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InnerFrench - Vol. 1, #90 - Apprendre le français sans vivr… – Text to read

InnerFrench - Vol. 1, #90 - Apprendre le français sans vivre dans un pays francophone (2)

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#90 - Apprendre le français sans vivre dans un pays francophone (2)

Hugo: Et pendant tes études, tu as pas décidé de faire un échange avec une université française ? C'était pas possible ? Anna: Si c'était possible. C'était possible, mais je ne l'ai pas fait. Oui, j'ai rencontré plusieurs personnes qui m'ont posé cette question : pourquoi je ne suis pas partie ? C'est vrai que oui, mon université, par exemple, je sais qu'elle collaborait avec plusieurs universités en France, même avec une ou deux universités en Belgique. Donc, c'est pas comme si je n'avais pas cette possibilité. Mais pour certaines raisons, j'ai décidé de rester ici à Cracovie. Alors, tout d'abord, j'ai entendu plusieurs histoires de mes copines, par exemple, qui sont parties en Erasmus. Et elles m'ont dit que, par exemple, les cours qu'elles avaient à l'université en France étaient en anglais. Parce qu'il y avait… C'était des cours, je sais pas, préparés spécialement pour un groupe d'Erasmus. Et comme les gens, ils se sentaient pas forcément très à l'aise avec le français, ces cours étaient en anglais. Et puis, elles… Je parle de mes copines parce que la plupart des étudiants, voilà, de mon université, c'était quand même des filles… Hugo: Des étudiantes.

Anna: Des étudiantes, exactement. Seulement 4… 3 ou 4 garçons. Donc oui, elles m'ont dit qu'aussi, elles restaient… Elles passaient la plupart de leur temps entre Erasmus et que eux aussi parlaient anglais. En plus, entre elles, parce que dans la plupart des cas, elles partaient à deux ou à trois, et entre elles, elles parlaient polonais. Donc je me suis dit que… Bah OK, si je veux que tout ce départ ait du sens, tout d'abord, il faut que je parte seule plutôt. Et puis, il faut que, je sais pas, sur place, que je fasse vraiment un effort pour trouver quelqu'un avec qui je pourrais parler français et… Et je sais pas, d'organiser un peu tout ça. Et oui moi, tout d'abord, je déteste voyager seule. Et je sais pas, je pense que j'ai flippé, tout simplement, pour tout te dire. Ça me mettait vraiment mal à l'aise l'idée de voyager toute seule dans un pays étranger, faire mes études dans une langue étrangère. Je sais pas. Et aussi, j'étais assez attachée à ma vie ici à Cracovie, parce qu'à cette époque là, j'étais une danseuse professionnelle. J'avais des entraînements quatre à cinq fois par semaine. Je participais à des compétitions. J'enseignais la danse aussi. Donc tout ça, c'était encore une autre raison -une excuse, quelqu'un pourrait dire- pour rester ici. Donc voilà, c'est comme ça que je suis restée, bien, à Cracovie. Hugo: Et qu'est ce que ça veut dire, flipper ? Tu as dit « j'ai flippé ». Anna: Oui.

« Flipper », ça veut dire « avoir peur », mais c'est plutôt de la langue familière. Hugo: Ok, bon en tout cas, c'est une réponse très honnête. Donc merci.

Anna: Je t'en prie. Hugo: Et t'es vraiment l'exemple qu'on peut apprendre une langue étrangère, voilà, sans vivre dans le pays. Sans vivre dans un pays francophone, on peut très bien apprendre le français. Peut-être que ça demande un peu plus d'efforts. Parce que voilà, toi, tu as cherché à avoir des cours en plus de tes cours à l'université. J'ai l'impression que tu étais vraiment très active, en fait, dans ton apprentissage. Anna: Oui, oui, c'est ça. Il faut être plus actif. Il faut faire plus d'efforts. Parce qu'il faut se créer des occasions pour parler français. C'est pas comme si on était en France. Il y a plein d'occasions où tu peux parler français, tu peux entendre le français dans le bus, dans le tram. C'est pas comme ça. Donc… Si tu restes, par exemple en Pologne, il faut que tu cherches. Il faut que tu te trouves des occasions pour parler, pour lire en français.

