Comment on dormait au Moyen Âge ? (2)
qu'une de nos grandes villes subit une panne de courant... On n'en est pas très loin non
plus, de cette nuit qui terrifiait nos ancêtres !
D'ailleurs il suffit que je vous dise “Il va faire tout noir”... et là, vous avez
une réaction agressive devant votre PC en me disant des mots pas très agréables...Si
c'est pas une preuve ! Bon, pour en revenir à nos moutons, qu'on
ne compte pas encore, l'idée générale est vraie : la nuit, on s'en méfie. Mais il y
a tout de même des exceptions. Certains métiers, comme la boulangerie ou
la tannerie, peuvent continuer d'exercer la nuit. Le guet surveille les braves gens, et
le contre-guet surveille le guet. En famille ou entre amis, on veille parfois, en mangeant,
en parlant, jusqu'au chant du coq. Certaines tavernes bravent l'interdit, donnant à boire
toute la nuit durant à des gens qui alors se disputent, s'entretuent ou s'aiment...
Tout cet univers, souvent violent, parfois drôle, est décrit par Jean Verdon dans « La
Nuit au Moyen ge », un ouvrage que je vous recommande, c'est passionnant et plein d'anecdotes.Passons
sur toutes les autres activités nocturnes, ce qui nous intéresse aujourd'hui, c'est
le sommeil. Parce que d'un côté, les lits et le confort de l'époque ça peut se rapprocher
un peu de ce que l'on connaît aujourd'hui… “un peu”...Mais d'un autre côté, la
nuit est un monde de ténèbres, qui fait peur. Alors...est-ce qu'on dort sur ses deux
oreilles au Moyen ge ? Est-ce que les gens se reposaient bien, suffisamment, ou est-ce
que leur sommeil était troublé de cauchemars et d'insomnies ?
A cette époque, la médecine indique qu'il faut bien dormir : ni trop, ni trop peu. Ce
principe de base est énoncé dans le Tacuinum sanitatis. Ce traité est tiré de l'ouvrage
arabe des « Tableaux des Santés », lui-même inspiré des enseignements d'Hippocrate. On
reste donc sur un savoir antique, plein de bon sens...et parfois de surprises !
On reprend. Il faut dormir suffisamment : assez, mais pas trop. Rien de pire que la grasse-matinée,
qui engendre la paresse et une lassitude inconfortable. Il faut aussi dormir bien : dans une couche
saine, qu'on aura débarrassé des puces et des mouches avec des fougères et de la glu.
La position est importante : on ne doit pas dormir sur le ventre, ce qui rend malade,
et il ne faut pas non plus s'agiter et changer de position la nuit. D'ailleurs, la rumeur
dit souvent qu'au Moyen ge, les gens dormaient assis, dans des lits trop petits, car la position
couchée était associée à la mort. En fait, les iconographies montrent des gens assis
dans leur lit… mais d'autres étendus de tout leur long. C'est que le lit sert aussi
à discuter, voire à recevoir « à son chevet », car comme on l'a vu : c'est un meuble
de luxe, qui manifeste la richesse de l'hôte. Associer la position couchée à la mort daterait
peut-être de la Renaissance, donc la toute fin du Moyen ge..
Mais je n'ai trouvé aucune source directe pour le confirmer. En tout cas, durant la
plus grande partie de la période, les gens dorment couchés, comme nous ! ça semble
logique hein... A l'époque, les médecins débattent pour
savoir s'il faut empêcher les petits enfants de dormir durant la journée. Mais ce n'est
pas parce que dormir en journée est malsain : il s'agit plutôt de permettre à toute
la famille de dormir d'une traite la nuit. Enfin, d'une traite...ça dépend ! Car dans
les sociétés préindustrielles, il n'est pas rare d'avoir un sommeil biphasique, c'est
à dire que l'on dort « en deux fois ». Lorsqu'on se couche tôt, il n'est pas rare de se réveiller
avant minuit : on peut alors souper, ou vaquer à quelques occupations, avant de retourner
se coucher. Un enfant qui pleure peut réveiller la maisonnée,
car la nuit lui fait peur : pas de problème, car la superstition veut que le bois d'ébène,
très noir, chasse la peur du noir. On utilise donc des amulettes, voire des berceaux entiers
d'ébène, pour les tout-petits. Ceux-ci sont placés du côté de leur mère ou de leur
nourrice, prêts à être bercés et allaités à toute heure. On utilise aussi beaucoup
de berceuses. D'ailleurs, même pour les adultes, la médecine qui préconise de s'endormir
dans le calme recommande vivement la musique ou autres activités paisibles.
