×

Utilizziamo i cookies per contribuire a migliorare LingQ. Visitando il sito, acconsenti alla nostra politica dei cookie.

InnerFrench - Vol. 2, #101 - Apprendre le français en coupl… – Text to read

InnerFrench - Vol. 2, #101 - Apprendre le français en couple, vivre à Paris... avec Luca Lampariello (2)

Intermedio 1 di francese lesson to practice reading

Inizia a seguire questa lezione ora

#101 - Apprendre le français en couple, vivre à Paris... avec Luca Lampariello (2)

Luca : Moi, je pense qu'il faut toujours discuter. Il faut toujours être ouvert et être très clair en fait, et établir des espaces. On peut faire quelque chose de très progressif dans le sens quand tu ne peux pas te lever un jour et dire à ta copine ou ton copain : « eh bien on change de langue ». C'est pas comme ça que ça marche. Donc, il faut tout d'abord prendre une décision. Il faut se dire « OK, est-ce que je veux vraiment pratiquer le français ou chercher à parler français avec ma copine française, par exemple ? »Et là, il faut… Moi, ce que je conseille normalement, c'est de parler avec ta copine ou ton copain et de lui dire « J'aimerais bien parler français, peut-être 20 minutes par jour avec toi, je ne sais pas pendant le dîner ou après le dîner ». Donc, créer des petits espaces parce que ce n'est pas très facile de changer la dynamique d'un rapport si ça fait trois ans ou quatre ans que tu parles toujours anglais avec…

Je connais énormément de gens, de couples qui ont commencé avec l'anglais. C'est très difficile de changer à une autre langue, donc. Donc, mon conseil c'est : prendre une décision, si tu veux prendre une décision concrète, tu dois dire « OK, comment est-ce que je peux faire pour changer ? » – créer des petits espaces ou des moments ou des circonstances dans lesquelles tu peux chercher à parler et pratiquer. Et tu dis clairement à ta copine ou ton copain. Ça, c'est un espace pour parler le français. Comme ça, ils le savent. Et après petit à petit, tu peux commencer à parler le français.

Et un autre conseil, bien sûr, c'est que si tu as un copain ou une copine française, tu peux pratiquer, tu peux aussi commencer à pratiquer avec d'autres gens sur Skype, par exemple. C'est pas incroyable, c'est pas bizarre de parler sur Skype avec un prof de français, même si tu as un copain ou une copine française, ou même si tu habites dans le pays. Parce que de toute façon, si tu as le problème de parler en français avec ton copain ou ta copine, il y a d'autres façons de le faire.

Hugo : En plus, peut-être que votre copain ou votre copine n'est pas un bon professeur. Ça peut valoir la peine, justement, de chercher soit un autre partenaire de conversation, soit un prof, un tuteur sur Italki, pour après gagner cette aisance qui va vous permettre de discuter plus facilement avec votre copain ou votre copine, qui n'est peut-être pas forcément très patient, par exemple. Voilà, tout le monde n'a pas les qualités pour être un bon prof ou un bon partenaire de conversation.

Luca : Je pense que c'est un point excellent. Le fait que ça soit ton copain ou ta copine, ça ne signifie rien parce qu'il y a des gens qui sont spécialisés. Il y a des gens qui peuvent t'aider, peut-être, mieux. Et après, tu peux commencer à parler avec ton copain ou ta copine. Je me rappelle, j'avais une amie qui était terrorisée par l'idée de parler espagnol avec son copain parce que son copain, dès qu'elle ouvrait la bouche, il se foutait un peu de sa gueule. Donc c'était un peu bizarre, mais ça arrive.

Donc si c'est comme ça, deux conseils : donc commencer à pratiquer toi-même avec d'autres d'autres personnes sur Skype, par exemple, si tu as la possibilité et de créer des petits espaces, des petites conversations quotidiennes. 5 minutes, tu commences par 5 minutes, 6 minutes, 10 minutes en disant clairement à ton copain/ta copine que tu veux pratiquer le français parce que tu veux améliorer le français.

