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TED Talks in French, Liberté, chemins de traverse et combativité | Antoine de Maximy | TEDxMarseille

Liberté, chemins de traverse et combativité | Antoine de Maximy | TEDxMarseille

Traducteur: Mohand Habchi Relecteur: eric vautier

Vous savez ce qui me fait rigoler ?

Là, il vous a lancé le ballon,

moi, je vais peut-être vous lancer ma godasse à la fin. (Rires)

Je n'ai pas de ballon. (Rires)

Bon, alors je suis venu vous parler de liberté,

chemins de traverse et combativité. C'est un peu bizarre.

En fait, liberté, c'est tout de suite.

Je suis vraiment content, parce que je suis assez libre,

j'ai une vie, je dirais, de liberté.

Ça veut dire que je fais ce que je veux, je pars quand je veux, je vis seul,

mais ça, c'est vraiment un choix.

Petite parenthèse - je ne l'avais pas prévu en répétition -

mais quand tu te mets avec quelqu'un, une copine,

le premier truc qu'elle fait, elle fait le ménage,

ça veut dire qu'elle chasse toutes les autres.

Ben moi, je ne suis pas d'accord, donc je préfère rester tout seul.

Au moins, les choses sont claires.

Ça, c'est la liberté.

Chacun fait ce qu'il veut, je ne fais pas de prosélytisme.

Bref. Et aujourd'hui, mon boulot, c'est de voyager,

d'aller dans tous les pays, rencontrer toutes sortes de gens

pour cette émission qui s'appelle « J'irai dormir chez vous ».

(Rires)

Bon, c'est ça.

En fait, le but, c'est de se balader comme ça,

harnaché avec des petites caméras, aller à la rencontre des gens

et dans tous les milieux. C'est-à-dire que là, j'étais en Tanzanie -

lui, il était top, top de chez top.

Et dans des milieux extrêmement variés, dans des pays variés,

un coup chez les riches, chez les pauvres,

un coup dans des pays froids, un coup dans des pays chauds.

Mais il y a un truc que je garde tout le temps,

c'est cette satanée liberté de ne pas savoir ce que je vais faire.

C'est super important, car quand tu sais ce que tu vas faire,

tu as ton programme, donc tu sais où tu vas

et tu ne regardes plus sur les côtés.

Quand tu n'as pas de programme,

tu es disponible pour rencontrer quelqu'un comme lui.

Et en fait, je me suis retrouvé dans toutes sortes de milieux.

Et je propose qu'on regarde,

car j'ai l'impression que je vais trop vite

par rapport à mes images.

Mais non, c'est vrai, ça, c'est au Nicaragua,

là, je viens de faire péter un ballon,

y avait des petits ballons de baudruche et paf, j'ai pas mis le son.

Et - c'est assez improvisé,

parce qu'aux répétitions, je n'ai pas du tout dit la même chose.

(Rires)

Ouais, je ne me rappelle plus ce que j'ai dit d'une fois à l'autre.

Et je ne reconnais pas bien les gens.

Enfin, plein de trucs qui font que je fais comme ça.

(Applaudissements)

Bref.

Ça c'était en Tanzanie. Pareil.

Namibie, pardon.

Tiens, heureusement que c'est écrit.

(Rires)

Bref, je suis heureux, je m'amuse, j'ai 58 ans,

je ne sais pas ce que je vais faire,

mais je n'ai pas du tout d'angoisse pour l'avenir,

car je crois que j'ai fini par trouver ma place d'une certaine manière.

Alors, j'ai commencé d'une façon un peu particulière, j'ai eu de la chance.

Vous savez, on naît, on arrive dans une famille,

on n'a rien demandé, et puis moi, je suis tombé chez des nobles.

(Rires)

Je vous jure que c'est vrai.

Voici le château de la famille.

(Rires)

Et puisqu'on est à parler un petit peu de nos vies et des gens qu'on rencontre,

eh bien, Riadh que vous avez vu juste avant moi,

figurez-vous qu'un de ses associés, c'est mon cousin.

(Rires)

Et donc, mon cousin, c'est un descendant de cette famille, comme moi d'ailleurs,

et puis petite parenthèse, je suis le comte, ce n'est pas une blague,

(Rires)

mais je n'ai pas eu le château, parce qu'il y a eu la révolution.

