'a pas tellement changé.

Il y a eu une période difficile

où suite à la grossesse

elle a eu...

son corps qui a changé

elle n'était pas à l'aise

avec

les 5 changes de forme

à l'allaitement

et puis une fois que l'allaitement

s'est arrêté

elle a perdu quand même pas mal de poids

elle ne se plaisait plus.

J'allais beau lui faire comprendre

que ça ne changeait rien

et que je la désirais toujours

ça ne marchait plus aussi facilement pour elle.

Ça va mieux.

Elle a repris des formes

et elle se plaît plus.

Mais ça a été un chemin

un peu long

et un peu difficile pour elle.

Et pour toi aussi du coup ?

De fait elle n'avait plus tellement envie.

Donc c'était un peu frustrant.

Est-ce qu'à ce moment-là

tu as plus développé

ta sexualité seule

ou pas forcément ?

Ou tu as juste mis entre parenthèses ?

Mis entre parenthèses.

Parce que je n'avais pas tellement

de moments à moi

pour...

Donc tu as juste laissé tomber.

J'ai un peu laissé tomber, oui.

Cette phase elle a duré combien de temps ?

Elle ne s'est pas tellement arrêtée.

C'est un peu ce qui a mis fin à notre relation

c'est que

on s'est un peu isolés.

On n'a clairement pas passé

assez de temps ensemble

on n'est pas arrivé à réorganiser

notre quotidien

à répartir un peu les rôles.

Les torts sont partagés

j'ai mon fardeau à porter.

Mais clairement

ça a été

de l'éloignement de plus en plus

jusqu'au jour

où elle m'a annoncé

qu'elle était plus amoureuse

et qu'il valait mieux qu'on s'arrête là.

Pendant qu'on était encore à bon terme.

On va faire un deuxième petit jeu

sur ton imaginaire érotique

sexuel.

Je t'invite à me raconter

des anecdotes

ou des références

ou vas-y, éclate-toi.

Les oeuvres qui accompagnent

ton imaginaire érotique

et sexuel.

Le livre qui m'excite.

Je lis

pas autant que je voudrais

mais en fait, rarement

des oeuvres érotiques.

Voire pas du tout.

Donc j'ai pas tellement...

Mais tu peux être excité par des oeuvres

qui ne sont pas

volontairement érotiques.

Oui.

Il y en a une qui me vient

qui me vient en tête

mais là c'est plutôt

une bande dessinée.

Ça compte.

Ça s'appelle Jean.

J'ai pas eu l'occasion

d'aller au bout

puisque j'étais interrompu

dans la lecture

et j'ai jamais repris.

Mais il y avait

une qualité de dessin

et puis une vision.

L'érotisme là

est clairement un thème

et un sujet

de cette série.

Il y avait vraiment

un traitement intéressant

sur l'érotisme

et la sexualité des femmes.

Le film qui me fait vibrer.

Alors j'ai deux réponses.

J'ai une réponse sérieuse

et une réponse incongrue.

Vas-y.

Je commence par la réponse incongrue.

Accrochez-vous à vos chaises.

Un film en particulier

et c'est

Abraham Lincoln,

un chasseur de vampires.

Alors, t'as évoqué

avant ton rapport

au costume

et à l'univers gothique.

Donc j'imagine

que ça a du sens.

Alors là,

ça n'a rien à voir

puisque là,

j'aurais plutôt parlé

de

Bram Stoker's Dracula

de Coppola

qui là,

en l'occurrence,

a une charge érotique

avec Monica Bellucci

extrêmement sexy.

Oui.

Et pas que.

Parce que Vinny the Rider

était quand même

incroyable.

Sinon,

pour retourner

à la question du cluster,

j'avais beaucoup aimé

les personnages

de Kate Beckinsale

dans Underworld

et Van Helsing.

Ils ne sont pas des grands films

mais

c'est de très bons divertissements.

Mais on peut comprendre

la charge érotique en effet

parce qu'il y a du costume

magnifique.

Et c'est des personnages

de femmes fortes

et ça me plaît beaucoup.

Et donc,

je reviens à pourquoi

Abraham Lincoln,

ça n'a rien à voir

avec l'esthétique.

C'est un des derniers moments

de notre relation longue.

Et en fait,

on s'était beaucoup éloigné

parce qu'on n'arrivait pas

à gérer notre quotidien

et c'était notre dernier

week-end tous les deux.

On avait donné

notre fille à garder

aux grands-parents

et on a pu avoir

notre dernière soirée

tous les deux.

Je ne savais pas

que c'était la dernière

mais on s'est regardé un film

parce que ce film-là,

on l'aime beaucoup tous les deux.

Ça nous fait rire

et il y avait vraiment

un moment de complicité retrouvé

et ça faisait

plusieurs semaines,

peut-être un peu plus d'un mois

qu'on avait pu

on n'avait pas eu

de vie sexuelle

et le sexe

qu'il y a eu après

a été incroyable.

C'était beau,

c'était tendre,

c'était chaud,

ça a duré longtemps

et c'était

un super souvenir.

Et à chaque fois

que tu vas regarder le DVD,

maintenant tu vas avoir

une pensée pour ce souvenir ?

Je ne l'ai pas revu

récemment parce que

il ne faut pas non plus

en abuser

mais clairement,

là, il y a un souvenir

complètement accroché

à ce film

qui est un...

C'est un bon moment

presque nannerdesque

On aime ça aussi.

C'est quoi ta réponse sérieuse

quand tu as dit

qu'il y avait un film incongru

et il y avait une réponse

plus sérieuse ?

C'était laquelle ?

J'ai un petit peu commencé

à l'évoquer,

c'est pas vraiment un film

mais

des personnages

de femmes fatales,

de femmes fortes

et j'en ai un en particulier

qui me vient

pendant la projection

de Casino Royale.

Je suis tombé

complètement amoureux

d'Eva Greene

qui me rappelle beaucoup

ma première copine,

une espèce de bête

une espèce de beauté froide

et en fait,

au tout début du film

elle me plaisait pas vraiment

je voyais pas trop

et au fur et à mesure

que le film se déroulait

il y avait de plus en plus

d'empathie

et quelque chose de fort

pour cette actrice

Vraiment, oui

ça m'a vraiment marqué.

L'image qui me donne

des frissons de plaisir ?

La question est très vaste.

Ah mais ça peut être

une photo,

une scène de film,

effectivement.

J'ai un tempérament

un peu d'esthète

je l'ai déjà évoqué

et du coup

j'aime beaucoup

toutes sortes de choses

et je suis

abonné à

plein de pages Facebook

de photographes,

de modèles

de cosplayers

de gens qui font

de la corsetterie

des costumes, etc.

J'ai pas une photo

en particulier

mais quand

il y a vraiment

un travail exceptionnel

qui est fait

sur à peu près tous les plans

le modèle

est bon

le décor est là

le costume est là

il y a une bonne lumière

il y a une ambiance

j'ai souvent

un moment où

je m'arrête de respirer

j'ai un

j'ai quelques secondes

à me remettre

d'une photo

parfaite

et là, clairement

c'est un plaisir

un peu coupable

mais complètement

intellectuel

mais ça me fait du bien

ça me plaît beaucoup

Le parfum qui réveille tes sens ?

J'ai pas vraiment

un parfum

c'est plus

une expérience

l'odeur de la peau

c'est

c'est quelque chose

d'exceptionnel

mais plutôt

une expérience de sillage

quand on croise

quelqu'un dans la rue

la respiration

qui vient après

une fois de temps en temps

on est un peu transporté

comme ça

dans un autre

imaginaire olfactif

et puis on sait

qu'à la respiration de suivante

ça aura disparu

et ce petit moment

de plaisir instantané

et

complètement innocent

ça me transporte

ça me plaît beaucoup

Et la musique qui te met le mieux

dans l'ambiance ?

C'est un des deux sujets

que j'aborde

avec une certaine mystique

la musique

et le sexe

et en fait

bizarrement

j'arrive pas tellement

à mélanger les deux

ça me bloque

de faire l'amour

avec de la musique

en fond

j'arrive pas à me concentrer

sur ce que je suis en train de faire

mais à côté de ça

il y a des musiques

qui me

font vraiment

un effet particulier

il y a

quelque chose

dont je fais l'expérience

depuis que je suis tout petit

et que j'ai jamais mis

un mot dessus

jusqu'à

il y a deux ans

ça s'appelle l'ASMR

ça me parcourt

depuis très très longtemps

et j'ai

appris

que j'étais pas le seul

et que ça portait un nom

et j'étais très content

le jour où j'ai découvert ça

Et qu'il y a une énorme

communauté sur internet

et que c'est vraiment

lié effectivement

à du plaisir

presque érotique

sensuel

l'ASMR

Il y a certaines voix

je suis très sensible

je suis très sensible aux voix

quand j'écoute de la musique

il y a des voix

que je supporte pas

même si c'est

des artistes reconnus

ça me va pas

mais il y a

des voix

qui font vraiment

beaucoup de choses

et notamment

toutes les voix

un peu jazz

un peu

chaude

un peu caressante

si je donne les exemples

ça va être

Nora Jones

Bébel Gilberto

Mélodie Gardo

Diana Krall

ce genre de voix

ça me

ça me met dans un état

un petit peu

une certaine ivresse

auditive

c'est très agréable

Donc on a parlé de ta relation longue

qui s'est finie

il y a pas très longtemps

Non, effectivement

Au moment où on se parle

ça fait quelques mois ?

