Les cuivres jouent (toujours) trop fort - Aliette de Laleu
Saskia: Et c'est l'heure de La Chasse aux clichés avec Aliette de Laleu bonjour !
Aliette: Bonjour Saskia, bonjour à tous !
Saskia: Pour votre avant-dernier cliché vous allez faire honneur à une famille d'instruments…
* Fanfare for the common man d'Aaron Copland *
Aliette: Une famille d'instruments: les cuivres ! Vous pensiez chers trombonistes, cornistes,
trompettistes, tubistes et j'en oublie… que vous alliez passer dans les mailles du
filet des clichés mais non ! Vous en avez même plusieurs alors par où commencer ?
J'aurais pu parler du cliché comme quoi les cuivres sont les plus fêtards de l'orchestre mais
c'est un petit peu trop vrai..
J'aurais pu parler du cliché comme quoi seuls les hommes jouent de cette famille d'instruments
mais c'est de moins en moins vrai… On va rester donc sur l'orchestre et parler
de l'une des plus grandes frustrations que tout instrumentiste dans la section des cuivres
subit : le fait que vous jouiez trop fort.
* Trio en mi B maj de Brahms pour clarinette, cor et violon andante *
Aliette: Pas besoin de mot pour contrer ce cliché, il suffit d'écouter quelques secondes
de ce trio de Brahms pour clarinette, violon et cor pour réaliser à quel point le son
du cor est doux, moelleux et peut tenir une mélodie..
Tout comme le tuba, malgré sa taille beaucoup plus importante et son rôle souvent réduit
à de l'accompagnement, c'est un instrument qui possède un ambitus immense : le tubiste
peut jouer des notes très graves et très aiguës..
Saskia : Donc ce cliché sur le son concernerait plutôt les 2 autres instruments de la famille
des cuivres que vous avez cité ?
Aliette: Oui, car leur timbre est plus brillant, moins rond que celui du tuba ou du cor.
On reproche souvent au trombone et à la trompette de joueur trop fort… Enfin surtout le chef
d'orchestre qui doit tempérer les enthousiasmes des musiciens… Pourtant, ce sont des instruments
qui sont tout à fait en mesure d'apporter des nuances et de pouvoir jouer des solos
mélodieux, qui sont rares mais magiques, comme celui des trombones dans cette symphonie
de Kurt Weill.
* Symphonie n°2 de Kurt Weill : Largo (2e mvmt) *
Aliette: Véritable chef des cuivres, qui possède, au suprême degré, la noblesse
et la grandeur, comme disait Berlioz dans son traité d'instrumentation, le trombone
n'est pas celui qui a le répertoire le plus fourni..
Il est concurrencé par sa cousine, la trompette.
Elle a traversé les époques, on noterait ses premières apparitions dès l'Antiquité !
La trompette n'était pas celle que l'on connaît aujourd'hui, il y a eu beaucoup
d'évolutions, comme sur les autres cuivres, notamment l'arrivée des pistons au 19e
siècle.
Les pistons se sont les 3 touches que l'on voit sur l'instrument et qui permettent
de jouer toutes les notes de la gamme.
Avant cela, elle a quand même eu sa place dans les musiques de concert, dès la période
baroque..
Ce n'était certainement pas le même son car l'instrument était très différent
donc, mais on peut se faire une petite idée en écoutant ce célèbre concerto pour trompette
de Giuseppe Tartini :
* Concerto en ré Maj pour trompette de Tartini *
Aliette: Chers cuivres, j'oublie beaucoup d'instruments car votre famille est très
nombreuse..
Et je trouve que le mot famille vous va bien, une famille peut-être un peu bruyante parfois
mais c'est votre passion, votre enthousiasme qui parle et on devrait l'écouter toujours
plus attentivement..
Saskia: Merci beaucoup Aliette pour cette chronique que l'on podcaste et qu'on réécoute
sur francemusique.fr.
Aliette: Et à la semaine prochaine pour la dernière...