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French mornings with Elisa, LIVING IN QUEBEC AS A FRENCH PE… – Testo da leggere

French mornings with Elisa, LIVING IN QUEBEC AS A FRENCH PERSON with BigBong - Advanced French conversation

Intermedio 1 lezione di di francese per praticare la lettura

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LIVING IN QUEBEC AS A FRENCH PERSON with BigBong - Advanced French conversation

Les serveurs étaient débordés. Et puis là y'en a un qui me dit :

"Apporte la guenille et puis oublies pas le cabaret !" Et là je comprends pas du tout ! "Mais qu'est ce qu'il raconte ?!"

Salut

Bienvenue dans un nouvel épisode French mornings. Aujourd'hui c'est un épisode

un petit peu différent parce que je suis avec Bigbong qui est Français,

polyglotte et qui vit au Canada depuis six ans.

- Salut comment ça va ? - Salut ! Ecoute bah

ça va on prend un petit café puis... - Il est quelle heure chez toi ?

- Alors là il est 8 heures. Je viens de me réveiller, on est dimanche mais j'ai mon café puis je pense que on

est bien parti pour commencer la journée. - Ouais, allez c'est parti !

Ah café froid !

Donc aujourd'hui on s'est dit qu'on allait discuter un petit peu des différences entre la France et le Canada parce que ce sont deux pays

francophones mais culturellement assez différents. Mais avant ça j'ai une petite question. E n tant

que polyglotte t'avais un choix de destinations quand même assez

intéressant. Pourquoi avoir choisi le Canada ? - Alors la raison principale c'est avant tout pour

la nature. J'ai voulu venir chercher justement ces paysages magnifiques qu'on voit sur les cartes

postales qui viennent du Canada. Et mon premier jour à Montréal ce qui m'a vraiment surpris c'est

que j'avais l'impression de n'avoir jamais vu autant de ciel, que le ciel était complètement

à découvert. Après il y a beaucoup de Français qui viennent immigrer au Canada et en particulier

à Montréal pour des raisons que je vais citer donc ça peut être pas être très original mais la

société avant tout. Donc avec sa qualité de vie, la facilité d'accès à l'emploi une raison toute bête

par exemple auquel tu vas pouvoir identifier parce que tu habitais à Paris. Mais prendre le métro

tous les jours par exemple, des métros bondés où il faut constamment faire attention aux pickpockets.

- Ça me parle. Donc c'est ça. Donc je ne dis pas que

Montréal est parfait mais disons qu'à ce niveau là quand on vient ici on remarque la différence

de façon assez positive. Après il y a beaucoup de français qui viennent chercher la simplicité tout

simplement parce qu'on parle la même langue mais il y a quand même une mentalité Nord-américaine.

Donc y'a un bel équilibre entre les deux je dirais. Dans mon cas j'ai voulu y faire mes

études et c'est plus facile que dans d'autres pays parce qu'il y a des universités francophones. Et

le plus intéressant je te dirais c'est qu'il y a beaucoup d'accords entre la France et le Québec

au niveau académique, et donc les Français en tout cas quand j'étais étudiant en 2016,

payent les mêmes frais que les Québécois et c'est infiniment moins cher que partout

ailleurs en Amérique du nord. Après tu vas trouver ça peut être un peu stupide ou futile

mais j'ai trouvé très monotone l'obtention de ma licence à Paris donc j'ai toujours rêvé

d'avoir une cérémonie de diplômés comme on en voit dans les films avec la robe, le chapeau,

et j'ai fini par l'avoir. Donc voilà... - Et c'était comme dans les films vraiment ?

- Ouais ouais ouais c'était assez spectaculaire mais... Oui 'fin,

j'avais vraiment envie d'avoir ce sentiment de... tu vois comme un peu un rituel, ce sentiment de

"Ok j'ai fini ma scolarité; on passe à autre chose maintenant." Et alors qu'en France c'était très...

-On fête pas les examens en fait hein ? Non jamais. -Non pas du tout ! Je sais pas comment toi t'as

reçu ton diplôme mais moi c'était un rendez-vous au secrétariat et puis la secrétaire m'a donné mon diplôme. Y'avait personne.

-Moi je les récupéré trois ans après mon diplôme par la poste donc non pas de cérémonie !