Pour le coup, oubliez le bouquin sur la table de chevet, ici la lecture est une activité
commune, qui se pratique à voix haute. Et puis bon, si vraiment vous n'arrivez pas
à vous endormir, ça va, il reste les plantes et les drogues !
Pivoine, valériane, jusquiame, belladone, mandragore...et j'en passe. Le plus fréquent
semble être...l'opium. On l'obtient en incisant une fleur de pavot. Vous savez : c'est le
fameux « Lait de Pavot » que se refilent tous les courtisans de Game of Thrones dès
qu'ils sont malades ou fatigués. Ben voilà : le lait de pavot, c'est 100% historique
! Tous ces conseils et ces médicaments ne sont
pas là pour rien : au Moyen ge, on connaît aussi les troubles du sommeil. Peut-être
qu'on est moins stressé qu'aujourd'hui, qu'il y a moins de bruits, moins de lumière…
mais il y a les soucis, la promiscuité… ou bien même les maladies !
Tout d'abord, il y a l'insomnie, qui empêche de s'endormir, ou qui réveille au milieu
de la nuit. Elle est mentalement associée à la dépression. Et cela se vérifie : beaucoup
de suicides ont lieu lors de cette veille indésirables, vers 3 ou 4 heure du matin
! L'hypersomnie arrive aux angoissés, aux attristés,
à ceux qui ont subi un traumatisme affectif : ils dorment alors trop, mais mal, et se
réveillent avec difficultés. Enfin, il y a la parasomnie : cauchemars nocturnes,
et somnambulisme. Le somnambule, qui se réveille, prend une épée et tue quelqu'un dans son
sommeil, est appelé « dormeur » ou « furieux ». Et il n'est pas considérés comme pénalement
responsable des actes qu'il commet lors d'une crise.
Il devait y avoir beaucoup de somnambules j'imagine...
Comme on l'a vu, certains troubles sont associés aux cauchemars et aux rêves. Au Moyen ge,
attention : il y a le vrai rêve, et le faux rêve : la chimère. Le premier sommeil est
troublé par la digestion, et crée des chimères, dont il ne faut tenir aucun compte. En revanche,
passé minuit, les rêves peuvent être authentiques, et il faut savoir les interpréter. L'oniromancie,
la science d'interpréter les rêves, existe au Moyen ge. Une idée reçue veut que cette
science soit interdite par l'Inquisition : c'est faux, puisque de célèbres religieux se penchent
sur les rêves tout au long du Moyen ge. Et des souverains demandent fréquemment à des
spécialistes d'interpréter leurs songes. Mais bon, là encore, ce sont des cas assez
particulier : le songe reste associé à la nuit et à la peur. Sur l'ensemble de la période,
on se méfie en général des rêves, ou on les ignore en estimant qu'ils ne sont que
des jeux de l'esprit, sans valeur. Si l'oniromancie n'est pas interdite, elle est souvent stigmatisée.
Ça n'empêche pas le célèbre Thomas d'Aquin d'attribuer une certaine utilité aux rêves,
selon leurs influences. Pour lui, lorsqu'on dort, on peut subir des influences :
- psychique : on rêve bêtement à ce qu'on pensait, ce que l'on a l'esprit après la
journée.
- physiologique : selon que le corps a froid, chaud, est fiévreux, on fait un rêve qui
peut donc aider le diagnostic du médecin.
- corporelle : l'air ambiant, les astres, bref, l'atmosphère du moment inspire des
rêves.
- spirituelle : il se peut que Dieu, ou au contraire les démons, inspirent des rêves.
