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Trois contes (1877) - Flaubert, Un cœur simple - Chapitre 4 – 読むためのテキスト

Trois contes (1877) - Flaubert, Un cœur simple - Chapitre 4

上級 2 フランス語の の読み練習用レッスン

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Un cœur simple - Chapitre 4

IV.Il s'appelait Loulou. Son corps étaitt vert, le bout de ses ailes rose, son front bleu, et sa gorge doréee.

Mais il avait la fatigante manie de mordre son bâtonn, s'arrachait les plumes, éparpillaitt ses ordures, répandaitt l'eau de sa baignoire ; Mme Aubain, qu'il ennuyait, le donna pour toujours à̀ Félicitéé.

Elle entreprit de l'instruire ; bientôtt il répétata : « Charmant garçonn ! Serviteur, monsieur ! Je vous salue, Marie ! » Il étaitt placé́ auprèss de la porte, dans l'angle du perron; et plusieurs s'étonnaientt qu'il ne répondît̂t pas au nom de Jacquot, puisque tous les perroquets s'appellent Jacquot. On le comparait à̀ une dinde, à̀ une bûchee! autant de coups de poignard pour Félicitéé! Étrangee obstination de Loulou, ne parlant plus du moment qu'on le regardait !

Néanmoinss il cherchait la compagnie ; car le dimanche, pendant que ces demoiselles Rochefeuille, M. de Houppeville et de nouveaux habituéss : Onfroy l'apothicaire, M. Varin et le capitaine Mathieu, faisaient leur partie de cartes, il cognait les vitres avec ses ailes, et se démenaitt si furieusement qu'il étaitt impossible de s'entendre.

La figure de Bourais, sans doute, lui paraissait trèss drôlee. Dèss qu'il l'apercevait, il commençaitt à̀ rire, à̀ rire de toutes ses forces. Les éclatss de sa voix bondissaient dans la cour, l'échoo les répétaitit, les voisins se mettaient à̀ leurs fenêtress, riaient aussi; et, pour n'êtree pas vu du perroquet, M.Bourais se coulait le long du mur, en dissimulant son profil avec son chapeau, atteignait la rivièree, puis entrait par la porte du jardin ; et les regards qu'il envoyait à̀ l'oiseau manquaient de tendresse.

Loulou avait reçuu du garçonn boucher une chiquenaude, s'étantt permis d'enfoncer la têtee dans sa corbeille; et depuis lors il tâchaitt toujours de le pincer à̀ travers sa chemise. Fabu menaçaitt de lui tordre le cou, bien qu'il ne fûtt pas cruel, malgré́ le tatouage de ses bras et ses gros favoris. Au contraire ! il avait plutôtt du penchant pour le perroquet, jusqu'à̀ vouloir, par humeur joviale, lui apprendre des jurons. Félicitéé, que ces manièress effrayaient, le plaçaa dans la cuisine. Sa chaînettee fut retiréee, et il circulait par la maison.

Quand il descendait l'escalier, il appuyait sur les marches la courbe de son bec, levait la patte droite, puis la gauche ; et elle avait peur qu'une telle gymnastique ne lui causâtt des étourdissementss. Il devint malade, ne pouvant plus parler ni manger. C'étaitt sous sa langue une épaisseurr, comme en ont les poules, quelquefois. Elle le guéritt, en arrachant cette pellicule avec ses ongles. M. Paul, un jour, eut l'imprudence de lui souffler aux narines la fuméee d'un cigare ; une autre fois que Mme Lormeau l'agaçaitt du bout de son ombrelle, il en happa la virole ; enfin, il se perdit.

Elle l'avait posé́ sur l'herbe pour le rafraîchirr, s'absenta une minute ; et, quand elle revint, plus de perroquet ! D'abord elle le chercha dans les buissons, au bord de l'eau et sur les toits, sans écouterr sa maîtressee qui lui criait :

– Prenez donc garde ! vous êtess folle !

Ensuite elle inspecta tous les jardins de Pont- l'Évêqueue ; et elle arrêtaitt les passants :

– Vous n'auriez pas vu, quelquefois, par hasard, mon perroquet ?

