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Acmaq.1 La secret de la vieille Madouesse-Diane Carmel Lege… – 読むためのテキスト

Acmaq.1 La secret de la vieille Madouesse-Diane Carmel Leger, Chapitre 10 - La patience perdue

フランス語の の読み練習用レッスン

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Chapitre 10 - La patience perdue

Chapitre 10

La patience perdue

— Éric ! As-tu su la nouvelle ? Hier, Benoît Bedou marchait sur la levée avec sa « girlfriend », la vieille Madouesse ! lance Dan pour que tout le monde puisse l'entendre.

— Sa « girlfriend » fait ben zire ! Ha, ha ! s'écrie Éric.

— Ouais, sa « girlfriend » est toute ridée, grisounnée, pis regrichée, renchérit Dan.

Benoît n'en peut plus de les entendre se moquer de sa tante. Il pousse Dan, le faisant heurter Éric. Les Détraqués tombent par terre, l'un sur l'autre.

Zoé cache son sourire.

Outrés, les Détraqués rapportent l'incident à l'enseignante. Personne, sauf Zoé, n'a vu Benoît pousser Dan.

Benoît a honte de son geste impulsif et violent qui le place au même niveau qu'un Détraqué. Il va pour avouer qu'il a poussé Dan, lorsque celui-ci lance à Zoé, « Dis à Madame ce que t'as vu ! »

Sans expression, Zoé regarde Dan et Éric qui l'ont harcelée depuis son arrivée à cette école. Ensuite, elle jette un regard placide vers Benoît.

— C'était un accident, ment-elle. Benoît a accroché Dan. En trébuchant, Dan a bousculé Éric.

— Vous vous précipitiez tous pour sortir. La prochaine fois, fais plus attention Benoît, avertit Mme Bourgeois.

Dan et Éric fusillent du regard Zoé et Benoît.

Benoît ne s'attendait pas du tout à ce que Zoé mente pour le protéger.

Les Détraqués vont se venger pour le reste de la semaine. Et ce n'est que lundi.

À la récréation, les Détraqués bousculent Benoît et lui volent sa collation de fruits qu'ils jettent au sol et piétinent. Ensuite, ils se ruent vers Zoé et happent sa collation de fromage. Quand ils prennent chacun une bouchée, ils grimacent et crachent par terre, n'ayant jamais goûté du fromage soja. Zoé et Benoît se retiennent de rire.

Alice, une copine de classe, s'avance pour partager sa collation avec Zoé.

Les filles semblent toujours avoir plus de facilité à se faire des amies. Même ma petite soeur s'est fait de bonnes amies à la maternelle. J'aurais aimé parler à Zoé en privé, mais si les Détraqués nous voient ensemble, tout sera pire.

Le midi, comme il s'y attendait, Dan et Éric le font trébucher en sortant de la salle de classe.

À la cafétéria, Benoît voit les Détraqués s'approcher de la table à Zoé. Dan crie :

« Zoé la Zirable ! » en désignant le repas de Zoé, tout fier de découvrir qu'elle est végétarienne, un autre point à ridiculiser. Éric et Dan ricanent. Zoé se baisse la tête et se recroqueville. À la table d'à côté, Benoît se lève pour la défendre, mais les paroles se bloquent dans sa gorge quand Dan le regarde.

— T'as deux « girlfriends » zirables astheure, une vieille pis une maigrace, Benoît Bedou ! lance Dan en le fixant malicieusement.

Benoît ne bronche pas et continue à fixer Dan. Les deux s'assoient lorsque la surveillante arrive dans la salle.

Dan ne se vengera pas après la classe, cette fois. Je file chez ma tante pour un rendez-vous de plus grande importance dans le marais.

Benoît ne porte plus attention aux Détraqués. Il sourit à lui-même en réfléchissant à la ruse de sa grande tante et à son excellent piège. Sans s'en rendre compte, Benoît sourit dans la direction de Zoé. Elle le voit et lui sourit timidement.

À la sortie de l'école, Benoît part à courir avant que les Détraqués le voient.

Chez Madouesse, il mange sa collation de noix et de raisins tout en faisant ses devoirs. Dès qu'il termine, elle est prête à partir. À la porte, il remarque de fines rayures rouges dans la chemise beige de sa tante.

— Dame Nadège nous a dit pas de rouge !

— Mon doux ! J'ai oublié ! Attends que j'aille changer ma chemise.

Lorsqu'ils s'engagent sur la levée en face de chez Madouesse, il n'y a pas de brume. Ils dépassent le bosquet d'arbres et continuent à marcher pendant une demi-heure, scrutant le marais de l'Anse-des-Cormier sans rien voir, même pas un petit brouillard suspect ni de capuchon gris ni de mulot.

— On est presque rendu à la butte des Taylor. On est mieux de rentrer chez moi avant que ta mère vienne te chercher.

— Pourquoi Dame Nadège n'est-elle pas venue à notre rencontre ?

— Je n'ai aucune idée, Benoît.

Déçus et exténués, ils rentrent à la maison en silence, juste à temps pour voir la mère de Benoît arriver dans la cour.

Madouesse lui souffle : « La patience est une vertu, Benoît. »

Le lendemain et le surlendemain, ils marchent sur la levée sans dépister la petite dame ou ses fils. Les Aînés du petit peuple ont-ils refusé leur aide ? Est-ce qu'ils vont revoir ces êtres féériques en difficulté ? Benoît et sa grand-tante s'impatientent.

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