Hugo : Très bon conseil. Je pense que je vais le mettre en application avec ma copine. Donc après, à un certain moment, t'as déménagé en France, tu t'es installé à Paris, il me semble. Donc c'était avec ta copine ou…?

Luca : Oui, j'ai déménagé, je pense que c'était décembre 2010. Et je me rappelle très bien que quand j'ai déménagé… J'ai déménagé parce que j'avais fini l'université. Je ne savais pas exactement quoi faire. Moi, je suis ingénieur électronicien. Donc je me suis dit peut-être je peux trouver un travail, un job à Paris, à Paname, comme ingénieur. Mais finalement, quand je suis arrivé, je me rappelle très bien, j'étais dans cette chambre de bonne. Je ne sais pas, c'était 17e étage. Non, je blague. C'était septième étage. Sans ascenseur. C'était vraiment très petit et la neige tombait. Je me suis dit « Qu'est-ce que je fais ici ? »Et je me rappelle qu'après, j'ai reçu un courriel d'un mec qui avait vu mes vidéos sur YouTube et il m'a dit « Est-ce que tu veux être mon prof d'italien ? » J'ai dit « bien sûr ». Oui, pourquoi pas ? Et donc là, j'ai commencé à donner des cours en ligne. Et après, quelques mois après, j'ai commencé à fréquenter, disons, une école de… ESIT, c'est une grande école d'interprétation de conférence. Donc je suis resté à Paris pendant… Après, je suis resté à Paris pendant 3 ans, voire 3 ans et demi, quelque chose comme ça.

Hugo : Donc, à ce moment-là, tu parlais déjà très bien français ?

Luca : Alors, j'avais rencontré ma copine, mon ex-copine, en 2007. Quand j'ai rencontré mon ex-copine, je me rappelle très bien, j'ai même une vidéo sur le pont de Charles….Je me rappelle… Charles V ?

Hugo : Ouais.

Luca : J'avais… Elle avait fait une vidéo où je parlais français, je m'étais dit « Oh là, là, là ». J'avais un accent. Je n'avais pas un accent à couper au couteau, mais j'avais un accent italien parce que j'étais rouillé. Parce que j'avais appris le français mais je ne l'avais pas parlé pendant 3, 4 ou voire 5 ans. Et quand j'ai rencontré mon ex-copine, bah du coup, j'ai commencé à parler avec elle, c'est allé très vite. Au bout d'un an, parce qu'on parlait 2, 3 heures au téléphone par jour quand j'étais rentré en Italie. Avant, on se voyait. Moi, j'allais en France, elle venait à Rome. Je pense qu'au bout de six mois, je parlais bien. Je parlais couramment. Mais… Donc j'étais à l'aise;

J'étais à l'aise en ce qui concerne la langue. Mais être à l'aise en ce qui concerne la langue, ce n'est pas suffisant parce que quand tu déménages dans un pays, il y a des trucs auxquels tu n'es pas habitué. EDF, l'électricité, le téléphone, la banque. Ça, j'ai eu des difficultés, je peux te dire.

Hugo : Même pour les Français, c'est compliqué, parfois. Ce genre de formalités administratives, c'est toujours une prise de tête.

Luca : En Italie, c'est la même chose. En Italie, c'est la même chose mais si tu le fais dans un autre pays, dans une autre langue, tu n'es pas habitué. Donc, mon ex-copine m'a aidé, mais je me rappelle très bien que j'étais désespéré. La chose la plus difficile, en fait, au moment où je suis arrivé en France, c'était de trouver un appart. On le sait, trouver un appart à Paris, c'est un cauchemar absolu. Je ne sais pas si c'est encore un cauchemar.

Hugo : C'est toujours le cas.

