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Nota Bene (Youtube), Les morts EPIQUES de l'Histoire - Nota Bene #35 (1)

Les morts EPIQUES de l'Histoire - Nota Bene #35 (1)

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vidéo ou sur nordvpn.com/notabene. Bon visionnage !

Mes chers camarades bien le bonjour ! Vous êtes peut être, comme moi, un grand fan

de cinéma. Et un des trucs que j'adore dans certains films d'aventure ou d'action,

c'est le moment où un des protagonistes se sacrifie pour la cause sur une musique

épique, filmé au ralenti, en jettant un dernier regard vers ses amis qui signifie

“Souvenez vous de moi” ou “Je vous aime les potos” ou encore “on s'est bien

marré”. Et bah aujourd'hui je vous propose de revenir ensemble sur 3 types qui ont décidé

de partir en beauté : empereurs, pirates, chevaliers de la guerre de cent ans, des protagonistes

aux morts résoluments héroiques, qui feraient presque lacher une larme à l'oeil….presque !

On s'est déjà tous éclaté le doigt de pied sur une table basse, en se sentant bien

nul d'avoir mal pour un truc pareil. Parce qu'à l'inverse, il y en a qui ne tiennent

pas compte d'une jambe en moins, si ce n'est deux et d'un bras arraché. Enfin ils sont

pas nombreux mais j'en connais deux des comme ça : le chevalier noir de Sacré Graal…

et Aristide Aubert Du Petit Thouars.

La famille tourangelle Aubert Du Petit Thouars, anoblie en 1714, est une famille de militaires.

C'est pourquoi, sur les quatre fils de Gilles-Louis-Antoine, capitaine au régiment de Rouergue, au moins

deux sont envoyés au collège militaire de la Flèche, dans la Sarthe : Louis-Marie,

né en 1758, qui deviendra un botaniste célèbre, et l'intrépide Aristide, né en 1760. Les

deux jeunes garçons sont fascinés par les aventures de Robinson Crusoé, mais des deux,

c'est Aristide le plus téméraire, qui rêve plus que tout de voguer au large sur

les mers du monde.

Au point qu'il tente avec un camarade de fuguer à 9 ans pour s'embarquer comme mousse

à Nantes… avant d'être ramené par la peau des fesses au collège. Mais l'envie

de s'engager dans la marine est désormais bien ancrée dans la tête du jeune Aristide.

Un peu trop, même, comme on le verra.

Mais pour le moment il va à l'Ecole Militaire de Paris, un peu loin de la mer donc, et est

destiné à l'infanterie. Il n'est clairement pas chaud mais puisque les réformes du moment

ne prévoient pas de poste dans la marine… bah il finit dans le régiment du Poitou.

Yeah, trop le fun. Mais il n'a pas dit son dernier mot !

En 1776, le célèbre navigateur et explorateur James Cook annonce monter une troisième expédition.

Aristide, 16 ans, se porte aussitôt volontaire… Mais pas de bol, il n'est pas sélectionné.

Bon, il peut se consoler quelques années plus tard, sans doute, en apprenant que pendant

ce voyage Cook fini tabassé à mort par une tribu hawaïenne.

N'empêche que pour l'instant l'Aristide, il est condamné à rester à terre. Cela

dit, vu la mort qu'il se réserve, valait ptêt mieux la tribu hawaïenne.

Sa chance arrive enfin avec la Guerre d'Indépendance Américaine qui oppose dans un premier temps,

à partir de 1775, les colons américains aux Britanniques.

Et quand il s'agit d'emmerder les Anglais, personne, je dis bien personne, n'est plus

fort que la France !

Dès 1778, la France du jeune Louis XVI s'engage donc au côté des colons pour lutter contre

l'impérialisme britannique. Avec cette déclaration de guerre, Aristide,18 ans, fonce

à Rochefort où se trouve l'un des plus gros arsenaux de France, passe des examens

et peut enfin embarquer sur un navire, le Fendant, comme apprenti officier. A bord de

celui-ci, le jeune fougueux et imprudent tourangeau participe à de nombreux combats sur l'Atlantique,

que ce soit en Bretagne, au Sénégal ou aux Antilles, où il fait ses armes, ne se ménageant

jamais, et ce jusqu'en 1782.