Donc, on ne le donne plus au comte, mais à ceux qui ont des sous.

Mais en même temps, ça reste mon château dans ma tête,

et puis je n'avais pas vraiment le temps de m'en occuper.

Moi, j'ai eu la chance, dans la mesure où je suis né non pas chez des nobles,

mais chez mes parents.

Parce que mon père a fait une espèce de rupture avec sa famille,

non pas en se fâchant mais en voulant vivre une autre vie.

Et il est devenu peintre, ma mère aussi. Et mes parents je vais vous les montrer,

c'était quand même des gens assez exceptionnels.

Je ne sais pas, je dois mal appuyer sur ce truc, moi.

Mon papa et ma maman.

Mes parents, ils avaient une particularité déjà,

c'est que leur priorité c'était de créer, peindre et de s'amuser.

Par exemple, un truc qui n'était vraiment pas une priorité, c'était le ménage.

(Rires)

Quand vous allez voir la cuisine, vous allez comprendre.

La cuisine, que des meubles de récupération.

Mais des trucs, on ouvrait les portes, elles tombaient.

Là, c'est un désordre complet.

Bon, les images ne sont pas très bonnes, ça date un peu,

parce qu'ils considéraient que toute minute à faire le ménage

était perdue à faire autre chose.

Et mon père, il ne rangeait pas, car il disait : « Rangé, c'est perdu. »

Et il avait raison parce qu'on ne retrouvait jamais rien.

Et ma mère, comme elle n'avait pas d'argent,

elle a commencé à peindre sur des cagettes qu'elle récupérait dans les marchés.

Parfois, elle peignait des prisonniers sur des cagettes carrées.

En fait, elle peignait sur les lattes,

mais entre les lattes, il y a des espaces,

donc elle mettait un tissu et ça devenait des barreaux virtuels.

Donc elle a peint comme ça pendant des années des gens en prison.

(Rires)

La fin veut les moyens.

Ou c'est l'inverse d'ailleurs, les moyens...

Toujours est-il que quand elle a eu un petit peu plus de sous,

elle a eu les moyens d'acheter des planches.

Ce qui lui a permis de faire des grands tableaux

de gens toujours en prison.

Et je peux vous dire que mes parents, y a pas plus rigolo, c'est des positifs.

Vraiment.

(Rires)

Et mon père, lui, il a trouvé une autre idée.

Il s'est mis à faire des petits traits entrecroisés.

Vous voyez la boule, c'est que des petits traits.

Ils sont longs comme ça.

Et plus il y avait des petits traits, plus c'était noir

et moins il y en avait, plus c'était blanc. C'est logique.

Et un jour, il a fait un dessin, puis il en a fait un autre à côté,

puis il en a fait un autre à côté avec des tout petits traits.

Eh bien l'ensemble, ça fait 82 mètres de long.

(Rires)

C'était quand même un cas mon père. (Rires)

82 mètres de long.

Et ça ressemble à quoi ?

Je vous laisse regarder, [comment] tu veux définir ce truc ?

(Rires)

C'est vrai. C'est super joli, extrêmement original,

mais tu ne sais pas comment tu vas appeler ça.

Donc, il l'a appelé la suite en homologie singulière.

Suite inexacte en homologie singulière.

S'il y a un matheux, il sait qu'une suite exacte en homologie singulière, ça existe,

mais que concernant le travail de mon père, c'était plutôt inexact.

Donc, moi, je suis né dans un environnement

où il y avait une atmosphère particulière

et surtout, une extrêmement grande ouverture d'esprit.

En revanche, au niveau de la structure, ce n'était pas ça.

(Rires)

Par exemple, mon père qui a passé son permis à 46 ans,

qui l'a raté cinq fois et qui l'a eu à la sixième fois

car le gars lui a dit : « Si ça rate, vous allez devoir refaire le code »,

et qui s'est empressé, je ne plaisante pas,

de casser la bagnole le lendemain,

parce qu'il ne savait toujours pas bien conduire.

C'était quelqu'un qui était un petit peu dans les éthers.

Et donc, moi, quand j'ai voulu faire des choses, j'ai dû me reconcentrer.

Heureusement que j'avais des copains beaucoup plus carrés que j'ai observés.

Et c'est comme ça que je suis devenu très méthodique.