Si on prend un peu de recul sur tout ce que l'on vient de dire sur le sommeil et la
nuit au Moyen ge, on pourrait conclure que les gens, à cette période, avaient déjà
compris quelque chose. Ils avaient des lits très variés, des méthodes
pour se garder du froid, des règles d'hygiène pour bien dormir, des médecines pour favoriser
le repos et chasser les cauchemars et le désespoir. Si la nuit leur faisait peur, le sommeil,
lui, les réconfortait, les fortifiait, pour mieux affronter le lendemain. Car on ne perd
pas son temps à bien dormir, au contraire on est reposé, dispo, l'esprit est plus clair,
et le corps en meilleure santé.
Le sommeil, c'est pas du temps perdu ! C'est ce qu'il avaient compris, et c'est tout ce
que je vous souhaite !
Merci à Jean de Boisséson pour la préparation de cette émission, je vous mets en description
les ouvrages qui pourraient vous intéresser et qui ont pu servir pour l'écriture de
cet épisode.
Merci également au sponsor de cette vidéo, Withings, le spécialiste de la santé connecté.
J'avoue que s'il ne m'avait pas contacté pour vous présenter le produit dont je vais
vous parler, je n'aurai pas eu l'idée de cet épisode donc c'est plutôt cool
! Comme je vous l'ai dis en début de vidéo,
je suis atteint depuis plusieurs années maintenant d'apnée du sommeil de manière assez grave
et c'est une maladie qui est vraiment très handicapante. En gros vous vous arrêtez de
respirer la nuit et si vous ne mourrez pas d'asphyxie je vous rassure, votre cerveau
est beaucoup moins oxygéné, votre coeur est beaucoup plus sollicité et votre sommeil
est complètement détruit. Résultats, en plus de pouvoir développer de la narcolepsie,
ce qui m'est arrivé, vous pouvez à terme développer tout un tas de problème cardiovasculaire,
des soucis au cerveau, des soucis liés à la prise de poids, de l'hypertension...bref,
que des trucs tip top qui fait que votre espérance de vie en prend un petit coup. Heureusement,
il y a des traitements qui existent. De mon côté, je respire via une machine la nuit
et depuis plus de problème puisque le traitement compense absolument tout. Si vous voulez en
savoir plus d'ailleurs, je vous mettrai en description la vidéo de Dans Ton Corps
sur le sujet où je témoigne plus en détail sur la maladie et le traitement.
Mais ce qui est intéressant aujourd'hui et que je voulais vous dire, c'est que beaucoup
de français sont atteint par cette maladie sans le savoir. On estime que 5% de la population
française est touchée. C'est énorme ! Et sur ces 5%, 85% d'entre eux ne le savent
pas.
Alors comment détecter l'apnée du sommeil ? C'est un vrai problème et je vais vous
proposer deux trucs pour commencer, le Sleep Analyzer de chez Withings et un test que vous
pouvez faire très facilement chez vous juste après.
Withings, qui fait donc pas mal d'appareils connectés dédiés à la santé, vient de
sortir un nouveau produit, le Sleep Analyzer. C'est une sorte de tapis connecté, de capteur,
que vous glissez sous votre matelas et qui permet d'analyser votre sommeil. En gros
vous le reliez à l'application Health Mate, gratuite sur votre smartphone, et vous pouvez
mesurer vos cycles de sommeil, la durée de votre nuit, la fréquence cardiaque endormi,
les ronflements et surtout, pour la première fois, l'apnée du sommeil puisque le Sleep
Analyzer a été reconnu comme étant la première solution médicale et non intrusive de détection
de l'apnée du sommeil. C'est certifié donc les résultats du test sont valables
et peuvent même se substituer à un examen médical de polysomnographie, et c'est pas
rien. Alors oui, ça coûte quand même 129.95€, c'est un investissement, tout le monde peut
pas se le permettre mais si vous aimez bien les appareils qui permettent de suivre votre
activité, votre santé, c'est vraiment pas mal du tout, perso j'en ai un et c'est
utile pour contrôler que tout se passe bien ou au contraire qu'il faut remédier à
un éventuel problème si les stats sont pas bonnes.
En attendant, avec mon partenaire Withings on vous encourage très fortement à aller
faire un petit test tout simple pour savoir si vous êtes à risque concernant l'apnée
du sommeil. Ca ne reste qu'un test que l'on fait à la maison, ça ne se subtitue pas
à un vrai dépistage, mais en répondant à quelques questions en ligne, vous allez
pouvoir très facilement savoir si oui ou non il faut s'inquiéter et potentiellement