Luca : Ou c'est encore pire. Mais quand je suis arrivé en 2010, en fait, j'étais chez elle parce qu'avant de trouver un appart, j'ai employé beaucoup de temps. Je me rappelle, j'ai trouvé un appart, après, j'ai déménagé. La deuxième fois, o n avait besoin d'un dossier. Je me rappelle. J'ai appelé, par exemple, six annonces sur Internet. Il y avait la femme qui m'a… Elle était une femme un peu vieille, un peu âgée, elle était très sympa, on a bavardé au téléphone. Après ma dit « ah le monsieur n'est pas français ? Ben alors il y a un problème là parce que… » Je ne sais pas, je n'ai pas bien compris, mais c'était compliqué. Ça, c'est la chose la plus compliquée en absolu.

Après, la deuxième chose compliquée, c'était d'ouvrir un compte en banque. Si t'as pas un téléphone, tu ne peux pas ouvrir un compte en banque. Si tu n'as pas un compte en banque, tu ne peux pas avoir un téléphone, donc c'est un peu compliqué.

Hugo : C'est vrai, j'avais eu exactement le même problème à Londres, en fait, quand j'ai fait mon échange là bas. Donc, je pense que c'est un peu le cas dans tous les pays finalement.

Luca : Oui, mais ce n'est pas des difficultés énormes en général, je me rappelle avec… Quand j'ai passé 3 ans à Paris, et après j'ai passé… Bon, j'ai vu Paris… J'ai fréquenté Paris, entre guillemets, pendant 7 ans, quelque chose comme ça… Moi, j'adore. J'adore. Mais c'est vrai que c'était un peu difficile de vivre à Paris pour plusieurs raisons et… Mais je pense que l'une des façons en fait de grandir -non pas de grandir, de croître- comme personne, c'est de vivre des expériences. C'est d'avoir des difficultés. Et quand tu vas à l'étranger, nécessairement tu auras des difficultés qui te font grandir. Donc, je suis très content que je suis allé à Paris. Je suis très content de toutes les expériences que j'ai eues à l'étranger et en France en particulier.

Hugo : Et justement, une des grandes difficultés dont on parle souvent par rapport au français, c'est la différence entre le français écrit et le français oral. Est-ce que toi, justement, quand t'es arrivé à Paris, tu avais cette impression que les gens parlent une autre langue que celle que tu as apprise ? Ou est-ce que grâce à ta copine, tu étais déjà plutôt à l'aise avec le français plus informel ?

Luca : Non, je dois dire que grâce à ma copine, grâce à mon ex-copine et au fait que j'ai passé beaucoup de temps avec sa famille, avec ses potes, tout ça, j'étais déjà habitué. En plus, j'avais regardé énormément de… Je me rappelle… de télévision, d'émissions, de films. Et donc je me rappelle par exemple qu'il y avait deux films qui m'ont frappé pour des raisons très différentes.

L'un, c'était « La Haine », parce que c'était du jargon. En fait, le français, ça change très vite. Donc comment on parlait il y a 20 ans, dans « La Haine », dans les banlieues, dans les cités, c'était différent de comment on parle maintenant. En général, ça m'a frappé parce que les gens parlaient le verlan. En français, il y a ce phénomène de de dire « femme » = « meuf », « flic » = « keuf », et tout ça. Donc ça, ça m'avait frappé parce que je me suis dit « C'est pas la langue à laquelle je suis habitué à l'école ».

Et le deuxième… La chose qui m'a frappé, c'était…J'ai regardé un film qui s'appelle « Le Déclin de l'empire américain ». C'est un film québécois et j'étais persuadé que c'étaient des Français qui étaient bourrés. Alors, j'adore le québécois, mais quand j'avais 15 ans (14 ans, je ne me rappelle pas), je n'avais pas trop… mes expériences, mes horizons, disons, culturels, n'étaient pas… Voilà, donc. Je ne sais même pas si je savais qu'au Québec, qu'au Canada, on parlait français. Donc j'étais persuadé que ces gens… Il y avait quelque chose qui n'allait pas bien tout au long du film.

Hugo : On passe le bonjour à tous nos amis québécois. C'est un accent très joli, qu'on apprécie.

Luca : J'adore absolument. Le film, c'était génial. Et j'ai vu d'autres films. Après, je me suis habitué. J'ai rencontré aussi des Canadiens, des Québécois. C'est génial, de toute façon. Qu'est-ce que je voulais dire ? Qu'est ce que tu m'avais dit ?