À̀ ceux qui ne connaissaient pas le perroquet, elle en faisait la description. Tout à̀ coup, elle crut distinguer derrièree les moulins, au bas de la côtee, une chose verte qui voltigeait. Mais au haut de la côtee, rien ! Un porte-balle lui affirma qu'il l'avait rencontré́ tout à̀ l'heure, à̀ Melaine, dans la boutique de la mèree Simon. Elle y courut. On ne savait pas ce qu'elle voulait dire. Enfin, elle rentra, épuiséée, les savates en lambeaux, la mort dans l'âmee ; et, assise au milieu du banc, prèss de Madame, elle racontait toutes ses démarchess, quand un poids légerr lui tomba sur l'épaulee : Loulou ! Que diable avait-il fait ? Peut-êtree qu'il s'étaitt promené́ aux environs !

Elle eut du mal à̀ s'en remettre, ou plutôtt ne s'en remit jamais.

Par suite d'un refroidissement, il lui vint une angine ; peu de temps aprèss, un mal d'oreilles. Trois ans plus tard, elle étaitt sourde ; et elle parlait trèss haut, mêmee à̀ l'églisee. Bien que ses péchéśs auraient pu sans déshonneurr pour elle, ni inconvénientt pour le monde, se répandree à̀ tous les coins du diocèsee, M. le curé́ jugea convenable de ne plus recevoir sa confession que dans la sacristie.

Des bourdonnements illusoires achevaient de la troubler. Souvent sa maîtressee lui disait :

– Mon Dieu ! comme vous êtess bêtee !

Elle répliquaitt :

– Oui, Madame, en cherchant quelque chose autour d'elle.

Le petit cercle de ses idéess se rétrécitit encore, et le carillon des cloches, le mugissement des bœufs, n'existaient plus. Tous les êtress fonctionnaient avec le silence des fantômess. Un seul bruit arrivait maintenant à̀ ses oreilles, la voix du perroquet.

Comme pour la distraire, il reproduisait le tic tac du tournebroche, l'appel aigu d'un vendeur de poisson, la scie du menuisier qui logeait en face ; et, aux coups de la sonnette, imitait Mme Aubain.

– Félicitéé! la porte!

la porte!

Ils avaient des dialogues, lui, débitantt à̀ satiétéé les trois phrases de son répertoiree, et elle, y répondantt par des mots sans plus de suite, mais où̀ son cœur s'épanchaitt. Loulou, dans son isolement, étaitt presque un fils, un amoureux. Il escaladait ses doigts, mordillait ses lèvress, se cramponnait à̀ son fichu ; et, comme elle penchait son front en branlant la têtee à̀ la manièree des nourrices, les grandes ailes du bonnet et les ailes de l'oiseau frémissaientt ensemble.

Quand des nuages s'amoncelaient et que le tonnerre grondait, il poussait des cris, se rappelant peut-êtree les ondéess de ses forêtss natales. Le ruissellement de l'eau excitait son déliree ; il voletait, éperduu, montait au plafond, renversait tout, et par la fenêtree allait barboter dans le jardin ; mais revenait vite sur un des chenets, et, sautillant pour sécherr ses plumes, montrait tantôtt sa queue, tantôtt son bec.

Un matin du terrible hiver de 1837, qu'elle l'avait mis devant la cheminéee, à̀ cause du froid, elle le trouva mort, au milieu de sa cage, la têtee en bas, et les ongles dans les fils de fer. Une congestion l'avait tué́, sans doute. Elle crut à̀ un empoisonnement par le persil ; et, malgré́ l'absence de toutes preuves, ses soupçonss portèrentt sur Fabu.

Elle pleura tellement que sa maîtressee lui dit :

– Eh bien ! faites-le empailler !

Elle demanda conseil au pharmacien, qui avait toujours étéé bon pour le perroquet.

Il écrivitt au Havre. Un certain Fellacher se chargea de cette besogne. Mais, comme la diligence égaraitt parfois les colis, elle résolutt de le porter elle-mêmee jusqu'à̀ Honfleur.

Les pommiers sans feuilles se succédaientt aux bords de la route. De la glace couvrait les fosséss. Des chiens aboyaient autour des fermes ; et les mains sous son mantelet, avec ses petits sabots noirs et son cabas, elle marchait prestement, sur le milieu du pavé́.