- Ah non moi c'était complètement différent. T'es devant des centaines de personnes.

Ils appellent ton nom au micro, puis il y a de la musique,

puis tu es sur une scène, y'a de la lumière. Puis là t'as vraiment l'impression que bon

évidemment je... y'avait pas mes parents avec moi. Mais t'as vraiment l'impression

d'avoir accompli quelque chose quoi. - J'imagine ! Et on sait qu'en France

un des gros points noirs du pays c'est l'administration.

Comment t'as trouvé ça au Canada ? - Alors je t'avoue que j'ai suivi un peu le

parcours idéal de l'immigrant français au canada. Je suis d'abord venu avec un visa vacances travail

pour tâter un peu le terrain. À l'époque c'était un an maintenant c'est deux ans pour les Français.

Ensuite j'ai obtenu un visa d'étudiant qui m'a permis de faire mes études. Et... puis un visa

post-diplôme durant lequel j'ai fait ma demande de résidence permanente. C'était un parcours

rempli de stress et d'anxiété. Et je pense que l'administration canadienne n'est pas forcément

plus simple et moins compliquée que la française. - Intéressant !

- Alors j'ai pas émigré en France. Je sais pas ce que c'est. J'ai des amis qui ont essayé les deux :

qui ont essayé d'immigrer en France et puis qui sont finalement venus s'installer au Canada.

ils pourront témoigner. Mais je pense que dans tous les cas, ça demande du temps, de l'argent,

quelque soit l'administration et une grande quantité de patience et d'adaptation.

Bon ce qu'il faut savoir aussi au Canada c'est que c'est une confédération, donc plusieurs provinces unies.

Alors quand on émigre au Québec il faut d'abord faire une demande au provincial et ensuite au

fédéral. Donc il faut affronter l'administration québécoise et puis l'administration canadienne.

- Double peine ! - D'ailleurs c'est bientôt le

moment ici de déclarer ses impôts une manipulation qu'on peut décider de faire soi même ou de payer

un comptable. Mais pareil ! Il faut déclarer ses impôts au provincial et au fédéral. Donc je pense

que c'est assez équivalent à ce niveau là. - Ouais ça a pas l'air beaucoup plus simple finalement !

- Non c'est ça !

- Et au niveau de l'accueil par les gens en fait, est-ce que tu...

Tu trouves que c'est un pays accueillant ? - Alors oui les Québécois ont quand même une image

qui est positive. Les Français pensent que les Québécois sont sympathiques. C'est pas toujours

le cas hein ! J'ai déjà vu des Québécois énervés, c'est des êtres humains comme tout le monde,

qui ont toutes les émotions. Mais je t'avoue que en général c'est un pays qui est très accueillant

dans l'ensemble. Par contre j'ai déjà entendu des Français dire... en fait beaucoup de français,

un échantillon quand même assez suffisamment grand, qui me disaient qu'immigrer, en fait ils

ont immigré comme moi de façon plus ou moins permanente. Mais ils n'ont pas la sensation

d'être vraiment intégrés, de ne pas avoir beaucoup d'amis Québécois par exemple. Alors c'est pas le

cas de tout le monde, c'est pas mon cas. Mais je l'entends parfois et c'est ce qui montre

qu'il y a quand même une différence culturelle assez importante entre la France et le Québec

et c'est un sujet que j'aborde d'ailleurs avec un ami à moi québécois qui s'appelle Miguel,

qui a aussi sa chaîne Youtube. On va en faire d'autres d'ailleurs sur justement comment se

faire des amis Québécois, comment s'intégrer c'est un peu bête à dire. Mais la réalité

des choses c'est que des français qui viennent immigrer ici, le plus facile c'est de rencontrer

d'autres Français qui vivent la même réalité... - Oui et en plus pour s'installer j'imagine que

ces personnes là qui immigrent.... enfin ces Français qui viennent au Canada ils prennent

d'abord contact avec d'autres Français qui ont dû vivre les mêmes choses qu'eux en fait.