Ça fait

9 mois

Tu nous as raconté

ta dernière fois

dans le cadre

de cette relation longue

mais est-ce qu'il y a eu

une dernière

dernière fois ?

Et surtout

c'était quand s'il y en a eu ?

Il y en a eu non ?

C'était pas un super souvenir

J'ai un peu

tenté ma chance

sur des applis de rencontre

sachant que

à l'époque où ma relation longue

a commencé

ça n'existait pas

C'était un peu nouveau pour moi

nouveau terrain

et je suis clairement

pas à l'aise dedans

Et j'ai eu

un contact

une fille qui était

très intéressée

de fil en aiguille

donc on s'est vu

on était à peu près d'accord

sur

une relation

sans engagement

parce que clairement

j'ai pas besoin de ça maintenant

et donc on s'est

vu chez elle

une fois

C'était quand ?

C'était en mai

de mémoire

et ça s'est pas bien passé

Elle avait une idée

très précise

de ce qu'elle pensait

être bien pour moi

où elle était persuadée

de savoir de quoi

j'avais besoin

alors qu'elle se plantait

complètement

Enfin avec le recul

j'aurais pas dû y aller

parce qu'elle ne me plaisait

pas plus que ça

j'avais juste besoin

de tendresse

et clairement

c'était pas la bonne personne

Vous aviez discuté avant

de ce que vous vouliez

Mais c'était vraiment

plus

les limites

quel genre de sexe

et puis

Et même sur ça

vous vous étiez pas

mis d'accord ?

Si on était d'accord

mais il y a

se mettre d'accord

sur les pratiques

et les mettre en pratique

et clairement

je pensais pas

que ça arriverait un jour

mais on avait

un imaginaire érotique

qui se tend

à des années-lumière

Elle avait

elle a toujours

je pense

un imaginaire érotique

qui est très

calqué

sur du mauvais porno

et moi

ça me bloque

ça me plaît pas

le porno en tube

non

ça me va pas du tout

et clairement

elle en faisait

des caisses

pour essayer

de m'exciter

parce que

de mon côté

ça marchait pas tellement

on a essayé

de bricoler

un peu

mais

Qu'est-ce qui s'est passé

du coup ?

Ça a pas marché

elle était

frustrée

elle était frustrée

que

j'arrive pas

à maintenir une érection

elle a essayé

un peu

de s'occuper de moi

mais c'était tellement

brut

presque barbare

que

moi ça m'a

le peu d'excitation

que j'avais

tout est retombé

tout de suite

Et est-ce que

t'as pu faire ce que t'aimes

c'est-à-dire

t'occuper d'elle

ou pas du tout ?

Un peu

mais

elle avait besoin

d'être vraiment

dans l'initiative

et dans la domination

de la relation sexuelle

et elle s'est un peu

elle a eu besoin

de la domination

et elle a eu besoin

de se sentir

dans cette situation

mais elle a eu besoin

de se sentir

dans cette situation

et on a vu

que

en pénétration

ça marcherait pas

je suis pas sûr

qu'elle en ait vraiment

profité

et donc

on s'est pas revus

parce que

clairement

il y avait

rien de plus à faire

Comment ça s'est

stoppé ?

