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Histoire d'Europe et du monde: "Nota Bene", Les origines mythologiques du Nouvel An Chinois ! (2)

Les origines mythologiques du Nouvel An Chinois ! (2)

je ne sais pas si j'envie totalement les chinois, il y a du bons dans nos traditions aussi. Un jour

pas plus, c'est déjà vachement bien ! Bref, des célébrations et des actes forts vont se dérouler

pendant toute la fête, mais on ne va pas s'amuser à tout détailler ici, parce que j'aimerais revenir

un peu sur les origines de la fête ! On est quand même sur une chaîne d'Histoire !

On fait la fête, mais pourquoi ? D'où vient réellement cette célébration ? Autant vous

dire que les origines du nouvel an sont aussi obscures que celles de la mythologie

chinoise. Et si cette tradition daterait de plusieurs millénaires,

elle a forcément été influencée par des dizaines de contes et légendes.

Certains récits légendaires nous disent que la fête du printemps provient de l'empereur jaune,

un des souverains les plus importants de l'histoire chinoise qui aurait vécu

au 3ème millénaire avant notre ère. Mais, le récit le plus connu et le plus répandu

pour expliquer la genèse de la fête du printemps, c'est celui du monstre Nian.

Nian vivait au fin fond des mers et ne sortait qu'une fois par an, le jour de l'an, pour

dévorer des hommes et du bétail. Chaque année, les villageois s'enfuyaient en se réfugiant dans les

montagnes emmenant les enfants et les personnes âgées. Un jour, un vieux vint au village. Les

villageois qui fuyaient ne lui prêtèrent pas attention. Il agrippa une dame âgée et demanda

s'il pouvait rester chez elle la nuit. Elle tenta de le convaincre de s'enfuir avec les autres mais

il insista. Surprise et incrédule, la vieille femme ne compris pas la requête de ce vieil

homme hagard, mais elle accepta de lui laisser sa maison avant de partir vers les montagnes.

A minuit, le monstre Nian se ruait dans les villages déserts, cherchant ses victimes.

Mais cette année il fut surpris de trouver la maison de la vieille totalement illuminée avec

des papiers rouges vifs collés aux portes. Le Nian rugit de fureur et en hurlant s'attaqua

à la maison. Quand il s'approcha de la porte, des explosions retentirent. Effrayé,

il n'osa plus avancer, figé par la peur. Le vieillard sortit alors en rigolant,

vêtu de rouge, et le Nian, terrorisé, s'enfuit. Le lendemain, premier jour du premier mois lunaire,

les villageois étaient surpris de trouver le vieillard sain et sauf. Et depuis ce jour-là, les

chinois allument des lumières et des lanternes, décorent les maisons en rouge, et allument des

pétards (feux d'artifices) la nuit du nouvel an pour effrayer le Nian. Vous voyez d'un coup

tout ce que l'on vient de décrire dans l'épisode à propos des différentes coutumes prend du sens,

juste en détaillant rapidement un mythe. Pas mal non ? Et les références mythologiques expliquent

aussi pas mal d'autres coutumes d'ailleurs. On va en faire un petit tour rapidement !

Les Faichun par exemple, sont des décorations que l'on accroche sur le côté et au-dessus d'une

porte et qui représentent des couplets du printemps qu'on appelle des Chunlian,

écrits sur des rectangles horizontaux chuntiao ou des carrés Doufang. La tradition veut qu'ils

proviennent des amulettes de bois de pêcher, l'arbre qui produit des pêches. Une tradition

qui date de l'époque des 5 dynasties, au Xe siècle, quand l'empereur Meng Chang aurait

inscrit un couplet sur une lamelle d'un pêcher. Pourquoi vous me direz ? Et bien parce que dans

la mythologie chinoise, le passage qui relie le monde des morts et le monde des vivants passait

par une porte matérialisée par un pêcher et gardé par deux dieux: Shentu et Yulei.

Mais les faichuns ne sont pas les seules décorations que l'on accroche sur les portes,

on peut aussi y trouver des portraits de dieux, les Menshens.