- Oui c'est vrai. Bah de mon expérience personnelle moi je suis venu... Quand je

suis arrivé, j'ai logé chez un ami de mon père, donc qui est Français aussi. Mais lui je pense

qu'il avait des enfants qui sont nés à Montréal donc c'est une réalité différente. Ces gens là ont

des amis d'enfance québécois. Mais tu vois pour moi par exemple, j'ai pas d'amis d'enfance ou de

famille québécois à proprement parler donc c'est sûr que c'est une réalité qui est différente.

Mais c'est pas impossible et je me suis fait des amis québécois. Après il y a d'autres situations

d'intégration comme par exemple quand... quand on sort avec des Québécois. Donc des Français qui

se mettent en couple avec des Québécois. Mais je pense que c'est pas impossible

mais c'est pas aussi simple que ça paraît. - Depuis que tu vis au Canada, qu'est ce qui

a changé dans ta vie ? Quelle est la meilleure chose qui t'es arrivée depuis tu vis au Canada ?

- Alors je répondrais à cette question en deux étapes. La première c'est au niveau

psychologique et social, dans le sens où la mentalité est beaucoup plus positive en général ici.

En France et en particulier à Paris on est très défaitiste, on est très pessimiste.

C'est pas forcément un défaut dans le sens où c'est bien de remettre les choses en question,

c'est bien de de mesurer les risques etc. Mais quand même tu vois. Quand t'as... Quand t'as une

une fibre un peu entreprenariale on te dit facilement : "Oh de toute façon ça sert à rien

de créer son entreprise parce que y'a je sais pas combien de pourcent d'entreprises qui font

faillite après cinq ans." On essaye tu vois de te rabaisser. Pas forcément, ça part pas forcément

d'une mauvaise intention. Mais c'est trop risqué - Mais c'est un espèce de réflexe en fait, non ?

- Ouais - Un réflexe alarmiste.

- Absolument. Complètement et puis c'est ça encore une fois des fois ça peut être des amis de la

famille qui veulent ton bien. Qui te disent "Bah écoute..." surtout en art tu vois. J'ai touché

un petit peu aussi aux arts de la scène tout ce qui est comédie, humour etc. et puis les gens ne

prennent pas trop ça au sérieux quoi. Alors qu'ici c'est l'inverse. Ici tu veux entreprendre quelque

chose, justement des amis à toi vont chercher d'autres contacts pour t'aider. Puis on va pouvoir

faire des projets en commun. Un peu comme comme ce qui se passe entre nous maintenant. On s'appelle :

"Oh est-ce que t'es... tu serais partant pour faire un projet en commun? Oui c'est parti !" Puis

finalement on s'en sort grandit. Donc à ce niveau là je me sens très stimulé.

Le deuxième c'est plus au niveau pratique et terre à terre. C'est le logement. Alors le tout premier appartement que

j'ai eu à Paris c'était un neuf mètres carrés. Je m'en souviens, c'était dans le 11e arrondissement

juste à côté du Père Lachaise. Très cher pour un tout petit appartement. J'avais j'avais un

lit clic-clac que je pouvais même pas ouvrir complètement parce que j'avais pas la place.

J'avais évidemment des toilettes sur pallier etc. C'est une réalité que beaucoup de Français

qui vivent à Paris connaissent. Mais à Montréal c'est complètement différent, j'ai habité dans

des appartements qui était quatre fois plus grands dans les coins les plus chers de Montréal et ça me

coûtait moins cher. Donc à ce niveau là c'est sûr que quand on vient de France et qu'on arrive ici,

et qu'on voit les prix des loyers, à quel point on peut avoir des...des espaces beaucoup plus grands,

c'est quand même quelque chose qui alléchant. - Mais ça 'fin (enfin) plus que la France, c'est vraiment

Paris en fait... Ce problème là. - Oui c'est vrai. C'est vrai.

- Peut-être dans d'autres grandes villes françaises aussi mais c'est vrai qu'à Paris

c'est quand même bah... la crise du logement quoi. - Oui c'est vrai, c'est vrai. Je t'avoue que j'ai

pas vécu dans d'autres villes alors je pourrais pas dire. Mais de mon expérience parisienne,

sans faire l'amalgame avec le reste de la France, c'est sûr qu'en arrivant ici... Mais c'est parce

que Montréal c'est quand même une grande ville et quand tu vis au centre ville de Montréal,

quand tu compares le centre ville de Montréal et le centre ville de Paris c'est pas du tout....