C'est-à-dire

qu'à un moment

t'as dit

non mais ça marche pas

du tout

je m'en vais

et je me suis dit

non mais ça marche pas

je m'en vais

je m'en vais

et j'ai fait

un petit peu

de la confiance

je la connaissais pas

depuis longtemps

et

elle était vraiment

dans un côté

très dominant

qui était

un peu dérangeant

ça peut être bien

quand c'est bien fait

et là

clairement

j'avais pas envie

de passer plus

de temps avec elle

donc

Donc t'as fini par dire

bon bah bonne soirée

je rentre chez moi

Ouais

merci

parce que

c'est de la première fois

dont on parlait

qui était négative

mais où t'as pris du plaisir

à cette dernière fois

actuellement

est-ce que t'as le sentiment

que malgré tout

ça a évolué

que t'as beaucoup réfléchi

ou est-ce que t'es au contraire

sur un chemin

logique en fait

de

d'où

de ce que tu es

Je sais qu'il y a eu

une évolution

j'ai pas l'impression

qu'il y ait eu

une évolution

fulgurante

il y a eu

une évolution

chez moi

c'est vraiment une prise

de confiance

j'étais pas tellement

à l'aise avec justement

la sexualité pénétrative

parce que je l'avais fait peu

et

c'était encore un peu flou

tout le process

la position

l'angle

le rythme

en fait

le fait de pas avoir pratiqué

d'avoir eu des longues périodes

de pause

entre deux partenaires

ça a pas aidé

clairement

donc avant cette relation

j'ai eu

trois relations

courtes

et qui ont été espacées

chacune de

entre

six mois

et trois ans

donc

c'était pas

une acquisition

c'était une expérience

très

très constructive

et là cette relation longue

elle a débloqué

ça chez toi

oui

j'ai vu que

ça pouvait marcher

il y avait plein de manières

de s'y prendre

et des choses aussi

basiques

que

le missionnaire

bah en fait

il y a plein de manières

de

faire des variations

autour du missionnaire

et que ça marche bien

et différemment

un peu à chaque fois

c'est

l'important

en fait

c'est

peut-être avec quelqu'un

avec qui t'as confiance

en qui t'as confiance

et d'avoir

l'intention

de passer

un bon moment

est-ce que

tu

as continué

à aller sur des applis

de dating

depuis

est-ce que t'as essayé

de relancer ça

avec d'autres gens

de faire d'autres rencontres

oui

ça marche pas

du tout

parce que je suis pas du tout

fait pour ça

je sais pas faire

la conversation

parce que je suis

quelqu'un de très

basiquement timide

et

je trouve ça très impersonnel

il y a vraiment

un côté catalogue

qui est un peu bizarre

et puis

il y a un problème

d'attente

clairement

les profils que je vois

de femmes

de mon âge

elles cherchent toutes

quelqu'un pour avoir

des enfants

et là

pour moi

c'est plus du tout

un sujet

j'ai une fille

que j'aime à la folie

c'est très bien

mais

avoir un enfant

ça a été un tel

changement

une telle remise

en question

et beaucoup

de sacrifices

que j'ai pas envie

d'en avoir d'autres

en fait

les gens qui sont

dans cette étape-là

de leur vie très bien

le problème

c'est que c'est

95% des profils

donc

je suis pas au bon endroit

au bon moment

tu as déjà

réfléchi

à comment tu allais réagir

comment t'allais faire

pour la suite

donc du coup

pas les applis dating

tu fais quoi

tu sors dans des bars

ou tu prévois de sortir

dans des bars

tu as réfléchi

à d'autres manières

de rencontrer des gens

est-ce que t'en as envie déjà

oui

après

j'ai pas une attente

qu'on va retrouver

facilement

on va se caser

se mettre en couple

à emménager ensemble

et on verra après

moi j'ai juste pas envie de ça

j'ai envie

d'une relation

de tendresse

mais qu'on soit

un peu chacun chez soi

j'ai vraiment besoin

de me recentrer sur moi

et de me redécouvrir

en fait

quand on vit avec quelqu'un

on pense autrement

on fait les choses

dans une optique

à deux

et on s'oublie

un peu

aussi

on oublie

un certain nombre

de ses

goûts

qui sont pas partagés

et on se dit

c'est pas le bon moment

de ne pas partager

de

d'habitude

ou de

d'envie

et j'ai pas envie

tellement

de perdre ça

j'ai vraiment envie

de retrouver

quelqu'un

parce que

clairement

j'ai besoin de tendresse

comme on a tous besoin de tendresse

mais j'ai pas envie

de trouver quelqu'un

pour emménager avec

et repartir

sur quelque chose

de très classique

j'ai vraiment envie

de garder mon indépendance

quitte à être

tout le temps

l'un chez l'autre

ça c'est pas un problème

mais

c'est un peu compliqué

et là clairement

je sais pas trop

quelles sont mes perspectives

je rencontre

des nouvelles

personnes

là c'est plutôt

des amis

j'élargis un peu

mon cercle d'amis

en allant à

des soirées

d'anniversaire de ci

de crémaillère de ça

mais

pas vraiment avec

un but en tête

j'ai peut-être aussi besoin

d'une

période de jachère

ou

ben

il se passe pas grand chose

et

je pense plus à moi

et

quand je serai un peu plus

serein

vis-à-vis de

comment j'envisage le couple

comment j'envisage

ma paternité

ce sera peut-être le moment

mais là

je suis dans un moment où

j'ai du mal à retrouver

mon équilibre personnel

donc

c'est peut-être pas le bon moment

je crois que c'est un bon conseil

à donner à tout le monde

le fait de

prendre le temps

d'être soi

de savoir ce qu'on veut

et

de savoir ce qu'on propose

à l'autre

aussi

avant de

se mettre en couple

avant d'avoir

des relations sexuelles

avec des gens

ou même

des relations

avec les gens

je trouve que c'est plein de sagesse

ton parcours actuellement

donc je te souhaite que ça

que ça se développe

que ce soit beau

que ça avance

et que tu rencontres quelqu'un

parce que assez clairement

t'as besoin de ça aussi

merci beaucoup

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merci à toutes et à tous

et à très bientôt

Première & Dernière fois 12 Erstes & letztes Mal 12 First & Last time 12 Primera y última vez 12 Prima e ultima volta 12 Eerste en laatste keer 12 Primeira e última vez 12 Första och sista gången 12 第一次和最后一次 12 第一次和最後一次 12

Nous avons tous et toutes des premières et des dernières fois.

Et pour beaucoup, le cheminement entre les deux est une véritable aventure.

J'ai décidé de rencontrer des inconnus, ou presque inconnus, de partager avec elles

et eux ses confidences intimes, et de mesurer l'évolution de leurs désirs entre la première

et la dernière fois.

Isaac est un homme de 33 ans, hétérosexuel, papa d'une petite fille de 2 ans et célibataire.

Nous nous sommes rencontrés au lycée, en seconde, et sans avoir réellement été en

contact depuis, nous avons gardé de loin un oeil l'un sur l'autre, comme on peut

le faire aujourd'hui grâce aux réseaux sociaux.

Je peux dire sans mentir qu'il est de loin l'une de mes plus belles rencontres du lycée,

car il a été, le temps où nous avons été proches, un véritable ami, quelqu'un avec

qui il a toujours été facile de partager et d'être soi-même.

18 ans plus tard, nous nous retrouvons pour discuter de sa vie sexuelle, et de masculinité,

évidemment.

Je vais commencer par la question rituelle, on se vouvoie ou on se tutoie ?

On se tutoie.

On se connait depuis suffisamment longtemps.

Oui, c'est vrai, mais on n'est plus habitué du coup.

Alors on va entrer dans le vif du sujet.

Est-ce que tu te rappelles de ta première fois ?

Oui, et en fait, j'ai toujours eu du mal à mettre précisément l'étiquette première

fois sur l'événement.

C'est-à-dire que j'ai eu deux premières fois, et il m'a fallu longtemps avant de

me dire que la première, c'était vraiment une première fois.

Je m'explique un peu.

La toute première se passait avec ma première petite amie.

Alors tu avais quel âge ?

J'avais 19 ans, presque 20.

C'était très doux, très tendre, mais elle avait un espèce de blocage sur la pénétration.

Donc je lui dois vraiment beaucoup, puisque c'est un peu elle qui a forgé ma manière

d'envisager la sexualité.

Il y en a eu d'autres derrière, mais elle a vraiment posé de très bonnes bases.

Et en fait, comme il n'y avait pas eu d'acte de pénétration, longtemps, on m'a fait

comprendre que ce n'était pas vraiment une première.

Et donc la deuxième est arrivée deux ans après.

C'était bien, ce n'était pas inoubliable, mais c'était bien.

Mais j'ai toujours eu ce doute, savoir lequel était l'élément fondateur.

Et au final, la réflexion a fait son chemin.

Et notamment maintenant, on commence à séparer les choses et à considérer les actes de

caresses, de cunnilingus comme autre chose que des simples préliminaires et des actes

sexuels à part entière.

Et oui, c'était celle-là, ma première.

Alors on va parler de cette première première fois.

Est-ce que ça a été planifié ?

Vous étiez ensemble depuis combien de temps ?

C'était une relation à distance.

C'était planifié, oui, puisqu'elle est venue habiter chez moi une semaine.

Pendant les vacances ?

Pendant ses vacances, elle a endormi dans le même lit tous les soirs pendant une semaine.

Qu'est-ce que tu as ressenti quand tu t'es retrouvé nu ? Est-ce que tu t'es retrouvé

nu ? Oui, rien de particulier.

Tu t'étais préparé psychologiquement ? Il y avait des choses qui t'angoissaient ?

C'était très nouveau.

Et puis, il y avait une parole moins libre, je trouve, à l'époque qu'on peut la voir

maintenant sur la sexualité en général, c'est-à-dire que oui, forcément, la technique,

l'acte mécanique, ça faisait aucun aucun doute.

Par contre, c'était le flou autour de...

Est-ce qu'on va trop vite, pas assez vite ?

Bêtement, comment on s'y prend quand on n'a jamais fait ?

On ne peut pas tellement le deviner.

Alors, elle avait plus d'expérience que moi, même si elle était plus jeune.

Et en fait, elle m'a guidé.

Et c'est la meilleure chose à faire.

Ce n'était pas sa première fois ?

Clairement, non.

Je ne sais pas tellement combien de copains elle a eu avant, je devrais dire, je m'en

manque un peu.

Mais elle était plus dégourdie, clairement, et un peu directive.

Et franchement, ça m'a fait du bien parce que je ne savais pas tellement où me mettre.

Tu penses que tu n'étais pas prêt au niveau de la théorie ?

A 19 ans, tu n'avais pas fait le tour ou entendu des conversations ou lu des magazines.

C'est vrai que c'est un truc de fille, ça.

Avant la première fois, on lit 3000 magazines et on se fait des idées préconçues sur des

choses.

Non, tu n'as pas le sentiment ?

En fait, j'avais surtout peur d'aller trop vite.

C'est un peu l'idée que j'avais dans la tête.

C'est un peu le cliché qu'il y a dans les films où le mec veut absolument du sexe

tout de suite.

Tu veux dire jouir trop vite ?

Non, non, non.

Que d'aller tout de suite au sexe et de négliger les préliminaires.

Comme c'était un sujet de sketch pendant des années de divers humoristes, de divers

films.

Mais je n'avais pas l'idée de la mesure de combien de temps on pouvait prendre.

Tu avais besoin de données ?

Oui.

Je ne savais juste pas dans quel ordre faire les choses et à quel rythme.

Et quand on ne l'a jamais fait, on est un peu décontenancé.

Je ne suis pas quelqu'un qui improvise.

C'est elle qui a pris les choses en main et c'est très bien.

Tu peux m'en dire un peu plus ? Comment ça s'est passé ? Elle est arrivée, elle s'est

installée chez toi.

Vous avez attendu un peu ou quelques jours par exemple ?

C'est un peu loin, comme souvenir.

Je pense que ça s'est fait dès le premier soir.

On s'est couché dans le même lit, on s'est embrassé, on s'est caressé.

Il y a eu du sexe oral du coup ?

Oui, pas tellement de mémoire.

Mais elle t'avait prévenu avant qu'il n'y aurait pas de possibilité de pénétration

ou tu t'en es rendu compte ?

Non, c'était clair.

Elle avait mis les choses au clair dès le début.

Je n'ai pas tellement su pourquoi.

Je ne lui ai pas posé la question.

C'est un peu son affaire à elle.

Donc oui, on est resté à des jeux de main.

Est-ce que tu as eu peur ?

Non.

J'étais avec quelqu'un en qui j'avais confiance et dont j'étais très amoureux.

La seule peur que j'avais, c'était de m'en m'y prendre et éventuellement de lui faire mal.

Donc je n'avais pas peur de le faire parce que je savais que ça se passerait bien avec la bonne personne.

Donc du coup, tu n'avais pas beaucoup donné, tu n'avais pas pu forcément te préparer.

À quoi tu pensais ?

Est-ce que tu pensais justement à ça, à la pression que tu te mettais sur il faut faire ça, il faut faire ça ?

Ou est-ce que tu étais vraiment dans l'instant et dans le sentiment ?

Ah, pendant ?

Oui.

J'en profitais.

J'ai vraiment un rapport très particulier avec l'érotisme en tant qu'esthétique.

Et en fait, avoir des courbes sous les doigts, c'était déjà une fin en soi.

C'était déjà un super câlin et c'était déjà suffisant.

Tu as le souvenir d'avoir appris du plaisir ?

Oui, cérébral.

