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La statistique expliquée à mon chat, (#4) Sauvez le 22ème siècle : tuez une méduse ! - YouTube

(#4) Sauvez le 22ème siècle : tuez une méduse ! - YouTube

<3 Sous-titres réalisés avec amour par Lebravex, merci à lui <3

Mon chat Albert l'ignore, mais depuis la création de l'Etat belge le 21 juillet 1831,

les choses ont bien changé en Belgique.

Aujourd'hui, le territoire belge comporte onze millions d'habitants.

Mais en 1800, 30 ans avant notre indépendance,

ce même territoire comportait à peine 3 millions de personnes. [Lebravex : ce qui fait déjà trop de belges...]

Si je prends une population de trois cents congénères d'Albert,

il y a essentiellement deux choses capables d'en modifier le nombre d'éléments.

La première, c'est le nombre de naissances. Combien de chatons cette population va produire au cours d'une année.

La deuxième, c'est le nombre de décès sur cette même période.

Je sais Albert, jusqu'ici je ne t'apprends pas grand-chose.

Qu'il s'agisse de chats ou d'êtres humains, les statisticiens surveillent l'équilibre

entre naissances et décès via ce qu'ils appellent les taux de natalité et de mortalité.

Le premier est simplement le nombre de naissances divisé par la taille de la population,

tandis que le deuxième est le nombre de décès divisé par cette même taille.

Pour qu'une population soit stable dans le temps, c'est simple, les deux taux doivent demeurer similaires année après année.

Avant 1800, une femme vivant sur le futur territoire belge accouchait au cours de sa vie d'environ 6 enfants

et ce sans la moindre anesthésie.

Le taux de natalité était alors très élevé, entre trente et trente-cinq naissances par an pour mille habitants.

Quatre enfants sur six à l'époque n'atteignaient néanmoins jamais l'âge adulte,

résultant en un taux de mortalité tout aussi élevé.

Les deux taux étant très proches et jouant au chat et à la souris année après année, la situation était stable.

Mais les choses sont sur le point de changer.

La révolution industrielle s'amorce au Royaume-Uni dès 1750 et se propage très rapidement à toute l'Europe.

La production de masse devient réalité.

Une classe moyenne émerge, et de grandes découvertes médicales sont réalisées.

Les conséquences démographiques de cette révolution sont immédiates pour les belges :

de 31 décès pour 1000 habitants en 1800,

le taux de mortalité chute sous les 20 décès pour 1000 habitants vers 1900.

Mais le taux de natalité, lui, bouge à peine durant cette période, créant un écart historique entre les deux taux.

Ce n'est que vers 1900 que le taux de natalité commence finalement à descendre aussi,

résultat des débuts de l'émancipation féminine et de la généralisation des moyens de contraception.

Le taux de natalité ne rattrapera toutefois le taux de mortalité que septante-cinq ans plus tard,

année durant laquelle la population belge dépasse les 10 millions d'éléments,

tandis qu'avoir deux enfants ou moins par femme est devenu la norme.

Ce mécanisme en deux temps, chute du taux de mortalité d'abord et du taux de natalité ensuite,

les démographes appellent ça la *transition démographique*.

La transition démographique, c'est depuis 1800 le moteur principal de la croissance démographique sur la planète,

poussant la population mondiale d'un milliard d'éléments à l'époque à plus de 7 milliards aujourd'hui.

Mais c'est un moteur au souffle court.

Cela fait déjà plusieurs décennies qu'il est à l'arrêt en Europe et en Amérique du Nord.

Sa situation en Asie n'est pas meilleure : que ce soit en Inde ou en Chine, la transition démographique est là-bas pratiquement achevée.

Même son de cloche pour l'Amérique latine : le moteur est là aussi sur le point de prendre sa retraite.

La raison pour laquelle la population mondiale continue de rapidement augmenter aujourd'hui est simple :

le moteur africain, grippé pendant de nombreuses décennies, tourne aujourd'hui à plein régime.

De nombreux pays africains sont en effet dans une situation similaire à la Belgique en 1900 :

le taux de mortalité a décroché, mais pas le taux de natalité.