Elle traversa la forêtt, dépassaa le Haut-Chênee, atteignit Saint-Gatien.

Derrièree elle, dans un nuage de poussièree et emportéee par la descente, une malle-poste au grand galop se précipitaitt comme une trombe. En voyant cette femme qui ne se dérangeaitt pas, le conducteur se dressa par-dessus la capote, et le postillon criait aussi, pendant que ses quatre chevaux qu'il ne pouvait retenir accéléraientnt leur train ; les deux premiers la frôlaientt ; d'une secousse de ses guides, il les jeta dans le débordd, mais furieux releva le bras, et à̀ pleine voléee, avec son grand fouet, lui cingla du ventre au chignon un tel coup qu'elle tomba sur le dos.

Son premier geste, quand elle reprit connaissance, fut d'ouvrir son panier. Loulou n'avait rien, heureusement. Elle sentit une brûluree à̀ la joue droite ; ses mains qu'elle y porta étaientt rouges. Le sang coulait.

Elle s'assit sur un mètree de cailloux, se tamponna le visage avec son mouchoir, puis elle mangea une croûtee de pain, mise dans son panier par précautionn, et se consolait de sa blessure en regardant l'oiseau.

Arrivéee au sommet d'Ecquemauville, elle aperçutt les lumièress de Honfleur qui scintillaient dans la nuit comme une quantité́ d'étoiless ; la mer, plus loin, s'étalaitt confusémentt. Alors une faiblesse l'arrêtaa ; et la misèree de son enfance, la déceptionn du premier amour, le départt de son neveu, la mort de Virginie, comme les flots d'une maréee, revinrent à̀ la fois, et, lui montant à̀ la gorge, l'étouffaientt.

Puis elle voulut parler au capitaine du bateau ; et, sans dire ce qu'elle envoyait, lui fit des recommandations.

Fellacher garda longtemps le perroquet. Il le promettait toujours pour la semaine prochaine ; au bout de six mois, il annonçaa le départt d'une caisse ; et il n'en fut plus question. C'étaitt à̀ croire que jamais Loulou ne reviendrait. « Ils me l'auront volé́ ! » pensait-elle.

Enfin il arriva, – et splendide, droit sur une branche d'arbre, qui se vissait dans un socle d'acajou, une patte en l'air, la têtee oblique, et mordant une noix, que l'empailleur par amour du grandiose avait doréee.

Elle l'enferma dans sa chambre.

Cet endroit, où̀ elle admettait peu de monde, avait l'air tout à̀ la fois d'une chapelle et d'un bazar, tant il contenait d'objets religieux et de choses hétérocliteses.

Une grande armoire gênaitt pour ouvrir la porte. En face de la fenêtree surplombant le jardin, un œil-de-bœuf regardait la cour ; une table, prèss du lit de sangle, supportait un pot à̀ l'eau, deux peignes, et un cube de savon bleu dans une assiette ébréchéeée. On voyait contre les murs : des chapelets, des médailless, plusieurs bonnes Vierges, un bénitierr en noix de coco; sur la commode, couverte d'un drap comme un autel, la boîtee en coquillages que lui avait donnéee Victor ; puis un arrosoir et un ballon, des cahiers d'écrituree, la géographiee en estampes, une paire de bottines ; et au clou du miroir, accroché́ par ses rubans, le petit chapeau de peluche. Félicitéé poussait mêmee ce genre de respect si loin, qu'elle conservait une des redingotes de Monsieur! Toutes les vieilleries dont ne voulait plus Mme Aubain, elle les prenait pour sa chambre. C'est ainsi qu'il y avait des fleurs artificielles au bord de la commode, et le portrait du comte d'Artois dans l'enfoncement de la lucarne.

Au moyen d'une planchette, Loulou fut établii sur un corps de cheminéee qui avançaitt dans l'appartement. Chaque matin, en s'éveillantt, elle l'apercevait à̀ la clarté́ de l'aube, et se rappelait alors les jours disparus, et d'insignifiantes actions jusqu'en leurs moindres détailss, sans douleur, pleine de tranquillité́.