Hugo: Justement, moi, je suis l'exemple inverse parce que je vis en Pologne. Et je suis tellement passif dans mon apprentissage du polonais que voilà, là ça va faire 6 ans… 6 ans et demi. Et voilà, je suis très, très loin de pouvoir parler couramment comme toi. Et je pense que bon, c'est totalement de ma faute parce que je n'ai pas cherché vraiment les opportunités de pratiquer. J'ai pris quelques cours, mais voilà, j'étais plutôt concentré sur InnerFrench, des choses comme ça. Et… ma copine est polonaise, mais on parle anglais ensemble. Donc c'est 100% ma faute. J'ai aucune excuse. Donc c'est voilà… Parce que souvent, on est un peu… Voilà on se donne ce genre d'excuses : ah mais j'habite pas dans le pays, donc je peux pas apprendre la langue. Ah, si seulement j'habitais en France, même six mois, là, je suis sûr que j'apprendrais à parler couramment français. Mais ce n'est pas si simple que ça en fait. C'est vraiment une question, voilà, d'être actif, de faire des efforts. Quand on est enfant, peut-être, ça vient plus naturellement parce qu'on est forcé à avoir des interactions à l'école, etc. Mais quand on est adulte, c'est tout à fait possible, même dans un pays étranger, de limiter ses contacts avec sa langue ou d'utiliser seulement l'anglais. Anna: Oui, oui, il faut juste, voilà, un peu d'effort pour ça. Hugo: OK. Par contre, il y a quelque chose. C'est la différence entre le français formel et informel. Parce que j'imagine qu'à l'université, c'était plutôt le français formel. Anna: Oui, oui, bien sûr, c'était plutôt le français formel. Et ça a été un grand défi pour moi, en fait, d'essayer d'apprendre même un peu de français qui est plus familier. Et je l'ai pas fait à l'université. Je l'ai fait avec, justement, mes profs qui me donnaient des cours particuliers. Et je l'ai fait aussi après mes études. Donc voilà, je cherchais… Après mes études, je cherchais plutôt des ressources avec lesquelles je pourrais apprendre plus de français familier.

Hugo: Et est-ce que t'étais capable de comprendre les films et les séries déjà, par exemple ? Anna: Bien sûr que non, au début ! Donc je comprends très bien les gens qui sont un peu stressés ou découragés. Oui, au début, c'est vraiment difficile. Donc je regardais… Au début, je regardais tout avec des sous-titres. J'étais une cliente très fidèle, on peut dire, de l'Institut français. Parce que à l'Institut français, à Cracovie, on peut emprunter des DVD en français, des livres, des magazines. Donc voilà, j'y allais chaque semaine ou toutes les deux semaines pour emprunter un film en français avec des sous-titres. Et le premier film que j'ai vu, par exemple, c'était Harry Potter. C'était la première partie, donc « La Pierre philosophale ». Et j'ai vu ce film trois fois. Pour vraiment comprendre. Pour noter le vocabulaire. Pour apprendre des expressions. Donc oui, les débuts sont difficiles. Mais après, petit à petit, ça change. Et on se sent plus à l'aise. Et on finit par, voilà, pouvoir regarder des films, même sans les sous-titres.

Hugo: Et ça prend du temps et beaucoup d'efforts. Effectivement.

Anna: Mais ça prend du temps, oui. Il faut de la patience.

Hugo: Et c'est vrai que souvent, les films étrangers qui sont doublés en français, ils sont un peu plus faciles à comprendre. Parce que les… Je ne sais pas si c'est parce que, en version originale, les répliques, les dialogues des personnages sont peu plus directs en anglais qu'en français. Ou alors, si c'est parce que dans la traduction, on enlève certains éléments, on a tendance à simplifier. Je sais pas, mais en tout cas, c'est vrai que souvent, les films américains doublés en français sont plus faciles à comprendre que les films qui sont en français à l'origine. Anna: Oui, oui, cette idée. Oui, c'est aussi une bonne idée de regarder peut-être comme ça, oui, si quelqu'un veut regarder des films en français. Hugo: En plus, c'est des films que les gens connaissent déjà, en général. Ils connaissent déjà l'histoire donc… Anna: Oui, c'est ça. Hugo: Alors, et ensuite, après l'université, comment tu as commencé ta carrière ? Anna: Après l'université, j'ai commencé à travailler dans une entreprise internationale, ce qui n'était pas vraiment ma tasse de thé. Mais je me suis dit que le plus important, c'est que je garde le contact avec le français. Donc, j'ai tout fait pour pouvoir travailler avec la langue. Oui… Et à ce moment-là, j'ai trouvé ce boulot et je me suis dit que… voilà, que j'allais essayer. Hugo: Et qu'est-ce que tu faisais dans cette entreprise ? Anna: En gros, je travaillais dans la comptabilité. Je travaillais dans la comptabilité. J'avais des contacts… J'avais le contact avec les Français par écrit, donc par mail, mais aussi par téléphone. Hugo: Et comment ça s'est passé, cette première expérience à travailler avec des Français ? Anna: C'était quelque chose de nouveau. C'était quelque chose de nouveau parce que oui, c'était pas des profs qui veulent t'apprendre des choses, qui sont indulgents avec toi, patients. Ce sont, voilà, des clients qui… qui ont certaines…

Hugo: Certaines exigences, certaines attentes…

Anna: Certaines exigences, oui, par exemple. Donc là, non seulement il faut que tu maîtrises bien la langue, mais il faut que tu te mettes aussi dans… Voilà dans cette situation. Client… Euh…

Anna: Euh… Client… Ouais, toi tu étais le prestataire.