Hugo : Par rapport aux difficultés, la différence entre français oral et français écrit…

Luca : Non… Disons que… Non, non, non. C'est grâce à ma copine, en fait, et grâce aux films que j'ai eu… En fait, j'avais de la chance parce qu'à l'école, on a fait beaucoup de grammaire et surtout beaucoup de dictées. Donc la prof, Haussmann, nous enseignait. J'avais une bonne vision, disons, du français écrit et le rapport entre le français écrit et la langue parlée et la langue écrite.

Je me rappelle qu'il y avait Sébastien, qui était un pote à moi, qui était dans la même classe. Il était français. Lui, il avait des difficultés énormes parce qu'il avait déménagé en Italie. Donc il était français, français de souche, mais il était en Italie parce que ses parents, ils avaient déménagé à Rome. Il avait des difficultés énormes à l'écrit. Il parlait parfaitement, mais il avait des soucis énormes à l'écrit parce qu'ils avaient jamais écrit le français. Il l'avait entendu, mais pas écrit.

Donc, mon conseil en général : moi, quant à l'apprentissage des langues en général, je dis tout le temps : « Si tu peux, apprends la langue écrite pendant que tu apprends la langue parlée, c'est-à-dire tu as la possibilité de lire et écouter ». Hugo, il a des podcasts avec des transcriptions, donc je suis sûr que vous le faites. Tu écris et tu lis, tu écris et tu lis. Et naturellement, le cerveau apprend comment la langue écrite fonctionne par rapport à la langue orale ou le contraire. Ça, pour moi, c'est très important. Après, si tu veux parler et entendre la langue parlée et pas la langue écrite, c'est OK, tu peux le faire. Mais je pense que ça vaut le coup aussi d'apprendre comment…la beauté de la langue écrite, surtout le français.

Hugo : Vous faites des dictées en Italie pour l'italien ?

Luca : Non, on ne fait pas de dictées. L'italien, ça s'écrit comme ça se parle, comme ça se prononce. Donc il n'y a pas de souci. Mais j'ai fait beaucoup de dictées pour le français.

Hugo : Et pour finir, je voulais qu'on parle un peu de la correction. On dit souvent que les Français ont tendance à beaucoup corriger, aussi bien à se corriger entre eux. Donc, on corrige beaucoup les enfants quand ils font des erreurs. J'ai remarqué que ce n'était plus le cas qu'en Pologne, par exemple. En Pologne, on laisse les enfants faire des erreurs et se corriger eux mêmes au fur et à mesure. Ce qui fonctionne plutôt bien, d'ailleurs, c'est tout aussi efficace. Est-ce que toi, quand tu étais en France, tu avais l'impression que les Français te corrigeaient beaucoup ou pas plus qu'avec les autres langues que tu as apprises ?

Luca : C'est une très bonne question. La vérité, c'est que ma copine me corrigeait de temps en temps, son papa me corrigeait de temps en temps, les gens dans la rue, pas trop. Mais ce que j'ai remarqué, en fait, avec les Français, ils sont très… Au moins la famille de mon ex-copine, mais en général, j'ai remarqué. Ils sont très fiers de leur langue, de leur culture, de leur bouffe, de leur cuisine. Donc si tu parles français, c'est important de parler bien. Donc, c'est pas comme en Italie. En Italie, la différence c'est que les gens te corrigent pas trop. Et surtout, ils sont très contents si tu parles, si tu dis deux ou trois phrases en Italie, ils commencent à te raconter l'histoire de leur vie.