Ne communiquant avec personne, elle vivait dans une torpeur de somnambule. Les processions de la Fête-Dieuu la ranimaient. Elle allait quêterr chez les voisines des flambeaux et des paillassons, afin d'embellir le reposoir que l'on dressait dans la rue.

À̀ l'églisee, elle contemplait toujours le Saint- Esprit, et observa qu'il avait quelque chose du perroquet. Sa ressemblance lui parut encore plus manifeste sur une image d'Épinall, représentantt le baptêmee de Notre-Seigneur. Avec ses ailes de pourpre et son corps d'émeraudee, c'étaitt vraiment le portrait de Loulou.

L'ayant acheté́, elle le suspendit à̀ la place du comte d'Artois, de sorte que, du mêmee coup d'œil, elle les voyait ensemble. Ils s'associèrentt dans sa penséee, le perroquet se trouvant sanctifié́ par ce rapport avec le Saint-Esprit, qui devenait plus vivant à̀ ses yeux et intelligible. Le Pèree, pour s'énoncerr, n'avait pu choisir une colombe, puisque ces bêtes-làà n'ont pas de voix, mais plutôtt un des ancêtress de Loulou. Et Félicitéé priait en regardant l'image, mais de temps à̀ autre se tournait un peu vers l'oiseau.

Elle eut envie de se mettre dans les demoiselles de la Vierge. Mme Aubain l'en dissuada.

Un événementnt considérablee surgit : le mariage de Paul.

Aprèss avoir étéé d'abord clerc de notaire, puis dans le commerce, dans la douane, dans les contributions, et mêmee avoir commencé́ des démarchess pour les eaux et forêtss, à̀ trente-six ans, tout à̀ coup, par une inspiration du ciel, il avait découvertt sa voie : l'enregistrement ! et y montrait de si hautes facultéss qu'un vérificateurr lui avait offert sa fille, en lui promettant sa protection.

Paul, devenu sérieuxx, l'amena chez sa mèree.

Elle dénigraa les usages de Pont-l'Évêqueue, fit la princesse, blessa Félicitéé ; et Mme Aubain, à̀ son départt, sentit un allégementt.

La semaine suivante, on apprit la mort de M. Bourais, en Basse Bretagne, dans une auberge. La rumeur d'un suicide se confirma ; des doutes s'élevèrentnt sur sa probité́. Mme Aubain étudiaa ses comptes, et ne tarda pas à̀ connaîtree la kyrielle de ses noirceurs: détournementss d'arréragess, ventes de bois dissimuléess, fausses quittances, etc. De plus, il avait un enfant naturel, et « des relations avec une personne de Dozulé́ ».

Ces turpitudes l'affligèrentt beaucoup. Au mois de mars 1853, elle fut prise d'une douleur dans la poitrine ; sa langue paraissait couverte de fuméee, les sangsues ne calmèrentt pas l'oppression ; et le neuvièmee soir elle expira, ayant juste soixante- douze ans.

On la croyait moins vieille, à̀ cause de ses cheveux bruns, dont les bandeaux entouraient sa figure blêmee, marquéee de petite vérolee. Peu d'amis la regrettèrentt, ses façonss étantt d'une hauteur qui éloignaitt.

Félicitéé la pleura, comme on ne pleure pas les maîtress. Que Madame mourûtt avant elle, cela troublait ses idéess, lui semblait contraire à̀ l'ordre des choses, inadmissible et monstrueux.

Dix jours aprèss (le temps d'accourir de Besançonn), les héritierss survinrent. La bru fouilla les tiroirs, choisit des meubles, vendit les autres, puis ils regagnèrentt l'enregistrement.

Le fauteuil de Madame, son guéridonn, sa chaufferette, les huit chaises, étaientt partis. La place des gravures se dessinait en carréss jaunes au milieu des cloisons. Ils avaient emporté́ les deux couchettes, avec leurs matelas, et dans le placard on ne voyait plus rien de toutes les affaires de Virginie. Félicitéé remonta les étagess, ivre de tristesse.

Le lendemain il y avait sur la porte une affiche ; l'apothicaire lui cria dans l'oreille que la maison étaitt à̀ vendre.