Et j'en n'ai pas l'air sur « J'irai dormir chez vous »,

mais je suis très méthodique.

Parce que je n'ai pas le choix.

Car si je ne pense pas de manière méthodique à ce que je fais,

eh bien, je ne fais que de l'art dans le sens de mes parents.

C'est-à-dire que je ne ramène rien.

(Rires)

Et donc, ensuite,

parce qu'il faut que j'accélère, on est déjà à huit minutes. (Rires)

Ensuite, je me suis lancé et je voulais faire de la télé.

Je me suis lancé sur des expéditions scientifiques,

et là, j'ai fait des trucs qui étaient quand même géniaux.

Des très, très belles expés où j'ai appris plein de trucs.

Je n'ai pas fait d'études, ils m'ont viré à 17 ans après avoir redoublé la 3ème.

Bon. Ben, ça n'était pas tellement pour moi.

Ça c'est le radeau des cimes, c'est un truc génial.

Vous imaginez cette plateforme, elle fait 450 mètres carrés.

Elle est déposée par un dirigeable sur la forêt équatoriale, la canopée,

c'est toujours un peu, ça passe, ça ne passe pas.

Et ça devient immédiatement un laboratoire pour les chercheurs

qui montent dessus avec des cordes

et qui se retrouvent là où ils ne pouvaient jamais aller,

sur des petites branches toutes fines,

pour étudier le truc le plus important sur la forêt,

c'est-à-dire, là où il y a la fleuraison, les insectes et tout ça.

C'était donc génial.

Ensuite, j'ai fait toutes sortes d'expéditions,

celle-ci, c'était descendre dans des gouffres du Groenland.

Tout ça, c'était avant « J'irai dormir chez vous ».

C'était d'explorer ces gouffres qui sont creusés naturellement.

On n'en a dans nos montagnes à nous, on appelle ça des moulins.

Sauf qu'au Groenland, ils font 200 mètres de profondeur.

Et moi, quand je descendais dans ce genre de trucs...

Ce n'est pas trop mon genre, je n'ai pas l'habitude.

Tu te retrouves au bout d'une corde, seul, on peut être qu'un sur la corde.

Et à l'endroit où il faut changer de corde,

c'est super compliqué, tu touches le glaçon,

tu te dis que tu n'es pas à la place d'un être humain.

Alors ça, pareil. J'ai plongé en sous-marin.

J'ai plongé à 5000 mètres avec le Nautile de l'Ifremer,

mais pour ce film, c'était extraordinaire :

deux sous-marins, un qui peut filmer l'autre.

Pour un film, c'est extraordinaire d'avoir des images au fond de la mer.

Là, on était à 1000 m.

Des expéditions absolument incroyables.

Et puis alors dans la suivante,

eh bien, j'ai commencé à dormir dans des endroits bizarres.

Parce que l'autre expédition que j'ai faite juste après,

c'était une expédition dans un volcan

qui se trouve en République Démocratique du Congo,

qu'on appelle - c'est même beau, sans déconner - le Nyiragongo.

Vous imaginez un volcan qui fait 3 500 mètres de haut,

avec un cratère de 800 mètres.

Je suis un peu en avance mais on y est. Le Nyiragongo, pour vous mesdames.

Et messieurs.

Il faut faire gaffe quand tu commences à parler des femmes et des hommes,

il faut faire exactement pareil.

Et donc, on est descendu dans ce volcan pour aller chercher de la lave.

Je ne sais pas si vous voyez, le volcan est en activité, il n'est pas en éruption

-- il est un peu énervé mais il n'est pas en colère --

et il a fallu descendre tout au fond, donc, trois fois la tour Eiffel,

pour chercher de la lave.

On n'a pas pu aller tout au fond, on a mis une corde en travers,

pour aller chercher ces échantillons de lave.

Vous voyez le genre de descente que ça donne.

C'est-à-dire, ce n'est pas simple.

Maintenant, on va arriver à ce dont je voulais vous parler,

c'est la combativité.

Parce que quand tu veux obtenir quelque chose,

que ça soit arriver à faire un film, récupérer un échantillon de lave,

quand tu as envie de faire quelque chose comme ça,

il faut te battre.

Et le premier problème qu'on a,

en tant que mec qui veut obtenir quelque chose,

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