D'accord.

Pas jusqu'à l'orgasme du coup ?

Non.

On aura l'occasion d'évoquer le sujet plus tard, mais c'est toujours un problème.

C'est un des grands paradoxes de ma vie sexuelle.

On entend souvent le cliché du mec qui pense qu'à sa jouissance et qui laisse un peu

la fille sur le bas côté.

Moi, c'est le contraire.

Ma jouissance, j'ai du mal à la préaviser.

Moi, la première fois que j'ai eu un véritable orgasme, ce n'était pas moi qui l'ai produit.

Et en fait, je trouve ça tellement plus intéressant de s'occuper d'elle qu'au final, ce n'est

pas grave, ce n'est pas important.

Mais tu avais éjaculé ou pas du tout ?

Non, je ne crois pas.

Je n'en ai pas le souvenir en tout cas.

Est-ce que tu t'es senti différent après ?

Est-ce que ça a changé quelque chose entre vous ?

Oui, on avait envie de se revoir et de recommencer.

Après, ça a été une relation assez courte.

Ça n'a pas forcément changé les choses sur le long terme, puisque la relation à

distance n'aidant pas, ça ne s'est pas très bien terminé.

En gros, elle en a trouvé un autre et elle ne me l'avait pas dit tout de suite.

Elle m'a largué un peu sèchement, sans que je le voie venir et sans me dire la raison

qu'il y avait derrière.

Elle ne voulait tout simplement pas avoir deux mecs en même temps et donc elle préférait

couper les ponts avant.

C'est tout à son honneur.

Par contre, elle aurait pu me le dire parce que autant ça a été dur à encaisser, autant

quand j'ai appris que c'était pour un autre, j'étais dévasté.

Un souvenir douloureux, cette histoire ?

Oui.

Et en même temps, j'ai beaucoup de gratitude pour cette fille et toujours beaucoup d'admiration

parce que c'est une fille brillante et cultivée.

Et j'aime beaucoup ce type de personne.

Et puis surtout, elle a posé des bases très intéressantes dans ma sexualité qui ont beaucoup

plu aux suivantes.

On la remercie.

Est-ce que tu as le sentiment que ça a changé quelque chose, même dans ton rapport au corps ?

Est-ce que même toi, après, tu t'es retrouvé célibataire assez vite, a priori.

Est-ce que ça a changé quelque chose dans ton rapport à l'érotisme, à la masturbation,

à vraiment ton avis sexuel propre ?

Pas vraiment.

Plus à mon imaginaire.

Souvent, quand tu as quelqu'un qui rentre dans ta vie, tu partages des choses culturellement,

des références que tu n'avais pas forcément.

Et elle a fait rentrer un certain imaginaire dans mon cadre culturel, on va dire.

Tu peux me raconter ce que c'est ?

Par exemple, depuis, j'adore l'esthétique gothique.

Quand je disais que je suis un peu esthète sur les bords, c'est exactement ça.

Il y a vraiment...

Je prends un plaisir intellectuel, du coup, à...

Alors, ça va au-delà du gothique, mais des beaux costumes, des belles robes, des corsets,

de la lingerie, enfin...

Et donc, elle a enrichi clairement mon univers visuel.

Est-ce que tu peux me parler de cette fameuse autre première fois ?

Alors, c'était deux ans après.

Et c'était aussi une relation très courte, encore plus courte que la première.

Et en fait, il y a eu deux essais.

Et le premier, c'était...

C'est pas terriblement bien passé.

Parce que j'ai eu une panne.

Je sais pas si j'avais la pression ou quoi, je me souviens pas.

Ou est-ce qu'on a fait durer les préliminaires trop longtemps, j'en sais rien.

C'était assez bizarre, puisqu'elle voulait...

Elle aimait pas être caressée, elle voulait pas que je lui fasse de cunnilingus.

J'étais un petit peu...

Surpris.

C'est assez...

Assez rare.

Et en fait, la deuxième fois, c'est vraiment bien passé.

La relation marchait pas très fort.

On arrivait pas à communiquer, en fait.

T'étais pas amoureux ?

C'est difficile à dire.

Elle me plaisait beaucoup, oui.

C'était une amie un peu plus qu'une amie.

J'étais pas...

Fou amoureux, au point de la première.

Tu penses que ça a pu jouer sur cette histoire d'érection, par exemple ?

Pas forcément.

Je pense qu'on a trop pris notre temps et que au final, ça s'est...

Ou... Je sais pas, j'étais fatigué, j'en sais rien.

C'est tout à fait possible.

Il y a des milliers de raisons.

Du coup, tu l'as considéré comme une vraie première fois pendant longtemps ?

Oui.

Basé sur des discussions avec des potes ou ce que t'avais pu lire ?

Oui, et puis des discussions avec d'autres gens, avec d'autres amantes...

Qui avaient peut-être un avis un peu plus tranché sur la question.

Que s'il n'y a pas de pénétration, il n'y a pas de première fois.

C'est un peu triste.

Ben, pénétration de pénis dans vagin, il y a plein d'autres sortes de faire de la pénétration, en réalité.

En l'occurrence, digital.

Donc, c'est vrai qu'on a une tendance à fermer ça à la pénétration de pénis dans vagin.

Mais beaucoup d'autres choses.

Est-ce qu'avant cette première fois, avec cette première amante,

qui était donc une fois non strictement pénétrative, comme on peut l'imaginer,

est-ce que tu avais une vision du rapport sexuel, de la définition du rapport sexuel

que tu penses que tu définirais comme classique, masculine de base ?

Tu t'étais mis en tête qu'il y avait un petit peu de préliminaire,

et puis après une pénétration, et après une éjaculation masculine, et après on avait fini.

Est-ce que c'était ça ta vision avant d'essayer ?

C'est un peu le schéma qu'on voit partout, en fait.

Donc, c'est difficile de passer à côté.

Il faut vraiment le vivre et puis faire les bonnes rencontres,

les bonnes personnes qui ont une vision de la sexualité, autre, pour ouvrir.

Et puis, il faut avoir surtout la curiosité de vouloir ouvrir des portes.

Tu penses que c'est une force pour toi d'avoir eu cette rencontre

et ce type de rapport pour commencer ?

Oui, clairement.

Ça n'a pas tout changé, parce que ça m'a toujours plu.

Ça m'a toujours excité de voir l'autre prendre du plaisir.

Et en fait, c'est devenu un moyen presque infaillible de parvenir à ça.

Donc, très bien.

C'était la bonne rencontre.

On va faire un petit jeu basé sur le jeu à boire, je n'ai jamais.

Tu sais, cette espèce de jeu où quelqu'un dit je n'ai jamais quelque chose

et les gens qui l'ont vraiment fait se mettent à boire.

Donc, nous, on va le faire sagement.

Mais du coup, je t'invite à réagir à mes affirmations,

soit en me disant que tu ne les as jamais faites ou faites.

Et c'est encore mieux si tu as une anecdote, évidemment.

J'ai déjà sodomisé un ou une de mes partenaires.

Oui.

Ça te rappelle des souvenirs ?

Ça avait l'air d'être un peu le dernier tabou dans la sexualité de couple.

C'est un peu le dernier mur à abattre.

Tu entends ça un peu partout.

Et en fait, ça ne m'a pas plu plus que ça.

Et elles non plus.

Donc, en fait, on n'a pas vraiment recommencé parce que ce n'était pas concluant.

Alors, je vais rebondir sur une question qui n'est pas dans ma liste, mais qui m'intéresse.

Est-ce que tu as déjà été sodomisé ?

Non.

Non ? Tu y as déjà pensé ?

Oui.

Je pense clairement que c'est une piste à explorer.

C'est juste que je n'ai pas eu l'occasion.

J'ai déjà essayé avec des jouets et ça n'a pas donné grand chose.

Donc, je m'y prends peut-être très mal.

Mais c'est à retenter, je pense.

Parce que quand on voit les témoignages,

des gens qui l'ont essayé, ça a l'air vraiment...

Des gens qui sont des hommes, en l'occurrence,

et qui ont une prostate et donc un orgasme prostatique potentiel.

C'est ça.

Et il y a des marques de sexoïdes qui se spécialisent là-dedans.

Clairement, je pense que c'est une bonne chose à explorer.

Ça peut faire bouger aussi les mentalités.

Parce que ce n'est pas parce qu'on est un homme qu'on n'a pas le droit.

J'aime beaucoup cette idée, je suis totalement d'accord, évidemment.

Et ce n'est pas parce qu'on est un homme hétérosexuel qu'on n'a pas le droit.

J'ai déjà eu des soucis avec du matériel.

Soucis, non.

Des trucs qui ne marchent pas, oui.

Quand il y a des problèmes de piles, ce genre de choses.