Les Menshen, les dieux des portes, préservent la maison des mauvais esprits. La tradition dit que

cette coutume aurait commencé pendant la Dynastie des Tang quand l'Empereur Tang Taizong (599-649)

tourmenté par un fantôme qui ne le laissait pas dormir, ordonna à ses deux généraux les plus

fidèles, Qin Qiong et Yuchi Jingde, de protéger sa porte, lui permettant ainsi un sommeil paisible.

Sauf que les généraux, ils avaient autre chose à faire que de garder

l'empereur qui pionçait toute la nuit. Du coup, subterfuge, on met en place deux portraits,

un pour chaque général, sur les portes. Et hop, le tour est joué !

Cette coutume se répandit à travers la cour et le pays,

et va s'incruster dans le folklore des chinois. Au fur et à mesure,

d'autres figures vont apparaître sur les portes, comme comme Shentou et Yulei,

qui garde la porte du royaume des morts on l'a vu, mais aussi Zhong Kui le chasseur de fantômes.

Lors de ces célébrations du nouvel an, on peut aussi retrouver des Nianhua, des très

belles images imprimées sur du papier via des gravures sur bois. Une forme traditionnelle d'art

folklorique la Chine Centrale qui date d'au moins la dynastie des Songs, qui règne sur la Chine du

Xe au XIIIe siècle.

J'en ai une ici à vous montrer d'ailleurs, qui vient directement de Chine et qui m'a été offerte

par Alexander Westra avec qui j'ai préparé cet épisode. Merci à lui ! Vous le voyez c'est joli,

brillant, coloré, c'est censé évoquer le bonheur et la longue vie. C'est fabriqué à Zhuxianzhen,

une ville de la province du Henan qui est spécialisée dans ce genre de fabrication.

Dans les célébrations du nouvel an chinois, vous l'avez sans doute vu,

on retrouve aussi des créatures énormes avec des types en dessous qui dansent

et qui leur donnent vie. Vous voyez sans doute de quoi je parle. Et bien

là aussi, on a des origines qui peuvent s'expliquer par les légendes chinoises.

Comme nous l'avons vu, le terrible monstre Nian terrorisait les chinois, à priori pendant le règne

du légendaire empereur Jaune même si ça, c'est suivant les versions. Le peuple aurait demandé,

pendant cette période, à un lion de les aider. Lorsque le Nian apparu, le lion s'acharna dessus,

le blessant et le mettant en déroute. Les habitants étaient rassurés mais un an plus tard,

le Nian revenait et le lion, lui, était absent. Deux hommes auraient alors fabriqué un lion de

bambou et de tissu et l'aurait fait bouger en dansant à l'intérieur, effrayant le Nian qui

pensait revoir son ennemi. Depuis, le lion est l'invité d'honneur au Nouvel An Chinois et il

apparaît dans de nombreuses autres fêtes. Tout ça étant sujet à pas mal de débat parce qu'à l'époque

de l'empereur jaune, au milieu du IIIe millénaire avant notre ère...il y avait pas de lion en Chine.

Ballot hein ? Ce serait donc une tradition qui aurait été importée bien plus tard et intégrée

au folklore chinois au fur et à mesure.

Cette danse du lion que l'on retrouve pendant les célébrations, est en tout cas accompagnée

de tambours et de cymbales synchronisés avec les mouvements du lion. On retrouve 2 hommes

à l'intérieur du costume, contrairement aux dragons qui eux peuvent accueillir une

douzaine de danseurs sur près de 35 m ! Le record du monde est même de 5 km de long !

Ah ils savent faire la fête hein ! En comparaison

j'ai tenté rapidement de trouver l'info sur la plus grande chenille humaine et c'était quelques

centaines de personnes seulement. A chaque fois qu'on tente de faire plus, la chenille se casse.

Respect donc. D'ailleurs si vous trouvez l'info de ce record du monde, ça m'intéresse, mettez-le en

commentaire ! Bref, pour clôturer en beauté ces célébrations du nouvel an, les chinois organisent

une ultime fête le dernier jour de la fête du printemps : la célèbre fête des lanternes !

