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La chronique d'Aliette de Laleu, Opéra et cinéma ça ne colle pas - Aliette de Laleu

Opéra et cinéma ça ne colle pas - Aliette de Laleu

Saskia de Ville: Et oui car on termine cette Matinale avec une chasse aux clichés

comme chaque lundi.

Bonjour Aliette de Laleu.

Aliette de Laleu: Bonjour Saskia, bonjour à tous.

Saskia de Ville: Vous avez l'air contrarié Aliette. Que se passe t-il ?

Aliette de Laleu: Je suis frustrée parce qu'avec la venue du réalisateur Jean-Stéphane Bron

je me suis dit : bingo!

Attaquons-nous aux clichés sur la musique classique dans les films sauf qu'ils sont

impossibles à démonter tant le cinéma véhicule des stéréotypes. C'est encore plus vrai avec

l'opéra, le sujet dont traite votre film, j'ai regardé les plus grandes scènes du cinéma

ou l'on voit des personnages assister à une représentation et c'est pas joli, joli

en termes de cliché.

*Intouchables - Scène de l'opéra avec l'arbre qui chante*

Omar Sy: C'est un arbre ! C'est un arbre qui chante ! *rires*

Omar Sy: C'est de l'allemand ! Quoi chut ? C'est en allemand...

* rires *

Omar Sy: C'est de l'allemand en plus ! vous êtes taré ! Oh la galère... ça dure combien de temps ?

François Cluzet: Quatre heures.

Omar Sy: Oh putain...

* Musique d'opéra *

Aliette de Laleu: Dans cet extrait d'Intouchables, on a un peu la totale: l'opéra c'est interminable,

en allemand, à l'image le public est très vieux et les chanteurs sont habillés de manière

ridicule.

Heureusement ce passage est très drôle et tout le film se joue des clichés donc cet

extrait est davantage comique que désolant.

Mais regardons un peu ailleurs, beaucoup de films cultes mettent en scène l'opéra toujours

de la même manière: un rendez-vous romantique, des robes dignes des plus grands galas, des

bijoux précieux et clinquants, beaucoup de têtes blanches et au milieu de tout cet apparat,

légèrement stéréotypé, une chose pour se consoler, il y a toujours des larmes d'émotions

qui coulent sur les joues des personnages à la fin de l'oeuvre.

Dans cette catégorie on retrouve la scène de Pretty Woman où Edward emmène Vivian voir

La Traviata de Verdi.

Saskia de Ville: Un opéra qui n'est pas choisi par hasard Aliette.

Aliette de Laleu: Et non, une courtisane qui tombe amoureuse d'un homme de bonne famille

c'est exactement le même scénario que dans Pretty Woman.

On note une scène similaire dans Éclair de Lune, les deux personnages vont voir La

Bohème de Puccini et le personnage féminin Loretta découvre tout de cet univers, elle

ne sait pas quand applaudir par exemple.

Et rebelote, la jeune femme, interprétée par la chanteuse Cher, laisse couler ses larmes

à la fin de la représentation.

On trouve un contre-exemple à ces scènes stéréotypées dans Le Cinquième élément

de Luc Besson, nous sommes en 2263 et, excellente nouvelle, l'opéra est toujours là.

La Diva Plavalaguna, une créature bleue et tentaculaire, chante Lucia di Lammermoor de

Donizetti.

*Extrait de la scène*

Aliette de Laleu: Sa voix hors du commun lui permet de faire des prouesses vocales, ce

qu'elle démontre en enchaînant son air de la folie avec une chanson très pop, impossible

à interpréter par une voix humaine.

*Extrait de la scène*

Aliette de Laleu: Avec ce film les clichés tombent, déjà les extraterestres chantent

de l'opéra et on peut sans problème enchaîner un air de Donizetti avec une chanson qui n'a

rien à voir avec la musique classique. Dans le futur de Luc Besson on mélange les genres

musicaux alors vivement l'année 2263.

Saski de Ville: Mais tout à fait Aliette, on y est presque.

Merci beaucoup pour cette chronique que l'on retrouve sur francemusique.fr.

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