Québécois 101 : Le français québécois, c'est quoi ?
Intro
Est-ce que vous aimeriez comprendre le français québécois ? Peut-être que vous habitez au Québec ou vous avez de la parenté au Québec ou des amis. Et quand vous y allez, vous comprenez rien, même si vous parlez français ! Ou peut-être aussi que tout simplement, vous vous intéressez aux différentes variétés de français parlées sur la planète.
Alors pour vous aider à mieux comprendre le français québécois, je commence la série « Québécois 101 ». Pour commencer la série « Québécois 101 », on va répondre à la question : c'est quoi, le québécois ? Ou : « Le québécois, kessé ça ? » Bienvenue à « Québécois 101 », pour vous aider à comprendre le français québécois ! Si vous voulez plus de contenu en français québécois facile à comprendre, venez voir ma page Patreon ! Mes abonnés « Frenchpresso » sur Patreon reçoivent une nouvelle vidéo par jour directement dans leur courriel. Et si vous aimez cette vidéo, cliquez sur « J'aime » et abonnez-vous !
Pour lancer la série, je vais vous parler de c'est quoi, le français québécois.
Niveaux de langue
Donc tout d'abord, il faut dire que le français québécois, c'est un français familier. Quand les Québécois veulent bien parler ou bien écrire, on utilise le français standard. Le québécois, c'est un niveau de langue familier ou populaire. À part quelques différences comme l'accent, le français standard est le même en France et au Québec. Le français québécois, c'est la langue parlée de tous les jours.
Plusieurs sites comparent le français québécois au français standard. Par exemple, ils vont opposer « moé pis toé » à « moi et toi ». Un autre exemple, ils vont opposer « entéka » à « de toute façon ». « Entéka », c'est la contraction de « en tout cas ». En tout cas… Mais c'est une erreur de comparer le français standard au français québécois parce que c'est un niveau de langue, le français québécois, et on l'utilise pas dans tous les contextes.
Et en France aussi, d'ailleurs, il y a des français familiers ou populaires.
Les petits gosses, ils comprennent pas. Ils disent « Papi, j'ai pas compris », alors… Parce qu'il y a des mots, quand on emploie, ils comprennent pas.
Du mauvais français ?
Plusieurs personnes disent que le québécois, c'est du mauvais français. Il y a même des Québécois qui le disent. Ils vont dire quelque chose, et ensuite dire : Ah non ! Il faut pas dire ça ! C'est pas du bon français !
C'est sûr que c'est pas du français « standard ». C'est pas forcément approprié dans certains contextes et c'est pas correct à l'écrit. Mais c'est la langue que les Québécois parlent au jour le jour, donc si on veut le comprendre, il faut pas avoir peur d'apprendre une forme non standard. C'est important de tout simplement le comprendre. Et moi, je vais vous expliquer comment ça fonctionne, comment faire pour comprendre ça.
Du vieux français ?
Il y a plusieurs personnes qui disent que le français québécois, c'est du français archaïque qui date du temps des colonies.
C'est vrai que ça vient en bonne partie du français parlé au temps des colonies, mais le français a continué d'évoluer depuis ce temps-là, hein ! Le français québécois a continué d'évoluer de son côté, en parallèle avec le français de France. Il y a des mots qui ont carrément été inventés au Québec, comme : Courriel. Dépanneur. Le français est une langue vivante qui continue d'évoluer, et c'est vrai au Québec et en France.
Quiz
Une petite question quiz pour vous ! Qu'est-ce que ça veut dire, « se faire passer un sapin » ? Par exemple : « Je me suis fait passer un sapin. » Est-ce que ça veut dire : Un : « Se faire engueuler ». Deux : « Se faire avoir ». Trois : « Avoir la gueule de bois ».
La réponse à la fin de la vidéo !
Les grandes différences
Il y a trois grandes catégories de différences entre le français québécois et le français standard.
La première grande différence, c'est l'accent. Donc par exemple, pour dire « mon père, ma mère », (« mon père, ma mère », avec un accent plus français), au Québec, on va plus prononcer : « mon paére, ma maére » ou « mon pére, ma mére ».
La deuxième grande différence, c'est au niveau de la grammaire ou de la syntaxe. Par exemple, pour dire : « Veux-tu un café ? » On peut dire : « Tu veux-tu un café ? » Ou pour dire : « Est-ce que Jacques est arrivé ? » « Jacques est-il arrivé ? » « Jacques est-tu arrivé ? » La troisième grande différence, c'est au niveau du vocabulaire. En québécois, on utilise des mots différents. Certains mots québécois, c'est des vieux mots français qui sont plus vraiment utilisés en France ou seulement dans certaines régions. Par exemple, au lieu de « fermer à clé », on va dire : « Oublie pas de barrer la porte ! » Certains autres mots sont des anglicismes, évidemment, à cause de la proximité de l'anglais. Il y a tout le Canada anglais. Il y a les États-Unis. Par exemple, au lieu de « blague », on va dire : « Tu connais-tu la joke à propos du bois dans le lac ? » Et, par exemple, au lieu de dire : « je vais regarder mon horaire », on va dire : « Attends une minute, je vais checker mon horaire. » En résumé, le français québécois est différent au niveau de l'accent, de la grammaire et du vocabulaire. Plusieurs français québécois
Mais attention, il y a pas juste un français québécois ! Le français québécois peut être différent selon la personne qui parle.
