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La chronique d'Aliette de Laleu, Glenn Gould : qui se cachait vraiment derrière le pianiste canadien ? - Aliette de Laleu

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Glenn Gould : qui se cachait vraiment derrière le pianiste canadien ? - Aliette de Laleu

*Gabrielle : Bonjour Aliette de Laleu*

Bonjour Gabrielle.

On commence votre chronique avec une petite devinette...

Oui, écoutez bien, qui a dit : “Je suis un compositeur, un écrivain et un homme de communication canadien, qui joue du piano à ses moments perdus” ?

*Gabrielle : Bon, le Canada et le piano ça nous met sur la voie*

Oui, on va parler de Glenn Gould, qui est, contrairement à ce qu'il dit, connu comme

étant l'un des plus talentueux pianistes du 20e siècle.

*Variation 14 extrait des Variations Goldberg de Bach, 1981* On ne va pas parler de Glenn Gould sans évoquer ou au moins diffuser ses variations de Goldberg de Bach

Mais comme c'est aussi très cliché, on va donc aller plus loin et tenter de découvrir

l'homme qui se cache derrière le pianiste, et derrière l'image qu'on lui a donné.

*Gabrielle : Celle, surtout, d'un excentrique*

A juste titre. Mais derrière chaque excentricité, il y a une explication presque logique,

Prenons la position de Glenn Gould sur son piano : il est courbé, assis 20 centimètres

en dessous de la moyenne sur une chaise fabriquée par son père qu'il gardera toute sa vie

malgré son inconfort, il bat la mesure avec sa main gauche, et chantonne par dessus les notes.

Tout ça a une origine : la position, par exemple, vient de son professeur Alberto Guerrero mais vient

aussi de son besoin de ressentir le toucher.

Par exemple, quand il travaille son piano, il met parfois la radio et la télé à fond

pour ne plus entendre ce qu'il joue.

C'est un moyen pour lui de ressentir la musique dans son corps grâce à ce qu'il

appelle son "oreille interne".

C'est aussi un moyen de travailler les parties difficiles sans appréhension.

S'il n'entend pas les erreurs, il prend confiance et répète jusqu'à ce que le

mouvement des doigts soit parfait.

*Gabrielle : Et le marmonnement, qu'on entend parfois dans les disques ?*

Ah ça, ça vient de sa chère et tendre mère dont on pourrait écrire tout un livre tant leur

relation est assez étrange, voire malsaine.

Mais c'est elle qui donne les premiers cours de piano à son fils et sa méthode consiste

à chanter les notes, c'est donc tout simplement resté.

La grande majorité des autres excentricités du pianiste, comme son asociabilité,

vient de son hypocondrie.

En été, il s'habille comme en hiver.

Avant ses concerts, il plonge ses avant-bras 30 minutes dans de l'eau chaude.

La liste des professionnels de santé qu'il consulte dans sa vie est aussi épaisse que le dictionnaire.

Et Glenn Gould évite les contacts humains, il a peur des foules et prend beaucoup de médicaments.

*Gabrielle : Est-ce que c'est cette peur de la maladie qui lui fait prendre la décision d'arrêter les concerts ?*

Peut-être, sûrement, en tout cas il détestait le fait de ne pas pouvoir s'arrêter, reprendre un passage,

détestait encore plus les applaudissements, les bruits dans la salle, c'est pourquoi

à partir de 1964, il ne se consacre plus qu'aux enregistrements, de musique

mais aussi de programmes radio et télé,

c'est en tombant sur une archive que j'ai découvert un autre Glenn Gould, le comique.

On le voit imiter tour à tour un présentateur de la CBC, une caricature de Stockhausen,

une autre de Marlon Brando et celle d'un chef d'orchestre britannique un peu vieux jeu.

*Extrait teaser d'une émission CBC*

L'humour de Glenn Gould était sa carapace pour cacher le personnage qu'il était vraiment : un angoissé,

à la limite de l'autisme, une forme de handicap mental qu'il n'a jamais voulu soigner, c'est peut-être ce qui l'a tué le 4 octobre 1982 avec cette prise excessive de médicaments toute sa vie

pour contrôler son corps,

mais ça l'a aussi sauvé car il est resté entier, avec ses bizarreries, son passé,

ses exigences et son cerveau génial et malade à la fois,

Et ça nous permet de connaître, de voir et d'entendre un des génies du 20e siècle.

*Variation 14 extrait des Variations Goldberg de Bach, 1955*

*Gabrielle : Merci beacoup Aliette, on va poursuivre en écoutant ce grand pianiste dans un autre répertoire,*

*Mais d'abord, est-ce que vous connaissiez la BD "Glenn Gould, une vie à contre-temps ?*

Tout à fait, c'est magnifique, il faut absolument aller la regarder !

*Gabrielle : on va l'écouter, Glenn Gould, dans l'Andante de l'Intermezzo numéro 2 de Brahms, par Glenn Gould.*

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