Hugo: Le prestataire oui. Client-prestataire. Donc c'était plus difficile. Il y avait encore plus de choses qu'il fallait prendre en compte. Mais j'étais plutôt une bonne… Pour moi, c'était une bonne expérience. Anna: C'est vrai que c'est un contexte un peu particulier. J'avais aussi des élèves à Varsovie qui travaillaient justement dans ce type de service parce qu'il y a beaucoup de grandes entreprises françaises maintenant qui externalisent une partie de leurs équipes en Pologne. Parce qu'en Pologne, il y a plein de gens qui parlent français et les salaires sont plus bas qu'en France, ça coûte moins cher. Et donc, en plus, il y a aussi ce côté où les gens qui sont en France savent qu'une partie de leur entreprise est externalisée en Pologne. Donc voilà, peut-être qu'ils ont peur de perdre leur travail. Mais toi, c'était pas exactement ce type d'entreprise ? Toi c'était vraiment du service pour… Anna: Alors c'était la comptabilité, pour les Français, pour la France. Mais… Mais non, j'avais pas trop de… Cette expérience d'externalisation de services. Non.

Hugo: Donc, cette première expérience, c'était pas vraiment ta tasse de thé, comme tu as dit. Et qu'est-ce que tu fais après ça, après ça ? Anna: Après ça, heureusement, j'ai reçu une proposition pour travailler à l'école. Et c'était mon ancien lycée. Donc c'était… Oui, j'étais vraiment très contente de pouvoir y revenir. Hugo: En tant que prof, cette fois.

Anna: En tant que prof cette fois-ci, voilà. Même si beaucoup de monde me prenait toujours pour une élève parce que j'étais assez jeune à l'époque. Donc voilà, je me suis fait virer plusieurs fois de la salle des profs, par exemple, ce qui était très marrant, d'ailleurs. Et oui… Mais j'ai enseigné seulement pendant un an parce que j'ai fait de l'intérim. Donc je remplaçais une autre prof de français.

Hugo: Tu peux expliquer, « faire de l'intérim », ce que ça veut dire ? Anna: Oui, j'étais… Alors, j'étais une remplaçante. Je remplaçais une prof qui était partie pour un congé maladie, il me semble. Donc c'était seulement pour un an. C'était un travail temporaire. Hugo: Et comment ça s'est passé ces cours, avec tes élèves? Anna: Très bien. Ils étaient vraiment très sympas. Bon, c'est un bon lycée. C'est l'un des meilleurs lycées à Cracovie. Je pense, toujours. Donc les élèves, ils étaient vraiment très sympas. Dans la majorité des cas, encore une fois, c'était des filles. Et j'aimais vraiment ces cours avec avec elles… Avec eux. Hugo: Et c'était quel type de cours ? Anna: Tu peux expliquer ?

Hugo: C'était des cours généraux sur, voilà, apprendre le français…? Anna: Oui, oui. C'était des cours généraux et le français, voilà comme deuxième langue. Hugo: OK. Donc tu utilisais un manuel et tu avais un programme à suivre, etc. Anna: Oui.

Oui, oui, oui. Comme c'était à l'école, donc voilà. Le système était assez rigide, avec des manuels plutôt imposés. Donc vraiment peu de temps et peu d'espace pour faire des choses assez créatives. Malheureusement.

Hugo: Et est-ce que tu as observé des différences entre toi… la façon dont toi, tu apprenais le français au lycée, et là, les élèves qui étaient un peu plus jeunes, que tu avais en face de toi. Est-ce que parce que, par exemple, je ne sais pas, ils utilisaient plus Internet, des applications, des choses comme ça ? Ou est-ce que globalement, c'était plus ou moins la même chose ? Anna: Oui, je pense que si… Oui, si je pense à des différences entre ma génération et la génération de mes élèves. Oui, c'est qu'ils utilisent beaucoup, beaucoup plus Internet, leur portable. Ils n'étaient pas capables, tu sais, de tenir 45 minutes sans avoir regardé leur portable. Donc je me suis dit : OK, il faut que j'utilise les portables, mais dans des buts pédagogiques. Donc oui, je leur proposais parfois des exercices à faire sur les portables, des quizz, des trucs comme ça. Comme ça, ils se sentaient un peu plus rassurés et c'était plus fun, des exercices comme ça. Donc oui, j'essayais d'utiliser des ressources sur Internet aussi et je voyais que ça, ça leur parle. C'est leur monde. Internet, tu sais, YouTube, des choses comme ça, donc ils étaient vraiment intéressés.