J'avais commandé, pour ma copine de l'époque,

un vibromasseur un petit peu haut de gamme.

Un Galévibrant, exactement.

Et en fait, parce que j'avais passé un certain seuil de commandes,

et il y avait des trucs en plus avec,

et c'était vraiment du sextoy à 2 euros, et c'était vraiment très nul.

Heureusement, le Galévibrant a marché très bien.

Et ça, au moins, c'était un bon investissement.

J'ai déjà pensé à ma liste de courses pendant le sexe.

Quelque chose qui n'a rien à voir avec le sexe.

Ah oui, je pense.

Il y a des moments où on n'est pas inspiré.

Et l'esprit part tout seul, et la campagne.

Il y a des choses qui te reviennent en tête ou pas du tout ?

Non, mais effectivement, ce n'est pas exceptionnel à chaque fois.

Donc, il y a des moments où l'esprit se met en grève et il va ailleurs.

C'est marrant que tu dis ça, parce que souvent, on dit

que c'est les femmes qui pensent toujours à autre chose,

parce qu'elles pensent à autre chose dans la vie en général.

Et on dit souvent que les hommes, ils ont tellement de plaisir

et qu'ils aiment tellement le moment qu'ils sont focus sur le truc.

Et focus, en l'occurrence, sur leur pénis, principalement.

On dit peu que les hommes peuvent ne pas être dedans.

Oui, ne pas être dedans, c'est...

Merci, d'un mot franc.

Alors souvent, ça m'arrive d'être complètement focalisé,

mais pas sur mon plaisir à moi, parce qu'objectivement, ça ne marche pas fort.

Donc, plutôt de voir comment elle réagit, qu'est-ce que je peux faire de mieux,

est-ce qu'il faut faire varier le rythme, l'angle ?

Mais c'est une concentration, c'est pas une contrainte.

Ah non, je le vis pas comme une contrainte, parce que ça m'éclate.

Vraiment.

Et puis, c'est d'autant plus plaisant quand on voit le résultat au bout.

J'ai déjà pensé à quelqu'un d'autre pendant le sexe.

Oui.

Alors, une célébrité ou quelqu'un que tu connaissais ?

Alors, c'est un peu particulier, c'est quand on s'occupe de moi.

Ça marche pas tout seul.

Donc, pour arriver à l'orgasme, il faut utiliser tous les moyens possibles.

Et donc, la stimulation en pensée, il faut l'utiliser et à fond,

parce que sinon, ça marche pas.

Donc, tu es en train de me dire que pendant la fellation, pour jouir,

tu penses à Scarlett Johansson ?

C'est un peu l'idée. Pas fellation, parce que d'expérience,

ça n'a pas marché beaucoup.

Ça a marché vraiment avec deux partenaires.

Sur six.

Et ouais, un coup sur deux, je ressens rien.

Du coup, c'est quelque chose que tu partages avec tes partenaires,

c'est une discussion que vous avez, où vous vous stimulez intellectuellement

pendant le rapport, parce que c'est tout à fait possible,

ou alors c'est toi, dans ta tête, t'es obligé de te concentrer,

de te faire un film et de dérouler ce film.

Alors, ça dépend avec qui.

Ça dépend surtout de quel est l'état de la relation.

En fait, j'ai une vraie relation longue et que des relations courtes à côté.

Donc, prendre une relation courte,

on a moins l'occasion de parler de choses plus sérieuses,

ce genre de choses qui viennent avec l'habitude, avec le fait de se connaître.

Mais oui, pendant ma relation longue,

oui, on en a parlé et

on avait tous les deux des idées assez ouvertes sur le sujet

et sur la sexualité en général.

Donc, ça ne posait pas de problème.

De penser à quelqu'un d'autre,

ou de se faire un film,

ou tout ce qui pouvait aider.

En fait, au bout du compte, elle avait quand même une certaine frustration

de voir que, pour moi, ça ne marchait jamais.

Enfin, jamais, pas souvent.

Et elle voulait juste me rendre l'appareil

puisque c'est souvent moi qui m'occupais d'elle.

Donc voilà, elle voulait rendre les choses.

Alors, c'était beaucoup de boulot

et c'était au final une grande satisfaction pour elle.

Et puis, ça marchait bien pour moi.

Donc, très bien.

On valorise la complicité dans le couple et dans le rapport.

Oui.

Quand il y a quelque chose qui bloque,

il ne faut pas rester avec.

Je me suis déjà masturbée dans des endroits pas prévus pour.

Non, je ne crois pas.

Jamais au travail, à la fac.

Non, j'ai besoin d'une ambiance.

J'ai besoin de me sentir seul, déjà.

C'est d'une banalité.

C'est dans ma chambre ou dans la salle de bain.

Ah, mais ce n'est pas grave.

C'est très bien.

Ce n'est pas très original.

Dans la première partie, on a parlé d'une relation longue.

Ça a duré combien de temps ?

Sept ans.

Et comment ça a commencé ?

Alors, c'était une très bonne amie.

On se connaissait depuis quatre ans.

Avec qui, il a failli se passer quelque chose au début,

mais ça a tombé à l'eau.

Mais on était restés en très bons termes

et très complices.

Il y avait une ambiguïté entre nous.

Une certaine forme de séduction ?

Oui, mais jamais concrétisée

parce qu'elle était avec quelqu'un d'autre.

Et à un moment, cette relation s'est terminée.

Et on s'est revus,

puisqu'elle a essayé de recontacter un peu

des gens qui étaient hors de son cercle commun

avec son ex.

Et donc, c'est comme si on ne s'était pas quittés.

Ça s'est très bien passé.

Et un jour, elle m'a invité chez elle

et on a levé l'ambiguïté.

Est-ce que c'est toi qui as levé l'ambiguïté

ou est-ce que c'est elle ?

C'est moi, mais clairement, elle m'avait invité pour ça.

Tu as senti qu'il y avait une ouverture ?

Oui.

Et j'avais un peu pris confiance.

Je suis quand même quelqu'un d'assez timide.

Et je le sentais bien.

On a passé deux, trois jours ensemble.

C'était un week-end long.

Enfermé dans l'appartement ?

Oui, on n'est pas beaucoup sortis.

Comment ça s'est passé ?

Est-ce que vous aviez parlé de sexualité avant

pour vous titiller un peu

et que du coup, elle te connaissait sur ce plan ?

Ou toi, tu la connaissais ?

Ou c'était genre découverte de zéro ?

On s'était raconté nos histoires.

J'en ai appris plus après,

puisqu'il y a des choses qui étaient un peu

douloureuses de son côté

et dont elle ne parlait pas à ses amis.

Mais j'en savais pas mal sur sa sexualité

comme un très bon ami.

J'ai vraiment été son confident pendant quelques années.

Donc oui, on a pas mal parlé.

Tu connaissais un peu ses goûts ?

Tu savais vers où aller du coup ?

Pas vraiment ses goûts.

Je savais qu'elle était bisexuelle.

Je savais qu'elle était son type de femme.

Et en fait, on a toujours eu une relation

très tactile, très caline.

Donc ça s'est fait assez naturellement.

En final, elle avait surtout...

La première fois que je l'ai revue,

après cette rupture, c'était un peu frais.

Elle était vraiment sur la défensive.

Elle voulait pas repartir sur quelque chose tout de suite.

Elle avait juste besoin de tendresse et de câlin.

Et c'est quand on s'est revus plus tard,

le fameux week-end où on a passé quasiment 3 jours enfermés,

elle avait un petit peu...

Elle était un peu passée au-delà.

Elle était pas prête pour repartir pour une relation,

mais prête pour reprendre un an.

Est-ce que la question de la pénétration s'est posée tout de suite ?

Est-ce que t'es resté clair sur tes goûts, tes préférences ?

Je l'ai pas proposée en fait.

Je voyais bien qu'elle était un peu...

Pas craintive, mais un peu sur la réserve.

Et clairement, elle avait un peu peur que ça se passe mal.

Parce qu'avec son précédent, ça s'était pas très bien passé

en termes de sectionnité.

Ça marchait bien pour lui, elle avait pas tellement vos chapitres.

Et il a fallu plusieurs années

avant qu'ils décident de s'occuper d'elle et de sa jouissance à elle.

À travers le cunnilingus ?

Ouais. Et pour elle, il y avait que ça qui marchait.

Dans son esprit.

Et en fait, j'avais pas tellement...

Au tout début de nos ébats,

je sais pas comment c'est venu,

mais j'ai dû lui dire que c'était pas si important que ça.

Et ça l'a détendue tout de suite.

Et c'était tout de suite plus simple.

Et on a pris beaucoup de plaisir tous les deux.

Et je crois que la première pénétration

a eu lieu le troisième jour.

Donc c'était clairement pas une priorité.

C'était juste que sur le moment,

ça se passait bien, donc elle avait envie d'essayer.