On le voit ensuite arpenter la Méditerranée, la Manche, la mer de Marmara (entre l'Anatolie

et les Balkans), afin de parfaire ses connaissances. On ne sait pas vraiment ce qu'il a fait

aux débuts de la Révolution, mais étant noble et officier d'un côté, et ayant

participé à la guerre d'indépendance américaine de l'autre, il passe entre les

mailles du filet - au point qu'il est carrément promu lieutenant de vaisseau en 1792.

Je vous passe alors les détails de sa vie tumultueuse pour simplement vous résumer

qu'il a quelques problèmes avec les révolutionnaires et qu'il décide de s'exiler pendant la

terreur. Il revient en 1795 et pour un ancien aristocrate, il est plutôt bien accueilli,

puisqu'il est fait capitaine du Tonnant, un vaisseau de ligne de 80 canons. Et c'est

à son bord qu'il va rentrer dans l'Histoire.

Début 1796, un jeune officier corse, le futur Napoléon Bonaparte, devient général en

chef de l'armée de l'Intérieur, avant d'être mis à la tête d'une petite armée

devant ouvrir un front de diversion face aux Autrichiens, en Italie : c'est le début

de la célébrissime campagne d'Italie, où il dépasse clairement ses objectifs,

bat les Autrichiens à plate couture cinq fois de suite en étant inférieur en nombre,

et revient victorieux à Paris en 1797. Et ça, ça rend Napoléon très populaire. Trop

même.

Du coup, le Directoire, réunion de 5 directeurs qui dirigent désormais le gouvernement, décident

de l'écarter un peu de la scène politique, acceptant son projet d'aller envahir l'Egypte

pour emmerder les Anglais. Et c'est là que nous retrouvons notre fougueux passionné

de la mer et de l'aventure, Aristide Aubert Du Petit-Thouars, qui participe, toujours

à bord du Tonnant, à l'expédition de deux cents navires et 35 000 hommes qui quittent

Toulon le 19 juin 1798.

Ces mouvements de troupes inquiètent sérieusement les Anglais, qui ne savent pas encore quel

est le but du général corse. Dans le doute, ils confient une petite flotte

à un brillant et courageux contre-amiral, Horatio Nelson. Un gars qui a vu tant de chose

qu'il lui manque un oeil...Et un bras!

Bref, l'éclopé suit Bonaparte tant bien que mal en affrontant des tempêtes et continue

à se diriger vers l'Est. Il conclut que le but de l'expédition française est l'Egypte.

Croyant avoir du retard sur les Français, il fonce sur Alexandrie, qui en effet est

l'objectif de Bonaparte, et le dépasse sans le savoir.

Nelson arrive à Alexandrie le 28 juin. Il ne voit pas la flotte française et vogue

donc en direction le Nord, vers l'Anatolie, à la recherche de Napoléon. Celui ci arrive

deux jours plus tard, le 1er juillet, à Alexandrie, où il s'empare de la ville le lendemain

! Balot !

Il envoie ses hommes à terre, mener la fameuse expédition d'Egypte, tandis que sa flotte,

trop grande pour le port d'Alexandrie, va mouiller dans la baie d'Aboukir, plus à

l'Ouest.

Quand il apprend la prise d'Alexandrie depuis la Grèce, Nelson doit se sentir un peu con.

Y'a de quoi. Et le Nelson, il va mettre sa rage au service de la couronne !

Il revient illico à Alexandrie le 1er août : les 13 navires de ligne français, dont

le Tonnant, n'y sont pas, mais ils les découvrent à Aboukir. Brueys, dirigeant la flotte française,

n'a clairement pas fait du bon boulot : ses navires sont mal armés et il n'a pas envoyé

d'éclaireurs pour couvrir ses arrières. Il est donc surpris par l'arrivée soudaine

de Nelson et ne s'avère pas être un fin stratège pour sortir de ce bourbier. Plutôt

que d'aller affronter l'ennemi en haute mer, avec plus de mobilité, comme le conseille

le bouillant Aristide, Brueys opte pour une ligne de combat unie, laissant des endroits

vulnérables où les 13 navires de ligne de Nelson, suivis de 4 frégates, pourront passer.

Pour couronner le tout, certains de ses capitaines n'ont pas suivi ses ordres, fragilisant

encore sa stratégie, sans compter que le tiers des marins est à terre, en quête de

provisions.

Comme vous vous en doutez, ça part mal donc.

