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InnerFrench - Vol. 1, #86 - Les effets psychologiques du confinement (1)

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#86 - Les effets psychologiques du confinement (1)

Salut à toutes et à tous ! Je suis ravi de vous retrouver pour ce nouvel épisode qui, comme d'habitude, arrive en retard ! Vous avez sûrement remarqué que cette année, le rythme de publication a été, comment dire, assez irrégulier… Je pense publier un épisode fin décembre pour faire le bilan de cette année 2020. Il me semble que je faisais ça, au début du podcast. Je faisais le bilan, j'annonçais mes plans pour l'année suivante, je donnais des conseils de productivité. C'est drôle, quand je vois le titre de certains anciens épisodes, je me demande si c'est vraiment moi qui l'ai fait. Parce que moi, cette année, je suis tout sauf productif. Je suis devenu le champion de la procrastination ! Heureusement, je me suis trouvé quelques bonnes excuses, je vous en parlerai dans cet épisode bilan dans quelques semaines.

Mais je peux déjà vous dire que la meilleure de ces excuses pour justifier ma procrastination, c'est évidemment le covid ! Alors, bon, j'ai pas de chance, je suis pas tombé malade. Si j'étais tombé malade, j'aurais pu être en arrêt maladie pendant quelques semaines et rester au lit sans culpabiliser. Ah oui, «être en arrêt maladie», c'est l'expression officielle qu'on utilise en entreprise quand un employé est malade et qu'il ne vient pas au travail. «Un arrêt», vous savez, c'est une pause, un stop, comme «un arrêt de bus» par exemple. Bref, je plaisante bien sûr. J'ai beaucoup chance de ne pas être tombé malade, je touche du bois pour que ça continue. Et comme je le répète à chaque nouvel épisode cette année, j'espère que vous et vos proches êtes aussi en bonne santé.

Aujourd'hui, après les mois qu'on a passés en confinement, on se rend compte que le covid ne représente pas seulement un risque sanitaire. C'est aussi un risque pour notre santé mentale. Des experts du très sérieux British Medical Journal estiment que l'impact mental de la pandémie va probablement durer plus longtemps que son impact sanitaire.

Alors, je sais, je vous avais promis de ne pas faire d'épisode sur le covid. Mais comme j'hésitais entre plusieurs sujets, je vous ai envoyé un petit sondage par email et vous avez choisi celui-ci. Et je vous comprends. J'imagine que vous avez peut-être remarqué quelques changements qui vous inquiètent. Peut-être que certains d'entre vous ont des idées noires. «Avoir des idées noires», c'est une expression pour dire «être déprimé», «être démoralisé». Peut-être que vous n'avez pas d'énergie, que vous avez envie de dormir tout le temps. Et même sans parler de symptômes aussi extrêmes, peut-être que vous avez des problèmes de concentration, une baisse de motivation. Ou peut-être tout simplement que vous avez peur, peur pour votre santé, peur pour vos proches, peur pour l'avenir.

Ce sont des problèmes qui nous touchent toutes et tous, donc je comprends que vous ayez choisi ce sujet. Et vous avez raison, c'est important d'en parler. Vous allez voir que si vous avez ce genre de problème en ce moment, vous n'êtes pas les seuls et qu'il existe des solutions. Alors j'espère que cet épisode vous aidera à mieux comprendre vos émotions ou réactions pendant le confinement, et surtout à prendre soin de votre santé mentale jusqu'à la fin de cette pandémie. Ah oui et puis, accessoirement, on va faire un peu de français ! On va apprendre du vocabulaire très utile, par exemple sur les émotions.

En plus, j'étais assez content que vous choisissiez le sujet parce que je déteste prendre des décisions donc ça me facilite la vie quand vous le faites à ma place ! Du coup, je pense continuer d'organiser des sondages régulièrement. Si vous voulez y participer, il faut vous inscrire à la liste email sur innerfrench.com.

Avant de commencer, je voudrais avoir une pensée pour les personnes qui sont mortes du covid. Elles sont déjà plus d'un million quatre cent mille. C'est facile d'oublier que derrière ces chiffres, il y a des individus. D'ailleurs, j'imagine que parmi vous, certains ont perdu une personne chère à cause de la maladie. Donc même si on va se concentrer sur les effets psychologiques du covid dans cet épisode, n'oublions pas qu'il faut d'abord et surtout prévenir le risque sanitaire en portant un masque, en respectant les gestes-barrières, la distanciation sociale et en se lavant les mains régulièrement.

À l'école, quand on étudiait un évènement historique, par exemple une guerre, je me demandais toujours pourquoi les habitants n'avaient pas fui leur pays avant le début du conflit. Je me disais : «Mais, c'était évident qu'une guerre approchait ! Pourquoi les gens sont restés chez eux à attendre les bombardements au lieu de quitter le pays ?» Ma conclusion, c'était qu'à l'époque de ces guerres, par exemple la 1ère et la 2nde guerres mondiales, les gens avaient un moins bon accès à l'information que nous aujourd'hui.

Mais maintenant que j'ai vécu une pandémie mondiale, je comprends que c'est loin d'être si évident.

Déjà, quand on vit ce genre d'évènement, on ne voit pas les choses aussi clairement que quand les historiens l'analysent ensuite ! On ne sait pas vraiment quand ni comment il commence. Même dans le cas d'une guerre, il y a une déclaration de guerre avec une date officielle, mais les causes qui ont conduit à ce conflit sont bien plus anciennes. Donc les historiens définissent les dates de ces évènements de manière disons, symbolique, mais, en réalité, pour les personnes qui les ont vécus, qui ont vécu ces évènements, le début et la fin ne sont pas aussi clairement établis. Par exemple, avec le covid, il est impossible de dire quand le virus a vraiment commencé à se propager. Le consensus scientifique était de dire que la pandémie avait démarré à Wuhan en Chine en décembre 2019. Mais depuis, il y a d'autres experts qui ont trouvé des traces du virus en Espagne, en Italie et en France plusieurs mois avant cette date.

