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La chronique d'Aliette de Laleu, Les chanteuses lyriques sont toutes des divas - Aliette de Laleu

Les chanteuses lyriques sont toutes des divas - Aliette de Laleu

Saskia de Ville : Et Aliette de Laleu vient d'entrer en studio pour sa chasse aux clichés.

Bonjour, Aliette !

Aliette de Laleu : Bonjour Saskia, bonjour à tous !

Saskia de Ville : Alors notre invitée ce matin, Pretty Yende, vous a inspiré une chronique

sur les chanteuses lyriques...

Aliette de Laleu : Oui, je me suis dit que s'il y avait bien un cliché qui pouvait agacer

certaines chanteuses aujourd'hui, ce serait de les comparer à des divas ! Alors d'après

le dictionnaire, une diva est une cantatrice célèbre par son talent, sa réputation :

rien de bien péjoratif.

Et pourtant on utilise souvent ce mot pour désigner une personne capricieuse, exigeante.

Le mot "diva" vient de "divinité", ce qui met déjà une certaine distance entre la

personne concernée et les autres, et puis l'histoire de la musique regorge d'anecdotes

sur des chanteuses d'opéra qui se comportaient comme des divas.

Mais ne rejetons pas trop vite la faute sur ces femmes, car les premières divas

étaient, en fait, des hommes : les castras.

Sans entrer dans les détails, un castrat est un chanteur à qui l'on a fait subir une

opération un peu délicate pour qu'il puisse chanter avec une voix aiguë.

Pourquoi ? Eh bien nous sommes au XVIIe siècle et les femmes ne sont pas autorisées à chanter

car ce serait impudique.

Saskia de Ville : Il faudra attendre le XVIIIe siècle pour que la diva au féminin arrive...

Aliette de Laleu : Et elle fait une entrée fracassante ! La diva décide de tout et de

rien, elle a les pleins pouvoirs sur les oeuvres et les compositeurs. Certaines demandent des

cachets exhorbitants, d'autres exposent leur vie privée souvent mouvementée, et parfois

les chanteuses vont jusqu'à se quereller sur scène avec leur rivale.

Le public va vite se lasser de cette image de bourgeoise un peu tout permis.

Peu à peu les chanteuses vont perdre cette image sacrée jusqu'à l'arrivée de..

Maria Callas.

Aliette de Laleu : La voix de la Callas qui redonne au public l'envie de chérir une icône.

Elle a cette capacité de laisser un flou entre les personnages qu'elle incarne sur

scène et sa propre personnalité fascinante.

Et puis elle a cette voix, cette présence, ce jeu d'actrice qui, évidemment , la positionne

comme une diva au sens strict du terme.

Aliette de Laleu : Aujourd'hui on ne peut pas dire que les chanteuses lyriques mènent

une vie 'normale' car cela reste toujours exceptionnel de se produire sur les scènes

du monde entier, interpréter des rôles, avoir une image médiatique... mais Karine Deshayes

invitée de la matinale en septembre, disait très justement qu'elle arrivait aux

répétitions en jean et baskets, et que cette image de divinité ou d'inaccessibilité s'est

peu à peu effacée.

Alors il reste encore des chanteuses capricieuses qui annulent une production au dernier moment

pour un détail, refuse de porter certains costumes, sont très exigeantes sur leur image,

mais on est encore assez loin de leur prédécesseur comme lorsqu'en 1958, Maria Callas, souffrante,

quitte la scène après le premier acte de Norma à l'opéra de Rome.

Mais comment ne pas pardonner ces caprices quand on entend le son de cette voix ?

Aliette de Laleu : "Casta Diva" extrait de l'opéra Norma de Bellini,

interprété par Maria Callas, évidemment.

Saskia de Ville : Merci beaucoup, Aliette, pour cette belle chronique qu'on réécoute

avec grand plaisir sur francemusique.fr, et puis on vous retrouve... Aliette de Laleu : Lundi prochain !

Saskia de Ville : Si vous ne faites pas votre diva, bien sûr !

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