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La chronique d'Aliette de Laleu, L'art de la prononciation - Aliette de Laleu

Avanzato 1 di francese lesson to practice reading

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L'art de la prononciation - Aliette de Laleu

Saskia de Ville : bonjour Aliette de Laleu

Aliette de laleu : bonjour Saskia, bonjour à tous.

Saskia de Ville : on va même vous entendre ce matin, vous allez aborder mon sujet préféré,

le meilleur depuis ce début d'année : l'art de la prononciation dans le domaine de la

musique classique.

Aliette de Laleu : oui, j'ai eu une grosse pensée pour vous ce matin Saskia, et c'est

aussi grâce à vous, Antoine Tamestit.

J'ai déjà décortiqué les clichés sur les altistes dans une précédente chronique,

mais votre nom m'a donné une autre idée ce matin.

L'autre jour, en réunion, des collègues de France Musique parlaient de vous, et arrivent

la question qu'on doit vous poser souvent : "est-ce qu'on prononce le "t" à la fin

de votre nom de famille", et vous avez un droit de réponse...

Antoine Tamestit : oui

Aliette de Laleu : oui, on prononce le "t".

Antoine Tamestit : mais je ne me vexe pas si on le prononce pas.

Aliette de Laleu : ça sera l'objet de ma chronique, parce que croyez moi que ce genre

de questionnement arrivent quotidiennement dans une radio, et ce matin j'aimerais parler

d'un cliché qui colle à la peau des mélomanes : pour parler de musique classique, il faut

savoir bien prononcer tous les noms des compositeurs et des musiciens. les auditeurs sont souvent

les premiers à nous le rappeler : la semaine dernière, un message nous parvenait sur la

prononciation de Beethoven, l'auditrice reprochai d'entendre sur France Musique des "Beethov'"

ou "Beethoven", et qu'il fallait davantage dire "Beethoven" avec toutes les lettres ou

le prononcer à l'allemande, en s'attardant sur les deux "e" Beethoven, tout en concluant

que c'est irrespectueux de la prononcer autrement que comme elle l'entend.

Saskia, est-ce que vous êtes hyper polyglotte ?

Saskia de Ville (rires) : je crois que j'ai un talent fou pour l'italien, personnellement...

Aliette de Laleu : moi je ne suis pas polyglotte, par contre j'ai étudié le chinois pendant

cinq ans, et je peux vous dire que personne ne prononce le nom des artistes chinois correctement

! Personne ! Avec Lang Lang, c'est un peu de la triche c'est facile, mais avec la pianiste

Zhu Xiao-Mei, là, ça devient plus compliqué, et d'ailleurs, elle s'appelle plutôt Zhu

Xiao-Mei, et encore mon chinois est très mauvais.

Au fond, peu importe la prononciation tant que l'on accepte que personne n'est capable

de bien savoir prononcer tous les noms des artistes, et que l'on ne tombe pas dans les

extrêmes, à dire "Ouagné" pour Wagner par exemple, nous sommes tous d'accords là dessus.

Il faut simplement arrêter de taper sur les doigts dès qu'une prononciation n'est pas

parfaite, il faut arrêter de dire que franciser les noms est un sacrilège, et il faut arrêter

d'imposer de prononcer "Barr" plutôt que Bac, Bernstin plutôt que Bernstein, tout

simplement parce que cela participe à un entre-soi de la musique, à une compétition

du plus érudit, et tout le monde n'a pas la chance d'apprendre quinze langues ! Le

plus simple est de suivre son propre guide, si des personnes parlent couramment allemand,

anglais, ou tchèque et qui leur chante de prononcer avec l'accent les noms des compositeurs

et des musiciens, tant mieux pour ces personnes, c'est même plutôt instructif de savoir comment

se dit Janacek ou Dvorak avec vraiment un bon accent tchèque, mais dans ce cas, la

seule règle est de ne pas faire la morale aux autres, parce qu'au milieu de ces débats

souvent futiles, il se passe des événements un peu plus graves liés aux prononciations.

Lors de concours internationaux de musique, il arrive régulièrement que des jeunes candidats,

souvent d'origine asiatique, soient appelés pour recevoir un prix, mais, pas de chance,

le nom est tellement mal prononcé que c'est la mauvaise personne qui est appelée...

Alors on va sortir un peu de cet européano-centrisme : être curieux, apprendre de nos erreurs,

et surtout de ne pas juger.

La musique est universelle, laissons un peu de côté son langage et profitons de cette

chronique pour écouter Bach, Barr, Jean-Sébastien pour les intimes, sous les doigts de Zhu Xiao-Mei.

(musique)

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