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Acmaq.1 La secret de la vieille Madouesse-Diane Carmel Lege… – 読むためのテキスト

Acmaq.1 La secret de la vieille Madouesse-Diane Carmel Leger, Chapitre 4 - La vieille Madouesse

フランス語の の読み練習用レッスン

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Chapitre 4 - La vieille Madouesse

Chapitre 4

La vieille Madouesse

— Où est Papa ? demande Benoît en se levant le matin.

— Il est déjà parti sortir le VTT du canal avec Damien, répond sa mère.

— Je payerai les réparations, Maman.

— T'en discuteras avec ton père. As-tu encore mal à la tête ?

— Non.

Elle lève la main pour montrer ses doigts.

— Combien ?

— Deux doigts. Je suis bien, Maman.

— Le danger doit être passé. Benoît, tu m'as fait une grande peur.

— Pardon, Maman, c'est pas ça que je voulais faire, murmure-t-il. J'étais frustré parce que je ne veux pas aller à la garderie.

— Jamais que j'aurais cru que tu oserais prendre le VTT ! Ton geste immature m'a convaincu que tu n'es pas assez responsable pour rester seul à la maison.

Blessé par l'acharnement de sa mère, Benoît retient ses larmes et s'affaire à fouiller les armoires pour ses céréales préférées. Son père pourrait-il amener sa mère à changer d'idée ?

— Ne cherche pas tes céréales « super-sucrées », Benoît. Je les ai jetées à la poubelle. J'ai acheté des céréales réduites en calories et du lait écrémé pour toi.

— Mais Maman, ça va goûter le carton et l'eau !

— Souviens-toi de ce que le médecin t'a dit. C'est pour ton bien, Benoît. Je vais chercher les filles chez Nicole. N'oublie pas de ranger la vaisselle.

Ce n'est pas la première fois que sa mère essaye de le faire maigrir. Benoît remplit son bol de céréales et de lait qu'il imagine sans goût et il plante sa cuillère au centre. Machinalement, il mange en cherchant à se remonter le moral. La seule chose positive qui lui vient à l'esprit, c'est que son père lui évite l'humiliation de récupérer le véhicule devant tous les gens qui se promènent en VTT le samedi.

Il est en train de vider le lave-vaisselle lorsque son père rentre.

— Fais-toi pas de souci pour les réparations, Benoît. Le VTT fonctionne bien. Il y a seulement quelques égratignures et des petites bosselures. Je vais le laisser comme ça.

— Mais je veux payer pour le remettre à neuf.

— Oublie ça, Benoît. Décris-moi l'animal gris qui a couru devant le VTT.

— À peu près 30 cm en hauteur… Euh, je veux dire en longueur, et 5 cm en largeur, se corrige Benoît, cherchant à cacher le fait que la « bête » courait sur deux pattes.

— Mince, un pied en longueur… C'était probablement une belette, mais j'en ai jamais vu de grises. Avait-elle un long museau ? demande Serge.

— Je n'ai pas remarqué, l'animal courait trop vite.

Benoît n'aime pas du tout mentir à son père. « Si je lui dis que son capuchon gris cachait le museau de l'animal, mon père perdra confiance en moi pour toujours, » se dit-il.

— Ah, bien, peu importe. Je n'ai pas vu de sang ni de traces de bête blessée. Astheure pour résoudre ton problème de garderie, faut que je t'emmène faire un petit tour dans la vallée.

Benoît lui sourit.

— Non, Benoît. Pas en VTT comme tu t'imagines, mais en voiture. Tu n'as pas le droit d'aller en VTT ni le droit de jouer tes jeux vidéo pendant un mois.

— Tout un mois ?

— Oui, dit Serge fermement.

— Où allons-nous ?

— Chez ma tante Madeleine. Ça fait une semaine qu'elle est de retour de Fredericton. Comme tu sais, sa pauvre amie Corinne s'est cassé la hanche pendant leur grand voyage à travers le Canada et les États-Unis, alors ma tante a eu la bonté de rester chez Corinne jusqu'à son rétablissement.

— Ç'a pris longtemps…

— Oui. Ça prend plus de temps à guérir et à se remettre quand on est vieux. Je lui ai parlé de ton dilemme. Ma tante pense avoir trouvé un endroit où tu peux rester après la classe, mais elle veut d'abord te voir.

Encouragé, Benoît souhaite qu'il puisse rester chez des jeunes de son âge.