La bataille commence à 18h20, quand deux navires français ouvrent le feu sur les britanniques…

alors même que tous les capitaines français sont encore à bord du vaisseau-amiral, l'Orient

! Un engagement qui tourne vite au désastre pour la flotte française. Aristide et son

équipage, eux, se battent comme des fauves. Ils endommagent fortement un navire anglais,

le HMS Majestic, puis en pousse un autre, le HMS Bellerophon, à se rendre. Avec l'arrivée

des renforts britanniques, notre héros se retrouve pris entre deux feux. Sous les canons

et la mitraille, il se fait écraser le pied et briser la jambe, voire les deux jambes

et le bras, selon certaines sources.

Une simple égratignure pour Aristide qui suit tout de même les conseils de ses officiers

et part à l'infirmerie… promettant de revenir vite.

Alors qu'il vient de se faire amputer, Aristide entend au loin l'explosion de l'Orient,

le navire-amiral.

Et notre bonhomme, c'est pas le genre à se planquer quand la déroute est proche.

Il ne laisse pas au chirurgien le temps de lui faire un pansement solide et repart tant

bien que mal sur le pont, pissant le sang, installé sur un sac de céréales pour tenir

« debout ». Pourtant, l'espoir de victoire est mince et le navire est à la dérive.

Pour Aristide, c'est l'occasion de partir en beauté.

Lui et son second décident de se sacrifier en s'immobilisant sous le feu de deux navires

anglais, pile dans l'axe pour protéger d'autres navires français : les mâts du

Tonnant sont brisés, sauf celui du pavillon, qui tient comme il peut. Et alors que les

Anglais, constatant partout ailleurs la défaite française imminente, lui demandent de se

rendre, certifiant qu'il s'est plus que bien battu, Aristide montre son pavillon,

qu'il a fait clouer au reste du mât. Refusant de baisser ses couleurs, il encourage son

équipage à ne jamais se rendre, hurlant à plein poumon avant de tomber dans les pommes

et de mourir. Son dernier ordre : lancer son corps à la mer pour éviter que les Anglais

ne le prennent… La bataille est perdue, mais il rentre dans la légende…

Enfin presque, parce que pendant les guerres napoléoniennes, y'en a plus d'un qui

a l'occasion de prouver sa bravoure avant de crever, si bien qu'aujourd'hui bah...on

l'avait un peu oublié le gus… Respect Aristide, nous on t'oublie pas !

Dans le genre mort épique, y'en a qui mettent toutes les chances de leur côté. D'abord,

être un preux chevalier, ça c'est pas mal. Pendant la guerre de Cent ans, c'est

encore mieux, parce qu'il y a un paquet de gars qui passent l'arme à gauche. Et

mieux que ça ? Être vieux et aveugle quand on charge l'ennemi sur son cheval. Pas mal

non ? C'est l'incroyable histoire de Jean 1er de Bohême et vous allez voir, ça vaut

le détour ! Au début du XIVème siècle, la France est

un pays prospère : le plus peuplé d'Europe, aux affaires assez florissantes, à la surface

immense et à la puissance inégalée. Ses nobles y sont les plus redoutables combattants,

élevés dans les codes de l'honneur et de la chevalerie. Habitués à se battre ensemble,

à cheval, ils combattent leurs ennemis un par un, face à face, préférant les capturer

pour ensuite les échanger contre rançon.

Un style de vie qui a ses avantages : ils se font pas mal d'argent et surtout, ils

risquent moins de se faire tuer. Tout le monde est content ! Mais quand on cause combat militaire,

on est plus sûr de l'exploit individuel que sur de la stratégie collective.

Malheureusement, cette période prospère ne va pas durer : on assiste à un refroidissement

climatique qui affecte les cultures, et la croissance de la population menace de faire

revenir la famine disparue depuis le XIIè siècle. Tout ça, plus une grande diversité

de cultures, pour le plaisir culinaire des plus riches, crée une pénurie de produits

de base, une baisse des prix, une baisse des revenus des nobles et donc une augmentation

d'impôts -

quelle que soit l'époque, ça ne fait jamais plaisir.

Les nobles comme le roi préfèreraient donc une bonne guerre, les premiers parce qu'ils

savent que ça leur rapportera des rançons, ce qui, vu le coût d'entretien de base

du chevalier, les arrangerait volontiers, le deuxième parce qu'en cas de guerre,

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