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Acmaq.1 La secret de la vieille Madouesse-Diane Carmel Lege… – 読むためのテキスト

Acmaq.1 La secret de la vieille Madouesse-Diane Carmel Leger, Chapitre 3 - L'hôpital

フランス語の の読み練習用レッスン

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Chapitre 3 - L'hôpital

Chapitre 3

L'hôpital

— À part la tête, as-tu mal ailleurs ? demande le médecin à la salle d'urgence de l'hôpital.

— Non. Mon gras m'a protégé, réplique Benoît pour alléger la situation.

Sa mère et le médecin ne sourient pas.

— Jeune homme, ton surpoids va nuire à ta santé, c'est sûr et il faut que tu changes tes habitudes alimentaires. Puis, l'exercice physique te ferait plus de bien que d'être assis sur un VTT, poursuit le médecin. Mais il y a plus grave que ça tout de suite…

— Je vais le remettre au régime, Docteur, assure sa mère.

Benoît évite les regards sérieux des adultes.

— Tu es chanceux. Cet accident aurait pu te paralyser ou même te tuer. Si tu ne me crois pas, regarde ! poursuit le médecin, désignant le casque protecteur cabossé.

Benoît endure les reproches de ce médecin qu'il trouve hautain.

Voyant rougir Benoît, le médecin s'adresse à Monique.

— Madame, votre fils n'a pas l'âge de conduire ce véhicule seul. Je laisse à vous et à votre époux le soin de lui expliquer le danger de ce qu'il a fait.

— C'est la première fois qu'il fait ça. On ne lui a pas donné la permission de prendre le VTT. C'est sûr qu'on lui parlera des conséquences de son acte. Êtes-vous certain qu'il va bien ?

— Je pense que oui, mais vous feriez mieux de le surveiller de près pendant vingt-quatre heures.

Dans la voiture, la mère de Benoît le sermonne à son tour.

— Par chance que Nicole ait vu ton accident de chez elle. Et Dieu merci, t'as seulement une bosse. T'aurais pu te tuer ! Qu'est-ce que t'avais dans l'idée de prendre le VTT à ton père et de me faire une pareille peur ?

Benoît reste muet.

Le cellulaire de Monique vibre. Elle répond.

— Oui, Serge, il est correct. Une chance qu'il portait un casque. Le docteur m'a dit de le surveiller de près parce qu'il a cogné sa tête assez fort pour perdre connaissance. Non, le VTT est encore là. Le mari de Nicole t'aidera à le sortir du canal demain. Veux-tu parler à Benoît ?

Réticent, Benoît prend le téléphone.

— Papa, je payerai pour les réparations au VTT avec l'argent de ma fête de douze ans.

— Benoît, ce n'est pas les réparations qui me troublent. T'as failli te tuer et tu nous as désobéi. Je t'ai pourtant dit que c'est contre la loi pour un garçon de onze ans de conduire un VTT tout seul. Je t'ai toujours fait confiance, Benoît. Qu'est-ce qui t'as pris de faire ce geste de fou ?

Blessé par ce dernier commentaire, Benoît répond :

— Pardon Papa. J'étais enragé parce que je dois aller à la garderie lundi. Je ne suis pas un bébé !

— On s'en reparlera ce soir. J'ai trouvé quelqu'un pour me remplacer demain.

Malgré sa peine de décevoir son père et les conséquences possibles de son « geste de fou », Benoît est soulagé que son père rentre plus tôt que prévu.

Chez lui, Benoît va pour se réfugier dans sa chambre, mais Monique l'oblige à rester dans le salon.

— Le médecin m'a dit de te surveiller. Compte mes doigts, Benoît, lui dit sa mère en lui montrant trois doigts.

— Trois. Je suis bien, Maman.

Emma et son amie Claire arrivent en compagnie de Nicole, la mère de Claire. Les deux fillettes accourent auprès de Benoît, allongé sur le divan.