Quelque part entre 2075 et 2100 toutefois, ces deux taux se retrouveront,

et l'Afrique aura aussi achevé sa transition démographique.

Le continent comptera alors quatre milliards d'habitants, contre un seul aujourd'hui,

et la population mondiale se stabilisera à onze milliards d'individus.

Arriverons-nous à vivre en harmonie sur Terre en étant si nombreux ?

Dans quel état sera la planète d'ici à 2100 ?

La réponse à ces questions dépasse de très loin mes compétences de statisticien.

Je vais néanmoins présenter à Albert une vision optimiste de cette fin de siècle.

Quelque part entre 2075 et 2100, donc, l'Afrique achève sa transition démographique en douceur.

En 2076, après des décennies de recherche, le premier réacteur à fusion nucléaire voit enfin le jour en France.

Les énergies renouvelables ont toutefois déjà remplacé les énergies fossiles à grande échelle depuis plus de 30 ans.

Une colonie permanente est établie sur Mars en 2077.

En 2092, la planète compte officiellement 11 milliards d'individus.

Nous n'avons jamais été aussi nombreux, mais la paix règne et de plus en plus de frontières sont abolies.

Le nombre d'armes à feu en circulation par personne atteint même un minimum historique.

Symbole de cette nouvelle ère, le tunnel de Gibraltar reliant Europe et Afrique est inauguré en 2096,

tandis que le premier être humain et le premier chat naissent sur Mars en 2097, à deux mois d'intervalle.

Mais est-ce vraiment la fin de l'accroissement démographique de l'espèce humaine ?

La réponse est non. Le répit de cette fin de siècle ne sera que de courte durée.

Si les progrès médicaux au cours des 19e et 20e siècles ont été extraordinaires,

ceux du 21e siècle, notre siècle, le seront encore plus.

Aujourd'hui, des dizaines de milliers de chercheurs talentueux travaillent au quotidien à comprendre pourquoi nous vieillissons.

Tôt ou tard, une percée majeure sera réalisée.

Le processus du vieillissement sera freiné, si pas complètement arrêté.

Vivre jeune et en bonne santé pendant des siècles deviendra possible.

Les conséquences démographiques de cette inévitable percée seront très lourdes.

Le taux de mortalité décrochera à nouveau.

Une nouvelle transition démographique majeure se produira,

et le 22e siècle verra le nombre d'habitants sur Terre rapidement croître à nouveau,

avec tous les dangers que cette croissance implique.

Seul échappatoire possible :

forcer le taux de natalité à suivre le taux de mortalité

en interdisant de faire des enfants aussi longtemps que nécessaire.

Ou alors interdire dès aujourd'hui la recherche sur le processus du vieillissement, aussi noble que cette recherche puisse être.

Oui, je suis d'accord avec toi, Albert, c'est un peu déprimant.

Mais n'oublie pas que se projeter aussi loin dans le futur est un exercice très risqué.

Le 22e siècle ne se déroulera sans doute pas comme je viens de le décrire.

Et une colonie sur Mars dès 2077, ce n'est pas non plus gagné.

Pour conclure, revenons aux taux de natalité et de mortalité en Belgique.

Le graphique que j'ai présenté à mon chat plus tôt est un mensonge

Il s'agit d'une version lissée des taux de mortalité et natalité réels.

Les vrais taux depuis la révolution industrielle sont ceux-ci.

Contrairement à sa version lissée, ce nouveau graphique présente de nombreuses anomalies,

qui correspondent à des faits marquants de l'histoire belge.

Les anomalies en 1848 et 1866 sont par exemples dues à de violentes épidémies de choléra.

Le pic de 1870 correspond à une épidémie de variole,

amenée par le grand nombre de réfugiés français fuyant la guerre franco-prussienne de l'époque. [Lebravex : comme de par hasard...]

La Belgique a par ailleurs particulièrement souffert de la première guerre mondiale,

durant laquelle on observe une impressionnante inversion des taux de mortalité et natalité.

Pour la première fois depuis l'indépendance, la population belge connaît alors une diminution, bien que temporaire.

Finalement, on peut observer une anomalie liée à la seconde guerre mondiale, ainsi que le fameux baby boom.

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Et si vous partagiez avec Albert votre vision du 22e siècle ?

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