D'accord. Mais sinon, ça l'a étonné, cette approche ?

Oui, ça l'a étonné.

Et c'était pas la première à être étonné par cette approche-là.

Après, moi j'envisage pas le sexe autrement.

Je comprends pas ce qu'il y a de si incroyable.

Alors elle, c'est ta relation longue.

Avant, il y avait eu quelques petites histoires courtes,

voire très courtes, comme tu me l'as dit.

Est-ce que t'as senti une différence dans toi, ton approche ?

Tu savais pas que ça allait être une relation longue, évidemment.

Mais je pense que t'avais quand même quelque chose

qui disait que vous alliez prendre quand même un peu le temps

et que ça allait peut-être potentiellement un peu durer quand même.

Est-ce que ça a changé quelque chose dans ton approche, par exemple ?

Est-ce que c'est plus facile pour toi, justement,

de faire ce que t'aimes vraiment ?

J'avais plus confiance et je savais que, comme je le faisais,

ça marchait quand même assez souvent.

Et donc j'avais juste envie de prendre le temps avec elle.

C'était quelqu'un que j'aimais beaucoup.

Donc je savais pas où ça allait aller.

Mais ça m'allait de lui faire ce cadeau-là.

Qu'elle sortait vraiment d'une période où elle en avait beaucoup bavé,

sentimentalement parlant, et qu'elle avait besoin d'air.

Et quitte à être son amant pendant juste deux mois,

ça m'aurait satisfait.

Parce que c'était ce dont elle avait besoin, là, à ce moment-là.

Alors c'est pas ce qui s'est passé parce que vous êtes restés ensemble des années.

Oui.

Est-ce que votre sexualité commune a évolué ?

Oui, clairement. On a expérimenté un peu.

On a débloqué des choses.

De ton côté, de son côté ?

Des deux.

Par exemple, j'avais un petit peu lâché l'idée

de l'orgasme par pénétration.

J'avais fini par me dire que c'était un peu un mythe

parce qu'au final, c'est tellement plus facile de le faire autrement.

Et ça s'est débloqué un jour.

C'est venu et on n'a pas tellement compris pourquoi.

On a essayé de reproduire l'expérience

et au final, on a réussi à comprendre un petit peu

comment ça fonctionnait.

Que c'était un travail à deux,

qu'il y avait vraiment de la posture à faire

de chaque côté.

Et au final, c'est un exemple de choses

qu'on a un peu débloquées, sur lesquelles on a avancé.

Ça a enrichi.

J'ai une question un peu entre parenthèses.

Quand tu es tout seul, tu as toujours un orgasme ?

Ou pas forcément ?

Non, c'est plutôt jamais.

Ça arrive vraiment très rarement.

Et comme je disais tout à l'heure, c'est beaucoup de boulot.

Vraiment.

Il faut que tu aies du temps devant toi.

Il faut que j'aie du temps.

Ce n'est pas automatique.

L'éjaculation mécanique, oui, elle arrive.

Ça, il n'y a aucun problème.

Mais la montée de plaisir, vraiment, elle est rare.

Et c'est frustrant, mais en même temps,

je m'y suis habité.

Ça veut dire que même en amont,

tu ne vas pas te lancer dans une masturbation

si tu sais que tu n'es pas dans le mood,

tu ne vas pas y arriver,

ou tu n'as pas assez le temps.

Non, des fois, c'est juste que tu te sens bien après.

Même si tu n'as pas eu ce pic de plaisir,

tu sais que derrière, tu vas être un peu plus détendu.

Ça te soulage quand même.

Oui, clairement, ça relâche une tension.

Ça peut aider à mieux dormir.

Je ne me l'interdis pas, clairement pas,

parce que je n'aurai pas la récompense au bout.

Tu sais que tu as une forme de récompense quand même.

Voilà.

Ça fonctionne, mécaniquement, ça fonctionne.

Après, l'intensité n'est pas là.

Est-ce que tu as vu un médecin pour ça ?

Est-ce que tu t'es dit à un moment,

il y a un truc, peut-être que ce n'est pas normal,

et du coup, je vais voir un médecin ?

Ou est-ce qu'au contraire, votre vie sexuelle

était tellement épanouissante pour l'un comme pour l'autre

avec vos propres problématiques

que du coup, non, tu ne t'y es jamais dit ?

Non, on avait évoqué le sujet,

puis au final, ça n'avait rien d'une urgence

et ça n'avait rien de quelque chose de vital.

Donc au final, on n'a pas donné suite.

Je t'avoue, ça n'a pas l'air.

Mais c'est vrai, comme on impose tellement de choses

aux hommes aussi pour la sexualité,

on peut vite se dire, je ne suis pas comme les autres,

alors qu'il n'y a pas en vrai de majorité.

Après, je me sens clairement en minorité.

En fait, je t'avoue que quand on trouve

un peu des hommes hétérosexuels

pour parler de leur sexualité,

on se rend compte qu'en fait,

tous ne kiffent pas la fellation,

qu'il y en a beaucoup qui ne font pas la différence

entre éjaculation et orgasme

et qui peut-être n'ont jamais connu l'orgasme

et qui ne le savent pas.

Donc, je ne suis pas sûre que tu sois une minorité,

en réalité.

C'est possible.

C'est un sujet à part entière,

l'orgasme féminin comme masculin.

C'est que je ne sais plus qui avait dit

que la seule manière de savoir

si on en a eu un,

c'est d'en avoir eu un.

C'est-à-dire que c'est tellement intense,

c'est tellement une déferlante

qu'on porte tout

et pendant deux secondes,

tu ne sais plus où tu es,

que quand ça t'est arrivé,

tu ne peux pas en douter.

Alors qu'avoir du plaisir,

c'est encore autre chose.

C'est une marche vers l'orgasme,

mais ça reste une étape.

Et tu le sens.

Que ce n'est pas le truc au-dessus.

Et clairement, des orgasmes dans ma vie,

j'en ai eu.

Je n'en ai pas eu beaucoup, clairement.

Mais quand je les ai eus,

il n'y avait aucun doute.

Vous êtes devenus parents ensemble,

il y a deux ans.

Qu'est-ce qui a changé sexuellement

pour vous et pour toi aussi ?

Comment ça s'est passé en fait ?

Comment ça s'est passé toute cette phase

de grossesse qui peut changer

beaucoup de choses dans le couple

et puis même l'après ?

Alors la grossesse,

ça n'a pas changé tellement.

Au contraire,

c'était assez stimulant

pour les deux.

Je me souviens qu'on a beaucoup fait l'amour

pendant la grossesse.

Et c'était très bien.

Après,

c'est plus les contingences

d'avoir un enfant en bas âge

et de ne pas beaucoup dormir.

Et là,

la vie quotidienne reprend le dessus

quand l'un puis l'autre reprennent le boulot.

On a beaucoup moins de temps l'un pour l'autre

et forcément,

le désir est moins là.

Surtout qu'on avait des boulots

tous les deux assez prenants.

Le désir s'est étiolé clairement

à partir de ce moment-là

parce qu'on n'a pas su

réorganiser un peu notre vie

autour de nous

et c'était compliqué

de faire tout rentrer dans les cases.

Mais pour toi aussi du coup ?

Oui.

On parle beaucoup des femmes

qui ont moins de désir après l'accouchement

ce qui n'est pas complètement étonnant non plus

en réalité.

Mais on parle peu

du fait qu'en tant qu'homme,

on peut aussi avoir moins de désir

parce qu'on est devenu père

et qu'on est fatigué.

Je ne pense pas avoir moins de désir.

Surtout qu'on le faisait moins souvent.

Mon désir n'a pas tellement changé.

Il y a eu une période difficile

où suite à la grossesse

elle a eu...

son corps qui a changé

elle n'était pas à l'aise

avec

les 5 changes de forme

à l'allaitement

et puis une fois que l'allaitement

s'est arrêté

elle a perdu quand même pas mal de poids

elle ne se plaisait plus.

J'allais beau lui faire comprendre

que ça ne changeait rien

et que je la désirais toujours

ça ne marchait plus aussi facilement pour elle.

Ça va mieux.

Elle a repris des formes

et elle se plaît plus.

Mais ça a été un chemin

un peu long

et un peu difficile pour elle.

Et pour toi aussi du coup ?

De fait elle n'avait plus tellement envie.

Donc c'était un peu frustrant.

Est-ce qu'à ce moment-là

tu as plus développé

ta sexualité seule

ou pas forcément ?

Ou tu as juste mis entre parenthèses ?

Mis entre parenthèses.

Parce que je n'avais pas tellement

de moments à moi

pour...

Donc tu as juste laissé tomber.

J'ai un peu laissé tomber, oui.

Cette phase elle a duré combien de temps ?