Ensuite, et c'est ça, le plus important, quand on vit un évènement comme celui-ci, on met du temps à réaliser ce qui est en train de se passer. D'ailleurs, notre première réaction, c'est souvent le déni. On refuse de croire ce qui nous arrive. On est tellement ancrés dans notre vie quotidienne, absorbés par nos habitudes et nos petits problèmes, qu'on n'est pas en mesure d'imaginer un tel bouleversement. Au début, on a cru que le covid resterait à Wuhan. Et puis, quand le virus a commencé à se propager dans d'autres régions chinoises, on est restés convaincus qu'il n'irait pas plus loin. Bah oui, normal, on s'est dit : le covid n'a pas de passeport donc il ne passera pas les frontières de la Chine… Ah oui, petite précision. Quand je dis «on», ici, je fais référence aux responsables politiques et à certains médias des pays occidentaux, en Europe et en Amérique. Je ne sais pas exactement comment les gouvernements d'autres pays ont réagi.

En France, par exemple, le 6 mars, le Président Emmanuel Macron et sa femme sont allés voir une pièce de théâtre. Le 6 mars, il y avait déjà des dizaines de décès liés au covid en France. Notre voisin, l'Italie, était dans une situation critique. Emmanuel Macron lui-même avait déclaré quelques jours plus tôt qu'une épidémie était en train d'arriver et qu'elle pourrait durer des semaines voire des mois. Malgré tout, ce vendredi-là, il est allé au théâtre et il a écrit sur Twitter «La vie continue. Il n'y a aucune raison, mis à part pour les populations fragilisées, de modifier nos habitudes de sortie.» Quelques jours après cette déclaration, Emmanuel Macron et son gouvernement ont décidé de confiner tout le pays.

Évidemment, le Président Macron n'est pas un cas isolé. Il y a d'autres responsables politiques qui sont allés bien plus loin dans leur déni des dangers du covid. D'ailleurs, ils sont souvent tombés malades peu de temps après…

Mais quand on voit que même nos dirigeants, des gens qui sont entourés des meilleurs experts, quand on voit que même ces personnes attendent d'être dos au mur pour réagir, comment voulez-vous que les citoyens prennent ce virus au sérieux ? Ah oui, là j'ai utilisé l'expression «être dos au mur». C'est une expression assez universelle, c'est exactement la même en anglais. Quand vous êtes «dos au mur», vous êtes forcés d'agir, vous n'avez plus d'autres choix, vous ne pouvez plus reculer. Certains dirigeants politiques ont attendu que leur pays soit dos au mur avant de prendre des mesures pour ralentir la pandémie. Bon, dans le cas d'Emmanuel Macron, c'était peut-être parce qu'il y avait des élections municipales la semaine suivante et qu'il voulait convaincre les Français qu'ils pouvaient sortir sans danger pour aller voter. Bref, que ce soit par manque de lucidité ou par cynisme, cette sortie au théâtre n'était pas une bonne idée.

Mais bon, on ne va pas faire de politique. Certains auditeurs trouvent déjà que j'en parle trop souvent ! Et c'est facile de jeter la pierre à nos dirigeants, mais moi aussi, je suis tombé dans le piège du déni. J'ai vu ce qui se passait en Chine. J'ai vu à quelle vitesse le virus se propageait en Italie, en Espagne et en France. Mais je me disais : «Oh, en Pologne, il y a moins d'habitants et de touristes, la situation ne va pas être aussi catastrophique.» Évidemment, une semaine plus tard, le gouvernement polonais a lui aussi décrété un confinement général. Et c'est seulement à ce moment-là que j'ai eu un électrochoc, que j'ai compris. Moi qui me considère comme quelqu'un d'assez rationnel et de très intelligent, eh bien là, j'ai eu la preuve du contraire. Jusqu'au dernier moment, j'étais convaincu que ma vie ne serait pas affectée par le covid.

Donc voilà, ça, ce n'est pas vraiment un effet psychologique du confinement, mais plutôt une chose dont j'ai pris conscience grâce à cet évènement : notre capacité à nier un danger qui nous menace.

Évidemment, ça dépend des personnes. Je suis sûr que certains d'entre vous ont pris la menace du covid très au sérieux dès les premiers signes et que vous vous y êtes mieux préparés que moi. On a tous vu ces gens qui achetaient des caddies entiers de papier toilette avant le confinement. Bon, ça non plus, ce n'était pas toujours rationnel. Mais au moins, maintenant, ils ont du papier toilette pour les trois prochaines années !

Bref, quand les gens ont commencé à être obligés de se confiner, le déni a fait place à la peur. Vu que les gouvernements prenaient des mesures aussi drastiques, on a compris que ce virus n'était pas comme les autres. On a commencé à avoir peur pour notre santé et pour celle de nos proches. Chaque jour dans les médias, on voyait le nombre de morts qui augmentait de plus en plus vite. On recevait des informations contradictoires sur le taux de mortalité du virus. On voyait les hôpitaux qui n'avaient pas assez de lits de réanimation pour tous les malades, les médecins obligés de choisir qui sauver et qui laisser dans le couloir. C'est à ce moment-là qu'Emmanuel Macron a annoncé aux Français : «nous sommes en guerre»

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