C'est quatre fois moins cher quoi. - Ah ça ouais... c'est un énorme avantage c'est sûr !

Et par rapport aux choses qui te plaisent pas au Canada. Est ce que... est ce qu'il y en a ?

- Alors y'a rien qui me vient à l'esprit bizarrement. Y'a des choses qui me manquent

de la France mais il n'y a pas de choses qui me... Y'a peu de choses qui me...

qui me refroidissent ou qui m'énerve.... -Bon bah c'est... c'est... tant mieux ! tant mieux !

C'est une bonne nouvelle ! Et en parlant justement des choses qui te manquent,

moi je sais que, quand je pars à l'étranger, c'est vraiment les boulangeries françaises,

la pâtisserie ça me manque énormément. Qu'est-ce qu'il te manque toi, de la France ?

- Alors moi aussi ! Pour être honnête avec toi, les pâtisseries, les desserts aussi, avec tout

ce qui est savoir-faire culinaire ça me manque énormément. Les cafés parisiens.

Tu vois, juste le fait d'être sur une terrasse, prendre son café, discuter avec ses amis c'est une réalité qu'on

connaît pas ici. Il y a d'autres choses qui sont... qui sont accueillantes. Mais euh...

Puis je pense à la vidéo sur... sur la galette des rois que tu as faite et qui m'a vraiment fait

saliver. On a pas... on n'a pas l'équivalent ici malheureusement. Le choix de fromages aussi.

Beaucoup moins. Y'a du bon fromage québécois mais disons que y'a moins de choix et c'est pas...

c'est pas le goût auquel je suis habitué quoi. - Ouais j'imagine. On est quand même bien... bien

lotis pour pour ce qui est fromage. - Ah oui ! Et puis tout ce qui est culinaire

aussi ça me manque beaucoup quoi. Mais on peut pas tout avoir ! - Non !

- Et pour rester dans le thème de la cuisine. Moi, alors je connais très mal le Canada,

mais ce que je connais c'est la poutine. Est-ce qu'il ya d'autres... d'autres

plats un peu, qui font la fierté du Canada? - Oui bien sûr ! Alors ça va être plus le Québec.

Y'a vraiment une culture québécoise avec sa cuisine. Pour les autres provinces je pourrais

pas dire. Mais oui bien sûr la fameuse poutine et puis si... si tu as la chance de venir au Québec un jour

il faut que tu essayes absolument. Mais aussi autre chose qui est intéressant c'est... Pendant

la récolte de l'érable, de l'eau d'érable, qui va ensuite produire le sirop d'érable,

y'a ce qu'on appelle les cabanes à sucre, qui sont littéralement là où le sirop est produit.

À l'extérieur, on a ce qu'on appelle la tire d'érable. Donc en fait c'est du sirop

tout juste sorti encore chaud, qu'on va verser sur la neige et la différence de

température va faire en sorte que ça va durcir. On l'attrape avec un bâtonnet de glace et on le

mange comme une sucette. C'est super bon, très traditionnel. Ça aussi c'est quelque chose

que je te recommande si tu viens ici. - Ça je pense que ça me plairait beaucoup.

- Ouais puis c'est toute l'ambiance qui viens avec tu vois. Et c'est souvent dans des fermes

donc t'as des chevaux, t'as des... t'es dans la nature etc. Et c'est très sucré donc je sais pas

si tu pas si tu as la dent sucrée mais c'est quelque chose qui est vraiment bon aussi au

niveau... au niveau du goût. Et les propriétaires de ces établissements ouvrent aussi des granges

aménagées comme des cantines. Donc ça fait très très cantine. Les gens viennent goûter le sirop

et ça vient avec plusieurs plats. Alors je te préviens c'est extrêmement lourd, gras et sucré.

-Tout ce qu'on aime ! - Il y a les fèves au lard, la salade de chou,

des pommes de terre rôties, du jambon fumé, des oeufs brouillés. Et tout ça... va être...