Elle ne s'est pas tellement arrêtée.

C'est un peu ce qui a mis fin à notre relation

c'est que

on s'est un peu isolés.

On n'a clairement pas passé

assez de temps ensemble

on n'est pas arrivé à réorganiser

notre quotidien

à répartir un peu les rôles.

Les torts sont partagés

j'ai mon fardeau à porter.

Mais clairement

ça a été

de l'éloignement de plus en plus

jusqu'au jour

où elle m'a annoncé

qu'elle était plus amoureuse

et qu'il valait mieux qu'on s'arrête là.

Pendant qu'on était encore à bon terme.

On va faire un deuxième petit jeu

sur ton imaginaire érotique

sexuel.

Je t'invite à me raconter

des anecdotes

ou des références

ou vas-y, éclate-toi.

Les oeuvres qui accompagnent

ton imaginaire érotique

et sexuel.

Le livre qui m'excite.

Je lis

pas autant que je voudrais

mais en fait, rarement

des oeuvres érotiques.

Voire pas du tout.

Donc j'ai pas tellement...

Mais tu peux être excité par des oeuvres

qui ne sont pas

volontairement érotiques.

Oui.

Il y en a une qui me vient

qui me vient en tête

mais là c'est plutôt

une bande dessinée.

Ça compte.

Ça s'appelle Jean.

J'ai pas eu l'occasion

d'aller au bout

puisque j'étais interrompu

dans la lecture

et j'ai jamais repris.

Mais il y avait

une qualité de dessin

et puis une vision.

L'érotisme là

est clairement un thème

et un sujet

de cette série.

Il y avait vraiment

un traitement intéressant

sur l'érotisme

et la sexualité des femmes.

Le film qui me fait vibrer.

Alors j'ai deux réponses.

J'ai une réponse sérieuse

et une réponse incongrue.

Vas-y.

Je commence par la réponse incongrue.

Accrochez-vous à vos chaises.

Un film en particulier

et c'est

Abraham Lincoln,

un chasseur de vampires.

Alors, t'as évoqué

avant ton rapport

au costume

et à l'univers gothique.

Donc j'imagine

que ça a du sens.

Alors là,

ça n'a rien à voir

puisque là,

j'aurais plutôt parlé

de

Bram Stoker's Dracula

de Coppola

qui là,

en l'occurrence,

a une charge érotique

avec Monica Bellucci

extrêmement sexy.

Oui.

Et pas que.

Parce que Vinny the Rider

était quand même

incroyable.

Sinon,

pour retourner

à la question du cluster,

j'avais beaucoup aimé

les personnages

de Kate Beckinsale

dans Underworld

et Van Helsing.

Ils ne sont pas des grands films

mais

c'est de très bons divertissements.

Mais on peut comprendre

la charge érotique en effet

parce qu'il y a du costume

magnifique.

Et c'est des personnages

de femmes fortes

et ça me plaît beaucoup.

Et donc,

je reviens à pourquoi

Abraham Lincoln,

ça n'a rien à voir

avec l'esthétique.

C'est un des derniers moments

de notre relation longue.

Et en fait,

on s'était beaucoup éloigné

parce qu'on n'arrivait pas

à gérer notre quotidien

et c'était notre dernier

week-end tous les deux.

On avait donné

notre fille à garder

aux grands-parents

et on a pu avoir

notre dernière soirée

tous les deux.

Je ne savais pas

que c'était la dernière

mais on s'est regardé un film

parce que ce film-là,

on l'aime beaucoup tous les deux.

Ça nous fait rire

et il y avait vraiment

un moment de complicité retrouvé

et ça faisait

plusieurs semaines,

peut-être un peu plus d'un mois

qu'on avait pu

on n'avait pas eu

de vie sexuelle

et le sexe

qu'il y a eu après

a été incroyable.

C'était beau,

c'était tendre,

c'était chaud,

ça a duré longtemps

et c'était

un super souvenir.

Et à chaque fois

que tu vas regarder le DVD,

maintenant tu vas avoir

une pensée pour ce souvenir ?

Je ne l'ai pas revu

récemment parce que

il ne faut pas non plus

en abuser

mais clairement,

là, il y a un souvenir

complètement accroché

à ce film

qui est un...

C'est un bon moment

presque nannerdesque

On aime ça aussi.

C'est quoi ta réponse sérieuse

quand tu as dit

qu'il y avait un film incongru

et il y avait une réponse

plus sérieuse ?

C'était laquelle ?

J'ai un petit peu commencé

à l'évoquer,

c'est pas vraiment un film

mais

des personnages

de femmes fatales,

de femmes fortes

et j'en ai un en particulier

qui me vient

pendant la projection

de Casino Royale.

Je suis tombé

complètement amoureux

d'Eva Greene

qui me rappelle beaucoup

ma première copine,

une espèce de bête

une espèce de beauté froide

et en fait,

au tout début du film

elle me plaisait pas vraiment

je voyais pas trop

et au fur et à mesure

que le film se déroulait

il y avait de plus en plus

d'empathie

et quelque chose de fort

pour cette actrice

Vraiment, oui

ça m'a vraiment marqué.

L'image qui me donne

des frissons de plaisir ?

La question est très vaste.

Ah mais ça peut être

une photo,

une scène de film,

effectivement.

J'ai un tempérament

un peu d'esthète

je l'ai déjà évoqué

et du coup

j'aime beaucoup

toutes sortes de choses

et je suis

abonné à

plein de pages Facebook

de photographes,

de modèles

de cosplayers

de gens qui font

de la corsetterie

des costumes, etc.

J'ai pas une photo

en particulier

mais quand

il y a vraiment

un travail exceptionnel

qui est fait

sur à peu près tous les plans

le modèle

est bon

le décor est là

le costume est là

il y a une bonne lumière

il y a une ambiance

j'ai souvent

un moment où

je m'arrête de respirer

j'ai un

j'ai quelques secondes

à me remettre

d'une photo

parfaite

et là, clairement

c'est un plaisir

un peu coupable

mais complètement

intellectuel

mais ça me fait du bien

ça me plaît beaucoup

Le parfum qui réveille tes sens ?

J'ai pas vraiment

un parfum

c'est plus

une expérience

l'odeur de la peau

c'est

c'est quelque chose

d'exceptionnel

mais plutôt

une expérience de sillage

quand on croise

quelqu'un dans la rue

la respiration

qui vient après

une fois de temps en temps

on est un peu transporté

comme ça

dans un autre

imaginaire olfactif

et puis on sait

qu'à la respiration de suivante

ça aura disparu

et ce petit moment

de plaisir instantané

et

complètement innocent

ça me transporte

ça me plaît beaucoup

Et la musique qui te met le mieux

dans l'ambiance ?

C'est un des deux sujets

que j'aborde

avec une certaine mystique

la musique

et le sexe

et en fait

bizarrement

j'arrive pas tellement

à mélanger les deux

ça me bloque

de faire l'amour

avec de la musique

en fond

j'arrive pas à me concentrer

sur ce que je suis en train de faire

mais à côté de ça

il y a des musiques

qui me

font vraiment

un effet particulier

il y a

quelque chose

dont je fais l'expérience

depuis que je suis tout petit

et que j'ai jamais mis

un mot dessus

jusqu'à

il y a deux ans

ça s'appelle l'ASMR

ça me parcourt

depuis très très longtemps

et j'ai

appris

que j'étais pas le seul

et que ça portait un nom

et j'étais très content

le jour où j'ai découvert ça

Et qu'il y a une énorme

communauté sur internet

et que c'est vraiment

lié effectivement

à du plaisir

presque érotique

sensuel

l'ASMR

Il y a certaines voix

je suis très sensible

je suis très sensible aux voix

quand j'écoute de la musique

il y a des voix

que je supporte pas

même si c'est

des artistes reconnus

ça me va pas

mais il y a

des voix

qui font vraiment

beaucoup de choses

et notamment

toutes les voix

un peu jazz

un peu

chaude

un peu caressante

si je donne les exemples

ça va être

Nora Jones

Bébel Gilberto

Mélodie Gardo

Diana Krall

ce genre de voix

ça me

ça me met dans un état

un petit peu

une certaine ivresse

auditive

c'est très agréable

Donc on a parlé de ta relation longue

qui s'est finie

il y a pas très longtemps

Non, effectivement

Au moment où on se parle

ça fait quelques mois ?

Ça fait

9 mois

Tu nous as raconté

ta dernière fois

dans le cadre

de cette relation longue

mais est-ce qu'il y a eu

une dernière

dernière fois ?

Et surtout

c'était quand s'il y en a eu ?

Il y en a eu non ?