— Un animal t'a attaqué ? demande Emma, les yeux écarquillés.

— Non, il a couru devant le VTT. J'ai voulu l'éviter, mais j'ai tourné de bord trop vite. Ça m'a lancé et le VTT a chuté en bas de la digue et roulé dans le fossé.

— Mon frère a vu le VTT à l'envers près de la levée, dit Claire, impressionnée.

— Ah non, se lamente Benoît, songeant que Nicolas va en parler à ses copains de classe.

Pour cacher son désarroi, il se retourne vers le dos du divan et se morfond.

Ici, les jeunes vont en VTT depuis qu'ils sont en couches. Je n'entendrai jamais la fin de cet accident stupide !

— Laisse-le tranquille, Emma, chuchote sa mère, amène Claire dans ta chambre pour jouer aux Barbies.

Les fillettes montent à l'étage et les mères prennent un café dans la cuisine.

Benoît soupire.

D'autres auraient glissé dans le fossé aussi, pour éviter un animal qui court devant les roues de leur VTT. Et surtout un animal qui ressemble à un petit homme encapuchonné… Mais ce détail, je ne le dis pas. Je ne veux pas qu'on me prenne pour un cinglé, on me traite déjà en bébé !

En s'endormant, il essaye de se souvenir de l'animal.

Ça pouvait pas être un petit bonhomme gris… Il est passé si vite, que j'ai pas vu comme il faut. Puis le brouillard aurait pu déformer son apparence. Se peut-il qu'au Nouveau-Brunswick il existe un animal qui ressemble à un petit bonhomme ? La bête était trop maigre pour être un lièvre. Peut-être un lièvre amaigri par la maladie ou la faim ? Un rat peut-être ?

*

— Benoît. Réveille-toi, mon grand.

— Papa ! Où sont les autres ?

— Parties à la ville. As-tu encore mal à la tête ?

— Un peu, mais ça va mieux. Je peux t'aider à sortir le VTT du canal, Papa.

— Damien, le mari de Nicole, va m'aider demain matin.

Ah non ! Un autre qui va connaître les détails de mon accident stupide… Comment envisager le père de Nicolas ? Peut-être que Nicolas y sera aussi. Ah non, non !

— Tu dois avoir faim, Benoît. J'ai acheté une pizza pour notre souper. Je vais la réchauffer. Ça nous fera du bien de la manger dehors, au soleil.

Assis à la table de pique-nique, Benoît n'a pas le goût de manger son mets préféré. Malgré la présence réconfortante de son père, penser à la peine qu'il a causée à ses parents lui coupe la faim.

— Mange. Après on parlera de ton geste.

Benoît va pour ajouter « geste de fou », mais les mots bloquent dans sa gorge. Ils mangent en silence, chacun réfléchissant attentivement à ses paroles pour éviter de blesser l'autre.

— Benoît, tu sais bien que décoller en VTT ce n'est pas une manière de régler un problème. Tu es un bon fils, dit-il affectueusement. Ce n'est pas comme toi d'agir de la sorte. Faut trouver une autre façon d'arranger les choses.

Papa est pas revenu d'Halifax seulement pour me punir. Il est surtout revenu pour m'aider.

Les larmes lui viennent aux yeux, mais il s'empêche de pleurer ouvertement.

— Qu'est-ce qu'il y a, mon grand ?

— Je ne suis pas grand, Papa. Je suis gros, dit Benoît tout penaud.

— T'as pris un peu de poids cette année… Mais je dirais que tu es plutôt costaud, dit-il tendrement.

— Non, Papa, je suis plutôt gras. On se moque de mon poids et de mon accent. Maintenant on va se moquer de mon accident stupide. Puis les moqueries seront encore pires quand on me verra à la garderie de bébés. « Benoît Bedou, le bébé québécois ! »

Benoît éclate en sanglots.

Son père, qui n'a pas vu son fils pleurer depuis qu'il est bambin, serre Benoît contre lui.

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