Par exemple, le français est différent selon la région.
On parle en français, mais c'est sûr que quand on niaise, des fois on parle en anglais. Mais la plupart du temps, c'est en français.
Moi, j'invite beaucoup notre personnel à… à s'ouvrir, pis à être quelque part un peu protecteur de ce monde-là, là.
D'où je viens, moi, à Rouyn, on est à quelques kilomètres de l'Ontario. Donc on a de l'influence culturelle, l'Ontario, très forte.
Tu sais, c'est Dame Nature. On peut bien dire qu'il y a du homard, on le sait pas. Personne qui va parler avec un homard.
Le français québécois peut aussi être différent selon l'âge de la personne qui parle.
Je me lève à six heures, six heures et demie. Pis… bon. Ça va… Tu sais, je suis fatiguée, tout ça, pis ça me prend du temps avant de me réveiller, faque…
On vivait sur la terre en cultivateurs. Avec le jardin, pis avec le bois. La coupe de bois. Charrier le bois au village.
Le français varie aussi selon le contexte socio-économique.
Es-tu venue ici pour me donner de la marde ? Parce que moi, là, je te rappelle que c'est toi qui m'a laissée toute seule. Tu me feras pas sentir mal, toi chose, no way.
Et voici Chantal Bouchard, une de mes profs à l'université que j'ai beaucoup aimée, et qui s'exprime ici dans un registre de langue soutenue, parce que c'est un contexte universitaire.
Et la Révolution tranquille, en faisant en sorte qu'on prenne le pouvoir économique, a amélioré la position des francophones au Québec.
Français québécois, français canadien
Vous savez, il y a pas juste au Québec qu'on parle français ! On parle français partout au Canada, que ce soit en Ontario, au Manitoba ou dans les autres provinces, ou dans les territoires.
C'est rare que je vais croiser du monde qui, qui… je vais dire : « Heille, tu parles comme moi ! » Partout où je vais, les gens vont dire : « Heille… Toi, tu viens du Nouveau-Brunswick ! » « Non ! » « Ah, tu viens du Manitoba ! » « Non ! » Moi, ma francophonie, elle existe pas dans une roche. Elle bouge, elle est weird, elle est différente, elle est fluide. Sorry, faudra que tu deales avec la way que je parle !
Ça fait seize ans que je fais ça à temps plein. Et pis je pense qu'une des tricks, c'est d'avoir bien des chapeaux.
Oui, il y a une radio francophone au Nunavut et c'est la station « CFReT et j'aime ça ».
Moi-même, j'ai grandi à Edmundston, au Nouveau-Brunswick, où on parle le brayon, qui est un proche parent du français québécois.
On peut être au soleil pareil si… si on veut de quoi à boire, ben on peut aller pareil dehors pis prendre l'air.
Il y a d'ailleurs des variantes du français québécois qui sont encore parlées dans le nord-est des États-Unis parce qu'il y a des Québécois qui sont descendus travailler là, il y a longtemps.
C'est difficile de parler français parce que… Quand on est avec… Les voisins, tout ça, ça parle pas français. Mais ici… Mes soeurs parlent français.
J'appelle cette série de vidéos « Québécois 101 » parce que le Québec, c'est quand même la plus grande région francophone en Amérique du Nord. Et si on comprend le québécois, ça permet quand même de comprendre les autres variantes de français. Il y a beaucoup de points en commun. Vous allez même comprendre le brayon si vous m'écoutez !
Conclusion
J'espère que ça vous a éclairé un peu sur le français québécois ! Soyez pas intimidés par toutes les différences. Je vais vous expliquer tout ça et vous aider à les comprendre.
Et oubliez pas ce que le professeur Krashen a dit : pour apprendre une langue, il faut écouter des choses qui nous intéressent et qui sont assez faciles à comprendre.
Si vous allez sur ma chaîne YouTube, vous allez voir deux grandes catégories de vidéos faciles à comprendre avec des sous-titres : « Hélène se promène » et « Frenchpresso ». Les vidéos « Hélène se promène », c'est des vidéos de voyage avec du français plus facile à comprendre et des sous-titres. Et les vidéos « Frenchpresso », c'est des vidéos personnelles, naturelles, spontanées, plus faciles à comprendre et avec des sous-titres.
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Et la bonne réponse pour le quiz, c'était 2. Donc « se faire passer un sapin », ça veut dire « se faire avoir ». « Je me suis fait passer un sapin », je me suis fait avoir, j'ai été trompée, j'ai été roulée, on m'a eue.
J'espère que vous avez aimé cette première vidéo de « Québécois 101 ». Oubliez pas de vous abonner sur ma chaîne YouTube, et à bientôt !