Hugo: On parle comme des vieux, déjà.

Anna: Ouais.

Hugo: Parce que toi… Non, tu as même pas 30 ans, tu as 29 ans, c'est ça ? Anna: Je suis un peu plus jeune que toi, oui.

Hugo: Donc ensuite, tu as continué ta carrière de prof dans différentes écoles à Cracovie ?

Anna: Oui, après cette année dans mon lycée, j'ai continué à enseigner le français, mais plutôt dans des écoles de langues. Et en même temps, je travaillais aussi pour une autre entreprise. Mais cette fois-ci, c'était une petite entreprise, donc l'atmosphère était plus détendue. C'était plus sympa. Hugo: Il y avait une meilleure ambiance.

Anna: Oui, oui. L'ambiance était meilleure, oui. Hugo: Qu'est-ce que tu faisais dans cette entreprise ? Anna: Dans cette entreprise, j'étais au service client, on peut dire comme ça. Et c'était une entreprise qui s'occupait de… Des publicités en ligne. Donc, tout ce qui est retargeting. Des publicités en gros, en général.

Hugo: Mais pour des clients français ?

Anna: Pour des clients français et anglophones aussi. Parce que je travaille aussi en anglais.

Hugo: Et ensuite, tu as eu une expérience aussi avec une agence de tourisme ?

Anna: Oui, oui. Après, j'ai travaillé pendant deux ans et demi dans une agence de tourisme, ce qui était une expérience complètement différente de celle des entreprises. C'était un travail très dynamique, qui demandait beaucoup d'engagement, de temps aussi. Donc j'organisais des séjours pour des groupes de jeunes Français, aussi pour des adultes. Et on s'occupait aussi des conférences. Donc, tout ce qui est le business, donc des groupes, voilà… Pour des adultes, pour des entreprises.

Hugo: OK. Donc c'était vraiment des visites guidées, des choses comme ça, dans… pour leur faire découvrir Cracovie ? Anna: Oui, Cracovie et toute la Pologne. On organisait aussi, on proposait aussi des circuits dans toute la Pologne, donc pas seulement Cracovie.

Hugo: Ok. Et donc un peu plus tard, tu as fini par rejoindre InnerFrench.

Anna: Oui.

Hugo: Voilà. Et maintenant, tu fais ton premier épisode du podcast.

Anna: Exact.

Hugo: OK, très bien ! Bon bah je pense que vous avez appris beaucoup de choses grâce à cet épisode. Anna a donné plein de bons conseils. On va continuer de vous proposer de nouvelles choses, des nouveaux contenus. On pensait peut-être aussi à des recommandations de lecture. Donc, si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à laisser un commentaire sur le site. Et si vous avez des questions également, posez vos questions. Anna est très occupée en ce moment, parce qu'elle aide les étudiants qui se sont inscrits à Build a Strong Core. Et il y a eu beaucoup d'inscriptions, donc voilà… Anna a beaucoup de travail. Mais si on a un moment, voilà, on essaiera de vous répondre.

Anna: Bien sûr, avec plaisir !

Hugo: Merci beaucoup, Anna, d'avoir répondu. Anna: Merci.

Hugo: À bientôt.

Anna: À bientôt.

Hugo: Voilà, j'espère que cet épisode vous a plu. Comme vous le voyez, il est possible d'apprendre le français même si vous ne vivez pas en France ou dans un autre pays francophone. Même si en ce moment, c'est difficile de voyager. Vous voyez qu'Anna a réussi à apprendre le français et à le parler couramment tout en restant en Pologne. Bon, elle était très motivée, très active, mais elle a partagé avec vous tous ses conseils. Donc, vous pouvez faire comme Anna, suivre ses conseils. Ça demande du temps, ça demande des efforts. Mais si vous êtes patients et motivés, je suis sûr que vous aussi, vous réussirez un jour à parler français couramment.

Pour finir, je vous rappelle que vous pouvez trouver la transcription complète de l'épisode sur InnerFrench.com. On va aussi mettre une liste de toutes les ressources recommandées par Anna, notamment les livres, si vous avez envie d'en lire quelques-uns. Comme je vous l'ai dit, je vais essayer de faire plus d'interviews dans ce style à l'avenir, pour que vous entendiez d'autres personnes parler. Pas seulement moi. J'espère que ça va vous plaire, que ça va vous permettre de progresser. En attendant, je vous remercie pour votre attention et on se retrouve très bientôt pour un nouvel épisode. Ciao !

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