— Pourquoi Pépère appelait-il ta tante Madeleine, « Madouesse ? »

— Il aimait taquiner sa grande soeur Madeleine. Madouesse est le nom mi'kmaq pour porc-épic. Quelqu'un lui aurait donné ce surnom d'animal à piquants parce qu'elle était vite à se hérisser et à se mettre en colère. Mais mon père le prononçait avec affection. Ma tante est parfois picasse, mais elle est une très bonne personne.

— Picasse ?

— Un vieux mot de par ici. Ça veut dire une personne déplaisante qui s'enrage facilement. Malgré sa mine sévère et son tempérament, ses élèves ont toujours eu un grand respect pour ma tante Madeleine. Elle était une enseignante ferme et juste qui avait le tour d'intéresser les jeunes aux matières scolaires même les élèves les plus difficiles et les plus effrontés. Elle m'a enseigné en sixième année. Tu peux être sûr que j'étais très sage cette année-là.

Benoît sourit en imaginant la gêne que son père a dû ressentir dans la classe de sa tante picasse.

— Tes copains de classe ont dû te taquiner.

— Un peu, mais pas lorsque nous étions en sixième. Ils n'osaient pas taquiner le neveu de leur maîtresse stricte que certains appelaient la vieille Madouesse, dans son dos. C'est pourquoi je gage que les petits effrontés ne t'achaleront plus si tu vas rester chez ma tante Madeleine.

— Elle va proposer que je reste seul avec elle après la classe ?

— C'est notre seule option à part la garderie, Benoît. Mais tu dois répondre à ses questions avant qu'elle accepte de te recevoir chez elle.

Benoît se retient de commenter et il rumine sur ses piètres choix.

Alors, soit que je reste avec les petits de la garderie ou avec une grand-tante ancienne enseignante. J'aurai pas d'amis de mon âge. Papa sera mon seul ami.

*

— Entrez, entrez. Comme je suis contente d'avoir enfin de la famille dans les parages, déclare la tante d'une voix étonnamment forte pour une vieille femme.

Benoît se demande si rester dans cette maison va être mieux qu'à la garderie. Sa grand-tante lui paraît toujours sévère. Autour de lui, il ne voit pas d'ordinateur. Le seul écran visible est celui d'un vieux téléviseur. Il ne voit que des antiquités — un véritable musée !

Lorsque son père donne un bisou à sa tante, les joues de la vieille rosissent. Puis elle se libère immédiatement des bras de Serge. Elle examine Benoît de la tête aux pieds.

— Mon doux, Benoît, tu as bien grandi depuis qu'on s'est vu en septembre !

Benoît rougit. Elle veut dire grossi.

— Un grand gars comme toi n'a pas de place à la garderie ! À ton âge, ton grand-père travaillait à la ferme. Avant et après la classe ! Serais-tu prêt à faire des tâches pour moi en échange de rester ici ?

Benoît a envie de rétorquer, « Non. Je ne veux pas rester avec une vieille enseignante sévère », mais il répond poliment.

— Oui, ma tante.

— C'est ma seule question. Alors Benoît, t'es bienvenu chez moi.

— Ma tante, je veux vous payer pour ce service, offre Serge.

— Garde ton argent ! Il n'en est pas question. Benoît est mon seul petit-neveu, insiste Madeleine.

— Vous êtes certaine, ma tante ? C'est une responsabilité pour vous qui méritez une belle retraite. Vous pouvez prendre la vie à l'aise et repartir en voyage quand vous voulez…

— Je ne serai pas à l'aise aussi longtemps que quelqu'un a besoin de mon aide. Surtout les membres de ma propre famille ! Ne crains pas, il va travailler en échange de son temps ici. C'est réglé. Là, je dois aller à un rendez-vous.

— Merci beaucoup, ma tante, dit Serge qui se prépare à lui faire une autre bise.

Elle l'évite en se tournant gauchement vers Benoît.

— À lundi, Benoît. Ça devrait seulement te prendre quinze minutes pour marcher de l'école. Si tu ne rentres pas à temps, j'irai à ta rencontre, dit-elle sobrement.

Benoît angoisse.

Ah non ! Si on m'achale en route pour aller chez ma grand-tante, ça se peut que je sois en retard. Puis, si cette vieille vient à ma rencontre pour me chicaner devant les autres… Ça sera une honte de plus !

En voiture vers la maison, Benoît est silencieux.

— Benoît, ma tante Madeleine peut être brusque, mais elle a un très bon coeur. Si tu la respectes, elle te respectera.

À la maison, Benoît remercie son père tout bas et monte à sa chambre, où il se laisse choir sur son lit.

Pas d'ordi, ni de télé, ni de VTT pour tout un mois ! Et je vais passer mon temps avec une vieille femme stricte. Je vais m'ennuyer à mort ! À mort !

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