Donc tu mets du sirop d'érable sur tout ça, sur les oeufs, sur le jambon, ça peut paraître un peu bizarre,

mais tu vas mettre du sirop d'érable sur tout ce qui est salé. Sur les fèves etc. Y'a aussi

ce qu'on appelle le creton, qui ressemble beaucoup à la rillette normande, mais qui est fait de porc

haché avec des oignons et des épices, qu'on va mettre sur du pain et qu'on va mangé comme ça quoi.

Donc c'est... On va souvent dire que c'est fait pour tenir l'hiver québécois. Tu vois c'est

lourd et puis ça te permet d'avoir ton énergie. Mais... Mais bon ça va être...

on va rarement trouver... Y'a de plus en plus de d'efforts qui sont faits tu vois, pour tout

ce qui est végétarien, vegan, aujourd'hui. Mais traditionnellement y'a beaucoup de viande dans

la nourriture québécoise et de sirop d'érable ! - Ça j'adore ! Le sirop d'érable c'est ma passion.

- Ah oui d'accord ! Bon bah il faut que tu viennes alors !

- Et... pour parler de la langue maintenant. Ben au Québec on parle français mais l'accent

est quand même assez différent, j'imagine qu'y'a aussi des expressions différentes. Est-ce que tu

trouves que ta manière de parler a changé depuis que tu vis là-bas ? Et est-ce que t'as adopté des

expressions québécoises que tu utilises souvent ? - Ouais bien sûr absolument alors euh...

Bon évidemment là tu t'en rends peut-être pas compte. C'est sûr que quand je parle avec des Français

mon accent à tendance à revenir à la normale, ou est ce à quoi je suis habitué de naissance,

mais par mimétisme c'est sûr que je vais avoir tendance à... C'est pas vraiment de l'imitation

c'est vraiment du mimétisme. Pour pouvoir avoir un échange qui est beaucoup plus naturel,

y'a des intonations qui vont changer. Alors évidemment il faut pas aller dans l'exagération,

mais c'est quand même quelque chose que je conseille à des gens qui viennent au Québec pour

pouvoir mieux s'intégrer quoi. Des expressions aussi c'est très important et puis ça vient tout seul.

De tête il y en a pas beaucoup qui.... Parce que tu vois c'est devenu tellement naturel que

des fois j'ai du mal à me demander "Est-ce que c'est une expression québécoise ou est-ce que

ça s'utilise aussi en France ?" Mais en tout cas je peux te raconter une petite histoire sur ...

- Avec plaisir. - ... mes premières expériences au Québec.

Alors le tout premier job que j'ai eu, c'était dans la restauration. Parce que j'ai travaillé

trois ans restauration en France. J'étais serveur donc j'ai voulu faire la même chose ici. En

passant c'est beaucoup plus lucratif de faire ça ici, parce que le pourboire est obligatoire,

donc tu peux te faire quand même des bons salaires dans la restauration. Mais j'étais pas serveur,

j'étais en dessous du serveur, ce qu'on appelle les busboys, qui est très américain. Et donc qui

qui s'occupe de servir les verres d'eau, de débarrasser les tables, de replacer etc.

Bon alors là c'est du... du vocabulaire qui est directement lié à la restauration,

mais j'avais... j'avais pas été briefé par ça, et puis bon tout le monde était Québécois

dans... parmi des serveurs. Et donc y'avait... ils savaient même pas que c'était des mots que je ne

pouvais pas comprendre. Alors par exemple le mot "guenille" est ce que tu peux... tu peux savoir

ce que "guenille" veut dire dans un contexte ? - Alors moi je connais en français on dit "des

guenilles" pour des vêtements un peu enfin très très abîmés même.

- Ouais. - C'est ça ?

- Ouais c'est proche. C'est proche. Alors et maintenant le mot "cabaret"

- Oula ! Des guenilles de cabaret ? - Ouais, c'était exactement ça !

Alors on était dans le "rush". Y'avait beaucoup de mouvement, tout le monde était super occupé.