C'était pas un super souvenir

J'ai un peu

tenté ma chance

sur des applis de rencontre

sachant que

à l'époque où ma relation longue

a commencé

ça n'existait pas

C'était un peu nouveau pour moi

nouveau terrain

et je suis clairement

pas à l'aise dedans

Et j'ai eu

un contact

une fille qui était

très intéressée

de fil en aiguille

donc on s'est vu

on était à peu près d'accord

sur

une relation

sans engagement

parce que clairement

j'ai pas besoin de ça maintenant

et donc on s'est

vu chez elle

une fois

C'était quand ?

C'était en mai

de mémoire

et ça s'est pas bien passé

Elle avait une idée

très précise

de ce qu'elle pensait

être bien pour moi

où elle était persuadée

de savoir de quoi

j'avais besoin

alors qu'elle se plantait

complètement

Enfin avec le recul

j'aurais pas dû y aller

parce qu'elle ne me plaisait

pas plus que ça

j'avais juste besoin

de tendresse

et clairement

c'était pas la bonne personne

Vous aviez discuté avant

de ce que vous vouliez

Mais c'était vraiment

plus

les limites

quel genre de sexe

et puis

Et même sur ça

vous vous étiez pas

mis d'accord ?

Si on était d'accord

mais il y a

se mettre d'accord

sur les pratiques

et les mettre en pratique

et clairement

je pensais pas

que ça arriverait un jour

mais on avait

un imaginaire érotique

qui se tend

à des années-lumière

Elle avait

elle a toujours

je pense

un imaginaire érotique

qui est très

calqué

sur du mauvais porno

et moi

ça me bloque

ça me plaît pas

le porno en tube

non

ça me va pas du tout

et clairement

elle en faisait

des caisses

pour essayer

de m'exciter

parce que

de mon côté

ça marchait pas tellement

on a essayé

de bricoler

un peu

mais

Qu'est-ce qui s'est passé

du coup ?

Ça a pas marché

elle était

frustrée

elle était frustrée

que

j'arrive pas

à maintenir une érection

elle a essayé

un peu

de s'occuper de moi

mais c'était tellement

brut

presque barbare

que

moi ça m'a

le peu d'excitation

que j'avais

tout est retombé

tout de suite

Et est-ce que

t'as pu faire ce que t'aimes

c'est-à-dire

t'occuper d'elle

ou pas du tout ?

Un peu

mais

elle avait besoin

d'être vraiment

dans l'initiative

et dans la domination

de la relation sexuelle

et elle s'est un peu

elle a eu besoin

de la domination

et elle a eu besoin

de se sentir

dans cette situation

mais elle a eu besoin

de se sentir

dans cette situation

et on a vu

que

en pénétration

ça marcherait pas

je suis pas sûr

qu'elle en ait vraiment

profité

et donc

on s'est pas revus

parce que

clairement

il y avait

rien de plus à faire

Comment ça s'est

stoppé ?

C'est-à-dire

qu'à un moment

t'as dit

non mais ça marche pas

du tout

je m'en vais

et je me suis dit

non mais ça marche pas

je m'en vais

je m'en vais

et j'ai fait

un petit peu

de la confiance

je la connaissais pas

depuis longtemps

et

elle était vraiment

dans un côté

très dominant

qui était

un peu dérangeant

ça peut être bien

quand c'est bien fait

et là

clairement

j'avais pas envie

de passer plus

de temps avec elle

donc

Donc t'as fini par dire

bon bah bonne soirée

je rentre chez moi

Ouais

merci

parce que

c'est de la première fois

dont on parlait

qui était négative

mais où t'as pris du plaisir

à cette dernière fois

actuellement

est-ce que t'as le sentiment

que malgré tout

ça a évolué

que t'as beaucoup réfléchi

ou est-ce que t'es au contraire

sur un chemin

logique en fait

de

d'où

de ce que tu es

Je sais qu'il y a eu

une évolution

j'ai pas l'impression

qu'il y ait eu

une évolution

fulgurante

il y a eu

une évolution

chez moi

c'est vraiment une prise

de confiance

j'étais pas tellement

à l'aise avec justement

la sexualité pénétrative

parce que je l'avais fait peu

et

c'était encore un peu flou

tout le process

la position

l'angle

le rythme

en fait

le fait de pas avoir pratiqué

d'avoir eu des longues périodes

de pause

entre deux partenaires

ça a pas aidé

clairement

donc avant cette relation

j'ai eu

trois relations

courtes

et qui ont été espacées

chacune de

entre

six mois

et trois ans

donc

c'était pas

une acquisition

c'était une expérience

très

très constructive

et là cette relation longue

elle a débloqué

ça chez toi

oui

j'ai vu que

ça pouvait marcher

il y avait plein de manières

de s'y prendre

et des choses aussi

basiques

que

le missionnaire

bah en fait

il y a plein de manières

de

faire des variations

autour du missionnaire

et que ça marche bien

et différemment

un peu à chaque fois

c'est

l'important

en fait

c'est

peut-être avec quelqu'un

avec qui t'as confiance

en qui t'as confiance

et d'avoir

l'intention

de passer

un bon moment

est-ce que

tu

as continué

à aller sur des applis

de dating

depuis

est-ce que t'as essayé

de relancer ça

avec d'autres gens

de faire d'autres rencontres

oui

ça marche pas

du tout

parce que je suis pas du tout

fait pour ça

je sais pas faire

la conversation

parce que je suis

quelqu'un de très

basiquement timide

et

je trouve ça très impersonnel

il y a vraiment

un côté catalogue

qui est un peu bizarre

et puis

il y a un problème

d'attente

clairement

les profils que je vois

de femmes

de mon âge

elles cherchent toutes

quelqu'un pour avoir

des enfants

et là

pour moi

c'est plus du tout

un sujet

j'ai une fille

que j'aime à la folie

c'est très bien

mais

avoir un enfant

ça a été un tel

changement

une telle remise

en question

et beaucoup

de sacrifices

que j'ai pas envie

d'en avoir d'autres

en fait

les gens qui sont

dans cette étape-là

de leur vie très bien

le problème

c'est que c'est

95% des profils

donc

je suis pas au bon endroit

au bon moment

tu as déjà

réfléchi

à comment tu allais réagir

comment t'allais faire

pour la suite

donc du coup

pas les applis dating

tu fais quoi

tu sors dans des bars

ou tu prévois de sortir

dans des bars

tu as réfléchi

à d'autres manières

de rencontrer des gens

est-ce que t'en as envie déjà

oui

après

j'ai pas une attente

qu'on va retrouver

facilement

on va se caser

se mettre en couple

à emménager ensemble

et on verra après

moi j'ai juste pas envie de ça

j'ai envie

d'une relation

de tendresse

mais qu'on soit

un peu chacun chez soi

j'ai vraiment besoin

de me recentrer sur moi

et de me redécouvrir

en fait

quand on vit avec quelqu'un

on pense autrement

on fait les choses

dans une optique

à deux

et on s'oublie

un peu

aussi

on oublie

un certain nombre

de ses

goûts

qui sont pas partagés

et on se dit

c'est pas le bon moment

de ne pas partager

de

d'habitude

ou de

d'envie

et j'ai pas envie

tellement

de perdre ça

j'ai vraiment envie

de retrouver

quelqu'un

parce que

clairement

j'ai besoin de tendresse

comme on a tous besoin de tendresse

mais j'ai pas envie

de trouver quelqu'un

pour emménager avec

et repartir

sur quelque chose

de très classique

j'ai vraiment envie

de garder mon indépendance

quitte à être

tout le temps

l'un chez l'autre

ça c'est pas un problème

mais

c'est un peu compliqué

et là clairement

je sais pas trop

quelles sont mes perspectives

je rencontre

des nouvelles

personnes

là c'est plutôt

des amis

j'élargis un peu

mon cercle d'amis

en allant à

des soirées

d'anniversaire de ci

de crémaillère de ça

mais

pas vraiment avec

un but en tête

j'ai peut-être aussi besoin

d'une

période de jachère

ou

ben

il se passe pas grand chose

et

je pense plus à moi

et

quand je serai un peu plus

serein

vis-à-vis de

comment j'envisage le couple

comment j'envisage

ma paternité

ce sera peut-être le moment

mais là

je suis dans un moment où

j'ai du mal à retrouver

mon équilibre personnel

donc

c'est peut-être pas le bon moment

je crois que c'est un bon conseil

à donner à tout le monde

le fait de

prendre le temps

d'être soi

de savoir ce qu'on veut

et

de savoir ce qu'on propose

à l'autre

aussi

avant de

se mettre en couple

avant d'avoir

des relations sexuelles

avec des gens

ou même

des relations

avec les gens

je trouve que c'est plein de sagesse

ton parcours actuellement

donc je te souhaite que ça

que ça se développe

que ce soit beau

que ça avance

et que tu rencontres quelqu'un

parce que assez clairement

t'as besoin de ça aussi

merci beaucoup

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