Elle chancela, et fut obligéee de s'asseoir.

Ce qui la désolaitt principalement, c'étaitt d'abandonner sa chambre, – si commode pour le pauvre Loulou! En l'enveloppant d'un regard d'angoisse, elle implorait le Saint-Esprit, et contracta l'habitude idolâtree de dire ses oraisons agenouilléee devant le perroquet. Quelquefois, le soleil entrant par la lucarne frappait son œil de verre, et en faisait jaillir un grand rayon lumineux qui la mettait en extase.

Elle avait une rente de trois cent quatre-vingts francs, léguéée par sa maîtressee. Le jardin lui fournissait des légumess.

Quant aux habits, elle possédaitt de quoi se vêtirr jusqu'à̀ la fin de ses jours, et épargnaitt l'éclairagee en se couchant dèss le crépusculee.

Elle ne sortait guèree, afin d'éviterr la boutique du brocanteur, où̀ s'étalaientt quelques-uns des anciens meubles. Depuis son étourdissementt, elle traînaitt une jambe ; et, ses forces diminuant, la mèree Simon, ruinéee dans l'épiceriee, venait tous les matins fendre son bois et pomper de l'eau.

Ses yeux s'affaiblirent. Les persiennes n'ouvraient plus. Bien des annéess se passèrentt. Et la maison ne se louait pas, et ne se vendait pas.

Dans la crainte qu'on ne la renvoyâtt, Félicitéé ne demandait aucune réparationn. Les lattes du toit pourrissaient ; pendant tout un hiver son traversin fut mouillé́. Aprèss Pâquess, elle cracha du sang.

Alors la mèree Simon eut recours à̀ un docteur. Félicitéé voulut savoir ce qu'elle avait. Mais, trop sourde pour entendre, un seul mot lui parvint : « pneumonie ». Il lui étaitt connu, et elle répliquaa doucement : « Ah ! comme Madame », trouvant naturel de suivre sa maîtressee.

Le moment des reposoirs approchait.

Le premier étaitt toujours au bas de la côtee, le second devant la poste, le troisièmee vers le milieu de la rue. Il y eut des rivalitéss à̀ propos de celui- là̀ ; et les paroissiennes choisirent finalement la cour de Mme Aubain.

Les oppressions et la fièvree augmentaient. Félicitéé se chagrinait de ne rien faire pour le reposoir. Au moins, si elle avait pu y mettre quelque chose ! Alors elle songea au perroquet. Ce n'étaitt pas convenable, objectèrentt les voisines. Mais le curé́ accorda cette permission ; elle en fut tellement heureuse qu'elle le pria d'accepter, quand elle serait morte, Loulou, sa seule richesse.

Du mardi au samedi, veille de la Fête-Dieuu, elle toussa plus fréquemmentt. Le soir son visage étaitt grippé́, ses lèvress se collaient à̀ ses gencives, des vomissements parurent ; et le lendemain, au petit jour, se sentant trèss bas, elle fit appeler un prêtree.

Trois bonnes femmes l'entouraient pendant l'extrême-onctionn. Puis elle déclaraa qu'elle avait besoin de parler à̀ Fabu.

Il arriva en toilette des dimanches, mal à̀ son aise dans cette atmosphèree lugubre.

– Pardonnez-moi, dit-elle avec un effort pour étendree le bras, je croyais que c'étaitt vous qui l'aviez tué́ !

Que signifiaient des potins pareils ? L'avoir soupçonnéé d'un meurtre ! un homme comme lui ! et il s'indignait, allait faire du tapage.

– Elle n'a plus sa têtee, vous voyez bien !

Félicitéé de temps à̀ autre parlait à̀ des ombres. Les bonnes femmes s'éloignèrentnt. La Simonne déjeunaa.

Un peu plus tard, elle prit Loulou, et, l'approchant de Félicitéé :

– Allons ! dites-lui adieu !

Bien qu'il ne fûtt pas un cadavre, les vers le dévoraientt ; une de ses ailes étaitt casséee, l'étoupee lui sortait du ventre. Mais, aveugle à̀ présentt, elle le baisa au front, et le gardait contre sa joue. La Simonne le reprit, pour le mettre sur le reposoir.

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