Durant la première pleine lune de l'année, les gens allument des lanternes de couleurs et

les attachent à leurs maisons ou sortent avec. Une petite balade pour aller voir les lumières

traditionnelles et modernes autour de la ville. C'est le moment que l'on choisit pour mettre en

avant la paix, la réconciliation et le pardon. Certains vont inscrire des devinettes sur leurs

lampions et inviter les gens à les résoudre pour remporter un cadeau. Pendant la journée,

on fait aussi la fête, une dernière fois, on danse, on joue de la musique. La famille se

réunit pour manger du Yuan Xiao qui sont comme des raviolis de riz sucré parfumé à l'osmanthe,

aux noix, et aux graines de sésame et parfois farcies à la viande et aux légumes.

Là encore, cette fête est liée à de nombreuses légendes et c'est compliqué d'y voir clair.

L'une d'entre elle évoque le fait que la première pleine lune de l'année lunaire

serait la commémoration à la déesse de la lune, Chang'e. Chang'e était la femme

de Hou Yi, un archer légendaire détenteur d'une pilule d'immortalité qui était devenu

un roi cruel. Pour éviter la tyrannie éternelle de son mari sur la population,

Chang'e se sacrifia en avalant la pilule d'immortalité de son mari

avant de s'envoler vers la lune. C'est son sacrifice qui est alors célébré aujourd'hui.

Une autre explication, plus historique, suppose que c'est une fête issue d'une

très ancienne fête annuelle, sous la dynastie des Han vers 200 avant notre ère,

qui célébrait la décroissance de la longueur des nuits d'hiver. Elle se serait particulièrement

développée au niveau national sous la dynastie Song, entre 960 et 1279. A cette époque,

les enfants sortent la nuit aux temples, Ils y apportent des lanternes de papier

sur lesquelles se trouvent des énigmes qu'ils doivent résoudre pour obtenir une récompense.

L'événement, d'abord rite bouddhique, est progressivement devenu une fête populaire.

Enfin, une dernière légende nous renvoie à l'empereur de Jade, le maître de la bureaucratie

céleste dans la mythologie chinoise. D'ailleurs je vous invite à aller voir mon épisode sur

le sujet si ça vous tente d'en savoir plus, parce qu'elle est méconnue cette mythologie

mais hyper intéressante ! La légende raconte qu'il y a fort longtemps, les Hommes devaient

se protéger des bêtes féroces et des oiseaux qui terrorisaient les populations. Terrifiés,

les Hommes ne pouvaient que réagir par la violence en tuant ces animaux. Jusqu'au jour où un drame se

produisit. Un oiseau sacré s'égara et tomba dans le monde des mortels. Aussitôt arrivé,

un chasseur, craignant qu'il ne s'agisse d'un nouvel oiseau de terreur, le tua sans savoir

qu'il venait là de commettre un acte qui mettrait l'Empereur du Ciel dans une rage folle. Celui-ci,

pour se venger, ordonna que l'on brûle à la capitale de l'Empire des Hommes le 15ème jour

du 1er mois. Mais la fille de l'Empereur du ciel, qui aimait les hommes, trahit son père

en informant les mortels. Un vieux sage, qui avait reçu ce message, demanda alors à chaque

famille de la capitale d'allumer des lanternes, si bien que l'Empereur du Ciel, de son point de vue,

pensa que la ville se consumait et en fut satisfait. Depuis ce jour-là, on

allume chaque année des lanternes et on tire des feux d'artifices pour célébrer cette victoire.

Vous le voyez, l'histoire et la mythologie chinoise sont particulièrement liées,

le Nouvel An chinois était en tout cas une belle occasion de mettre cette histoire en

avant et de comprendre un peu mieux ces célébrations que personnellement je suivais

un peu de loin chaque année. J'espère que ça vous a plu ! Merci à Alexander Westra

pour la préparation de l'émission, merci à Tianci Media, notre partenaire qui permet la

réalisation de cette série sur l'histoire de la Chine. On se retrouve très bientôt pour la

suite sur Nota Bene. D'ici là, je vous souhaite à tous une très belle année : Xinnian kuaile !

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