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La chronique d'Aliette de Laleu, On n'improvise pas sur la musique classique - Aliette de Laleu

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On n'improvise pas sur la musique classique - Aliette de Laleu

Saskia de Ville : 8 heures et 54 minutes, on part à la chasse aux clichés avec Aliette

de Laleu, bonjour Aliette.

Aliette de Laleu : bonjour Saskia de Ville, bonjour à tous.

Saskia de Ville : ce matin, vous allez nous parler de l'art d'imporoviser.

Aliette de Laleu : eh oui, car derrière l'improvisation il y a une idée reçue, comme quoi c'est

un art réservé à des styles musicaux, comme le jazz.

On associe peu l'improvisation à la musique dite classique, et on a bien tort ! On a tort,

car cette musique est née de l'improvisation.

Remontons à la période baroque, les grands compositeurs que l'on connaît aujourd'hui

étaient avant tout connus pour être de grands improvisateurs.

Bach, par exemple, excellait dans ce domaine, et s'il a mis par écrit certaines de ses

oeuvres, c'était pour les peaufiner.

La plupart du temps, il se mettait à l'orgue, et improvisait des fugues, des fantaisies,

des accompagnements.

Après Bach, on peut encore citer d'autres noms parmi les plus grands : Mozart, Beethoven,

Liszt, Chopin... tous ont été des improvisateurs hors pair qui se livraient même à des sortes

de batailles d'improvisation devant public, et ce même public participait en imposant

aux musiciens d'improviser sur telle ou telle oeuvre : les concerts étaient imprévisibles,

cela faisait entièrement partie de la vie musicale de l'époque.

Aujourd'hui, les concerts classiques laissent un peu moins de place à cette liberté musicale,

il faut aller vers des musiciens un peu moins exposés, comme Fransesco Tristano, Jean-François

Zygel, Bruce Brubaker, Gabriela Montero, ou Fazil Say pour avoir l'opportunité d'entendre

de la musique improvisée, ou alors il faut se diriger vers le monde de l'orgue - dont

on parle beaucoup ce matin - qui fait figure d'exception dans ce domaine.

Tout organiste sait maîtriser l'art de l'improvisation, et cet art, contrairement à l'image que l'on

peut s'en faire, est plutôt codifié.

La preuve : il existe dans certains conservatoires des cours d'improvisation, classes qui avaient

disparues pendant près d'un siècle, avant de revenir doucement sur le devant de la scène.

Improviser, en fait, ce n'est pas laisser, comme par magie, libre cours à son imagination

et sortir des sons un peu au hasard, improviser, c'est composer, mais sur le moment.

Un bon improvisateur connaît l'harmonie, le rythme, la structure des oeuvres, la théorie...

bref, il connaît la musique.

A partir de là, le musicien improvise de différentes manières, soit à partir d'une

oeuvre, dans ce cas, le cadre est fixé, il suffit de s'inspirer, d'imaginer, de broder,

autour de la musique pour en créer une nouvelle, comme on peut l'entendre avec ce jeu à l'orgue

de Thierry Escaich, qui improvise sur un thème de Couperin.

(musique)

Et puis sinon, le musicien crée de toute pièce une oeuvre, comme s'il composait en

direct, comme le fait souvent Fransesco Tristano, entre deux morceaux en concert, on l'écoute

tout de suite.

(musique)

Une petite improvisation de Francesco Tristano entre deux morceaux de concert.

L'improvisation est un art que l'on devrait faire revenir en masse dans nos salles de

concert, nos festivals, nos conservatoires et écoles de musique, c'est l'essence même

de la musique, l'improvisation permet de proposer une nouvelle expérience aux spectateurs,

aux musiciens, et surtout de donner une image vivante et mouvante de la musique que l'on

appelle "classique".

Saskia de Ville : merci Aliette de Laleu, pour cette chronique non improvisée.

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