Même chose ici, en Pologne, parce qu'on est à Varsovie. La chose qui m'a frappé, par exemple, c'est qu'au début, tu vois par exemple, je suis entré dans des taxis et le mec là, normalement ils ont sur la cinquantaine, ils sont 50 ans, 60 ans. Au début, ils te voient, surtout moi, ils se disent « OK, ce mec, il est étranger ». Donc ils parlent pas trop. Après, quand ils s'aperçoivent, en fait, que je parle polonais, ils commencent à te raconter une histoire toute leur vie. Toute leur vie. Il y a un mec -qui avait, je sais pas 70 ans- il m'a raconté le communisme. J'étais fier de pouvoir parler avec lui. Après, je me rappelle à l'aéroport, il m'a dit « mec, les Polonaises elles sont très, très mignonnes, tu devrais trouver une Polonaise ». Il m'a dit un truc comme ça. Il était très sympa, donc il est passé… Mais ce n'est pas la première fois, il est passé vraiment, c'était un peu, tu vois…. Il n'avait pas trop envie de parler. Après, il m'a raconté l'histoire de leur vie…

En France, ça m'est arrivé la dernière fois, il y avait des manifs et je me rappelle je suis allé à l'aéroport en taxi avec un mec qui m'a raconté toute sa vie. Mais en général, je pense qu'il faut… Au moins, c'était mon impression, moi, je ne veux pas créer des stéréotypes… En France, si tu parles français bien, c'est mieux. Si tu parles français un peu comme ça, tu cherches à dire des trucs, alors les gens ne sont pas… Je ne sais pas, ils sont pas trop… Parfois, ils sont un peu froids. Surtout à Paris, dans d'autres endroits, ça dépend.

Et en ce qui concerne les corrections, c'est un sujet très intéressant. Moi, je pense qu'en ce qui concerne les enfants, tu as raison. J'ai aussi remarqué. En France, quand j'étais à l'école d'interprétation de conférence, là-bas oui, parce que (..) on devenait des professionnels, donc on nous corrigeait tout ça. Mais j'ai remarqué qu'il y avait cette tendance extra, disons, à corriger, à être très précis avec la langue. Surtout parce que moi, j'avais deux, trois langues actives, donc c'était l'anglais, le français et l'allemand vers l'italien. Et il faut dire la classe de français, c'était vraiment, ils allaient… C'est le détail. Le détail de détail. Mais en général, moi je pense que corriger ou pas corriger, surtout les enfants, ça ne change pas trop. Les adultes, c'est un peu différent. Peut-être on va en parler maintenant.

Hugo : Ouais, justement, toi, en tant que prof et coach, quelle relation tu as avec la correction ? Est-ce que tu corriges systématiquement tes élèves ? Comment tu fais pour leur donner du feedback, justement, sans les décourager, sans les démotiver ?

Luca : Alors moi, je suis coach, je ne suis pas prof. Donc normalement, il y a des conversations… Je peux faire des conversations avec eux en langue. Mais en général, je leur enseigne comment avoir des conversations avec leurs tuteurs et je leur dis tout le temps qu'en fait, il y a deux ou trois trucs, détails, qui font la différence. Moi, je pense qu'être corrigé ce c'est pas mal en général parce que dans mon cas, ça m'a aidé, par exemple, à arriver à un niveau un peu plus élevé dans certaines langues. Mais il faut savoir comment, qui va te donner les corrections, comment, quand et comment tu vas les intégrer.

Donc, je leur dis tout le temps de faire quelque chose de très simple : trouver une personne avec qui parler, parler de sujets qui l'intéressent. Ça c'est la chose principale : se concentrer sur la communication et pas sur la langue. Donc, si toi tu étais mon élève, moi je te dirais « OK, si tu veux apprendre l'italien… » Imaginons que tu veuilles apprendre l'italien, moi, je te dirais : »Parle-moi de ce qui t'intéresse ». Après, tu commences à parler. Et moi… Il y a plusieurs façons de corriger quelqu'un, mais si moi, je t'interrompais tout le temps, toi tu en aurais ras-le-bol. Tu deviendrais être très démotivé.

Donc je leur dis tout le temps : “si tu trouves un prof, une prof, un tuteur, qui t'interrompt tout le temps et pense que t'interrompre tout le temps, c'est la solution, il faut que tu lui dises « non, je ne veux pas être corrigé tout le temps parce que tu es en train de briser ma confiance et mon envie de communiquer. Donc, les corrections, tu peux les donner après. » Par exemple, tu peux demander à ton prof de (à ton prof ou ton tuteur) … de prendre des notes. Ce que je fais. Donc la personne parle, je prends des notes. Après, tu peux lui demander de te corriger.