Les serveurs étaient débordés. Puis là y'en a qui me dit "Apporte la guenille et puis... et puis

oublie pas le cabaret !"Et là je comprends pas du tout ! "Mais qui est ce qu'il me raconte ?!" Alors

"guenille" effectivement dans ce cas là, c'était un torchon pour essuyer la table et le cabaret

c'est le plateau. Mais là c'était vraiment des termes centraux. Puis là je comprenais pas je me

suis fait gronder. "Mais pourquoi tu fais rien ? Pourquoi tu bouges pas ? On est... on est dans le

rush et tu fais rien !" Je dis " Bah ouais mais excuse-moi je comprends pas les mots là". Donc

j'ai dû faire une liste de vocabulaire de tout ce que je comprenais pas et... Bon ça c'était moins

drôle quand c'était... quand ça m'arrivait mais bon après tu... t' apprends comme ça aussi quoi.

-Oui après coup ça fait des histoires à raconter. - Absolument ouais, absolument. Mais... mais sinon

oui quand je parle avec des Québécois il y a des petits mots... même quand on se taquine par

exemple "niaiseux", "Oh t'es niaiseux !". - Oui ça c'est une expression qui... j'ai

l'impression qui arrive en France. "Pas le temps de niaiser". C'est québécois non ?

- "Pas le temps de niaiser" oui ! Bah ça c'est Internet. - Ah oui voilà !

- C'est québécois mais ça vient d'une vidéo qui est devenu un meme et en fait c'est un gars qui était complètement bourré

dans un.. dans un bar qui se faisait interviewer. Et puis lui a sorti une phrase... Mais c'est ça.

C'est devenu un meme il disait : "Tequila, Heineken, pas le temps de niaiser !".

"Pas le temps de niaiser" ça veut dire "J'ai pas le temps de... j'ai pas le temps de déconner",

c'est comme ça qu'on traduirait en français. - Ouais on est pas là pour rigoler.

- Ouais c'est ça et lui vraiment genre je suis là, j'ai ma bière, j'ai mon (ma) téquila, j'ai pas

de... j'suis là pour faire.... pour déconner un maximum et puis en profiter quoi. Et ouais,

c'est devenu très très connu au Québec et puis y'a beaucoup de français qui ont commencé à dire

ça et puis qui ont importé un peu cette... Ça c'est la culture d'Internet je t'avoue.

- C'est ça ! Ça traverse l'océan ! - Exactement et puis c'est drôle !

Même les Québécois rient de ça quoi! - Et... bon et dernière question.

Est-ce que tu penses un jour revenir t'installer en France ou ça y est ?

Le Québec c'est ta maison maintenant ? - Bah c'est une question qui est très

très compliquée. Alors j'aurai toujours une place spéciale pour la France et je t'avoue que c'est

une question que je me pose de plus en plus avec la pandémie. Toute ma famille habite en Europe.

C'est sûr qu'elle me manque. Y'a beaucoup de choses qui me manquent de la France comme je l'ai

dit plus tôt. Mais d'une part, j'ai envie de plus voyager. Peut-être aussi habiter un an au Japon...

- Ah génial ! -... qui est mon pays maternel.

Ouais. Et continuer à voyager. Mon rêve... mon rêve si j'avais les moyens et puis

le temps et l'argent pour faire tout ce que je voulais, ce serait vraiment d'acheter un voilier puis d'aller en...

de faire le tour de l'Amérique latine. Mais bon, faut rester réaliste

- Sacré projet ! C'est bien ! - Oui c'est ça ! Faut rester

réaliste mais... mais j'aimerais bien voyager plus tu vois. Et ne pas m'installer dans un

pays. Alors là je suis des démarches pour... et puis bon avec la pandémie on veut pas voyager.

- Oui malheureusement - ... donc je suis bien au Canada.

- Mais ça donne le temps de... d'y réfléchir. - Absolument ! Donc c'est pas une question

fermée. Peut-être que je vais rentrer en France mais je ne le sais pas. Et le futur nous le dira.

- Bon bah génial merci ! Merci de cette collaboration. C'était vraiment chouette.

C'était... c'était super cool d'échanger... bah sur la culture d'un autre pays.

Et n'oubliez pas d'aller faire un tour sur la chaîne de Bigbong, où vous pourrez l'entendre parler japonais, coréen,

anglais et plein d'autres langues. Et vous pourrez aussi regarder la vidéo qu'on a faite ensemble,

en anglais, sur sa chaîne. En attendant, pensez à vous abonner à la chaîne de French Mornings,

pour être au courant des futures vidéo. Et je vous dis à très bientôt !

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