Hugo : De se corriger.

Luca : Non, tu peux demander au tuteur de te corriger.

Hugo : Ok, ok.

Luca : De dire « OK, est-ce que tu peux me donner les corrections maintenant ? » Tu peux parler pendant 1 minute ou 2 minutes. Ou bien tu peux lui dire « Tu peux me donner toutes les corrections à la fin de la classe ». Et après, avec ces corrections… Parce que beaucoup de gens, « ok, bah j'ai été corrigé, j'ai vu les corrections », et après il les ignore. Il faut aussi chercher à les intégrer, quand tu reçois une correction, sinon ça sert à rien.

Donc, les conseils sont : communiquer très bien avec ton prof ou ta prof et leur dire comment tu veux être corrigé. Ne pas recevoir des corrections tout de suite, mais recevoir des corrections, soit après ce que tu as fini de parler, soit à la fin de la classe en forme écrite. Une autre chose très importante, c'est que parfois, ton prof, il est un peu paresseux, voire paresseuse. Donc si tu leur dis… Tu vois non, ils t'écoutent, ok. Tu parles, ils te corrigent pas, pour eux, c'est parfait. Ils t'écoutent, ils font rien. Mais c'est important, en fait, de recevoir des corrections. C'est un travail aussi de la part des personnes qui t'écoutent.

Et après 3ème, si tu peux réécouter la conversation. Moi, je le fais tout le temps quand je prends des cours de grec ou bien de hongrois, qui sont les langues que je suis en train d'apprendre activement. D'intégrer ces corrections. Sinon, ça sert à rien. Tu oublies et tu fais toujours la même faute. Tu continues à faire toujours la même faute. Il faut avoir un peu de, pas seulement de patience, mais être proactif avec les corrections, avec les erreurs. Et l'attitude, c'est tout. Mindset.

Hugo : Bon ça me rassure parce que c'est ce que je faisais avec mes élèves, justement, donc. Et moi, en fait, je notais les corrections et à la fin, je leur demandais de se corriger eux-mêmes. Je leur répétais la phrase et je leur demandais : « quel est le problème à ton avis dans cette phrase ? » Parce que là, plutôt que de leur donner tout de suite la correction, la solution, le fait de les pousser à réfléchir, en général, ça permet de mieux mémoriser aussi. Bon, ils ne pouvaient pas toujours trouver le problème. Donc là, je leur donnais la réponse.

Luca : Excellent. Moi, je faisais comme ça aussi pour les corrections écrites. Les gens, vous écrivez quelque chose, mes élèves, et après je leur disais « OK, ici, il y a un problème. C'est quoi le problème ? » Et oui, tout à fait, il y a des gens qui trouvent toujours la solution. Il y a d'autres gens qui ont des difficultés. Mais le fait de faire un effort pour comprendre c'est où la faute, ça aide énormément au fil du temps, donc c'est…

Hugo : Surtout quand c'est la troisième ou la quatrième, la cinquième fois que c'est la même erreur. Et au bout d'un moment, justement, ça finit par rentrer.

Luca : Exactement.

Hugo : Ok. Bon je pense qu'on a fait le tour des questions que j'avais à te poser, Luca. Merci beaucoup pour tes réponses. À mon avis, ça va être super utile pour vous qui apprenez le français. Si vous voulez en savoir plus sur Luca, vous pouvez le retrouver sur sa chaîne Luca Lampariello. Et tu as également un site maintenant avec ton cours pour ta méthode bidirectionnelle, etc. Donc, si vous voulez en savoir plus, je vous invite à visiter le site de Luca.

Luca : Merci. Merci Hugo. C'était très bien. C'était toujours un plaisir et on va se voir bientôt.

Hugo : Merci ! Ciao.

Luca : À bientôt. Ciao !

Learn languages from TV shows, movies, news, articles and more! Try LingQ for FREE